Note de l'auteur : Et voilà presque la fin. Avant dernier chapitre. Peut-être un peu bizarre, je ne sais pas trop. A vous de voir.

Chapitre 7

Il était déjà sortit depuis plus d'un quart d'heure mais elle était toujours là. Elle restait là dans la voiture enregistrant encore et encore les chiffres. Mais la voiture finit pas partir et il n'y avait plus rien à enregistrer. Les sentiments revenaient et les larmes commençaient à la submerger. Elle savait qu'elle allait pleurer si elle ne faisait rien. Alors elle frappa le volant aussi fort qu'elle le pu.

« Et merde ! »

Elle sortit de la voiture et alla le chercher. Elle le trouva assis sous un arbre. Elle s'assit de l'autre côté évitant son regard, son contact.

« Je suis désolée moi aussi. Je ne voulais pas dire ce que j'ai dit dans la voiture. C'est… »

« S'il te plait. »

Elle se tut.

« Quand j'étais enfant lorsque ma mère me donnait un bonbon c'était un moment rare de bonheur. Je gardais le bonbon aussi longtemps que je le pouvais. Je le suçais lentement, aussi lentement que je le pouvais. Il fallait que je le garde, pour garder ce goût que j'aimais tant. Et inexorablement il rétrécissait. Alors je le mettais sous ma langue pour qu'il reste encore et encore. Et puis au final il disparaissait. Et alors j'ouvrais la bouche au minimum. Il fallait que je garde ce goût encore un peu. Juste un peu. »

Il se tut un instant. Quelques secondes qui pourtant pour eux avaient duré un éternité d'attente et d'angoisse.

« Et puis je t'ai rencontré. Et là j'ai découvert le plus merveilleux de tous les bonbons. Je ne pouvais plus m'en passer. Ton parfum était mon bonheur et ta voix me transportait ailleurs. Mais je ne pouvais pas rester. Alors je suis parti. Mais c'était plus fort que moi. Il fallait que dès que je ferme les yeux pour m'endormir ce soit ton parfum que je sente, ta voix que j'entende, ta peau contre la mienne. Mais tous ces riens disparaissaient avec le temps. Je n'arrivais pas à les retenir. Ils disparaissaient chaque jour un peu plus contre ma volonté. Je finissais par fermer les yeux dans la journée. Je me concentrais aussi fort que possible pour retrouver une once de ton parfum, de l'intonation de ta voix. Mais c'était trop loin. Et puis j'ai pu t'appeler pour que tu viennes à Vegas. Je pouvais alors retrouver ton parfum, ta voix... Et tu es venue. Et puis tu es restée. Et j'étais perdu. Je ne savais plus quoi faire. J'avais peur de te perdre. Je ne pouvais pas prendre le risque de te goûter pour te perdre. Et maintenant que je l'ai fait c'est comme si tu étais toute petite sous ma langue prête à disparaître. Et j'ai cette même sensation que j'avais lorsque j'étais enfant. J'ai peur. »

Elle ferma les yeux un instant un peu plus longuement que d'ordinaire et prit la parole.

« Si tu as peur ce n'est pas grave. Tout ce que j'ai dit dans la voiture ce n'est pas vrai et tu le sais autant que moi. »

Elle se tut un instant.

« C'est peut-être idiot ce que je vais dire mais je suis tombée amoureuse de toi la première fois que je t'ai vu. J'ai pourtant essayé de me convaincre que ce n'était qu'une simple amourette d'étudiante. De petite fille. Et puis comme tu étais loin c'était plus facile. J'ai été dans les bras d'autres hommes. Je me construisais une vie qui semblait tenir la route. Mais…ces hommes je ne les aimais pas vraiment et cette vie était bancale. Il me manquait toujours quelque chose. Mais tant pis je faisais comme si tout était bien. Et tu m'as appelé. J'ai entendu une nouvelle fois ta voix. Et j'ai tout quitté. Je suis venue et je suis restée. Et ce n'étais pas grave tous les coups et les blessures. Après tout je savais à quoi je m'attendais en venant. Tu étais toi et j'étais moi. Alors ce n'allait pas être si simple. Mais je n'ai pas réussi à supporter la situation. Et puis j'ai rencontré Hank. Tout semblait plus facile avec lui. Je souriais, je riais. Mais il m'a trahi et toi je te voyais tous les jours. Tu ne me regardais pas et tu m'as même rejeté. Mais ce n'était pas grave. Je t'aimais. »

Elle marqua une pause.

« Et aujourd'hui je t'aime encore mais je ne peux rien te promettre. Je ne sais pas de quoi sera fait demain et je ne veux pas le savoir. Mais je peux te dire une chose sûre. Je t'aime plus que tout et même si je te quitte je t'aimerais toujours. Tu peux me dire que tu ne veux pas de moi à Vegas ce ne sera pas grave. Je ferais avec. Et peut-être que je me construirais une vie en dehors de l'attente. Peut-être même que je vivrais avec un autre homme. J'aurais aussi peut-être des enfants. Mais le jour où tu m'appelleras. Le jour où tu me diras que tu es prêt. Je serais là. Je quitterais tout pour toi et je viendrais vers toi. Et même si tu n'es jamais prêt tant pis je t'aimerais quand même. »

Elle se leva et commença à s'éloigner mais avant de partir définitivement elle parla une dernière fois.

« Fais comme tu veux. Je serais dans la voiture. »

...à suivre...