Titre : Une vengeance mémorable
Auteur : Azalea
Origine : Tekken
Genre : Dramatique
Couple : Hwoarang/Jin
Disclamer : Je ne fais qu'emprunter les personnages… Snif !
Résumé : Jin vient d'apprendre que Hwoarang a été violé, comment réagira-t-il à l'égard de celui-ci ?
Chapitre IV.
Jin
Assis devant le lit dans lequel était endormi Hwoarang depuis que Lee lui avait administré le calmant, je tentais tant bien que mal d'avaler la nouvelle. Ainsi, il se serait fait violé. Même si cela expliquait son comportement depuis que je l'avais recueilli, j'avais bien du mal à envisager qu'on ait pu lui faire autant de mal. Non, pour tout dire, je ne pouvais tout simplement pas l'accepter. Lee m'avait expliqué que je pouvais m'attendre à des moments de déprime comme de colère, et qu'il ne fallait pas que je le laisse seul. Néanmoins, je me demandais comment je pourrais l'aider à y faire face. Je n'étais jamais parvenu à m'entendre avec mon rival, mais surtout, pire que tout, je n'avais aucune idée de comment m'y prendre.
Cependant, je fus vite stoppé dans mes réflexions lorsque je le vis légèrement bouger. Les traits de son visage se crispèrent et il remua doucement. Il était en train de se réveiller.
A peine quelques instants plus tard, je le vis ouvrir lentement les yeux et regarder autour de lui, complètement perdu. Quand enfin il remarqua ma présence, il reprit ses esprits.
- J'ai dormi longtemps ? Se contenta-t-il de demander.
- Plusieurs heures.
Il ne sembla pas s'en étonner. Un long silence s'installa, un silence gênant. Aucun de nous ne savait plus quoi dire. C'est alors que je me demandais si je devais aborder ce qu'il s'était passé et ce dont m'avait parlé Lee. Fallait-il en parler avec lui maintenant ou bien attendre afin de ne pas le brusquer ?
- Qu'est-ce qui te tracasse, Kazama ?
Revenant brusquement à la réalité, je remarquais alors qu'il me fixait avec insistance.
- Tu pourras dire ce que tu voudras, reprit-il, mais tu n'as vraiment pas l'air dans ton assiette.
- Ce n'est rien.
Il sembla instantanément reprendre son expression de colère.
- Tu me prends vraiment pour un imbécile !
A peine réveillé et, apparemment, il recommençait déjà à m'énerver. Je compris ainsi que le bon moment pour lui parler ne viendrait jamais. Il valait alors mieux mettre les choses à plat dès maintenant si je ne voulais pas qu'il me reproche d'avoir attendu avant de lui parler de ce que je savais à son sujet.
- Hwoarang, dis-je. Il faut qu'on parle.
- Ah ! Tu te décides enfin !
- Ca te concerne, je sais ce qu'il t'ait arrivé.
Son expression devint horrifiée, mais il ne tenta pas de se dérober.
- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
Je soupirais longuement avant de reprendre.
- Je sais que tu as été violé.
Sous mes yeux se tenait à présent un jeune homme qui avait baissé la tête afin que je ne puisse pas voir la tristesse qui était brusquement apparue dans ses yeux. Le fait que je sois au courant lui faisait mal et je le sentais. Il finit toutefois par affronter mon propre regard.
- Qu'est-ce que ça peut bien faire ? Dit-il d'une voix sourde.
Pris au dépourvu, je mis un certain temps pour lui répondre. Je ne pouvais pas ignorer sa question, mais je savais aussi qu'il me fallait le réconforter.
- Tu sais, Hwoarang, je ne pourrai sans doute jamais comprendre ce que tu ressens, mais même si nous ne nous entendons pas très bien, sache que je suis prêt à t'écouter et à t'aider.
- Ne fais pas semblant, Kazama ! Je sais que tout ça te dépasse complètement !
- Peut-être… Mais je suis sincère.
- Ne te fiche pas de moi ! Je ne veux pas de ta pitié !
Le ton commençait sérieusement à monter. Son mauvais caractère refaisait peu à peu surface. Si je voulais avoir une chance de le calmer un temps soit peu, je devrais lui changer les idées, ne pas le laisser seul dans ce lit à ruminer ses idées noires.
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Hwoarang
Lorsque j'avais ouvert les yeux, je m'étais tout d'abord senti perdu. Du moins, jusqu'à ce que je tombe sur le visage de Jin. Je ne saurais expliquer pourquoi, mais sur le coup, sa présence à mes côtés m'avait rassuré. Cependant, il m'avait bien vite semblé contrarié.
Mais lui demander ce qui n'allait pas avait été une erreur. A présent, le poids de son regard pesait lourdement sur moi. Je devais lui paraître si faible, si sale. Comment pouvais-je assumer cela ? Le seul moyen que je trouvais encore pour riposter à ses paroles et surtout à sa pitié était la colère. A vrai dire, je ne gérais plus rien.
- Ce n'est pas de la pitié, dit-il simplement.
Le calme de sa voix me rendait malade. Il semblait se moquer de tout et surtout de moi. Cela suffisait à ranimer mon énervement.
- J'en ai marre de t'entendre ! Je ne veux pas de ton aide !
C'était la vérité. Je ne voulais pas qu'on tente de me venir en aide lorsque la seule chose que je désirais réellement était qu'on me laisse seul, sans le regard de personne posé sur ce que j'étais devenu, un être misérable.
- Et que comptes-tu faire dans ce cas ?
- Me barrer d'ici dès que je pourrais me déplacer seul !
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Jin
Plus que tout, je sentais qu'il voulait partir, disparaître tout simplement loin de mon regard. Il avait honte de ce qui lui était arrivé, mais fuir ne serait pas une solution.
- C'est ce que je peux penser de tout ça qui te dérange, n'est-ce pas ? Le seul fait de savoir que je pose les yeux sur toi te blesse ?
Il me regarda étonné. Mais il remit bien vite son masque de dureté.
- Je me fiche complètement de ce que tu penses !
- Vraiment ?
- Vraiment.
- Et si je te disais que je pensais à cet instant de t'aider à te mettre debout pour quitter ce lit, est-ce que tu te ficherais toujours de ce que je pense ?
Cette fois, ce fut un silence complet qui me répondit. N'importe qui voudrait pouvoir bouger un peu après être resté coincé plusieurs jours au lit. J'étais certain qu'il n'en faisait pas exception. Mais je savais aussi que trop de fierté mal placée l'empêchait de l'avouer.
- Contente-toi juste d'accepter de descendre dans le hall principal.
Il sembla réfléchir un instant, mais finit par accepter avec dédain.
- Ok ! Je n'ai pas envie de t'entendre essayer de me convaincre davantage !
Sa réaction me fit sourire. J'en oubliais presque pourquoi il était là lorsque je l'aidais à se lever et à s'appuyer sur moi, bien que je le senti plutôt réticent et distant les premières minutes. Durant le trajet qui nous mena jusqu'au salon, aucun de nous ne parla, sans doute de peur de réveiller une nouvelle dispute. Mais lorsque je l'installais dans le fauteuil et lui proposais une couverture pour ne pas qu'il attrape froid, il finit par prononcer quelques mots plus calmement qu'à son habitude.
- Pourquoi fais-tu tout ça pour moi ?
La question était tombée, simplement, sans prévenir. A vrai dire, je ne m'étais jamais réellement demandé pourquoi je l'avais recueilli chez moi et soigné. Le voir si mal en point m'avait peut-être davantage touché que ce que je ne voulais avouer, ou peut-être était-ce simplement ma propre conscience qui m'avait dicté de ne pas le laisser dans cet état. Pourtant, la situation était à présent différente. Je ne me sentais plus touché, mais plutôt blessé pour lui. Après tout, personne ne méritait de devoir supporter la douleur d'un viol.
- Je ne sais pas, me contentais de répondre.
- Tu ne sais pas ?! S'étonna-t-il alors.
- Non.
Il ne parut pas satisfait par ma réponse, mais sembla se retenir de me le faire savoir.
C'est ainsi que malgré tout, pour la première fois, nous parvîmes à passer quelques heures sans dispute. Bien qu'un lourd silence s'était imposé, je sentais Hwoarang se détendre peu à peu en ma présence. Je décidais donc de conserver le calme actuel, il lui permettait sans doute de faire le point avec lui-même.
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Hwoarang
Même si sa réponse ne me plue pas, je parvins à garder mon calme. Cela me demandait un effort considérable. Pratiquement tout semblait m'énerver. Etre resté cloué au lit durant de longues journées, le fait d'être pratiquement certain que Lee m'ait examiné, l'ambiance de cette maison… Jin lui-même. Je me sentais tout simplement révolté contre la Terre entière. Penser que ce salaud de Heihachi m'avait touché et, par-dessus tout, que Jin avait à présent connaissance de ce qu'il m'était arrivé, même s'il ignorait qui en était le responsable, me faisait mal. C'était une douleur qui me rongeait, une douleur qui me tuerait sans aucun doute à petit feu. Sali, je me sentais Sali. Pire, je me sentais souillé jusqu'à l'âme.
Une larme coula sur ma joue. Je l'essuyais rapidement d'un revers de manche, je ne devais pas pleurer. Tout sauf subir une humiliation supplémentaire. Jin pourrait bien en rire.
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Jin
Je le vis se frotter les yeux. Pleurait-il ?
- Hwoarang, appelais-je. Est-ce que tout va bien ?
Il mit un certain temps avant de répondre. Je voyais bien qu'il tentait tant bien que mal de refouler ses larmes.
- Oui… ça va.
- On ne dirait pas.
Finalement, je regrettais ce calme. L'avoir laissé faire le point semblait être une erreur. Blessé de le voir se mettre dans cet état, je me levais de ma place pour venir m'asseoir à ses côtés. Immédiatement, il eut un mouvement de recul.
- Je n'ai pas l'intention de te faire quoique ce soit, tentais-je de le rassurer.
Sachant pertinemment que je disais la vérité, il se détendit. Pourtant, si j'avais pensé pouvoir le prendre dans mes bras pour le réconforter, je revins sur ma décision. Il n'était pas encore prêt à recevoir ce genre de geste… et moi non plus d'ailleurs. Je ne savais même pas pourquoi une telle idée m'avait, ne serait-ce, qu'effleuré l'esprit. Je décidais donc de finalement prendre place en face de lui.
- Tu veux en parler ? Demandais-je simplement.
- Pourquoi devrais-je parler de ce qui me tracasse à un ennemi ?!
Son ton était redevenu tranchant. J'en conclu qu'une fois de plus, il se maintenait sur la défensive.
- Ainsi je ne suis même plus un rival, mais bien un ennemi ?
Il ne répondit pas.
- Pourquoi faut-il absolument que tu me considères comme tel dès que tu as peur, Hwoarang ?
- Je n'ai pas peur !
- Dans ce cas, arrête de fuir et explique-moi ce qui ne va pas ! M'exclamais-je à mon tour.
Rien n'y fit. J'avais beau essayer d'être gentil ou, au contraire, de me mettre en colère, il ne me répondait pas.
- Je ne sais plus comment me comporter avec toi.
A ces mots, il leva un regard chargé de tristesse sur moi, et ce fut entre deux sanglots qu'il parla.
- J'ai bien essayé de parler avec toi… mais à chaque fois c'est pareil… je m'énerve et je sais pas pourquoi.
C'était donc cela. Il ne parvenait pas à contrôler ses excès de colère. Je devinais qu'il s'agissait probablement d'une conséquence de ce qu'il avait subi. Cependant, je me sentais plutôt désemparé. Il me faudrait certainement beaucoup de patience, mais avant tout, si je voulais pouvoir l'aider comme il le fallait, je devais trouver la solution appropriée. Si j'étais perdu face à ses colères continuelles, il l'était davantage devant son problème.
A suivre.
