Rewind
Auteur : Lenvy.
Titre : The lost ones.
Disclaimer : All belongs to Masashi Kishimoto. Even the particuliars prisonners evocated, I believe they were out there, hidding in the dark.
Fait en écoutant : With Or Without You - U2.
Note : Genyuumaru est le prisonnier dont Orochimaru s'est emparé du corps. Brève apparition, plus dans un souci scénaristique que par réelle considération, ce qui m'arrange pour inventer à loisir les pans d'une histoire qu'on ne nous montrera pas. Merci pour vos reviews :) Bonne lecture.
Rating : T, pour la relative violence et allusions.
Basé sur : épisode 118.
The lost ones...
Dans la pénombre de leurs cellules, ils attendent. Quoi ; ça fait longtemps qu'ils ne le savent plus. Il est assis, le genoux ramenés sur sa poitrine, la tête contre la paroi rocheuse et humide. Depuis qu'il est ici, il n'a jamais eu l'occasion de voir le plafond. Il sait qu'il y en a un, mais la voûte de sa geôle est un énorme puits renversé, noir et insondable. Alors c'est comme ça qu'il passe ses journées, le nez levé, jusqu'à s'en donner des crampes au cou. C'est aussi une manière qu'il a trouvée pour garder une certaine notion du temps, les contractions débutant au bout d'une heure et demie environ. Des râles étouffés lui parviennent du cachot d'à côté. Il sourit tristement, avec une brève pensée compatissante pour le pauvre mec en train de se faire embrocher. Il est seul dans sa cellule, d'autres n'ont pas cette chance, ici, on s'occupe comme on peut. Les petits nouveaux, on les repère assez vite, ce sont ceux qui hurlent le plus fort, qui pleurent aussi, parfois. Ca, c'est au début, après ils s'y font. Celui d'à côté, il ne l'a jamais vu, mais il connaît très bien le son de sa voix, il l'a déclinée dans toutes les tonalités possibles et imaginables. Il demande à son bourreau de le tuer, il réitère sa demande tous les jours. L'autre ne répond rien et continue sa frénétique besogne, et même sous les supplications, il conserve un silence inhumain. L'orgueil est un luxe auquel on se doit de renoncer, ici. Un bruit de papier qui se consume le fait tourner la tête vers l'ouverture condamnée de son logis. Les sonorité inhabituelles semblent toujours se répercuter plus fort, tellement elles contrastent avec l'environnement auditif connu. Quelqu'un a levé les sceaux, songe-t-il. Il se lève, enfonce la porte de bois d'un coup de pied.
Tous les prisonniers sortent. Instinctivement, ils lèvent la tête. L'enfoiré de Kabuto est là, sur son perchoir, avec son horrible petit sourire suffisant. Il sent des corps se crisper, à côté de lui. Le médecin n'est pas très apprécié, ici.
« Je veux que vous vous entretuiez tous. Le survivant sortira d'ici. »
Une sourde clameur s'élève. Sa demande leur paraît complètement surréaliste. Mais la répugnance à obéir docilement à leurs geôliers a vite été éclipsée par la dernière phrase. C'est un piège, pense-t-il. Ils nous ont gardés pendant tellement de temps, ça n'a aucun sens de nous libérer maintenant. Pourquoi cherchent-ils à sélectionner le plus puissant d'entre nous ? Que feront-ils du rescapé ? Sa réflexion n'ira pas plus loin, son plus proche voisin s'est tourné vers lui, prêt à en découdre. L'inconnu se jette sur lui, dans un grognement sauvage. Genyuumaru le déséquilibre facilement, le renverse et le plaque au sol. Son adversaire n'est pas très puissant, il lui brise les cervicales et l'étrangle. Il lui tâte le corps, prêt à ramasser tout ce qui pourrait éventuellement servir d'arme. Ses mains s'arrêtent un instant sur le tronc, surprises. Une femme. Très jeune, d'après le peu qu'il peut en voir, mais une femme quand même. Sa grimace disparaît très vite lorsque ses doigts rencontrent au niveau des cuisses plus qu'il n'aurait pu espérer, un kunaï. Il a eu de la chance, que son tout premier adversaire soit armé. Il ne sait pas comment cette fille a fait pour conserver cette arme avec elle mais elle va énormément lui servir. Un rapide remerciement murmuré et il contre le bras de celui qui tentait de l'attaquer par derrière, trahi par l'ombre chétive qu'il a projetée sur le sol. Il le lui tord, l'autre hurle. Son hésitation aura été infime : ce hurlement, il l'a reconnu. Son voisin. D'un coup sec, il lui tranche la gorge avec l'autre main. Une mort instantanée, c'est tout ce qu'il peut lui offrir. Le sang gicle. Il fait un pas en arrière, plante le kunaï dans le dos de l'homme derrière lui, entre les omoplates. Celui-ci s'écroule, déstabilisant celui qui l'affrontait. Genyuumaru vire avec légèreté sur son pied et se retourne. Il saisit le cou du mec restant et le lui brise net. Il a un atout sur tous ceux qui sont en train de s'affronter, donnant des coups de poings aveugles, frappant ce qu'ils peuvent trouver. Il a une pupille exceptionnelle, qui capte les plus infimes variations de lumière. Cette photo-sensibilité exacerbée lui permet de lire les moindres gestes de tous ceux qui se trouvent dans son champ de vision, à condition qu'ils viennent contrer le rayonnement d'une source de lumière peu éloignée. Cette salle est un parfait terrain pour lui, la pièce est circulaire et de nombreuses torches en illuminent les parois, cernant ses ennemis d'un halo elliptique. Ses pupilles ne cessent de se contracter et de se dilater, saisissant, interprétant les fluctuations du champ lumineux, et tous ceux qui se sont avancés vers lui sont à présent à terre, vaincus par une semi-obscurité qui sert parfaitement leur opposant. Son corps rompu retrouve rapidement les mécanismes du combat, et il recouvre avec plaisir son agilité d'antan. Ses pupilles, combinées à son talent inné pour le taïjutsu lui confèrent un avantage certain.
Quelques instants et coups de kunaï plus tard, ils ne sont plus que quatre. Un mec immense, un véritable mastodonte, qui a indifféremment écrabouillé de ses deux mains massives tous les crânes qui sont passés à sa portée. L'autre paraît très petit en comparaison, mais il est tout aussi dangereux. Utilisateur chevronné de genjutsu, Genyuumaru l'a vu à l'œuvre. Le dernier est un très jeune gars, terrorisé, le corps tendu dans une posture animale, un sabre dans sa main tremblante. Les adversaires se désignent mutuellement assez vite. Il prendra d'abord la montagne de muscles, il laisse le mec au genjutsu s'occuper du petit. Alors qu'il charge le gaillard, il commence à réfléchir au moyen de se débarrasser de l'autre. Les genjutsu, il a jamais aimé ça. Ca vous tombe dessus comme ça, sans prévenir, alors que les coups, c'est facile de les anticiper. Arrivé à la hauteur de son adversaire, il pivote au dernier moment, évitant lestement les deux mains tendues vers lui, prêtes à lui arracher la tête de leur force brute. Trop lent, pense-t-il dans un sourire. Il lui plante la lame acérée dans le dos. L'autre grogne, Genyuumaru grimace, il a raté la moelle épinière. Il retire brutalement le kunaï fiché dans des centimètres de chair et frappe encore une fois. Il entend distinctement les os se briser. Le mec semble mettre des heures à tomber. D'abord les genoux, puis le reste du corps, aidé par un coup de pied aérien de Genyuumaru, qui vient le cueillir au niveau de la nuque. Il contemple un instant le corps effondré, puis s'en retourne vers son dernier ennemi. Il doit se retenir de sursauter. C'est le jeune mec au sabre qui est resté debout, l'autre est allongé par terre, de tout son long, éventré. Les tremblements de son corps n'ont pas cessé, et il attaque Genyuumaru dans un hurlement qui n'a plus rien d'humain. Comme quoi, remarque-t-il, c'est souvent les plus terrorisés qui sont le plus dangereux. Les deux mains posées sur son sabre qui frôle de sa pointe le sol, il se rapproche de l'homme aux iris violets. Celui-ci évite les trajectoires paraboliques de la lame qui cherche désespérément à le mettre hors d'état de nuire, fouettant l'air. Sa panique rend ses coups aléatoires et brutaux, complètement imprévisibles, et Genyuumaru ne doit son salut qu'aux faisceaux lumineux que la lame déchire. Tout en continuant d'esquiver les coups, il se déplace de façon à amener son adversaire dos à la torche la plus proche. De son bras droit, il contre soudain le bras tendu au-dessus de lui, près a le couper en deux. D'aussi près, il peut discerner l'expression surprise et les yeux révulsés par la terreur de l'autre. Il tire son kunaï, prêt à frapper, quand le garçon se met à se débattre, paniqué par sa position d'animal maîtrisé que l'on se prépare à égorger. Il donne tout d'un coup un grand coup de genoux dans le nombril de Genyuumaru qui, le souffle coupé par la violence du choc, le relâche sans réfléchir. La lame du sabre s'abaisse, il pare avec son kunaï. L'arme semble ridiculement courte par rapport à sa consœur, mais il a plus de force que son adversaire a qui il donne une douzaine d'années, tout au plus. Un peu jeune pour mourir, pense-t-il ironiquement. Quoique, dix-sept ans, ce n'est pas le bon âge non plus. Insidieusement, il place sa jambe droite derrière celle du garçon, qui, trop concentré sur le duel létal qu'ils sont en train de mener, ne comprend que trop tard la manœuvre. Sa bouche a à peine le temps de s'arrondir de surprise que, déséquilibré par la jambe que Genyuumaru ramène brusquement à lui, il s'étale au sol, lâchant son arme. Le sabre pourfend l'air et part se ficher en plein cœur du perdant.
« Hé, vous disiez que vous me laisseriez sortir ! Tenez votre promesse ! Qu'est-ce que vous foutez ? Ouvrez cette porte bordel ! »
Il ne sait pas trop si c'est une bonne chose de s'adresser aussi agressivement à ceux qui l'ont si longtemps maintenu incarcéré, mais il n'en peut plus de rester dans cette salle au sol jonché de cadavres encore tous frais. Et encore, il entend des gémissements qui indiquent que certains sont toujours en train d'agoniser. Il pourrait aller les achever mais ça pourrait tout aussi bien être un piège. Il n'a jamais été aussi proche de la liberté, ce n'est pas le moment de tout faire foirer. Que ce soit un piège ou pas. Une porte s'ouvre. Un homme s'avance, et finit par s'arrêter tout près de lui.
« Quoi ? Encore un ? Dépêche-toi… »
Il n'a pas eu le temps de finir sa phrase, il vient de rencontrer le regard de celui qui se tient face à lui. Il sent la paralysie le gagner alors qu'il ne peut que regarder ces pupilles fendues qui se réduisent à la taille d'un fin fuseau de charbon. Quelque chose en lui hurle de fuir, de tout quitter, là, de profiter de la porte restée ouverte, mais il sent sa propre volonté lui échapper alors que ces yeux assurent leur contrôle sur son corps en maintenant ce contact visuel qui lui brûle la rétine. La seule pensée cohérente qui parvient à lui traverser l'esprit est qu'il en plein cauchemar, dans un songe où il n'a plus d'emprise sur rien et ne peut que contempler ce qu'il se passe, dans une indicible horreur.
« Je vais te faire sortir d'ici. »
Non.
« Et je vais t'accorder un souhait. »
Il va mourir.
« Relâchez les membres de mon clan que vous avez pris pour faire vos expériences. »
C'est la seule chose qui pourrait soulager sa mort.
« Très bien, ce sera vite fait. »
Il ment. Ca fait longtemps que les siens sont morts.
« Tu n'as pas à t'inquiéter, ta force sera toujours avec moi. Tu ne perdras pas tout.»
Il ment encore. Il ne lui restera plus rien. Rien que des souvenirs teintés de sang. Il émane à présent de l'autre une étrange aura mauve. Comme ses yeux. C'est sa dernière pensée, alors que l'autre prend possession de son corps. Il entend quelqu'un hurler. C'est lui. Son cœur se contracte soudainement, ses poumons se vident. Il étouffe. Il lève les yeux. Le plafond n'aura jamais été aussi noir.
