Quand Minerva ouvrit les yeux, la première chose qu'elle sentit en elle fut ce sentiment de délivrance intense qui parcourait tout son corps. Un gémissement près de son sein la fit frissonner. Baissant les yeux, elle identifia ce nouvel individu qui venait de sortir d'elle.

La petite avait des cheveux aussi noirs que sa maman, et son petit corps chétif avait peine à bouger pour se blottir contre elle. Une petite main agrippait son soutien-gorge avec voracité, tandis qu'une grande main blanche était posée sur son ventre et sur le drap qui servait d'habit au bébé.

Albus… Qu'allait-elle pouvoir lui dire ? Qu'elle avait eu peur ? Non, il ne la croirait. Mais c'était pourtant la vérité…

Il fallait qu'elle trouve quelque chose.

Lui dire qu'elle avait été menacée ? Hum… Autant lui dire que les nains savaient voler. Une image lui traversa soudain l'esprit, celle du professeur de potions, le petit nain qui lui avait fait essayer le choipeau en début d'année, traversant les cachots dans les airs suite à la mauvaise manipulation d'un des élèves. Un faible sourire naquit sur ses lèvres mais disparut aussitôt. L'heure n'était pas à la plaisanterie.

Lorsque Albus ouvrit les yeux, elle s'aperçut qu'il avait les yeux beaucoup plus sombres que d'habitude, et que l'étincelle particulière qu'elle avait en affection avait disparu.

Aussitôt, elle compris qu'elle ne pourrait lui mentir. Elle posa sa propre main sur celle de l'homme qui était posée sur son ventre.

-Minerva… Pourquoi ne m'as-tu rien dis ?

-Je ne sais pas Albus… Murmura t elle. Peut-être que j'avais peur… Quelque chose me retenait, je ne sais pas quoi, mais quelque chose… J'ai supplié Evelyne de m'aider et de ne rien te dire. Elle veut faire médicomage plus tard, elle a une grande connaissance dans ce domaine, tu sais. Sans elle, je n'aurais pas pu cacher ma grossesse.

Soupir triste et résigné de la part du professeur.

-Je suis désolée, Albus. Mais je n'ai pas pu t'en parler. M'acceptes-tu encore, malgré cette grossesse que je t'ai cachée ? Si non, je le comprendrais, tu sais.

Il sourit. Faiblement. Sa main remonta et vint caresser le visage de Minerva.

-Poudlard est un lieu mystérieux. Et je me doute que c'est sa magie qui a influencé ta décision. Non, je ne te rejette pas. Bien au contraire, maintenant que notre fille est née, nous devons nous arranger pour la garderie. Je te rappelle que tu as encore tes ASPICS à passer, et que tu n'es pas sortie d'affaire. Moi, je suis censé vous surveiller et continuer mes cours. As-tu une idée du comment nous allons faire ?

-J'y ai réfléchi ces derniers mois. Evelyne et moi avons décidé de confier la petite à nos frères respectifs, pendant nos quelques heures d'examens. De toute façon, l'année est presque finie.

-La naissance était prévue précisément aujourd'hui ?

-Non. En fait, nous l'espérions bien plus tard. Mais bon… Le destin en a choisi autrement.

-L'idée des frères n'est pas mauvaise, mais où veux-tu qu'ils gardent la petite ?

-Dans la Salle sur Demande. Elle a un très bon jeu d'échec.

-Ils sont au courant ?

-Non. Mais Evy et moi les avons testés, et nous sommes sûrs qu'ils seront d'accord.

-Bon. Et pour le reste ?

-Le reste ?

-Ben oui, le linge, les couches, habits, lit, etc… Et puis tu devras la nourrir toutes les nuits à différentes heures d'affilé.

-J'y arriverais.

-Tu vas être crevée. En plus des examens…

-Evelyne m'a dit qu'elle avait réussi à se procurer de vrais énergisants sorciers. Je prendrais des vacances bien méritées après ces semaines d'enfer.

-Hum… Je déteste ça.

-De quoi ?

-Cette fatigue et ce stress que tu vas avoir à subir.

-Ne t'inquiète pas. Je ferais face.

-NOUS ferons face. Je compte bien t'aider. Au fait, comment elle s'appelle cette petite Dumbledore-Macgonagall ?

-Je n'ai pas encore choisi le prénom. Je voulais que tu le choisisses avec moi.

-Ca demande réflexion, ça. Je cherche pendant que tu dors, et je te ferais part de mes trouvailles quand tu te réveilleras.

Minerva sourit. Puis elle ferma les yeux et se rendormit. Elle était soulagée. L'étincelle particulière qu'elle aimait tant avait réapparu dans les yeux de l'homme qu'elle aimait.

Les deux semaines qui suivirent furent les plus éprouvantes de toute la vie de Minerva et d'Albus. L'enfant réclamait tellement d'attention… Minerva devait se lever toutes les trois heures pour nourrir la petite la nuit.

Albus, Frédéric, Evelyne et Damien étaient devenus complètement gagas, et c'était eux qui changeaient les couches, qui faisaient jouer et qui transportaient la petite.

Il avait été établi que dès que Minerva aurait quitté Poudlard, ils iraient marquer la naissance de la petite dans les annales du Ministère, et Damien et Evelyne deviendraient son parrain et sa marraine.

Le nom choisi pour la petite fut Evangeline, ou plus simplement Eva.

Dès la fin des cours, Minerva et Albus s'installèrent dans un appartement au cœur de Londres, Minerva commença des études d'auror avec pour tuteur, bien sûr, Albus.

Minerva et Albus choisirent de ne pas se marier, et restèrent en concubinage.

Evelyne et Damien, par contre, se marièrent et eurent successivement quatre enfants. Evelyne, enceinte de son premier enfant, débuta des études de médicomage, et Damien étudia avec Minerva sous la direction d'Albus dans le but de devenir auror.

La sœur d'Evelyne, Ginny, entra dans la vie de Frédéric telle une tornade et n'y ressortit point.

Le plus jeune frère Weasley, Arthur, né quelques mois avant Eva, commença sa vie en compagnie de cette dernière, affectueusement entouré.

Lorsque Arthur et Eva entrèrent à Poudlard, âgés de 11 ans chacun, Minerva était devenue professeur de DCFM à Poudlard, tandis qu'Albus avait reprit le poste de professeur de métamorphose, directeur-adjoint à Rowena Mistado et directeur de la maison Gryffondor.

Au cours de la sixième année de la jeune Eva Dumbledore, Albus apprit qu'il était l'heureux propriétaire d'un manoir, qu'il s'empressa d'habiter avec Minerva et sa fille, et invitant la famille Black à faire de même.

Tout allait bien, jusqu'aux vacances de Noël.

Grindelwald, le terrible mage noir avait refait surface. Il faisait route à présent, avec ses fidèles, droit sur un lieu précis et décidément voué à l'invasion : Poudlard.

Dans ces conditions, le Ministère n'eut pas le choix et ferma l'école.

Aussitôt, Albus prit les choses en main et transforma son manoir en mini école. Les enfants venaient le matin et repartaient le soir par la poudre de cheminette. Les professeurs de Poudlard logeaient au Manoir, tout comme les parents d'Evelyne et leurs enfants.

Mais un jour, Grindelwald eut vent de cette organisation clandestine.

Un jour de week-end, un samedi plus précisément, alors que Minerva était au Ministère en train de se disputer avec la Ministre de la Magie, le mage noir envahit le Manoir des Dumbledore.

La bataille fut d'une férocité incroyable. Les deux aurors, Albus et Damien luttaient sauvagement afin de protéger leur progéniture, aidés par Frédéric, Evelyne et ses parents.

Mais arriva ce qui devait arriver. Evelyne reçut de plein fouet LE sortilège impardonnable. Elle s'écroula sans un cri. Le hurlement de douleur de Damien et des enfants se répercuta sur les murs, et ils redoublèrent d'ardeur. Bientôt, les jeunes enfants se mirent de la partie, et fut frappée du sortilège de stupéfixion.

Les parents d'Evelyne furent à leur tour tués froidement, ainsi que Frédéric, et deux des enfants Weasley, dont Ginny.

Aveuglés par la rage et la douleur, Albus et Damien ne se contenait plus et tuaient, tuaient… Mais plus ils tuaient, plus le nombre de fidèles augmentait.

Le plus jeune Weasley, Arthur, encore en vie, reçut le sortilège d'oubli en plein dans la poitrine. Les deux derniers Weasley moururent, accompagnés par trois petits Black.

Il restait à présent un seul enfant debout. Soudain, Damien, en voulant le protéger, reçut dans le dos un sortilège Doloris. Albus ne pouvait rien faire, aux prises avec une dizaine de partisans.

Les hurlements de douleur de son père faisaient hurler l'enfant de trois ans. Soudain, il reçut un stupéfix en pleine poitrine et s'écroula par terre.

Damien mourut de douleur tant physique que morale. Durant le sortilège, son squelette s'était brisé.

Seul, debout, Albus, les joues couvertes de larmes, tentait de sauvegarder sa vie. Il songeait, avec douleur, que c'était à cause de lui que tous ces gens étaient morts. S'il n'avait pas eu cette stupide idée d'accueillir toutes ces familles chez lui, de monter cette école clandestine…

Brusquement il sentit que quelque chose n'allait pas. Les partisans s'étaient reculé, laissant place à une silhouette encapuchonnée. Immédiatement, Albus le reconnut,

-Mortal Grindelwald…

La silhouette abaissa sa capuche, révélant un visage couturé et recouvert de plaques en métal. Albus ne s'appesantit pas une seconde sur ce visage déformé, et lança de toutes les forces qui lui restaient l'impardonnable. En même temps que lui, le mage jeta un sort. Les deux hommes reçurent chacun le sortilège, surpris.

Le mage s'écroula et mourut dans un hurlement. Les fidèles, pris de panique, s'élançèrent dehors et s'éparpillèrent dans la nature.

Dans le silence sanglant qui restait, Albus s'écroula, les yeux grands ouverts.

Le mage noir était mort, mais sur ses lèvres se reflétait un sourire satisfait et cruel.

Satisfait, car il s'était enfin vengé d' Albus Dumbledore, l'homme qu'il avait toujours haï, sans jamais savoir pourquoi.

Cruel, car il savait qu'il y avait plus horrible que la mort. Et que Albus Dumbledore allait en faire les frais.

-Oubliette…

Loin de là, au Ministère de la Magie, Minerva criait contre la Ministre de la Magie.

-Mais c'est impensable ! Nous avons besoin d'argent, et vous le savez ! L'école clandestine que nous avons mise sur pied est la seule encore en fonctionnement aux Royaumes-Unis. Nous n'avons pas de fonds très profonds, nous avons besoin de votre aide.

-Hors de question. Vous souhaitez quoi ? Notre mort ? Pensez que si l'on vous aidais, Grindelwald rappliquerait illico presto.

-Et alors ? Nous devons nous unir contre la violence et le mal ! Demandez à vos employés, et voyez ce qu'ils répondront ! Nous sommes dans une démocratie, après tout…

La ministre sembla hésiter un instant, et son regard croisa celui d'une Minerva déterminée. Mais hélas, elle n'eut pas le loisir de répondre. Un auror, haletant, se précipita sur elle.

-Madame ! Il y a eut une attaque de Grindelwald !

-Poudlard ? Fit aussitôt Minerva en fronçant les sourcils.

-Non, bredouilla l'auror, le… Le Manoir des Dumbledore.

Minerva sentit le monde s'écrouler autour d'elle. Réagissant avec trois temps de retard, elle se précipita vers la cheminée la plus proche. Elle eut juste le temps d'entendre la Ministre crier qu'elle voulait des médicomages de Saint Mangouste immédiatement avant de disparaître dans les flammes verte émeraude.

Lorsque Minerva arriva au Manoir, la première chose qu'elle vit fut une paire de jambe qui dépassait de la porte donnant sur le hall.

Elle se précipita, et choquée, tomba sur les genoux. Le sang éclaboussait partout, les corps n'étaient que des amas de chair, tellement qu'elle avait du mal à reconnaître qui était qui.

Les deux seules choses dont elle s'aperçut tout de suite, c'était que sa fille n'était pas là, et que Albus était allongé par terre, les bras en croix, comme mort.

Sa vue s'obscurcit, et elle sombra dans l'inconscience, alors même que les secours commençaient à arriver.

Je suis épuisée. Et désolée. Ce chapitre aura été dur à écrire, exténuant.

Si vous avez des questions, n'hésitez pas à mettre une review. Maintenant que je sais comment on fait, je vous répondrais sûrement…