Harry s'assit tranquillement sur le lit de sa chambre du 12 Square Grimmaud. Trois semaines qu'il était ici, trois semaines merveilleuses mais néanmoins solitaires. Non pas qu'il n'appréciait pas la compagnie de son parrain, loin de là, mais l'absence de ses deux meilleurs amis et de Ginny lui pesait. Bien sûr les membres de l'Ordre allaient et venaient, et la maison était incroyablement animée lors des débuts et fins de réunion. Le professeur Dumbledore venait le voir parfois, et une fois même le professeur McGonagall en personne était venu lui remettre en main propre ses résultats aux BUSEs et lui demander s'il avait commencé à réviser ses ASPICs. Et puis, Harry avait l'habitude de la solitude. A Privet Drive, il passait son temps au square à contempler une balançoire dans l'espoir que celle-ci s'animerait brusquement pour lui parler.
Mais là, c'était différent. Le simple fait de se retrouver dans une maison avec la possibilité de faire de la magie sans problème, mais seul, était en lui-même assez explicite, mais aussi, Harry savait que, contrairement à Privet Drive, les Weasley et Hermione pouvaient parfaitement venir le rejoindre, ici, au quartier général de l'Ordre du Phénix. Seulement, les premiers étaient en vacances en bord de mer, alors que la seconde profitait de ses parents. Harry ne pouvait absolument pas leur en vouloir, après tout quand on est en famille mieux vaut en profiter. Mais il n'empêche, il s'ennuyait.
Son regard tomba sur deux paires de chaussettes roulées en boules à côté de la poubelle. Hum… Une petite lessive s'imposait apparemment.
Harry ne se leva pas tout de suite. Les chaussettes lui faisaient repenser à l'énigmatique visite de Dumbledore, une semaine plus tôt. Il était tellement surexcité que Harry avait d'abord cru qu'il allait trépasser pour de bon. D'après ce qu'il avait compris, le professeur était sur le point de faire une découverte surprenante, et ça allait être une ENORME surprise, oh Merlin de quoi en faire trembler les murs de Poudlard, tu verras à Noël mon garçon ! Et pfuitt, il avait disparu, laissant un Harry bouche bée. Assez curieux, en fin de compte…
Blam !
-HARRY !
-Sirius ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Harry se redressa sur son séant, stupéfait. Mais qu'est-ce qu'ils avaient tous à entrer comme ça dans sa chambre, au bord de l'hystérie ?
-Les Weasley ! Ils viennent d'arriver ! Et Hermione aussi, ils sont tous en bas, vient vite m'aider à les accueillir !
Harry poussa rugissement et se rua vers l'escalier.
-Ron ! Mione ! GINNY !
Il sauta les cinq dernières marches et se précipita pour les serrer dans ses bras.
Quelques instants plus tard, ils étaient tous dans la cuisine, autour de la table, à boire des bierraubeurres.
-Je suis tellement content que vous soyez là ! Comment se fait-il que vous ayez réussi à vous libérer plus tôt ?
-Ben, au bout de trois semaines au bord de la mer, on commençait à en avoir marre !
-Et moi je n'arrêtais pas de tourner en rond, mes parents étaient tellement sur les nerfs qu'ils m'ont demandé d'envoyer un hibou à Ron pour qu'il vienne me chercher !
Enfin bref, les traditionnelles embrassades et racontades (je sais, c'est pas français). Au bout de quelques instants, le professeur Snape accompagné de Remus Lupin et de Minerva McGonagall entra dans la cuisine.
Ils parlèrent un instant de tout et de rien, et c'est quand McGonagall prit un verre qu'il la vit. La cicatrice. En fait, il n'aurait pas fait aussi chaud il ne l'aurait sûrement pas vue. Elle portait alors une robe longue mais néanmoins à manches mi-longues et à décolleter assez évasé. Une cicatrice d'une blancheur incroyable partait de son dos alors masqué par sa robe et courait, comme il pouvait le deviner, par-dessus son épaule avant de glisser à l'extérieur de son sein gauche et de reparaître par exactement le même chemin inverse mais du côté droit.
Malgré lui, son regard s'appesantit, stupéfait, jusqu'à ce que la femme lève la tête et le regarde avec impatience. Aussitôt gêné, il détourna les yeux et se concentra sur le fond de sa bierraubeurre.
Minerva se dirigea soudain vers la cheminée qui venait juste de s'embraser. Elle saisit quelques papiers qui venaient d'apparaître, et se plongea dedans en fronçant les sourcils.
-De qui est-ce ? S'enquit Molly.
-De Kingsley. C'est pour Albus, je vais lui porter.
-Mais pourquoi il ne l'a pas envoyé à Poudlard ?
-Il l'a fait. Ce matin, mais il n'a pas reçu de réponse, Albus n'était pas dans son bureau. Je vais voir si je peux le trouver.
-Trouver qui ? Fit une voix familière venant de la porte.
Ils se tournèrent tous vers l'homme, sauf Minerva qui continuait de lire sans avoir eu l'air d'entendre.
-Oh mon Dieu ! Hoqueta Hermione, tandis que Molly, bouche bée, continuait de verser sa Bierraubeurre dans son verre sans s'apercevoir que celui-ci débordait.
Minerva leva la tête… et lâcha tout ce qu'elle tenait dans les mains.
La bouteille se brisa en tombant au sol, ainsi que le verre, répandant son liquide sur les papiers éparpillés au sol.
-Albus… Articula-t-elle lentement. Albus… Par Merlin…
Très pâle, elle ne put rien dire d'autre. Inquiet, le professeur Dumbledore prit la parole.
-Qu'est-ce qu'il y a ? Que se passe-t-il ?
Comme personne ne répondait et que tous continuaient à le fixer, il se tourna vers le mur à sa gauche et le transforma en miroir. Sa mâchoire se décrocha et ses yeux sortirent de leurs orbites.
-Mais… Mais qu'est-ce que…
-Albus… Souffla de nouveau Minerva, les yeux dans le vague. Comment… Comment avez-vous réussi ce prodige ?
-Je… Bredouilla-t-il. Je l'ignore, totalement.
Devant lui se tenait un homme roux, bien bâti, la cinquantaine, les yeux d'un bleu lumineux, la barbe courte et rousse. Il n'arrivait pas à y croire. Il avait brusquement rajeuni de cinquante ans.
Soudain Minerva réagit, elle sortit sa baguette, ensorcela les papiers et sortit en trombe de la pièce. Aussitôt, les autres bougèrent en clignant des yeux, complètement hébétés.
-Que s'est-il passé ? S'enquit assez sèchement Severus Snape. Pourquoi je n'arrivais plus à bouger ?
-Minerva, attendez ! S'écria Albus en se précipitant à sa suite.
Il passa en trombe devant le portrait de la Mère Black, et s'arrêta tout net au niveau des escaliers, une baguette pointée sur le front.
-Minerva… Commença-t-il lentement.
-Ne me suivez pas. Ou je vous lance un sort et vous valserez jusqu'au dernier étage.
-Minerva, s'il-vous plaît… Dites-moi ce qui ne va pas… Pourquoi avez-vous réagi comme ça ? Je vous jure que je n'ai rien fait pour ressembler à ça…
-Taisez-vous…
Sa voix tremblait et ses yeux brillaient étrangement.
-… Et ne me suivez pas.
Et aussi soudainement qu'elle s'était arrêté, elle se précipita vers la porte d'entrée qu'elle claqua violemment en sortant.
Dans le silence qui suivit, Albus remarqua deux choses.
Un, c'était qu'il avait eu très peur d'un seul coup. Peur du regard de son Adjointe lorsqu'elle le menaçait.
Et deux… Le portrait de la Mère Black s'était grand ouvert. Et elle ne criait pas. Non. Elle ricanait d'un air satisfait, seulement. D'un rire vengeur.
HPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHP
Sanglotant de tout son corps, Minerva s'était réfugiée dans le dortoir désert des septièmes années, près de la fenêtre où, il y a tellement longtemps, Albus était, parlant à un chat roux.
Le simple fait de l'avoir vu, rajeuni, dans l'ombre de la porte lui avait rappelé son passé. Et sa blessure était toujours béante.
-Professeur McGonagall ?
Minerva ravala ses larmes et étouffa ses sanglots en se cachant du mieux qu'elle le pouvait derrière un lit. Comment Diable Potter avait-il réussi à la retrouver ?
-Professeur, je sais que vous êtes ici. Mais je vais attendre que vous sortiez de vous même. Et sachez que je ne suis pas envoyé par le professeur Dumbledore. Il est trop secoué pour ordonner quoi que ce soit.
Un lit grinça lorsque le jeune homme s'assit dessus en tailleur.
-J'ai plusieurs questions qui me taraudent, mais je sais que vous ne répondrez à aucune d'entre elles. Cependant, je déteste être dans l'impuissance de bouger, comme lorsque nous étions dans la cuisine. Et je n'étais pas le seul, personne, sauf vous, ne pouvait bouger. J'aimerais vraiment que vous m'expliquiez.
Minerva enfouit son visage entre ses genoux. Que faire ? Bien sûr, elle ne pouvait pas se permettre de tout révéler à un simple adolescent et élève, Potter qui plus était. Mais Potter n'était pas un "simple" élève. Après tout, c'était le survivant. Et qui de mieux qu'un survivant pour comprendre une survivante ?
Lentement, silencieusement, elle contourna le lit à quatre pattes et se releva TRES doucement. Potter était de profil, et il semblait regarder une carte sur ses genoux. Minerva fronça les sourcils. Ainsi donc, c'était avec cette carte qu'il l'avait repéré. Une carte qui devait montrer où se trouvaient les gens. S'approchant à pas furtifs, elle glissa derrière lui et lui prit brutalement la carte des mains.
-Hé !
-Où avez-vous eu ceci, Potter ?
-C'est un cadeau de mon père et de mon parrain, bougonna l'adolescent en essayant de rattraper son bien.
Aussitôt, Minerva comprit.
-Je vois. Les Maraudeurs auront donc tout fait pour que leur descendance se perpétue. Tenez Potter, et prenez en grand soin. C'est du grand art.
Et elle rendit le parchemin à un Harry stupéfait. Puis, s'asseyant à côté de lui, elle laissa son regard parcourir l'étendue du parc derrière la fenêtre. Son front se décrispa un peu, et Harry décida de la questionner plus tard au sujet de la carte.
-Vous avez pleuré, perçut-il.
-Vous êtes aussi adroit que votre Serdaigle de grand-mère, Potter.
-J'avais une grand-mère à Serdaigle ?
-Oui. La mère de votre père. Elle s'appelait Claire. Claire De La Roche. Très gentille fille de moldus.
Harry resta un instant songeur.
-Voyez-vous Potter, j'ai passé ma vie à tenter d'oublier mon passé. En voilà le résultat. Comme dirait quelqu'un de ma connaissance, "Oubliez le passé et il vous reviendra en plein dans la figure". Phrase véridique, en somme.
-C'est vrai. C'est comme ses origines. On ne peut pas les renier.
-Oui.
Il eut un instant de silence paisible et pas du tout gênant.
-Alors Potter ? Quelle était votre question ?
-C'est vous qui nous avez immobilisés dans la cuisine ?
-A votre avis ?
-Oui. Mais je veux être sûr.
-Faîtes tourner vos méninges, Potter. Ais-je eu l'air de maîtriser la situation ? Et admettons que c'est moi qui vous ais immobilisés, pourquoi Diable l'aurais-je fait ? Pour vous tuer ? Il suffit de procéder ainsi, Harry, de tout analyser fait par fait.
Harry sourit. Elle l'avait appelé par son prénom, c'était plutôt bon signe.
-Vous pourriez avoir fait ça sans le vouloir en découvrant le professeur Dumbledore sous son nouveau, euh… et bien son nouveau profil, disons.
Minerva eut un sourire songeur.
-Moui… Ca se tient. Mais c'est faux car, et je vous prierais de ne pas le crier sur tous les toits, c'est Albus qui a immobilisé tout le monde.
-Et pas vous.
-Non. Pas moi, en effet.
-Pourquoi ?
-Car il est… Parce qu'il est un Dumbledore, je pense. C'est une sorte de magie dans sa famille, il me semble, quand ils sont sous le coup d'une trop forte émotion, il se passe quelque chose d'anormal. En tous cas, ce n'était pas moi Potter. Vous avez ma parole.
-Bien. Je vous crois. Je vais faire des recherches sur sa famille, alors.
-Bonne idée. Mais vous savez, chaque famille de Sang Pur a sa particularité, car elle est très ancienne. Tenez-moi au courant de votre avancement.
-Bien sûr, professeur.
Harry se leva, satisfait. Il avait réussi à avoir un début de confiance de la part de son professeur.
-Oh, au fait Potter…
-Oui ?
Minerva s'était levée et époussetait délicatement sa robe.
-Comment se fait-il que vous soyez à Poudlard alors que vous êtes la proie n°1 de Voldemort ?
"Oups…"HPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHP
La poignée tourna lentement et les deux personnages pénétrèrent dans la maison. D'un seul mouvement, ils se dirigèrent vers la cuisine, dont l'une des silhouette ouvrait brutalement la porte. Devant l'absence de vie, ils firent marche arrière et se dirigèrent vers une salle un peu plus loin. Lorsque qu'ils ouvrirent la porte, une douzaine de paires d'yeux se fixèrent sur eux, et un homme se leva brusquement.
-Harry ! Tu nous as fait une de ses peurs ! Où étais-tu passé ?
-Quelque part, Sirius.
La deuxième personne entra calmement dans la pièce et un autre homme se leva à son tour, plus lentement.
-Minerva. Vous êtes revenue.
-Je n'ai pas bien eu le choix, à dire vrai, fit-elle un peu plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu. Si vous auriez mieux surveillé Potter, je n'aurais pas eu à le ramener.
Elle rejoignit rapidement sa place au côté du Directeur. Ses yeux étaient baissés sur la table et elle n'ajouta rien de plus.
-Bien. Jeunes gens, si vous voulez bien nous laissez, nous allons débuter la réunion.
Dans un concert de grognement, les plus jeunes Weasley et Hermione sortirent de la pièce, accompagnés d'Harry. Lorsque le calme fut revenu, Albus tourna bien malgré lui ses yeux vers Minerva.
Que Diable se passait-il donc ? Pourquoi avait-elle l'air aussi mal à l'aise ? Il était inquiet, car depuis toujours il connaissait Minerva, et jamais encore il ne l'avait vue dans cet état. Comme si… comme si le fait de l'avoir vu plus jeune lui avait… Comme si d'un seul coup elle le considérait comme un monstre… Enfin bref. Il était inquiet. Et intrigué. Et profondément confus. Blessé même, au plus profond de lui… Et ça faisait mal.
-Albus ? Nous pouvons commencer ?
Albus émergea de ses profondes pensées et ouvrit la bouche,
-Excusez-moi, je pensais à quelque chose.
-Ca ne devait pas être un truc heureux en ce cas, fit calmement Remus.
-Non, en effet.
-Alors ? Intervint Sirius avec impatience. Vous allez nous dire comment vous avez fait pour rajeunir ?
-Je n'en ai strictement aucune idée, soupira-t-il, bien que je pense que cet… heu… disons, effet de style, va bientôt disparaître. Je ne connais aucun sort, aucun charme et aucune potion qui donne jeunesse éternelle.
Son regard croisa celui de Severus Snape qui hocha la tête.
-Bien. Tout d'abord j'aimerai dire à tous que je suis heureux de vous voir en bonne santé, et que j'espère que vous avez passé de belles vacances.
Arthur et Molly sourirent et le remercièrent poliment. Son regard parcourut la table, et il croisa le regard de son adjointe. Il eut juste le temps, avant qu'elle ne détourne le regard, de voir la fatigue et la tristesse dans ses yeux. Et sur ses joues, était-ce de vagues traces de larmes ?
-A présent, passons aux choses moins amusantes. Je parle bien sûr de la prochaine attaque des Mangemorts.
Des soupirs montèrent et Albus s'assit, donnant la parole à Severus Snape.
HPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHP
-Ils en mettent du temps ! Soupira Ron en s'affalant mollement sur son lit.
-Hermione, arrête de marcher s'il te plaît, tu me donne le tournis, intervint soudain Ginny avec impatience.
Hermione soupira à son tour en allant s'asseoir sur une chaise avec agacement. La porte s'ouvrit alors d'un seul coup, et elle se releva d'un bond.
-Du calme Hermione chérie, tu vas finir par te faire mal à sauter comme tu le fais.
-Oh Molly, alors, c'est fini ?
-Oui. Vous pouvez venir dans la cuisine, le repas va être servi.
D'un bond, les trois adolescents sortir de la pièce et se précipitèrent à l'étage du dessous.
Plus bas, les quatre adolescents regardaient passer les membres de l'Ordre.
-Mais où ils sont ? Murmura Hermione d'un ton songeur.
-Qui ça ?
Harry s'était glissé à côté d'elle, en silence.
-Les professeurs McGonagall et Dumbledore. Ils ne sont pas encore sortis.
-Heps, jeunes gens ! Dépêchez-vous de descendre avant que je ne m'énerve, vous bouchez l'escalier !
Les adolescents se précipitèrent dans la cuisine. Bientôt, les rires fusèrent, la nourriture et la boisson coulèrent à flots.
Dans la pièce d'à côté était un immense salon arrangé en une salle de réunion, un feu magique, qui ne chauffait pas, flambait. Minerva était au coin de ce feu, songeant, sans savoir que quelqu'un l'observait. Elle avait ramené ses genoux contre sa poitrine, et posé son menton dessus. Plus que jamais, ainsi, elle avait l'air fragile, seule. Cela frappa Albus. Il n'avait encore jamais réalisé combien elle était seule. Il ne savait même pas si elle avait une maison à elle. Après tout, elle vivait à Poudlard. Et cette lueur flamme qui dansait sur elle lui donnait un air absent, mais chaleureux.
L'odeur de la tarte à la tomate se fit sentir, leur chatouillant les narines. Il s'apprêtait à sortir quand elle se leva brusquement et sortit par une porte à l'arrière. Silencieux comme son ombre, il se faufila derrière elle et la suivit.
Ils grimpèrent haut, très haut. Même Sirius n'était pas aller aussi loin durant sa reconnaissance. La stupéfaction d'Albus augmentait au fur et à mesure que Minerva avançait, sans s'arrêter. Elle semblait parfaitement savoir où elle allait, et il était sûr qu'elle était déjà venue ici.
Soudain, elle pila net à un cul-de-sac. Albus se glissa derrière un rideau en priant pour qu'il ne soit pas infesté de bêtes en tout genre. Au fond, sur le mur blanc, reposait un tableau d'un jeune homme endormi. Il avait les cheveux noirs et mi-longs, et il dégageait une sorte de charisme qui faisait briller sa peau. Albus ne douta pas un instant qu'il était parent des Blacks, et il admis en lui-même avec étonnement qu'il ressemblait for à Sirius, et qu'il paraissait très jeune.
Pendant un instant, rien ne se passa, Minerva resta fixée face au tableau sans bouger. Soudain, elle tomba sur les genoux et enfouit son visage dans ses mains. Albus se sentit violemment tirailler entre le désir de se précipiter vers elle pour la serrer dans ses bras et celui de ne pas regarder ses pleurs. Pourquoi réagissait-il ainsi ? Minerva avait besoin de réconfort, elle ne semblait pas aller bien, il DEVAIT aller la voir.
Il fit un pas silencieux en avant et s'arrêta tout net. Minerva parlait.
-Damien… Je suis tellement désolée… Comment ais-je pu vouloir tout oublier ? Je suis stupide, mais ça tu le sais depuis longtemps… Renifla-t-elle en essuyant les larmes qui lui coulaient sur les joues.
Elle se leva, caressa la surface peinte qui représentait la joue du jeune homme toujours endormi, puis se détourna et partit en courant. Albus ne la suivit pas, trop choqué. Pourquoi ne lui avait-elle rien dit ? Ce jeune homme devait être son petit ami quand elle était jeune. Albus ne parvenait pas à y croire. Il s'approcha du tableau et l'observa plus attentivement. En bas, à droite, un petit cadre blanc était couvert d'une écriture qui lui était familière.
Damien Black, tué par Grindelwald, auror, premier Ordre de Merlin, marié à Evelyne Weasley (d.) et père de quatre enfants, Alphonse (d.), Charlie (d.), Rodolphe (d.) et Sirius Black.
Une horrible lumière se fit dans l'esprit d'Albus. Damien Black… Marié à Evelyne Weasley… Père de Sirius Black… Les pièces du puzzle s'assemblèrent doucement dans son esprit. Ainsi, Sirius n'était pas le vrai fils Black… Il était le dernier survivant d'une famille composée de Black et de Weasley. Il ne pouvait y avoir aucun doute, tout coïncidait trop, Sirius à Gryffondor, la haine de ses parents envers lui… En même temps qu'il songeait, il en pouvait s'empêcher d'être soulagé. Donc, ce Damien n'était pas le petit ami de Minerva.
-Bonsoir Albus.
Albus sursauta et leva les yeux. Le portrait le dévisageait calmement de ses yeux onyx.
-Comment vas-tu, mon ami ?
-Bien, répondit prudemment l'homme. Nous nous sommes déjà vus ?
-Si nous nous sommes déjà vus ? Sourit, amusé, le portrait. Voyons Albus… Vous avez déjà oublié celui que vous avez formé pour qu'il devienne un auror renommé ?
-Quoi ? Murmura Albus, déconcerté.
-Albus ? Qu'est-ce que vous faîtes ici ?
Albus se retourna et heurta de plein fouet le regard de Minerva.
-Minerva, douce colombe ! Comment vas-tu, joli ange ?
Stupéfait, Albus se tourna vers le portrait. A sa grande stupeur, celui-ci s'était illuminé, et le jeune homme baignait dans une douce lueur bienfaisante.
-Tais-toi !
L'ordre avait claqué comme un coup de fouet, et Albus aurait pu jurer que c'était un ordre magique. Le portrait retomba aussitôt dans sa somnolence. Minerva se tourna vers Albus et le dévisagea la gorge serrée.
Albus détourna le regard par-dessus l'épaule de la femme, d'un seul coup très troublé. Pourquoi Diable faisait-il si chaud tout-à-coup ? Etait-ce son imagination ou alors… ? Le portrait avait dit qu'il avait été son élève en temps qu'auror, mais pourtant, Albus n'avait jamais été auror. Quel était ce puzzle qu'il ne connaissait pas ?
-Albus…
La voix lasse de la jeune femme le fit émerger de ses pensées. Il croisa de nouveau son regard et fronça les sourcils. Pourquoi avait-elle encore l'air si fatiguée ?
-Albus… Cela fait une heure que tout le monde vous cherche.
Intrigué, il regarda attentivement son adjointe. Quelque chose n'allait pas. Mais quoi ? Puis il se retourna, et comprit. Le portrait avait disparu. Avait-il rêvé ?
-Albus… Venez, il faut finir les lettres à envoyer aux élèves.
Et pour la première fois de sa vie, Albus ne sut plus où il en était.
To be continued… Review, si c'est possible, si'ou plaît !
