Sirius s'assit sur son lit. Il était troublé. Le professeur McGonagall avait semblé très perturbée tout à l'heure, quand le professeur Dumbledore était entré dans la cuisine complètement rajeuni.

En fait, lui-même avait été assez troublé. Albus Dumbledore lui avait soudainement semblé très familier arrangé ainsi. Enfin… Comment dire ? Sirius se rappelait seulement de quelque chose, comme un souvenir: un éclair juste après un visage ressemblant fort à celui de l'actuel Albus Dumbledore. Mais comment ce souvenir était-il en sa possession ?

C'était étrange, très étrange. Tellement étrange qu'il mit longtemps avant de s'endormir, tournant et retournant ce souvenir obsédant dans sa tête.

Et lorsque finalement il parvint à sombrer dans les bras de Morphée, il fut assailli par un rêve plus que surprenant.

FLASH

La jeune femme blonde chantonnait doucement en lui changeant sa couche. Quoi ?? Mais qu'est-ce que c'était que ça ? Sa couche ??

Voulant protester, il s'aperçut qu'il était totalement impuissant. Il était un spectateur dans le corps d'un bébé.

-Voilà mon chou, tu es mignon comme un cœur !

Mignon comme un cœur ?? Beurk…

-A plus tard mon canard !

Mon canard… Non mais vraiment…

La jeune femme sortit, et disparut. Aussitôt une silhouette floue ressemblant à un chat apparut à l'entrée, un chat que Sirius reconnut immédiatement. Il avait tellement de fois vu le professeur McGonagall se transformer qu'il ne pouvait plus ne pas la reconnaître.

Cependant, lorsque qu'elle se transforma, elle ne ressemblait pas du tout à la Minerva McGonagall de ses souvenirs. Elle était beaucoup plus jeune et beaucoup plus… Canon.

Leurs regards se croisèrent, et il lut dans le sien un tel effondrement, une telle tristesse qu'il eut envie de la prendre dans ses bras. Pourquoi avait-elle l'air si morte ? Morte… C'était le mot, elle semblait complètement morte, vidée, et il avait la sensation que jamais elle ne s'en remettrait.

Se penchant tristement, elle le prit dans ses bras et il sentit le sortilège de désillusion glisser sur lui.

-Tati Mina… Gémit soudain une voix d'enfant venant de lui.

La tendresse émergea doucement dans le regard de la jeune femme.

-Chut… Ca va aller mon cœur. Reste juste silencieux, tu veux bien ? Nous allons sortir d'ici tous les deux, et je t'expliquerais ce qui se passe ensuite. Pour l'instant, silence.

Sirius était bouche bée. Il n'était pas très certain que la femme qui l'avait appelé canard était bien d'accord avec l'idée de Minerva.

Et puis… Minerva McGonagall, qui s'apprêtait à faire un rapt d'enfant ??

Ils sortirent de la pièce, et Sirius eut tout juste le temps de lire NURSERY sur la porte. Puis, il s'aperçut qu'il était dans un hôpital. Dans St Mangouste, plus précisément.

La jeune femme pénétra dans l'ascenseur et appuya sur le bouton PATHOLOGIE DES SORTILEGES.

Ils entrèrent dans une salle et ils tombèrent net en arrêt devant un petit garçon roux qui lui rappelait vaguement un Weasley. Celui-ci ne les vit pas, mais il sembla tiré de ses pensées par la porte qu'elle avait ouverte. Se levant, il prit une fleur d'un pot et, avec un sourire un peu niais, l'apporta à l'homme de dos, près de la fenêtre.

Sirius sentit les bras de Minerva se serrer convulsivement autour de lui, ou plutôt autour du bébé.

Ils se déplacèrent et se positionnèrent à la tête du lit. L'homme assis en tailleur, les coudes sur les genoux et les mains sous le menton, semblait vaguement familier à Sirius. Il ne voyait pas ses yeux, mais ses cheveux étaient roux fonçés, presque bruns. Il se dégageait de lui une aura de puissance étonnante qui n'était pas sans lui rappeler Dumbledore lui-même.

Le garçon roux vint s'asseoir à côté de l'homme et lui tendit la fleur.

-Je… mepelle… Arthur, commença d'une voix hésitante.

Arthur ? Comme Arthur Weasley ? Etrange, vraiment…

-Et moi c'est Albus. Content de te rencontrer.

ALBUS ? COMME ALBUS DUMBLEDORE ?

Sirius se sentit soudain brutalement serré par les bras de Minerva. Le dénommé Albus avait tourné les yeux, qu'il avait bleus très clairs et pétillants, et il fixait la jeune femme dans les yeux.

Un instant éberlué, Sirius se demanda comment il faisait pour les voir malgré le sortilège de désillusion. Puis, Arthur s'éloigna et Albus se leva, s'approchant de d'elle.

-Vous êtes une nouvelle sorte d'infirmière ?

Sirius observa un peu mieux les yeux de l'homme, et s'aperçut qu'il avait exactement le même regard que cet homme amnésique qu'il avait vu un jour. Un ange passa, puis Minerva parla.

-Non, Albus. Je suis venue te dire au revoir, et te prévenir que je ferais tout pour retrouver Evangéline.

-Je vois, répondit lentement l'homme en fronçant les sourcils.

Apparemment, il ne voyait pas du tout.

Soudain, Sirius sentit que Minerva se tendait en avant, et il la vit avec hébétude poser ses lèvres sur celles du jeune homme, avant d'aussitôt se reculer.

-Je t'aime. Et lorsque tu retrouveras la mémoire, tu le sauras vraiment. Prends bien soin d'Arthur, promis ?

Mon Dieu…

-Euh… D'accord, promis. Mais qui es-tu ?

Minerva MacGonagall avait embrassé Albus Dumbledore et lui avait dit qu'elle l'aimait ???? Oh, par Merlin… Mais qu'est-ce que c'était que ce rêve ??

Soudain, Minerva fit brutalement demi-tour en courant, serrant l'enfant tellement fort contre elle qu'il ne put plus rien voir. Lorsque enfin elle relâcha la pression, ils étaient à la Morgue de l'hôpital. Révulsé, Sirius voulut fermer les yeux… Mais ne le put point, car il ne contrôlait pas le corps, hélas.

Devant lui trônait onze corps. Sirius sentit rapidement que le bébé pleurait, en même temps que Minerva semblait-il. Celle-ci, doucement, embrassait chaque corps, puis le réduisait en cendre avant de le glisser dans une urne funéraire.

Ils passèrent ainsi devant cinq enfants, les deux premiers étaient des Weasley, âgés d'une quinzaine d'années pas plus, tandis que les suivants étaient des Black très étrange, comme… Mélangés. Certains aux traits indubitablement Black avaient les cheveux roux clair, mais tout les trois avaient entre cinq et dix ans.

Lorsqu'ils arrivèrent devant un couple d'une vingtaine d'années composé d'une jeune Weasley et d'un étrange inconnu, les sanglots de la jeune femme redoublèrent.

-Frédéric… Oh par Merlin, tu étais tellement jeune… C'est si injuste…

Ils passèrent rapidement devant un nouveau couple Weasley, plus vieux celui-ci.

Puis, Minerva s'arrêta doucement devant les deux dernières personnes, un couple. La jeune femme était une Weasley d'une rare beauté douce, mais ce fut quand il vit l'homme que Sirius eut peur.

-Sirius, dis au revoir à papa et à maman… Murmura Minerva d'une voix étranglée. Et n'oublie surtout pas que désormais tu es le dernier Black du bon côté à être encore en vie.

Horrifié, Sirius sentit le bébé qui redoublait de pleurs et se penchait en avant dans l'espoir que sa mère allait se lever et le prendre dans ses bras.

Ainsi donc ses parents qui l'avaient élevé n'étaient pas ses vrais parents, et Minerva McGonagall n'était pas du tout celle qu'il pensait…

Soudain, il eut une furieuse envie de fuir ce rêve atroce, et qui semblait d'ailleurs ne pas en être un. Alors q'il luttait, comme à contre-courant, il fut brutalement expulsé du corps de l'enfant, et il partit à travers ses souvenirs comme une fusée.

FLASH

Minerva soupira en montant les escaliers. Cette mission avait été plus dure que prévue…

FLASH

Un fœtus…

Du blanc, beaucoup de blanc, trop de blanc, je veux retourner d'où je suis sorti !

Elle est tellement belle ma maman… Et mon papa, pourquoi est-ce qu'il pleure ?

Alphonse ! Al ! Dis, dis, qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi Papa et Maman y sont tellement comme ça, comme s'ils avaient peur ?

FLASH

S'arrêtant un instant au deuxième étage, devant la porte de son protégé, elle tendit l'oreille.

FLASH

MAAAAAAAMMMMMMAAAAANNNNNNNN !!!!

FLASH

Un cri traversa la nuit tel une flèche, et Minerva fit un bond de stupeur en arrière. Sirius… Sortant d'un rapide mouvement sa baguette, elle prononça la formule de Déverrouillage puis la formule de Silence. Puis entra.

FLASH

Maman… Elle est partie, elle bouge plus…

PPPPAAAAPPPPPAAAA !!!!! NOOOONNNN !

Pan ! Peux plus bouger. Albus… Il va…

-Oubliette…

FLASH

-Sirius ! SIRIUS !

D'un bond, il fut assis sur son lit, transpirant et tremblant de tous ses membres.

-Oh mon Dieu ! Oh par Merlin !

-Calme-toi !

Sirius tourna un regard terrifié et absent vers son interlocuteur, puis sursauta et se recroquevilla instinctivement.

-Pro… Professeur MacGonagall ?? Mais…Qu'est-ce que vous faîtes dans mon lit ?

-Je vous ai entendu crier. Vous allez bien ?

-Oui… Enfin non… J''ai fait un horrible cauchemar.

Minerva ouvrit la bouche dans le but de lui proposer d'aller voir le professeur Dumbledore pour lui en parler, comme elle le faisait avec tout membre de l'Ordre qui ne se sentait pas bien, mais bizarrement, aucun son n'en sortit. Sirius continua sur sa lancée, tout frissonnant.

-C'était horrible. Au début, je n'avais pas compris que c'était vraiment moi le bébé…

-Le bébé ? Quel bébé ?

-Le bébé dans lequel j'étais.

Sirius sentit soudain que quelque chose n'allait pas.

-Mais… Mais si c'était vraiment moi, et que donc c'était un de mes souvenirs…

Leurs regards se croisèrent, et Minerva lut dans le sien un étonnement et une curieuse incertitude qui lui fit froncer les sourcils.

-Mes parents ne sont pas mes vrais parents, n'est-ce pas ?

-Je… euh… Je n'en sais rien, Sirius, et je ne crois pas être la personne la mieux adaptée pour vous informer sur cela.

-Et pourtant vous le savez, n'est-ce pas ? Tout comme vous savez que mon père s'appelait… Damien ? Et était à Gryffondor ?

Minerva resta un instant éberluée, mais elle se reprit vite.

-Comment savez-vous tout cela ?

-J'ai fait un rêve. Et ça s'est fini sur la mort de mes parents. Et sur celle de Grindelwald.

Minerva devint très pâle et vacilla un instant sur place.

-Vous… Vous avez vu comment Grindelwald est mort ??

-Oui. Et aussi comment Albus Dumbledore a perdu la mémoire.

Et il lui raconta son rêve, du début à la fin et avec le plus de détails possibles. Le visage de Minerva passa de la confusion à la gêne, et enfin de la douleur au désespoir. Finalement, Sirius se tut et elle prit sa tête entre ses mains.

-Professeur ? Vous avez vraiment aimé Albus Dumbledore ?

-… Oui.

-Incroyable… Et vous avez caché ça pendant toutes ces années ?

-Oui.

Un silence lourd enfuma la pièce pendant quelques secondes.

-Et… Frédéric, c'est qui ? Vous savez, le petit copain d'une des Weasley…

-C'était mon frère. Il avait 22 ans et s'apprêtait à se marier avec Ginny Weasley, la sœur de votre mère.

-Comment s'appelait ma mère ?

-Evelyne. Elle a eu quatre enfants avec Damien, votre père. Trois sont morts, le dernier seul a survécut.

-Et comment s'appelaient mes frères ?

Minerva ne répondit pas et se leva.

-Suivez-moi.

HPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHP

Debout, dans la Grande Salle, Albus Dumbledore observait attentivement ce qu'il y avait devant lui. Il n'arrivai pas à croire qu'il avait finalement réussi. C'était les élèves qui allaient être contents…

Mais en lui-même, il était étonné. Il n'avait jamais entendu parler de ça à Poudlard, et pourtant, Dieu seul sait depuis combien de temps il était là. Etrange, vraiment… Il faudra qu'il en touche un mot à tous les professeurs après la surprise.

Un hurlement traversa soudainement l'atmosphère et le percuta de plein fouet. Il chancela puis reprit pied ferme, soufflé.

Il jeta un coup d'œil autour de lui et, ne percevant rien, commença à progresser vers la porte.

C'est lorsque le deuxième hurlement le fit tomber à terre qu'il comprit: la personne qui criait était dans sa tête.

Il tenta d'arrêter son souffle haletant, et inspira à fond. Sa respiration tremblotante se répercuta dans la salle vide, et lorsqu'il expira, son souffle était redevenu régulier. A genoux, il vida lentement et prudemment ses pensées et tenta d'accéder à son subconscient.

Voguant parmi la multitude de couches spirituelles, il suivit la trace lumineuse qui brillait doucement de moins en moins, dernière trace du cri. Plus il avançait, et plus le décor se faisait blanc et doux comme du linge propre, et plus il avait une étrange impression de malaise, comme quand il cherchait un mot qu'il n'avait que sur le bout de langue, un mot qui lui échappait.

Soudain, la trace stoppa net devant une porte immense, ovale et noire, fictive sans aucun doute, un mini-chouilla ouverte, laissant ainsi filer un rayon jaune d'or lumineux et chaud comme le soleil en plein été.

Stupéfait, il se demanda ce que cet étrange portail faisait là, et ce flux de question le tira en arrière d'un coup vif. Il eut juste le temps d'entendre un murmure féminin et un pleur d'enfant avant de se retrouver, complètement étourdi, allongé dans la grande salle.

Il se redressa sur les coudes en chancelant et entendit des rires derrière lui. Il roula sur le côté, se redressa sur les genoux et jura.

-Disparaissez ! Allez, vite !

Les rires s'étouffèrent, il y eut un grand coup d'air frais et la grande salle redevint ce qu'elle était.

Albus Dumbledore soupira et amorça le petit geste familier vers sa barbe. Sa main captura faiblement du vide et vint heurter doucement sa poitrine. Il baissa la tête, surpris, et soupira en redressant la tête et en passant la main dans ses cheveux. Il avait oublié qu'il avait quarante-cinq ans.

HPHPHPHPHPHPHPHP

Minerva marchait d'un pas vif dans un couloir du Manoir des Black, suivie de près par Sirius.

Elle ne réfléchissait pas, elle agissait.

Elle ne voulait pas que la tragédie Magesque actuelle achève ceux qui restaient de la précédente.

Elle voulait une vie simple et sans douleur pour tous ces gens, si jeunes encore.

Elle aurait bien voulu un monde sans mages. Mais c'était impossible, elle le savait, la Dame le lui avait enseigné: Il faut que le bien et le mal s'équilibrent et que ce mélange fasse tourner le monde, encore et toujours.

Minerva pila devant le portrait de son défunt ami. Aujourd'hui, une vérité allait être dévoilée.

Elle se tourna vers Sirius:

-Tu vas rester ici et attendre qu'il se réveille. Et lorsqu'il ouvrira les yeux, au plus profond de toi, tu sauras. Nous sommes dans un monde manichéiste. Cet homme t'expliquera. Il te dira tout ce dont tu souhaites. Fais attention, cependant: tu as un temps limité. Observe bien le tableau. Apprend. Et retourne dormir quand ce sera fini.

Sirius observa silencieusement le portrait, sans commenter les ordres du professeur. Alors qu'elle faisait demi-tour, Minerva entendit soudain sa voix s'élever dans l'espace semi-clos où ils étaient.

-Comment se fait-il que ce Black ne soit pas dans l'arbre généalogique des Black alors que c'en est un ?

Minerva s'arrêta lentement, puis ouvrit la bouche:

-Il a été répudié par sa famille, comme toi tu l'as été par Mme Black.

Sirius resta silencieux, pendant un instant immobile, puis s'assit par terre. La silhouette de Minerva s'estompa rapidement dans un frottement de cape. Il leur semblait entendre au loin un vague air de requiem au piano. Comme une promesse de mort.

N'allez pas croire que je suis une fan des promesses de mort…

Et désolé pour ma brillante absence, mais ça risque de se renouveler, étant donner que mon intérêt et ma présence sont en ce moment totalement pris par une autre occupation. Peut-être vous en ferais-je part un jour si le projet abouti…

PS : Ne pas oublier que, malgré le fait que je réponds très peu aux rewievs je suis toujours très réceptive à celles-ci !!! Merci d'avance

COC