Auteur : Daiya

Titre : Destinée, chapitre 11

Origine : Harry Potter

Disclamer : Les personnages et l'univers appartiennent à personne d'autre que J.K. Rowling. Je ne fais que les emprunter (pour le plaisir de les faire souffrir !)

Couple : futur HP/DM. C'est un POV de Draco.

Note : Excusez-moi sincèrement pour le retard… Je sais qu'il est impardonnable, puisque ça fait bien 8 mois que je n'ai pas publié… Mais j'ai eu un blocage énorme pour cette fic, dû partiellement(et surtout) au fait que je n'aimais vraiment aucune chose que j'écrivais en ce moment (pour toutes fics confondues).

Mais je suis repartie, là ! Parce que je viens de parler avec ma sœur de la trâme de ma fic, et qu'on a trouvé trop d'idées, et que maintenant je sens qu'elle va me démanger lol. Merci SISTER de MOI !!

Je voudrais remercier les personnes qui m'ont reviewée pour le dernier chapitre. Merci, car c'est grâce à vos encouragements que je trouve la force d'écrire ! Je vous aime ! Mercis sincères à : Lightofmoon, Allima, Peps42, Ptit bou, AdelheidRei, Yochu, NEPHERIA, Kyni chan, Aki no Sabaku, Grimmy, Nadaye, Janira, CKA, linaewen ilca, Ma Margaux d'amour, Tess, Eva, Isatis, Alexiel.

Oh et je n'ai toujours pas de bêta pour cette fic, donc si quelqu'un se sent d'âme charitable lol.

Pardonnez-moi encore une fois… J'espère que ce chapitre, si long à venir, ne vous décevra pas !

--Destinée--

Chapitre 11

Il est dix-neuf heure trente.

Je suis devant la salle et j'attends.

Mon cœur bat tellement fort que ça me fait mal dans tout le corps.

J'ai envie de fuir à toutes jambes, de m'enfermer dans ma chambre et prier très fort pour disparaître de la surface de la terre.

Je ferme les yeux.

Je suis épuisé, et la peur a tendance à amplifier davantage cette fatigue.

Comme d'habitude, il est en retard. C'est toujours la même chose avec lui. Je devrais m'y habituer mais pourtant je ne m'y fait pas.

Je sais qu'il vient à reculons. Il n'a tellement pas envie de me voir qu'il se dit que plus tard il arriverait, moins de temps il passerait en ma compagnie.

Pourtant McGonagall a été bien clair : on reste ici jusqu'à ce qu'il parvienne à réaliser le sort. Et j'ai pour idée que ce n'est pas ma présence qui va arranger le problème.

Je rejette ma tête en arrière, la nuque reposant sur le mur glacé.

Je sers très fort mes paupières. Pour faire disparaître son visage de mon esprit.

Mais il reste là, et je me plonge inconsciemment dans la profondeur de son regard. Je sais que je me fais du mal, à penser à lui comme ça, mais je n'y arrive pas. C'est plus fort que moi.

Alors je reste avec son image dans ma tête, devant mes yeux clos, et je souris.

« Malfoy, tu te sens bien ?! »

La voix résonne en moi avec tellement de force que je manque de tomber par terre.

Mes yeux s'ouvrent et croisent les siens.

« Bien-sûr que oui ! Pourquoi ça n'irait pas ? »

Il soupire et détourne le regard.

Fuis-moi encore une fois, Harry. Mais tu ne pourras pas le faire éternellement.

« On y va ? »

Il secoue la tête. Ses yeux sont voilés par la colère. Et la peur.

Nous entrons dans la salle.

Je m'assoie sur une des chaises.

« Mets-toi en face de moi. Ça sera plus facile ainsi. »

Je vois ses mains se crisper sur le dossier de la chaise. Il s'y installe et détourne la tête.

Pour ne pas me regarder.

Nous restons de longues secondes ainsi.

Mes yeux sur son visage, les siens sur le mur à sa droite.

Je ne dirai rien, je ne ferai rien.

C'est à lui d'agir.

Pas à moi.

Je m'enivre de sa vue, de la courbure de ses cils, de la délicatesse de son nez, de la perfection de ses lèvres.

La chaleur est là, plus douce que jamais. Cette flamme de vie. Ma flamme. Ma vie.

J'attends qu'il comprenne par lui même. Mais s'il ne comprend jamais ? S'il se cache la vérité ? S'il préfère écouter sa haine, plutôt que de laisser naître un autre sentiment ?

Alors je serai perdu. Parce que je sais déjà que sans lui, je ne pourrai plus avancer.

Sans cette chaleur, je deviendrai froid de l'intérieur. Et je mourrai. Car une fois que l'on a connu cette chaleur, rien ne peut la remplacer. Et rien ne dois la remplacer. Sauf la mort.

Et je ne veux pas mourir. Ou plutôt, je ne veux pas mourir sans avoir toucher ses lèvres, son corps. Sans lui avoir dit combien cette chaleur en moi est forte.

Hum je suis pathétique. Si je n'avais pas aussi mal, je rirais de moi.

« Pourquoi tu souris ?! »

Sa voix est agressive. Douloureuse.

« Parce que je suis heureux d'être là ? »

Durant quelques secondes, ses pupilles se dilatent. Mais il plisse rapidement les yeux.

« Te fous pas de moi, Malfoy. Je ne suis pas d'humeur à supporter tes sarcasmes. »

Je soupire. Dans des moments comme celui-ci, j'ai envie de tout lui dire. Au risque de tout gâcher.

« Je ne plaisante pas, Potter. Je suis content d'être là avec toi. Mais comme tu as la fâcheuse habitude de croire uniquement ce qui te fait plaisir, je laisse tomber. Maintenant, si tu veux bien, nous allons nous mettre eu travail. Parce que je n'ai pas toute ma nuit à te consacrer. »

Du moins pas de cette façon là…

Il ne dit rien, et se contente de sortir sa baguette.

Je sens ses grands yeux posés sur moi, cherchant la réponse à une question dont j'ignore la signification, et qui semble obnubiler ses pensées.

D'une vois douce et patiente, je tente pendant deux heures de lui faire comprendre le sort. Lui ne parle pas, il fait juste ce que je lui demande. Et il n'y arrive pas.

Au bout de presque trois heures sans arrêt, nous faisons une pose.

Il s'éloigne de moi, le regard et le visage fatigué, et s'assoit lourdement sur une des chaises.

Je le suis des yeux, épuisé moi aussi.

Épuisé et frustré.

Je vois son profil, délicat et pur. Je vois la courbure de ses lèvres.

Et je sens la chaleur en moi s'amplifier, brûler mes veines.

Je fais un pas vers lui, puis un deuxième.

Je laisse mon corps s'imprégner de ces sentiments exacerbés, je laisse mon cœur se fissurer.

Je sens que j'ai besoin de ça. D'un contact, de quelque chose à quoi me raccrocher.

Je crois que ce sont tous ces jours interminables sans lui qui entraîne ce besoin presque vital.

Mes pas raisonnent, et il tourne brusquement le visage vers moi.

Et la panique prend possession de ses traits, de ses yeux.

Il sent que quelque chose ne va pas, que quelque chose en moi n'est pas comme d'habitude.

Et moi je continue d'avancer vers lui, vers sa chaleur.

Vers ma survie.

Je m'arrête à sa hauteur.

Il ne bouge pas, le regard perdu dans mes yeux brûlants.

« Lève-toi. » je souffle d'une voix rauque.

Ses paupières frémissent, sa bouche se tord de crainte.

Il secoue négativement la tête, tentant vainement de reculer.

Je me penche,

à l'intérieur j'ai mal

et je chuchote contre ses lèvres :

« Lève-toi Potter, maintenant. »

Je perçois son tremblement, qui part de son cou au bas de son dos.

Comme hypnotisé par la peur, il m'obéit.

Il tremble encore en me faisant face, ses yeux sont gorgés de larmes.

Son regard vacille devant le mien.

« Qu'est-ce que tu veux, Malfoy ? »

Sa voix est faible. Il a peur.

De quoi ? Il n'en sait rien, et moi non plus je crois.

Je suis perdu, perdu dans sa chaleur, dans mon amour, en lui, en moi.

Je suis perdu et je sens mon contrôle m'échapper.

Je sens que je n'agis plus sous le contrôle de ma conscience.

Je me voix bouger, attraper le visage de Harry entre mes deux mains frémissantes, rapprocher mes lèvres des siennes.

Et après…

Après je ne sais plus rien. Rien

Rien.

Juste que ses lèvres sont douces.

Qu'il a le goût d'un bonbon divin, du pêché, du paradis.

Juste que je peux mourir maintenant.

Que j'ai mal et que j'ai chaud.

Mais surtout que c'est lui, lui, lui

Ma langue caresse la sienne, et c'est tellement bon que je crois que je vais mourir…

Ma main glisse sur sa joue, sur son cou.

Puis, doucement, à contre-cœur, je lâche sa bouche.

Je lâche sa nuque.

Je m'éloigne de lui, et ça fait tellement mal que je crois que je vais mourir…

J'ouvre les paupières, et c'est comme un déchirement.

Son regard est vide

vide

Fixé derrière moi.

Un doigt tremblant frôle ses lèvres.

A ce moment là, il plonge ses yeux dans les miens.

Pas de rage, pas de haine. Juste de l'incompréhension.

« Pourquoi ? » murmure-t-il.

Je sens les ailes frémirent en moi, comme pour m'encourager à parler.

« Parce que j'en avais envie, je crois. » je lui réponds, rempli malgré moi d'incertitudes.

Il recule.

Ses yeux se foncent de colère.

« Je viens de comprendre. » gronde-t-il.

Moi, par contre, je ne comprends pas.

Je fais un pas vers lui, il se dresse de toute sa superbe. Son regard est glissant, haineux.

« Toutes ces conneries que tu m'as sorti. Ces rendez-vous bidons. C'était juste pour me foutre dans ton pieux, Malfoy. »

Les ailes en moi égratignent mon cœur.

« Non. Tu as tord. » je lui dis simplement.

Un rire dédaigneux sort de ses lèvres.

Il me fait mal

« Ne me prends pas pour un con, Malfoy. Je sais qui tu es. Le sexe doit être la chose la plus importante dans ta vie. »

Mon orgueil est blessé, et la colère commence à prendre le pas sur le reste de mes sentiments.

Je m'élance vers lui et le plaque contre le mur.

Il se débat, toute haine dehors, mais je l'immobilise rapidement.

« C'est faux, Potter. Si je t'ai embrassé, c'est parce que j'en avais envie, et je n'ai aucune idée derrière la tête. Tu peux croire ce qui te chante, mais mon but n'est pas de coucher avec toi. »

Je le regarde, mon masque de rage se fissurant peu à peu.

Un de mes doigts vient caresser le velouté de sa joue, et je souris.

« C'est vrai, » je murmure « que je te cache des choses. C'est vrai que j'attendais quelque chose de ces rendez-vous. Mais… mais je ne peux rien te dire pour le moment. Je ne veux pas que tu t'enfuies. »

Je le lâche.

Il ferme les yeux, presse fortement ses paupières, puis me regarde de nouveau.

« Dis-moi pourquoi. Je veux, et je dois, le savoir. » me demande-t-il un peu durement.

Je secoue négativement la tête.

Il sort précipitamment sa baguette de sa poche et la pointe sur moi.

« Dis-le moi, Malfoy. »

Mon cœur s'affole tandis que je prends conscience qu'il n'y a plus aucune issue possible.

« D'accord, mais assieds-toi. »


Il me regarde avec tant de haine et d'incompréhension que ça me fait mal.

Je lui ai tout dit, tout. Les véritables intentions de ma mère, mes découvertes. Le fait qu'il soit mon âme sœur.

Tout.

Et je vois la haine brûler dans ses yeux.

Je suis perdu…

« Je ne peux pas te croire ! » hurle-t-il.

Il tremble, il a peur.

Je le sens en moi.

Il a peur, et je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas quoi faire…

Je baisse les yeux. Pour ne pas qu'il voit combien j'ai peur, moi aussi.

Ni combien il me fait mal.

« Je suis désolé, mais c'est vrai. J'ai la preuve dans ma chambre. »

Il crie et j'entends son poing s'abattre sur le mur.

Les ailes me font mal, à l'intérieur de mon cœur.

Je laisse s'échapper un petit soupir tremblant, tandis que mes paupières se ferment avec force.

Je respire, lentement, faisant partir la panique qui fait battre mon cœur.

Puis je redresse la tête, et ouvre les yeux.

Il est là, devant moi, le regard fuyant et les poings serrés.

« Harry ? » je l'appelle doucement.

Son visage blêmit davantage.

Il se tourne vers moi, et crache avec violence :

« Ne m'appelle pas comme ça, Malfoy ! Je refuse de t'entendre me parler de cette façon ! Ce n'est pas parce que ta dingue de mère t'a fait croire ces conneries d'âme sœur que je dois penser comme ça aussi ! »

Une vague de colère me submerge et je m'élance vers lui avant de le plaquer contre le mur.

Mes mains tiennent fermement ses poignets au dessus de la tête, et mon corps se pressent étroitement contre le sien.

Je sens la chaleur, étouffante, qui se mêle à la rage.

J'ai envie de me fondre en lui, et de lui faire mal aussi.

« Ne.Parle.Plus.Jamais.De.Ma.Mère.De.Cette.Façon.Potter !! » je martèle froidement.

Il me regarde, et là il se passe quelque chose que je ne comprends pas.

Une lueur de soulagement traverse ses prunelles, et un petit sourire effleure ses lèvres pleines.

« Je préfère que tu me parles ainsi, Malfoy. »

Je fronce les sourcils. Je ne saisis pas très bien où il veut en venir.

« Tu n'as pas compris, Potter. Je ne mens pas. Tu ES mon âme sœur. C'est comme ça ! »

Son regard se refait dur. Dur et douloureux.

« Je ne veux pas, Malfoy ! Je ne veux PAS être ton âme sœur ! »

Ses yeux hurlent de haine.

Et, malgré moi, je sens une colère malsaine prendre possession de mon corps, et de mon âme.

J'attrape son cou et l'enserre de mes doigts tremblants.

Je presse, presse, jusqu'à ce que sa respiration devienne saccadée.

Il a mal. Je le sais.

Puis je le lâche.

« Tu vois » je murmure « j'ai le pouvoir de vie ou de mort sur toi, Potter. »

Il tousse, et ses yeux sont glacés de haine.

« Je te hais. » articule-t-il d'une voix rauque.

Je m'approche de lui. Mon nez touche le sien.

« Moi aussi je te hais, Potter. » je souffle, avant de plaquer violemment ma bouche contre la sienne.

Mes dents attrapent sa lèvre inférieure, et il gémit sous la morsure.

Le goût métallique de son sang me rend fou.

Ma langue frôle ses lèvres et pénètre dans sa bouche.

Mes mains sont partout sur son corps, mes doigts parcourent la peau nue de son cou, son torse chaud, ses muscles tendus.

Et lui gémit contre mes lèvres, ses mains perdues dans mes cheveux.

Du bout de ma langue je caresse ses dents, l'intérieur de ses joues, son palet. Nos deux langues glissent l'une contre l'autre, se lient et se délient.

Je brûle. Par Merlin je brûle. Je me sens presque fondre en lui.

Et cette chaleur…

Mes mains remontent à sa tête, et tandis que je mors sa langue avec violence, j'empoigne ses cheveux et les tire avec force.

Notre baiser prend fin, et sa tête se cogne durement au mur.

Mes yeux se posent sur son visage échevelé, ses lèvres purpurines gonflées et ensanglantées, ses pupilles dilatées et sombres.

Un petit gémissement se coince dans ma gorge, et je sens une chaleur nouvelle prendre possession de mon bas-ventre.

Il lève le bras et approche sa main de ma joue.

Ses doigts glissent sur ma peau brûlante, puis sa caresse se change en violence, et son poing vient percuter ma joue.

Je recule sous le coup, mon sang se glace.

« Ne me touche plus. Ne m'approche plus. » siffle-t-il. « Où je te tue. Je te jure que je te tue, Malfoy. »

Je baisse la tête. Je me sens vide. Et perdu.

Je l'entends se précipiter vers la porte, et tourner la poignée.

Et je perçois un juron, puis un second.

Je me retourne, la main sur ma joue blessée.

Il se tient devant la porte, et tente désespérément de l'ouvrir.

« Bordel ! On est enfermé là-dedans ! »

Si je n'avais pas aussi mal, à la joue et au cœur, je rirais de la situation.

Potter me fait face, le regard furibond et le corps tremblant.

« Cette conne de McGonagall nous a enfermés tous les deux ici ! »

Il attrape sa baguette et la pointe en direction du balais. Il jette le sort sur l'objet, et ce dernier se change brusquement en serpent.

Il me lance un regard victorieux, et tente de nouveau de sortir.

La porte s'ouvre, et il quitte la pièce sans un regard pour moi.

Et lorsque je sais que ses pas ce sont suffisamment éloignés, je me sens tomber au sol.

Un petit cri de désespoir franchit mes lèvres.

Et brusquement, mon corps est secoué de sanglots.

Les larmes coulent sur mon visage.

Je pleure.


J'ai revu Potter aujourd'hui. Une fois seulement, parce que j'ai passé la plupart de la journée à l'infirmerie.

J'allais en potion, mon premier cours de la journée, et on s'est croisé dans les couloirs menant aux cachots.

Je ne suis pas descendu à la Grande Salle, ce matin, par peur de croiser son regard, je crois. Hier je suis resté très longtemps à pleurer dans la salle, je ne sais pas vraiment combien de temps, mais j'avais l'impression d'être si vide… Après, bizarrement, je me suis senti un peu mieux, épuisé mais soulagé d'une certaine façon.

Donc ce matin, j'ai pris tout mon temps pour me rendre en cours. Parce qu'en réalité, je mourrais de peur de le revoir, de me prendre sa haine en pleine figure, et d'entendre ses insultes mordantes.

Nous nous sommes croisés au détour d'un couloir, j'étais seul, et lui accompagné de ses deux imbéciles d'amis. La Sang-de-Bourbe et la Belette m'ont jeté un regard noir pathétique qui m'a fait sourire, et je crois bien que c'est ce même sourire qui a réveillé sa colère à lui.

Parce qu'avant que je n'ai ne serait-ce que posé le regard sur sa personne, j'étais déjà attrapé par le col de ma cape et collé contre l'un des murs glacés des cachots.

Ses yeux habituellement verts tiraient presque vers le noir, lorsqu'il m'a violemment frappé à la joue, la même qu'hier. Et une grimace diaboliquement satisfaite à effleuré ses lèvres lorsque mon visage s'est un instant tordu de douleur.

Puis ses mains délicates se sont entourées autour de mon cou, pour presser avec force ma carotide. Je percevais difficilement l'effervescence autour de nous, et également cette aura magique si impressionnante qui s'était brusquement dégagée de lui à mon contact, faisant reculer tout ceux qui tentaient de s'approcher de nous.

Mais ce que sentait surtout, c'était la chaleur étouffante, presque désagréable même, qui me brûlait de toute part, comme si mon sang était en fusion dans chaque recoin de mon corps. Je voyais ses yeux plein de haine jubiler devant mon visage livide et mon regard trouble.

Et je me suis dit, au moment où l'air ne rentra plus dans mes poumons, que je voulais mourir, maintenant, de la main de Harry. Parce que c'était comme ça que je voulais mourir. Pour Harry, ou par Harry.

Alors j'ai fermé les yeux, et j'ai laissé mon corps s'abandonné à la douceur de la mort qui s'approchait, à cette chaleur qui semblait exploser en moi.

Bizarrement, je crois que je ne me suis jamais senti aussi bien. Aussi vivant ?

Mais le corps de Harry s'est brusquement tendu, et il m'a lâché.

Je suis tombé au sol, comme une poupée de chiffon, et l'air a recommencé à glisser dans ma gorge jusqu'à mes poumons.

J'ai eu mal, foutrement mal. J'ai toussé, hoqueté. Je croyais étouffer.

Alors je l'ai entendu me dire, je ne sais pas si c'était un murmure ou un cri, mais il m'a dit : « Moi aussi j'ai ce pouvoir de vie et de mort sur toi, Malfoy. »

Malgré moi, j'ai souri. Tristement, certes, mais j'ai souri, les yeux toujours clos.

Et ce connard m'a envoyé plusieurs fois son pied dans les côtes, si fort que je crois que j'ai hurlé sous la douleur, ou bien était-ce les cris des autres élèves autour de nous.

Puis lorsque je fus proche de l'inconscience, j'ai perçu au creux de mon oreille, comme un lame tranchante et mortelle, un murmure qui me disait « C'est tout ce que tu mérites, Malfoy. »

Et c'est à ce moment là que j'ai sombré.

Maintenant je suis allongé à l'infirmerie. Je suis seul, et la nuit déverse sa noirceur dans la salle. Même les rayons de la lune semblent avoir abandonné leur visite ce soir.

Il doit être tard, pas loin de deux heures du matin je pense, mais mes yeux restent désespérément ouverts, et plongés dans la blancheur immaculé du plafond.

Ma bouche reste crispée dans une grimace de souffrance, non pas due à mes blessures superficielles, qui ne seront dans quelques heures qu'un mauvais souvenir, mais plutôt à cause de cette drôle de douleur qui étreint mon cœur, et chaque muscle de mon corps.

C'est assez bizarre, cette sensation. J'ai l'impression d'être un corps vivant, mais mort de l'intérieur. Je ne sais pas vraiment comme décrire ça. Et fait je sens mon cœur qui bat, mon torse qui se soulève au grès de ma respiration. Mais j'ai tellement froid, à l'intérieur, et tellement mal, que c'est comme si je ne vivais pas vraiment.

Je…

Un soupir franchit mes lèvres, et je me redresse doucement.

Ce lieu me ramène il y a quelques mois, lorsque j'ai blessé Harry si fort que j'ai cru qu'il allait partir. Lorsque j'ai enfin choisi mon camp, lorsque la lettre de ma mère s'est dévoilée à mes yeux.

Et voilà où j'en suis maintenant. Avec une âme sœur qui ne veut pas de moi sur les bras, et un grand froid au creux de mon âme.

Je me mets à rire nerveusement.

Je crois bien que je suis fichu.

D'un revers de la manche, j'essuie mes yeux plein de larmes.

Je m'assois sur le bord de mon lit et, d'un basculement du bassin, je glisse au sol.

Une fois encore, le carrelage glacé me fait un peu grimacer.

Je marche doucement vers la fenêtre, attiré malgré moi par l'obscurité de cette nuit profonde.

Il n'y a aucune étoile dans le ciel. Comme si Mère me punissait de là-haut.

Mon regard caresse les cimes sombres des arbres de la forêt interdites, puis glisse sur le lac couleur d'encre.

Je distingue alors une ombre, au bord du lac, cachée derrière un grand arbre majestueux.

Je reconnais tout de suite la personne, parce que mon cœur bat un peu plus fort dans la poitrine.

L'ombre se retourne brusquement vers l'école, et son regard se pose sur ma fenêtre.

Il me voit, et sursaute face à ma présence.

Moi, je le regarde avec indifférence, parce que je ne veux plus me battre, si lui a déjà rendu les armes.

Je crois distinguer de l'incompréhension sur son visage, mais notre lien visuel ne dure qu'une seconde à peu près, et déjà il baisse les yeux et tourne la tête.

Moi je ferme mes paupières, puis les rouvre presque immédiatement, juste le temps de calmer les ailes.

Mais lorsque mon regard se pose de nouveau sur l'arbre majestueux, il n'y a plus personne.

Il est parti.

Harry est parti.

Et j'ai alors l'impression que mon cœur se déchire.

A suivre…


Alors ? Au départ Draco ne devait pas tout avouer à Harry maintenant, mais je me suis dit que c'était le moment ou jamais lol.

J'aimerai beaucoup que vous me donniez votre avis, parce que j'appréhende un peu en fait…

Je vous souhaite à tous un Joyeux Noyel en retard, et une bonne année en avance !

(et n'oubliez pas de complétez ma liste de cadeaux du Papa Noël par une tite review, et par une envie de bêta lecture lol)

Daiya