Je suis désolée de vous avoir fait attendre aussi longtemps pour le dernier chapitre alors que j'espérais le finir rapidement. Trève de bavardage, le voilà enfin alors bonne lecture et à bientôt j'espère.


"Au revoir !"

"Au revoir, chéri," répondit Mme Weasley alors que Ron refermait la porte derrière lui. Elle prit distraitement une serviette et se sécha les mains alors qu'elle regardait son fils par la fenêtre de la cuisine. Elle soupira profondément, Ron se dirigeait vers la forêt, encore. C'était devenu une habitude depuis ces deux dernières semaines ; il partait directement après le déjeuner pour aller Merlin sait oû dans la forêt, et ne revenait que pour le dîner. Personne ne savait ce qu'il faisait et il ne permettait à personne de venir avec lui. Ginny lui avait demandé plusieurs fois, mais il avait toujours refusé.

Mme Weasley était inquiète ; même lorsque Ron était à la maison, il était calme, parlant très peu. Elle se demandait ce qui se passait avec son plus jeune fils, et ne pensait qu'à une chose, l'interroger sur son étrange comportement. Mais elle craignait aussi qu'en faisant ça, il ne se referme encore plus sur lui-même. Son mari avait essayé de la rassurer du mieux qu'il pouvait, lui disant que Ron était sûrement dans cet état à cause des lettres d'Hermione, mais rien n'y faisait. Son fils souffrait et elle était incapable de soulager sa peine. Quelqu'un devra faire quelque chose très vite ; elle ne pourra pas supporter cette situation plus longtemps.

A bonne distance du Terrier, Ron prenait toujours un chemin familier dans la forêt. Lorsqu'il avait commencé ses petites excursions, il allait là oû ses pieds le menaient, suivant ce chemin sans direction précise ni but particulier à l'esprit. Il voulait seulement aller plus profondément dans la forêt, là oû tout était encore à l'état sauvage. Il ne craignait pas de se perdre ; il avait toujours sa baguette magique avec lui pour l'aider à retrouver son chemin.

Il aimait marché au coeur de la forêt parce qu'il n'y avait aucun ordre ici, tout n'était que bataille. C'était confus, comme lui. Il y avait de grands arbres aux larges troncs qui poussaient parmi les plus jeunes, de seulement deux ou trois mètres de hauteur, et des buissons, des plantes, de la boue, des roches, des branches mortes, de la terre et tellement plus encore. On pouvait sentir l'aspect sauvage, spécialement après une bonne pluie.

C'était difficile de marcher dans les profondeurs de la forêt ; vous deviez parfois vous battre pour aller plus loin, comme si il y avait une interdiction d'avancer, comme si un secret était protégé. Un après-midi particulier, cependant, Ron avait trouvé par hasard une minuscule clairière. Elle était aussi grande qu'une petite chambre, petite malgré tout puisqu'on ne pouvait pas voir le ciel. Les branches des arbres alentour la couvraient, comme un plafond d'émeraude.

Depuis qu'il avait découvert cette petite clairière isolée, il s'y rendait tous les après-midi. D'une façon ou d'une autre, il arrivait toujours à la retrouver, mais c'était beaucoup plus facile maintenant ; un chemin était presque clairement visible à travers les arbres.

Il s'y rendit encore aujourd'hui et laissa tomber son sac à dos sur le sol une fois arrivé. C'était le genre de jour qu'il aimait ; quelques nuages dans le ciel et un vent agréable pour tout balayer. Le vent était tellement plus intéressant à écouter dans une forêt. Vous pouviez entendre les feuilles bruisser dans le vent.

Ron s'assit sur son rocher favoris, et après un moment, ouvrit son sac pour en sortir quelque chose enveloppé dans un tissu. Le tissu était vieux, très sale et tombait en morceaux, mais il l'ouvrit avec une extrême précaution ; ce qu'il y avait à l'intérieur était important pour lui.

Repoussant le tissu, il tenait son contenu des deux mains. C'était deux petites pièces en bois. Il les plaça l'une sur l'autre et fit attention à ce qu'elles correspondent parfaitement. Puis il sortit son couteau et un morceau de parchemin et commença à les tailler légèrement, pour que les pièces soient parfaitement ajustées une fois assemblées.

Ron construisait une boite en bois pour ranger la baguette magique d'Hermione, et il le faisait à la manière Moldue. La première fois, cela ne ressemblait à rien, et il avait dû recommencer à plusieurs reprises, mais ce dernier essai semblait assez prometteur.

Il avait utilisé deux morceau de bois ; un qui deviendrait la boite elle-même et l'autre pour le couvercle. Il l'avait taillé avec des couteaux, rembourré avec du papier et avait même acheté de minuscules charnières pour assembler les deux morceaux.
Lorsqu'il avait reçu la baguette magique d'Hermione, Ron s'était demandé ce qu'il allait en faire. Il y avait pensé en marchant dans la forêt et avait décidé qu'un objet si important avait besoin d'un endroit spécial oû être rangé ; il ne pouvait pas juste le laissé sur une étagère ou au fond d'une malle.

Ron avait finalement choisi de faire une boite, et avait opté pour la manière Moldue parce que cela tiendrait ses mains occupées. Cette décision s'était avérée difficile et frustrante, mais c'était pour la bonne cause. Ca l'avait tenu actif d'une certaine manière, et faire quelque chose de ses mains était une bonne façon de purifier son esprit et le calmer.

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La tête de Mme Weasley se releva d'un coup alors qu'elle entendit quelqu'un frapper à la porte. Elle se demanda qui cela pouvait bien être puisqu'elle n'attendait personne aujourd'hui. Elle mit de côté le pull Weasley qu'elle tricotait et se leva pour ouvrir la porte.

Son visage s'éclaira instantanément lorsqu'elle vit Harry sur la pas de la porte.

"Harry, mon chéri ! Quelle merveilleuse surprise !"

"Bonjour, Mme Weasley. Comment allez-vous ?" demanda-t-il alors qu'elle le serrait dans ses bras.

"Très bien, merci. Et toi ? Pas d'ennui dans ton nouvel appartement, j'espère."

Harry rie. "Aucun. Tout va bien, ne vous inquiétez pas."

"Assieds toi. Pourquoi es tu là aujourd'hui ?"

"Je suis venu voir Ron. Il est là ? »

Le sourire de Mme Weasley s'effaça légèrement. « Il fait une promenade dans les bois, mais il devrait être de retour pour le dîner. Tu peux l'attendre, si tu veux. »

"Je pense que je vais y'aller et le chercher, si vous le voulez bien, » répondit-il.

"Il va très loin dans la forêt. Tu penses que tu seras capable de le trouver ? »

"J'y arriverai," lui assura-t-il, se levant lentement de sa chaise. « A tout à l'heure, » ajouta-t-il alors qu'il se dirigeait vers la porte.

Mme Weasley sembla hésiter une seconde.

"Harry ?"

"Oui ?"

"Pourrais-tu... Ecoute, je ne sais pas ce qu'il fait ni oû il va dans cette forêt, il ne nous parle presque pas quand il est à la maison. Tu pourrais, peut-être, essayer de lui parler, et découvrir ce qui ne va pas ? Je m'inquiète pour lui," finit-elle, une lueur dans les yeux.

"Pour être honnête, c'est ce que j'avais prévu de faire cet après-midi. Je l'ai invité à venir voir mon appartement trois fois la semaine dernière et il a toujours trouvé une excuse. Je veux savoir ce qui ce passe moi aussi. Ce n'est pas le Ron que je connais.

« Merci. Et tu pourras rester dîner quand tu reviendras, évidemment."

"D'accord, Mme Weasley," répondit-il en souriant.

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Ron souffla sur le bout de bois qu'il tenait. Il avait enfin terminé. Les deux pièces s'assemblaient parfaitement ; le bois était lisse. Puis il prit le morceau de tissu sur le sol et le posa sur le rocher à côté de lui et plaça la boite et le couvercle dessus. Ensuite il fouilla dans son sac et en sortit un flacon de vernis et une brosse.

Il venait juste de finir d'appliquer une couche de vernis sur le second morceau de bois lorsqu'il entendit des bruits de pas se rapprochant. Malgré ça, il continua son travail ; c'était probablement juste un petit animal.

Après un dernier coup de brosse, il posa le couvercle sur le tissu pour le laisser sécher et se leva pour essayer de voir l'animal qui faisait du bruit. Il était de plus en plus fort, et différents des autres bruits qu'il avait l'habitude d'entendre dans la forêt. On aurait dit que ce bruit avait été fait par quelque chose à deux jambes et pas à quatre pattes.

Ron sortit sa baguette magique, juste au cas oû, et fit face à la source du bruit.

"N'attaque pas, Ron. C'est moi, Harry."

Ron laissa retombé son bras le long de son corps et se rassit sur son rocher, attendant qu'Harry émerge des épais buissons.

"Salut," dit Harry alors qu'il voyait son ami.

"Salut," répliqua-t-il. "Comment tu m'as trouvé ?"

"Si nous avons été capable de trouver la cachette de Voldmort, te retrouver dans une forêt n'était pas un vrai défi, Ron. »

"Super ! Dis que je suis stupide aussi, pendant que tu y es."

"Ce n'est pas ce que je voulais dire et tu le sais. N'essayes pas de me faire fuir ; je n'irais nulle part avant que nous ayons parlé."

"Parler de quoi ?" s'enquis le rouquin.

"De toi."

"Tu perds ton temps. Il n'y a rien à dire sur moi."

"Pourquoi n'es-tu pas venu me voir à mon appartement ? Je te l'ai demandé au moins trois fois, » dit Harry.

"J'avais d'autres choses à faire," répondit Ron.

"Est-ce que je peux m'asseoir ?"

"Hey, ce n'est pas ma forêt, tu fais ce que tu veux," répliqua-t-il nonchalamment.

Harry chercha un rocher oû s'asseoir sans se faire mal et vit les morceaux de bois sécher sur le bout de tissu. Regardant vers le bas, il remarqua aussi des copeaux de bois aux pieds de Ron. Il s'assit finalement sur un petit rocher, et désigna la boite de son menton.

« Est-ce que c'est ce que tu fais ? »

"Peut-être. Mais ca n'a pas d'importance, Harry. Pourquoi tu es là ?"

"Je te l'ai dit," dit Harry. "Nous avons besoin de parler." Ron resta muet. "Qu'est-ce qui ne va pas, Ron ? Tu agis bizarrement en ce moment. »

"C'est pas vrai !" s'exclama-t-il. « Je suis juste occupé avec mes propres affaires, et j'aimerais bien que les autres fassent pareil, » ajouta-il à voix basse.

"Arrêtes de faire ça. Je t'ai déjà dit que je ne partirais pas, alors tu ferais aussi bien de me dire ce qui te tracasse réellement. Est-ce que c'est à cause de ta famille ? »

« Non. »

"Tu as des problèmes de santé ?"

"Non."

Harry s'ennuyait un peu maintenant. Mme Weasley avait raison ; Ron se fermait vraiment aux autres. Il décida d'expérimenter une autre approche.

"Alors, qu'est-ce que c'est ?", demanda Harry en montrant la boite et le couvercle.

Ron regarda son ami pendant une seconde avant de répondre, "Une boite. »

"C'est toi qui l'a fait ?"

"Oui."

"Et pout quoi faire ?"

"Ranger."

Harry renifla. "Ecoute," s'exclama-t-il, « je sais que tu ne veux pas parler, mais ce serait vraiment bien si tu pouvais faire des phrases de plus d'un mot. »

Ron resta le regard fixé sur ses chaussures. Il tendit le bras et toucha le vernis pour voir si c'était sec. Harry suivit des yeux son mouvement et remarqua de minuscules initiales HG taillé sur le couvercle.

"Est-ce que ça concerne Hermione ?" demanda-t-il d'une voix douce.

Son ami ne l'a même pas regardé alors qu'il prenait les morceaux de bois et les plaçait sur ses genoux. Puis il se pencha et sortit de son sac deux minuscules charnières, quatre petites vis et un tournevis. Harry resta calme alors qu'il observait Ron mettre en place les charnières. Une fois que ce fut fait, il ferma et ouvrit la boite à plusieurs reprises pour la tester puis fouilla à nouveau dans son sac. Cette fois, sa main en ressortie en tenant un petit sac.

Ron vida doucement son contenu dans la boite. Il s'agissait de pétales de fleurs sauvages qu'il avait cueilli la semaine dernière et avait fait séché dans sa chambre. Il en remplie le fond de la boite, on aurait dit de minuscules gouttes d'eau pourpre. Ron les regarda, puis fronça les sourcils alors qu'il réalisait que la plupart des pétales avaient perdu leur parfum.

Finalement, il sortit la baguette magique d'Hermione d'une des poches de son sac à dos et la posa avec attention dans la boite.

Les yeux d'Harry s'agrandirent lorsqu'il la vit.

"Est-ce que c'est... c'est la baguette d'Hermione," dit-il, tout autant confus que choqué.

« Oui, » confirma Ron.

"Coment tu l'as eu ?"

"Elle me l'a donné." Harry semblait plus confus maintenant. Ron leva finalement les yeux vers lui et vit l'expression sur le visage de son ami. « Tu te souviens des lettres que tu as vu sur mon bureau il y a quelques semaines ? »

Harry acquiesça doucement.

"Il y en avait quatre. L'une d'entre elles datait de notre quatrième année à Poudlard, une autre de la cinquième, encore une de la sixième et la dernière de la veille du jour oû nous sommes allés au Manoir Mlafooy. »

Les yeux d'Harry s'élargirent légèrement. Ce n'était pas ce à quoi il s'attendait.

Ron continua à parler. "La dernière a été écrite dans le cas oû elle mourrait durant notre chasse aux Horcruxes. Je ne devais recevoir ces lettres seulement si ça arrivait et apparemment, elle voulait me donner quelque chose pour que je me souvienne d'elle. Je ne sais pas quel sort elle a utilisé ou comment ça marche ; tout ce que je sais c'est que j'ai lu ce qu'il y avait écrit sur le morceau de parchemin et que l'instant d'après sa baguette était dans ma main. »

Ron avait dit tout ça sans s'arrêter, d'une voix exempt de toutes émotions. C'était comme si il avait di tout ça pour que Harry comprenne.

"Donc, c'est d'elle ?" demanda Harry avec hésitation.

Il leva les yeux au ciel avant de répondre. « Comment peux-tu en douter ! Comment tu réagirais si, par exemple Ginny, était morte et que plus tard tu recevais des lettres d'elle te disant... te disant… toutes ces choses. Et tu restes juste assis là en pensant que tu n'aurais plus la chance de lui dire ce que tu ressens pour elle, combien elle est importante pour toi, et qu'elle te manque et… » Ron soupira puis ouvrit la boite pour en sortir la baguette d'Hermione.

"Et juste quand tu penses que tu ne pourras rien avoir de plus," il continua d'une voix basse, « elle te donne sa baguette. Tu sais à quel point une baguette magique est importante pour un sorcier. Ouais, bien sûr que tu le sais, » ajouta-t-il, plus pour lui-même que pour son ami. Harry l'écoutait très attentivement, suivant des yeux chaque mouvement de Ron.

"Je donnerais tout pour revenir en arrière et lui dire tout ce que je n'ai pas eu la chance, ou le courage de faire."

"Je vois ce que tu veux dire," réussi finalement à dire Harry. Ron le regarda d'un air quelque peu suspect, comme si il doutait de ces propos. « D'accord, peut-être que je ne sais pas exactement comment tu te sens, mais je pense que c'est à peu près ce que j'ai du ressentir quand Sirius est décédé. Et, Hermione était aussi mon amie. »

« Je sais mais tu semble le prendre tellement mieux, » expliqua Ron.

"Et bien, cela fait plus d'un an maintenant et au cas oû tu ne t'en souviendrais pas, je n'étais pas dans un meilleur état que toi juste après que ce soit arrivé. Particulièrement après que nous ayons ramené son corps à ses parents."

"S'il te plait, ne parle pas de ce jour," demanda Ron en fronçant les sourcils. Ce jour serait gravé dans son esprit pour toujours. Ca avait été horrible, et il était sûr que quelque chose était mort en lui à cet instant. Peut-être une dernière trace d'innocente, d'enfance, il n'était pas sûr, mais ce qu'il savait c'est qu'il ne pouvait pas expliquer à une mère que son enfant était mort sans voir la dévastation dans ses yeux.

« Tu penses souvent à elle ?" demanda Ron à son ami.

"Certains jours plus que d'autres ; quand je vois quelque chose qui me la rappelle, par exemple. Elle me manque tellement. »

"J'imagine. Elle manque à tout le monde. Ginny voudrait parler d'elle, mais j'évite toujours le sujet."

"Je sais, elle me l'a dit quand elle est venue voir mon appartement. » Le sourcils de Ron se leva. "Hey, ne me regardes pas comme ça ! Je t'ai invité à venir toi aussi, mais tu as décliné l'invitation."

"Et bien, je... "

"Ecoute, tu n'as pas à expliquer ou justifier ce que tu fais. C'est juste que nous, ta famille et tes amis, s'inquiétons pour toi. Tu disparais tous les jours, tu ne parles presque pas et tu évites tout le monde. Ce n'est pas une chose que le Ron que je connais ferais. »

"C'est vrai que j'ai été plus calme que d'habitude ces temps ci, mais c'est juste que j'ai besoin de me retrouver seul. Comme si c'était seulement entre elle et moi. Tu comprends ?"

"Ouais, je crois. Mais ça ne veut pas dire que tu dois te fermer du reste du monde. »

"J'imagine que tu as raison."

« Est-ce que je peux te faire une suggestion ?" demanda Harry.

"A propos de quoi ?"

"De ta situation."

"Vas-y."

"Cela peut paraître stupide, mais si une part du problème est que tu n'a jamais pu lui dire ce que tu ressentais, pourquoi ne pas aller sur sa tombe et tout lui dire ? Je sais qu'elle ne sera pas capable de te répondre, mais cela pourrait t'aider. Je suis allé sur sa tombe lors de l'anniversaire de sa mort et je pense que cela pourrait t'aider, même si c'est juste un peu. »

Ron regarda directement le visage de son meilleur ami en réfléchissant. Puis il baissa les yeux, regarda la boite sur ses genoux et soupira.

"Ca pourrait être une bonne idée. J'y pensera, » dit-il.

"Bien, je pense que ce serait intelligent de ta part. Maintenant, retournons à la maison. Ta mère m'a invité à dîner et je ne veux pas la faire attendre. Et ça enlèverait un certain poids de ses épaules si tu commençais à agir en adulte. Elle est malade d'inquiétude. »

Un petit sourire apparu sur le visage de Rn alors qu'il se levait.

"J'essaierai," accepta-t-il, "mais on ne parlera pas d'Hermione durant le dîner."

« D'accord, » dit Harry.

Harry se leva aussi et tendit le bout de tissu à Ron pour qu'il le remette dans son sac.

"Alors, viendras-tu enfin voir mon appartement la semaine prochaine ? J'ai plusieurs choses que je pense tu voudra voir."

"Peut-être, » dit Ron avec hésitation, mais changea rapidement de réponse sous le regard insistant des deux yeux verts qu'il connaissait si bien. « D'accord ! Mardi ça ira ? »

"Mardi ? Parfait !"

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Quelques semaines plus tard, Ron eut finalement le courage de se rendre sur la tombe d'Hermione. Il marchait le long des allées du petit cimetière oû son corps reposait. Il regardait du coin de l'œil toutes les tombes, cherchant la sienne.

Il la trouva enfin – simple et élégante. C'était un modèle rectangulaire de couleur gris sombre oû son nom, sa date de naissance et de mort étaient gravés, ainsi qu'un ange qui reposait dans un coin supérieur. C'était très traditionnel.

C'était maintenant la fin d'une belle journée de mois d'Août et le soleil commençait lentement à décliner dans le ciel. Ron avait besoin de continuer ou alors il serait bientôt incapable de lire son parchemin.

Il regarda autour de lui avec attention, s'assurant qu'il était complètement seul, puis s'assit sur l'herbe, à bonne distance de la tombe, juste pour être certain de ne pas être assis sur elle. Il sortit un rouleau de parchemin de la poche de son blouson moldu et le déplia.

Il soupira. C'était difficile. Il s'y attendait, mais maintenant qu'il était temps de le faire, une part de lui voulait juste rentrer à la maison et oublier cette idée. Il prit une profonde inspiration et ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Il ferma les yeux quelques secondes, se redressa et respira une fois encore avant de commencer à lire à voix haute.

« Chère Hermione,

Je suis ici aujourd'hui parce que j'ai besoin de te dire certaines choses. Pour être honnête, ce n'était pas mon idée ; c'est Harry qui l'a suggéré après que nous ayons parlé. Il semblait penser que si je te disais ce que je n'ai pas pu te dire pendant que tu étais vivante, cela m'aiderait à guérir. Et bien, il ne l'a pas exactement dit comme ça, mais presque.

J'ai pensé au début que ce n'était pas particulièrement une bonne idée, mais en y repensant, je me suis dit que ce serait intéressant. Pour te dire la vérité, j'étais dans une sorte d'impasse avant qu'Harry ne me le suggère. Je ne savais pas vraiment quoi faire avec mes sentiments.

Je sais que je ne suis pas aussi doué que tu l'étais avec les mots, alors ne t'attends pas à ce que ceci soit une œuvre d'art ; je veux seulement te dire certaines choses.

D'abord, je voudrais te remercier pour toutes ces lettres. Elles m'ont dit ce que je voulais, et avait besoin, de savoir. Même si j'ai d'abord pensé qu'elles ne m'aideraient pas, j'ai changé d'avis plus tard. Quand je les aie lu, j'ai eu l'impression qu'elles rouvraient une blessure que je pensais guéri. En fait, c'était seulement la peau qui était guérie ; l'intérieur est toujours aussi sanglant. En un sens, c'est bien de l'exposer ainsi. Peut-être que de cette manière, la blessure guérira mieux et la cicatrice qu'elle laissera sera moins affreuse à regarder.

Tu as dit certaines choses vraiment gentilles dans ces lettres. Et bien, pas dans toutes, mais dans la dernière du moins. Tu m'as décrit d'une telle manière que je n'étais pas sûr que tu parlais de moi. D'autre part, j'étais heureux que tu me perçoives d'une façon si agréable. Cela m'a fait penser que j'étais important pour toi, important dans ta vie.

Je veux que tu saches que tu es importante pour moi toi aussi, probablement plus que ce que tu réalisais. Je ne vais pas commencer à te dire combien tu étais belle, ou quelle source d'inspiration tu étais, mais je te dirais ça : je pense que tu étais faite pour moi. Tu sais, cette personne spéciale qui semble être destinée à passer le reste de sa vie avec toi.

Cela m'a fait mal de lire les sentiments que tu éprouvais pour moi lorsque je sais que j'éprouvais les mêmes. Cela me donne envie de remonter le temps et saisir les occasions que je n'ai pas saisies à l'époque. C'est frustrant de penser que nous avions la chance de vivre heureux ensemble et que nous restions là, silencieux chacun de notre côté.

Tu te souviens comment tu m'as dit que tu imaginais parfois à quoi pourrait ressemblé notre premier baiser ? Et bien, je l'ai fait aussi, mais de façon différente. Il me venait dans des flashes. Nous faisions quelque chose, quelque part, et une image étincelait devant mes yeux ; l'image de moi en train de t'embrasser. Cela partait aussi vite que ça venait mais cela laissait toujours un 'et si' dans mon esprit. 'Et si je l'embrassais maintenant ?' Mais je me dégonflais toujours. J'ai réfléchi à la cause de ce sentiment qui j'éprouvais en ta présence si souvent.

Il y a tellement de choses que j'aimerais te dire, et maintenant que c'est finalement le bon moment mon esprit reste vide. J'avais prévu de te dire combien je me sentais coupable lorsque je t'aie laissé te battre contre Malfoy, de n'avoir pas su te protéger alors je m'étais suis juré de le faire quand nous sommes partis avec Harry. Je voulais te dire les sentiments que j'éprouvais lorsque tu étais vivante et ce que je ressens maintenant… Et je ne peux même pas le faire.

Dans ta dernière lettre, tu m'as dit que je devais avancer et que tu espérais que ton souvenir ne m'empêcherait pas de vivre ma vie. Pour ça, tu peux être sûre. Il m'aidera à avancer, parce que je veux vivre en accord avec toutes les choses que tu as dites sur moi. Je ne te laisserais pas tomber.

La chose principale est que je ne veux pas te laisser partir, Hermione. Pourtant, je n'ai pas le choix ; tu es déjà partie. Je pense qu'il est cruel que la sorcière la plus brillante de sa génération n'ait vécu seulement le temps de quelques années. C'est cruel qu'elle ne soit pas là pour se réjouir des jours heureux qu'elle a aidé à instaurer, maintenant que Voldemort est disparu pour toujours.

Ce n'est pas facile de laisser partir quelqu'un. Tu me manques énormément, plus que ce que j'aurais pu imaginé. C'est étrange le fait que tu ne réalises à quel point tu es attaché à quelqu'un seulement lorsqu'il est parti. Je sais tout ce temps ce que tu étais pour moi et ce que je ressentais pour toi, mais ta mort et tes lettres me font réalisé à quel point tu avais une place importante dans ma vie.

Enfin, je voulais te remercier pour ton cadeau. Tu ne pouvais pas mieux choisir. Cela signifie tellement pour moi, plus que ce que tu pensais probablement.

Je ne veux pas te dire au revoir, parce que même si tu n'es plus à mes côtés, tu resteras toujours avec moi. Tu seras toujours une partie de moi puisque rien ne peut effacer le passé, et même si quelque chose pourrait, je ne t'effacerais pas. C'est mieux d'avoir eu seulement quelques années avec toi que tout ce temps sans toi. Si, si, je m'éloigne de toi, Hermione, sache que tu resteras toujours importante pour moi. Tu étais une inspiration, une amie et tellement plus encore.

Tu me manques et je ne t'oublierais jamais.

Ron

P.S… »

Mais Ron ne pu lire la dernière phrase. Il laissa son menton retomber sur sa poitrine et roula le parchemin sans le regarder. Puis il se leva et après avoir vérifier qu'il n'y avait personne d'autre que lui, sortit sa baguette.

Marchant jusqu'à la tombe, il posa le parchemin à côté et lança un sort de métamorphose. Ce qui était un rouleau de parchemin deux secondes plus tôt, était maintenant un bouquer de fleurs violettes ; les mêmes que les pétales séchées qu'il avait utilisé pour recouvrir le fond de la boite oû reposait la baguette d'Hermione.

Puis il fit un mouvement pour partir, mais revint sur ses pas et regarda une fois encore la sépulture. Il leva doucement son bras droit, et posa sa main un moment sur la pierre.

Ron enleva sa main et essuya ses joues avec la paumes de ses mains avant de se résoudre à partir et trouver un endroit sûr oû transplaner. Il quitta le cimetière, laissant le silence de l'air envahir la nuit. La dernière ligne de sa lettre resterait pour toujours un secret, même pour une personne indiscrète, tel que le vent délicat qui faisait voler les fleurs violettes sauvages.

« P.S. Je t'aime. »