Minerva !

La jeune fille se retourna et aperçut ses deux amis qui lui faisaient signe de la main. Elle sourit et leur répondit.

-Salut ! Alors avez passé de bonnes vacances ?

-Géniales ! Je suis allé chez Damien, on s'est bien éclaté, il a une super piscine. Et toi ? Pas trop déprimée ?

-Ca va, maintenant que je sais me défendre, mon cousin n'en mène pas large. Il a récemment adhéré à un parti obscur monté par un certain Grindelwald. Venez vite, il faut qu'on monte dans le train si on ne veut pas le louper.

Minerva et ses amis s'empressèrent de grimper dans l'express. Ils croisèrent en chemin plusieurs septièmes années qu'ils saluèrent vivement.

-Evy ! Ho, Evy !

Les trois jeunes gens se retournèrent d'un même mouvement. Alias, le petit frère d'Evelyne, leur faisait signe d'un des wagons.

-J'ai des nouvelles toutes fraîches, déclara t il gravement, les yeux brillants d'excitation. Cette année, on a un nouveau prof de DCFM. Personne ne sait qui c'est, mais une de mes sources m'a affirmée que c'était un ancien élève de Gryffondor.

-Ah, génial, j'espère qu'il sera sérieux, celui-là, et qu'il fera des cours qui valent quelque chose.

Minerva, elle, s'était figée en entendant la déclaration d'Alias. Elle venait de se souvenir de deux yeux bleus qui lui avaient promis, six ans plus tôt, qu'ils la retrouveraient dans peu de temps, à Poudlard. Minerva ne savait pas quelle conduite elle allait adopter, et elle avait pâli.

-Oh, non ! Il y a déjà quelqu'un dans notre wagon !

Minerva bondit sur les traces de Damien, les sourcils froncés. Personne n'avait le droit de prendre leur wagon !

-Par Merlin, Minerva, tu as oublié la réunion des préfets !

Minerva jura et fit demi-tour en courant.

-On te réserve une place, Min, cria Evelyne en disparaissant dans le wagon de queue en compagnie de Damien.

Lorsque la jeune fille surgit dans le wagon aux préfets, la réunion avait déjà commencé. Elle s'assit sur une des banquettes et écouta attentivement ce que disait le préfet en chef de Serpentard. Plusieurs fois elle intervint sur certains points, et une heure plus tard, quand tout le monde fut sortit, le Serpentard et elle s'étaient mis d'accord sur à peu près tout. Elle était tout de même préfète en chef ! Et Gryffondor.

Minerva s'empressa de se rendre dans le wagon où l'attendaient ses amis. Lorsqu'elle ouvrit la porte, elle reçut comme un sortilège de stupéfix dans tout son corps. Elle venait de retrouver ses deux yeux bleus.

Albus était monté dans le Poudlard express avec une certaine appréhension. Il avait hâte de la revoir, mais il savait également qu'il courait de gros risques en la retrouvant et en la fréquentant de nouveau.

Le jeune homme avait beaucoup mûri, et avait énormément changé en six ans. Il avait considérablement acquis en sagesse, connaissait à présent plusieurs langues et maîtrisait parfaitement la magie. Son pouvoir s'était accrue, et il savait désormais tout ce qui se passait dans le monde.

Par exemple, il savait qu'un nouveau mage était apparu, Grindelwald, ce Serpentard de même âge que lui et qui fut auparavant son pire ennemi.

Albus avait grandi physiquement et il s'était fait pousser une petite barbiche qui le rendait encore plus sage. Il était devenu fort, ayant reçu un entraînement spécifique, et ses cheveux roux s'étaient tellement foncés qu'ils en étaient presque bruns.

Lorsque Albus entra dans le dernier wagon, il n'y vit personne. Soulagé, il glissa aisément sa valise dans le porte bagages. Il s'assit sur une des banquettes, et laissa couler son regard dehors. La foule d'étudiants ramenait à lui d'heureux souvenirs, et c'est avec nostalgie qu'il vit une petite fille pleurer en serrant son grand frère dans ses bras. Un autre garçon et une fille de septième année à côté rigolaient entre eux. Albus laissa soudain un sourire lui échappé. Il venait de reconnaître la famille Weasley. Soudain la jeune fille rousse poussa un cri, hélant quelqu'un dans la foule.

Albus tourna la tête, mais son regard fut distrait par un petit groupe de septième année, à l'écart, qui ricanait en regardant les premières années monter dans l'express. Albus fronça les sourcils, il reconnaissait bien là les Serpentard.

Soudain, le train siffla. Les élèves bondirent dans le véhicule et le train ferma ses portes. Le jeune homme entendit des cris et des rires dans le couloir bondé, et repéra des voix qui venaient dans sa direction. Soudain, une voix cria quelque chose, et la porte de son compartiment s'ouvrit. C'était le jeune homme aperçut quelques instants plus tôt avec la jeune fille rousse. Cette dernière était juste derrière lui, et regardait en direction de quelqu'un dans le couloir.

-On te réserve une place, Min !

Et elle pénétra dans le compartiment. La porte se referma derrière elle et il y eut un instant de silence, durant lequel les deux jeunes gens et le jeune homme se dévisagèrent sans rien dire. Puis, Albus leur sourit.

-Salut.

Evelyne et Damien échangèrent un regard puis se tournèrent vers l'inconnu avec un grand sourire sur leurs lèvres.

-Salut ! T'es le nouveau prof ?

-Ouais. Les nouvelles vont vite, ici, à ce que je vois.

-Hé ! Vous êtes pratiquement à Poudlard ! Rigola Damien en se laissant tombé sur la banquette. Vous vous appeler comment ?

-Albus Dumbledore. Vous étiez en première année quand j'étais en dernière. Rappelez-moi vos prénoms ?

-Damien.

-Evelyne. Vous êtes LE Albus Dumbledore ?

-Euh… Oui. Pourquoi ?

-Minerva m'a parlé de vous.

-Minerva ? Murmura le jeune homme en levant un regard brillant sur Evelyne. Comment va t elle ?

-Vous lui demanderez, elle va bientôt nous rejoindre. Elle est en train de jouer son rôle de préfète en chef.

-Préfète en chef ? Pas mal !

-Elle est douée pour ça.

Une heure passa, et Albus était tellement absorbé dans sa partie d'échec contre Damien, qu'il faillit ne pas entendre la porte s'ouvrir. Lorsqu'il leva les yeux, il la vit enfin. Elle était là, plus belle que jamais, debout dans l'encadrement. Et elle le regardait, lui.

Minerva resta un instant sans bouger, ses yeux fixés dans son regard bleuté. Puis, comme une machine à retardement, elle fit demi-tour et s'enfuit dans le couloir, passant sans hésiter dans le wagon interdit aux élèves. Elle entendait ses pas derrière elle, ses pas à lui, qui la poursuivait. Elle contourna une caisse, se retrouvant ainsi derrière lui. Il s'était arrêter puis retourner dans un mouvement de cape. Minerva le regarda à nouveau.

-Albus ? Murmura t elle d'une petite voix.

Il s'approcha, elle aussi.

-Comme tu as changé, souffla t elle en lui passant la main sur son bouc, tu as l'air plus… Plus mûr.

Il la regarda avec tendresse et émotion.

-Minerva, tu es encore plus belle que dans mes souvenirs.

Elle lui prit le visage entre ses deux mains et l'embrassa comme si sa vie en dépendait. Il l'entoura de ses bras et approfondit le baiser. Lorsque enfin ils se séparèrent, à bout de souffle, elle plongea tout entière dans ses yeux qui avaient tellement l'air liquides. Dans leur bonheur, ils n'échangèrent plus un mot, s'embrassant et se caressant avec tant de tendresse et de précision, se faisant gémir l'un et l'autre, qu'ils ne se maîtrisaient plus.

Avec douceur, elle lui passa une main sous son tee-shirt, lui dégrafant la cape de l'autre. Fort heureusement, Albus réussit à se ressaisir, et il lui prit les mains dans les siennes. (Hé hé, sadique !)

-Non… Minerva, ressaisis-toi. Je sais que tu as autant envie de moi que moi j'ai envie de toi, mais pas maintenant. Tu sais pourquoi, attendons Poudlard et sa sécurité.

-Mais… Mais pourquoi ?

-Min, je t'en prie, tu le sais. Si on nous trouve ensemble, dans ce wagon, je n'aurais même pas le temps d'exercer, je serais renvoyé. Min, je t'en supplie, ne me fais pas céder.

Minerva lui attrapa le visage et l'embrassa furieusement. Il gémit et passa les mains sous la cape de sa compagne. Minerva le refoula, les larmes aux yeux.

-Tu as raison, je suis une idiote.

-Non, pas du tout. C'est normal que tu ais cette réaction.

Minerva sourit tristement.

-Oui, je sais.

Il approcha sa main de son visage, mais elle l'arrêta.

-Non ! Ne me touche surtout pas, ou tu risquerais d'avoir de gros problèmes. Je ne peux presque pas me contrôler, tu te rends compte ?

Il réprima un sourire et leva sa main vers la porte.

-Honneur aux dames.

Elle rit et passa devant ses yeux bleus pétillants. Lorsqu'ils rejoignirent Damien et Evelyne, ceux-ci les regardèrent si bizarrement, que Minerva éclata de rire.

-Quoi ?

-Oh, rien !

Et ils sourirent.