Auteur : Daiya
Titre : Destinée, chapitre 3
Origine : Harry Potter (j'ai lu pour le moment les quatre premiers tomes. Risque de spoilers.)
Disclamer : Les personnages et l'univers appartiennent à personne d'autre que J.K. Rowling. Je ne fais que les emprunter (pour le plaisir de les faire souffrir !)
Couple : futur HP/DM. C'est un POV de Draco.
Note : Voilà un nouveau chapitre. Le prochain est en cours d'écriture, et j'espère pouvoir le terminer pour dans quinze jours. Je ferait tout mon possible, mais c'est un peu le chapitre « charnière » de ce début de fic, et je ne veux pas le bâcler.
Je voulais aussi remercier cent mille fois ma nouvelle bêta officielle, ma Aki. Tanks a lot, mon parasite, pour tes corrections plus qu'utiles (dis moi ce que tu penses de ce que j'ai changé par rapport à la scène qui te faisais taaaaant rire :) ), pour ta gentillesse, pour tout. Merci de me supporter :). Cette fic est pour toi. Je t'adore ma tite moyenne.
Je remercie également toutes les personnes qui m'ont lu, et particulièrement celles qui m'ont laissée une review. Elles sont très importantes pour moi.
En voici les réponses :
Shima-chan : C'est vrai que l'amour de Draco et Narcissa frôle le vrai amour, mais il est en réalité un amour inconditionnel, le genre d'amour que tu n'éprouves qu'une fois dans ta vie, et que jamais tu ne retrouveras. Draco aime sa mère comme un fils, et non comme un amant, même si son amour est puissant. J'ai voulu essayé de rendre ça, sans que cet amour semble être de l'amour « amoureux », mais plutôt comme de l'amour mère-enfant très (trop ?) fort. Comme tu l'as dit si bien, leur amour est presque autodestructeur, et c'est pour cela que Draco ressent une telle rage, une telle colère et une telle envie de la venger. Parce qu'il l'aime plus que tout et qu'il ne supporte pas ce qu'on lui a fait. Pour ce qui est de Narcissa dans ce chapitre, j'ai eu peur qu'elle soit un peu trop « gnangnan », un peu trop pathétique, peut-être. Je suis donc heureuse qu'elle t'ai plu ! Pour ce qui est du rôle de Harry dans cette fic, je ne peux rien dire ;) Mais au fil de l'histoire, tu comprendras tout :) En tout cas je te remercie sincèrement pour ta review, et j'espère eu ce nouveau chapitre va te plaire. Bisous.
Ptit bou : Autant te prévenir tout de suite, cette fic risque d'être une avalanche de tristesse, alors prévoie les mouchoirs je pense ! Mais nan Draco ne va pas mourir, ni Harry d'ailleurs. Ne t'inquiète pas pour ça ;) Pour ce qui est du smoking (oh c'te mot lol) … c'est pas mon genre voyons ! Allez bisous, et merci encore !
Ma bêta, parasite, tite moyenne, copine di moua et tout et tout ;pp : Oui, je sais que tu préfère le chapitre trois, que tu n'aimes pas le pathétique et blablabla et blablabla… lol. Mais je suis contente (extrêmement même) que tu trouves qu'elle est bien écrite. Ça me touche beaucoup. ( et non, je ne bâcle pas mes autres fics, comment peux-tu dire ça ! C'est juste que c'est ma façon d'écrire un POV, et puis c'est le contexte de la fic. Si tu veux on écrira comme ça pour notre prochain bb). Tu n'as pas compris la force de l'amour entre Draco et sa mère. Ils sont comme deux âmes en une, comme l'ensemble d'un tout. C'est pour cela qu'elle lui demande ça. Parce qu'elle sait qu'il comprend, qu'elle sait comment il va réagir. J'espère que tu vas l'adorer, parce que ça serait triste, vu qu'elle est pour toi, c'te fic ! C'est pas grave que tu te sois énervé à propos du sujet qui fâche, ni à propos de samedi, je ne fais rien pour arranger les choses. Mais moi aussi je t'adore sincèrement, et une fille comme toi non plus, ça ne s'oublie pas, crois moi ! Pour ce qui est de l'England, je pense que c'est un peu compromis… Monde cruel ! Je te laisse ma poucinette, je te fais des énorme kisu.
Lyj-chan : Et bien merci beaucoup, je suis ravie que ce chapitre t'ai plu. Tu as presque pleuré ? Je suis touchée ! Vraiment. Pour ce qui est de ce que tu me reproches (j'ai bien compris maintenant ;)), je ne sais pas de ce qui en est pour ce nouveau chapitre. J'ai demandé à ma bêta et elle ma dit que non. Mais ton avis sera le très bienvenu. Merci encore beaucoup pour ta review. J'espère que ce chapitre va te plaire, et ne va pas te rendre triste. Biz.
Linaewen Ilca :
Chapitre 1 : Je suis heureuse que me nouvelle fic te plaise. Tu la trouves bien écrite ? Merci. Cette fic là, je l'écris avec tout ce que j'ai en moi. Je ne sais pas pourquoi, mais je l'aborde différemment des autres. Tu as raison pour le POV, je l'ai donc rajouté pour ce nouveau chapitre ;)
Chapitre 2 : Tu as raison, leur haine (ou du moins celle de Draco) va changer, elle va être différente. Je te laisse le soin de me dire ce que tu en penses ;) J'espère que ce chapitre 3 va te plaire. Merci beaucoup pour tes reviews. Bisous et à bientôt sur msn j'espère.
Niphredill : Tu n'as pas à excuser ! Me reviewer n'est pas une obligation, alors je dois te remercier de le faire : ). Merci beaucoup pour tous tes mots gentils, ça me touche énormément. C'est vrai que ce chapitre est triste, mais il permet de montrer le vrai visage de Draco, de ce côté fragile et ayant des failles, des faiblesses. Pour ce qui est de Lucius, le fait qu'il paye ou non est entre les mains de Draco. C'est lui qui va décider ou non de venger sa mère. Quant au « plan diabolique de Narcissa », tu ne vas pas tarder à le découvrir (pas tout de suite, mais bientôt ;) ) En tous cas merci beaucoup pour ta review. J'espère que tu vas aimer ce nouveau chapitre. Bisous.
Dark.Setsuna : Tiens, une revenante ! Lol. Oui, tu as raison, c'est du plantage de décors? Je pense que ce chapitre trois est davantage accès sur le commencement de l'histoire elle-même. Merci, mais je ne trouve pas ça si difficile que ça, le POV de Draco, au contraire. Moi je m'y sens à l'aise. Maintenant, peut-être que je ne le fais pas bien, mais en tous cas j'aime le faire. Cela sera très certainement (hum, c'est même très fortement certain ;) ) que ce sera un DracoxHarry. Draco a ses faiblesses, certes, mais en ce qui concerne Harry, c'est différent. Peut-être que ce nouveau chapitre va t'éclairer là dessus. La relation amoureuse, quant à elle, n'est pas prête de se mettre en place, désolée (tu me connais, je suis tout l'inverse de toi : je préfère l'avant couple que le pendant ;) malgré cela il y aura les deux moments dans ma fic). Oui, tu m'avais dit pour UMNP. Et je comprends aussi très bien ce que tu veux dire. Pour le moment, il est vrai que la quête de vengeance de Draco est en partie dirigée par la dernière volonté de sa mère. Cependant, seule sa propre volonté à lui va lui permettre de déchiffrer la lettre de sa mère. Et puis plus le temps va passer, et plus son envie de vengeance lui sera personnelle. Mdr Mission Impossible, vraiment ? lol. En tout cas merci beaucoup pour tareview, ça me fais vraiment plaisir (mais ça, tu le sais !). Quant à moi je suis désolée pour tes chapitres d'UMNP que je n'ai pas reviewer, mais j'ai le temps de rien. Je te fais des gros bisous et bon courage pour ta rentrée. Je prendrais de tes nouvelles. Bye ma tite blonde ;)
Bonne lecture, je l'espère…
Destinée
Chapitre 3
Je me réveille en un brusque sursaut.
La sueur coule le long de mon dos, et un mal de tête me vrille les tympans, tel un troupeau de chevaux en furie.
Je me démêle de mes draps trempés, et me dirige à pas lents vers la salle de bain.
Mon reflet me renvoie l'image d'un jeune homme d'une pâleur inquiétante, au regard brillant de peur et de douleur.
Les images de mon cauchemar me reviennent brusquement en mémoire, telle une avalanche d'horreurs insoutenables.
Ma mère, le corps en sang, et lui, au-dessus d'elle, un sourire cruellement ironique peignant ses lèvres fines, fines comme les miennes. Soudain, son visage, si semblable au mien, devient le mien. C'est moi, moi qui me tiens au dessus du corps sans vie de ma mère, un même sourire impitoyable aux lèvres. Et je ris… je ris de sa mort, je me réjouis de sa perte…
Une sourde plainte sort de ma bouche.
Mes yeux se ferment brusquement, mais les images sont encore plus distinctes ainsi.
Je me précipite dans ma douche, tandis que les larmes débordent de mes yeux sans vie.
L'eau jaillit de la poire, brûlante.
Je sens sa chaleur sur mon corps, je sens la douleur que cela me procure, je sens le soulagement que cela engendre…
Je ne sais pas combien de temps je reste ainsi, prostré, sous l'eau brûlante, le regard dans le vide, des gémissements de douleur sortant de ma gorge en feu.
Mais lorsque la vapeur devient brusquement trop importante, et l'air trop irrespirable, je me rend compte que je suis sous la douche, le corps douloureux, mais également vêtu de mes habits de la veille.
Je tourne le robinet, puis me déshabille lentement.
La chaleur à réussi à traverser mes vêtements, et je sens ma peau tendue sous les brûlures qui apparaissent.
Lorsque je repasse devant la glace, c'est un regard plus déterminé que je croise, malgré la lueur de panique présente au fond des prunelles grises.
L'air frais libère mes poumons encombrés.
Après m'être habillé pour une journée de cours, je me suis rendu compte que nous étions samedi, par conséquent la seule chose prévue aujourd'hui est une visite à Pré-au-Lard.
Et j'ai bien autre chose à faire qu'une inutile ballade dans une ville insignifiante avec toute cette horde d'abrutis de Poudlard.
Je me dirige donc vers le lac, vers ma pierre plate, vers mon lieu de quiétude.
Je m'y assois.
Avec calme, je sors de ma poche les deux parchemins toujours vierges.
Je les fixe, cherchant à tout prix à faire apparaître les mots qu'ils cachent.
Je veux qu'ils apparaissent, je veux connaître ce que ma mère a trouvé.
Je le veux !
Alors pourquoi rien ne s'écrit ?
Pourquoi les pages restent blanches ?
Pourquoi !
Je le sais…
Au fond de moi, ce doute…
Ce si minuscule presque insignifiant doute.
Il est là, il est ancré dans mon cœur…
« Est-ce le bon choix ? »
Voilà ce qu'il me souffle.
Dois-je trahir tout ce en quoi je croyais il y a encore un jour ?
Toutes ces valeurs que je pensais miennes, pour lesquelles je croyais devoir me battre un jour ?
Dois-je vraiment le trahir ?
Ce doute…
Je veux qu'il s'en aille !
Car s'il reste…
S'il reste, je vais devenir fou… fou…
Fou…
La tension en moi est trop forte
… Insoutenable…
Mon sang pulse dans mes veines fines, mon cœur bat à un rythme trop élevé.
Je ferme les yeux, respire le souffle provenant du lac.
Comme cette odeur m'enivre, une odeur de bien-être, de calme…
J'ouvre doucement les paupières et pose mon regard impassible sur l'eau calme.
Comme j'aimerai me perdre dans l'infini de ce lac emprunt de volupté, de sérénité.
Ce serait si… facile…
Plonger, rester au fond, ne plus bouger et partir…
Partir loin…
Loin de tout ça…
Je me lève et m'approche de la rive.
Du bord…
De la fin…
Je sens le vent qui caresse mes cheveux, la vague fragrance de liberté qui me monte à la tête.
Le vide m'attire, mon corps se balance doucement, doucement, doucement…
Adieu
Adieu…
Je me sens pencher en avant
Je m'en vais…
« Malfoy ! »
Le monde extérieur fait soudainement son retour en moi comme une avalanche brusque et douloureuse.
Chacun de mes muscles semblent hurler sous la crispation de mon corps.
Un étau intolérable enroule ma tête tel un serpent avide de souffrance.
Le frémissement dans mon cœur, d'habitude si calme, naît aujourd'hui plus douloureux que jamais, écorchant de ses grandes ailes tranchantes la peau fine et délicate de mon organe de vie.
Ma haine, plus puissante que jamais, surgit brusquement dans mon corps, brûlant mon intérieur telle une flamme invincible de colère.
Ma respiration se bloque tandis que je me retourne vers le responsable de tant sentiments houleux en moi.
Lorsque je rencontre son regard de jade flamboyant, je sens ma haine décuplée son pouvoir et sa force, et je vois son regard à lui défaillir face à ce déferlement inhabituel chez moi.
Je sens sa peur autant que ma rage.
Il essaie de reprendre le dessus, il essaie.
Mais la lueur, le feu ardent, qu'il lit dans mes yeux alors que je m'approche lentement vers lui ne le fait que plonger dans l'abyme de la crainte.
Il a peur de moi.
Sa respiration se fait courte.
Je peux même percevoir les battements effrénés de son cœur.
Sa frayeur est si forte qu'elle nous entoure de son aura singulière.
Elle m'étoufferait presque, si elle n'était pas si délectable…
Je m'arrête au contact de nos deux robes et plonge mon regard dans le sien.
« Que veux-tu, Potter ? » je chuchote contre lui, mon souffle caressant sa joue tremblante.
Je le vois déglutir, frissonner un peu plus, mais ses yeux ne quittent pas les miens.
Je vois sa détermination, malgré cette incompréhension qui teinte ses prunelles.
Il relève la tête dans un geste de provocation :
« Je suis venu te défier ! »
Un sourire ironique effleure mes lèvres :
« Me défier, tiens donc. Et pourquoi ? »
« Pourquoi ? » fulmine-t-il « Tu oses me demander pourquoi ! Tu es encore plus stupide que je ne le pensais, Malfoy ! »
Ma haine sursaute, lançant une vague électrique dans tout mon corps.
Ma main part presque toute seule, et j'ai à peine le temps de comprendre que celle-ci enserre le cou délicat de mon ennemi.
J'approche ma bouche de son oreille :
« Ne me provoque pas, Potter, je ne suis vraiment pas d'humeur. »
« Lâche-moi. » articule-t-il avec difficulté.
« Comment ? »
Ma poigne s'accentue progressivement.
« Lâche-moi, connard »
Mes yeux se foncent de colère.
Je le soulève par le cou sans difficulté et le projette à un mètre de moi.
Son corps heurte brutalement le sol, et je perçois un gémissement étouffé.
Ma haine est heureuse, mais pas le moins du monde satisfaite.
J'attrape ma baguette et la pointe sur Potter.
Il se lève par la force de ma magie.
Je le jette dans les airs et le plaque brusquement contre l'arbre le plus proche.
Il se débat furieusement, sa main tente de prendre sa propre baguette dans sa poche, mais je suis plus rapide et je lie ses deux poignets par un lien magique au dessus de sa tête.
Je le rejoins.
Il me regarde férocement, je lui répond par un sourire satisfait.
« Je t'avais prévenu, Potter. Je suis de très mauvaise humeur, j'ai passé une nuit particulièrement éprouvante. Et tes enfantillages ne m'intéressent guère. »
« Qui t'oblige à te taper tout Poulard ? Plutôt que de baiser, tu n'as qu'à dormir, tu serais d'une humeur plus… hum, je dirais… agréable ? »
J'ai soudain un haut-le-cœur.
Là, il a été beaucoup trop loin.
Me dire ces choses, après ce qui c'est passé cette nuit…
Un courant glacial me parcourt, et je vois qu'il le traverse aussi.
Une fureur sans nom coule dans mes veines.
Je le hais avec une telle force…
« Tu n'aurais jamais dû, Potter »
Le visage de ma mère s'impose à mon esprit, pâle et émacié, son visage sans vie…
Un cri de rage sort de ma gorge.
Je me jette sur celui que je hais le plus au monde…
C'est lui…
Mon poing frappe sa joue mordorée.
La gauche, la droite, la gauche, la droite…
Je vois sa tête qui se balance avec viloence.
De gauche à droite, de gauche à droite…
Ma main change de trajectoire, va se loger dans son ventre.
Encore et encore.
Mon esprit se coupe du monde extérieur, je n'entends que mes cris de fureur, ses gémissements de douleur, le bruit de mes coups sur son corps de plus en plus faible.
Je ne sens que cette envie de sang, cette envie de mort.
Je ne vois que son visage, ce visage que je déteste tant…
« Je te hais ! » je hurle
Je le frappe avec violence, une violence que je ne me connaissais pas.
« Pourquoi as-tu fait ça ? POURQUOI ! »
Des larmes amères coulent sur mes joues, comme le sang coule sur les siennes.
« Elle était tout pour moi ! JE TE HAIS PERE ! »
Je sens qu'on me pousse en arrière.
Mon esprit revient un peu à la réalité.
J'entends les cris, j'entends les voix autour de moi.
Je sens les larmes sur mes joues.
Je sens la douleur dans mes mains, dans mon cœur.
Et je sens les ténèbres qui m'entourent.
Je les sens proches.
Si proches…
Trop proches…
Un bruit de murmures étouffés me réveille peu à peu, laissant au creux de mes oreilles une impression de brûlure.
Lorsque je reprends ma respiration, je sens mes poumons se tordrent, et l'air se bloquent dans ma gorge.
Mes yeux s'ouvrent brusquement, mon souffle reste quant à lui coincé, je me débats alors furieusement.
J'entends un « Il s'étouffe ! » tandis que des larmes de panique coulent sur mes joues sans que je puisse les contrôler.
Je sens une pression sur mon thorax, et je commence alors à hoqueter.
L'air envahit petit à petit mes poumons, qui restent cependant douloureux.
Mes soubresauts d'affolement se calment également.
Et alors que ma tête rejoint l'oreiller, je distingue le plafond de l'infirmerie.
« Ça va mieux, monsieur Malfoy ? »
Je secoue mollement la tête.
Je perçois des pas se rapprocher de mon lit, et la tête de Dumbledore apparaît dans mon champ de vision.
« Je ne sais pas si vous vous souvenez de ce qui c'est produit ce matin, mais je compte avoir un petit entretien avec vous à ce sujet. Nous allons pour l'instant vous laisser vous reposer, jeune homme, car je pense que vous en avez bien besoin. Cependant,… »
Son regard se durcit brusquement. Son visage me paraît si sérieux, qu'il me ferait presque peur, si je n'était pas dans un état de fatigue et de lassitude aussi intense.
« … que je ne vous vois ou ne vous sente pas vous approcher trop près de Harry Potter. J'ai mis une protection autour de son lit puisque son état de santé, tout comme le votre, nécessite sa présence dans l'infirmerie même. Si vous tentez quoi que ce soit, j'en serait immédiatement averti, et un sort de paralysie s'emparera de vous à la seconde près. Ai-je été assez clair ? »
J'acquiesce.
Il esquisse un léger sourire.
« Reposez-vous, reprenez des forces. Je sais que vous n'êtes pas dans votre assiette, mais cela va passer. Vous avez besoin de repos. »
Il tourne les talons, et je l'entends quitter la pièce suivit d'un groupe de personnes dont je ne cherche même pas à connaître l'identité.
Lorsque le claquement significatif de la porte de fait entendre, je pousse un profond soupir et presse mes paupières avec force.
Cette fatigue sans nom qui court dans mes veines me donne la nausée.
Je me redresse cependant, et fait basculer mes jambes sur le côté du lit blanc.
Lorsque mes pieds touchent le sol glacé de l'infirmerie, un vertige me prend et me fait chaviré. Je me retiens aux montants du lit, et attend presque patiemment que le malaise passe.
Une fois que ma tête tourne un peu moins douloureusement, je me dirige à petits pas vers le lit, identique au mien, qui se trouve à l'autre bout de la pièce.
Les rideaux sont à moitié tirés, et je peux donc entrapercevoir les traits de son occupant.
Son visage est couvert de toutes sortes de bandages magiques, dont la couleur varie pour chacun. Sur ces pansements, le rouge et le bleu sont les deux extrêmes, et entre celles-ci se situent d'autres couleurs intermédiaires. Ces bandages deviennent bleus lorsque la blessure est totalement guérie. Les siens sont tous écarlates.
visage est couvert de toutes sortes de bandages magiques, dont la couleur varie pour chacun. Sur ces pansements, le rouge et le bleu sont les deux extrêmes, et entre celles-ci se situent d'autres couleurs intermédiaires. Ces bandages deviennent bleus lorsque la blessure est totalement guérie. Les sont tous écarlates.Mon regard descend le long de son cou, bandé et rouge également. Son torse, nu, se soulève difficilement, et irrégulièrement, sous les grands pansements de couleur identique à ceux de son visage.
Je reviens sur ce dernier.
Ses sourcils sont crispés et ses lèvres, gonflées et écorchées, se tordent en une moue de souffrance.
sourcils sont crispés et lèvres, gonflées et écorchées, se tordent en une moue de souffrance.Et je la sens, cette souffrance.
Je sens à un endroit de moi qu'il souffre, qu'il se bat contre cette douleur présente dans son corps.
Et pour une fois je sais que ma haine n'est pas contente de cela.
Habituellement lui faire du mal la rend heureuse et pleinement satisfaite.
Mais cette fois si, je sens que ça ne lui plait pas.
Ses battement en moi sont trop raides.
Trop douloureux.
Ce n'est pas bien, pas bien du tout.
J'en prend brusquement conscience.
D'ordinaire, lorsque lui et moi nous nous battons, nous sommes à armes égales.
Aucun de nous ne dépasse l'autre au départ, et ce n'est qu'après que le plus fort prend la situation en sa faveur.
Là, pour la première fois depuis sept ans, j'ai triché.
Je n'ai pas respecté les règles.
Je me suis battu tout seul, sans lui laisser la possibilité de se défendre ni de riposter.
Et je me suis battu non pas contre sa haine à lui, mais contre la mienne.
Et contre cette haine brûlante que j'éprouve pour mon père.
Un sentiment presque inconnu se faufile de mon esprit à tout mon corps.
J'ai honte.
Honte de l'avoir pratiquement battu à mort sans raison.
De m'être défoulé sur lui, de lui avoir fait subir ma rage violente et destructrice, alors qu'il n'y était pour rien.
J'ai honte, vraiment honte de moi.
Je tends la main vers son visage bandé, mais mon geste s'arrête net lorsque les paroles de Dumbledore me reviennent.
Je ne baisse cependant pas la main, et chuchote :
« Excuse-moi, Potter. Je te hais, et Merlin sait à quel point, mais je ne voulais pas ça »
Mon bras redescend le long de mon corps.
« Je ne le voulais vraiment pas… »
Mon murmure se perd entre mes lèvres.
Je le regarde avec un mélange de honte, de colère, et de haine, mais une haine différente.
Puis je rejoins mon lit, lentement.
Mes yeux, brûlant de fatigue, se ferment tous seuls.
Je tends cependant la main vers ma cape, soigneusement pliée près de moi.
Je glisse mes doigts dans ma poche intérieure et en sors les parchemins.
Je les déplie, et même ce geste me semble lourd et pénible.
Je jette un coup d'œil teinté d'indifférence aux minces feuillets.
Et là, peu à peu, des mots de forment, les uns après les autres, et remplissent en quelques secondes les parchemins jusqu'à présent vierges de toutes lettres.
Asuivre
( Septembre 2005)
J'espère que ça vous a plu.
Votre avis est le bienvenu.
Merci de m'avoir lu, et à bientôt.
Bisous à toutes et tous.
