Défi – blog
Titre : Captivité
Auteur : Kashiira
Genre : POV, angst, lemon, NCS, plutôt sombre, pas pour les petites natures, quoi ! ;
Source : Saint Seiya
Couple : aha ! Surprise -
Note 1 de l'auteur : J'ai lancé le défi, il était normal que j'y réponde, non ? - En tous cas, motivons les troupes ! Allez les filles (et les gars !) ! Au turbin ! Livrez-nous les pensées intimes de vos chouchous ! -v
Note 2 de l'auteur : Cherchez bien dans la suite de l'histoire, il y a un petit clin d'œil à l'une des fics de Lakhesis que j'ai beaucoup aimé ! - De plus, à cause de cette même fic, le scénario de mon défi a complètement changé ! snif ! ;;; Et puis, Albebemou avec son commentaire sur le premier chapitre m'a fait cogiter aussi sur l'histoire, bref : c'est rien que de leur faute, voilà ! (Ka' ou l'art de rejeter la faute sur les autres ;)
Note 3 de l'auteur (après c'est fini. Promis, je vous laisse lire) : Bon, le découpage par jour va un peu changer et les points de vue aussi, je dois dire… ; gomen !
Captif
Alberich
Je ne peux même plus me relever seul, encore moins me déplacer. La dernière visite de Siegfried et d'Hagen a été la plus pénible d'aussi loin que je me souvienne. Je crois que cette fois, c'est la fin. Je vais mourir. Pourtant c'est étrange, cette mort que j'ai appelé avec tant de ferveur tarde à venir tandis que des bruits de pas résonnent dans le couloir. Odin, par pitié ! Je voudrais juste me reposer, je n'en peux plus ! Par pitié ! Faites que tout s'arrête !
Mais la porte, inexorablement, s'ouvre et je ferme les yeux.
°°
Cancer
Il l'a fait exprès ! Je suis sûr que ce fichu cornu l'a fait exprès !
« Oh ! Ca va Andrea ! » fait Aphrodite d'un ton excédé. « Ce n'est pas la fin du monde ! Arrête de faire l'enfant ! »
Ben tiens ! C'est pas Miss Monde que l'autre enflure a largué dans une marre de boue gelée ! Elle est belle, tiens, la solidarité entre les 'méchant'. Fayot, va !
Je repousse rageusement la main que l'autre bête à corne me tend et me dirige vers l'entrée du passage s'ouvrant devant nous avec un bruit de succion à chaque pas. D'habitude, je m'entends bien avec Shura. Normal ! Entre Latinos, on se serre les coudes. D'autant plus qu'il n'est ni collant, ni bavard. Mais là, il n'arrive pas à totalement réprimer le sourire qui lui titille le coin des lèvres. Ma réputation a déjà été salement écornée à mon retour d'Hadès, alors si en plus je laisse mes potes se foutre de moi !
Mais où va-t-on ma brave dame !
Mu me laisse passer devant lui sans commentaires. Il me remarque à peine, je crois que c'est ça qui m'horripile le plus chez lui. Sous une couche de gentille condescendance, ce type n'est pas humain. A tous points de vue ! Déjà, d'un point de vue biologique, il est différent. Normal, c'est un putain d'Atlante, un Alchimiste ! Ces gars étaient déjà là bien avant que les singes, nos ancêtres, n'envisagent de marcher sur seulement deux pattes !
Et puis, même Camus est moins glacé que lui ! On dirait qu'il me voit à peine, il est totalement concentré sur la mission, il n'y a plus que ça qui compte à ses yeux. Ca n'a pas l'air de déranger Shura qui, lui aussi, est plutôt du genre concentré ni Aphrodite qui fixe le dos du Bélier d'un air énamouré, d'un air qu'il doit sans doute s'imaginer discret. Je ne vois pas ce qu'il lui trouve mais bon… Aphro est un pote, c'est pas à moi de le juger.
Je reprends la tête du groupe rapidement. Le Bélier nous a téléporté hors de portée d'Hilda mais juste devant l'entrée du souterrain que j'avais repéré les jours précédents. J'espère que mon intuition sera la bonne, si ce n'est pas le cas, nous aurons à repartir à l'assaut du château par une autre voie et, très honnêtement, je ne vois pas laquelle nous pourrions emprunter sans nous faire repérer ou tuer.
Finalement, j'avais raison. Nous avons retrouvé la cellule de Bud. J'ignore les commentaires de la poiscaille sur mon instinct concernant les trous. Je suis une bête de sexe, d'accord mais il pourrait quand même faire des allusions un peu plus subtiles. Je ne peux m'empêcher de ricaner, tandis que je suis Shura. Ecoutez donc qui parle de subtilité ! Nos compagnons s'occupent du pauvre type pendant que le Capricorne et moi continuons sur notre lancée. Inutile de perdre du temps.
Mon compagnon me fait soudain signe de m'arrêter et semble tendre l'oreille avant de me laisser enter dans un couloir sombre et humide et de s'avancer rapidement jusqu'à une porte qu'il ouvre après un instant d'hésitation. Les mains dans les poches, je le suis pour me figer sur le seuil de la pièce. Nom de dieu !
« Désolé Athéna. »
J'ai tué pas mal de gens, j'ai torturé aussi mais, malgré tout, je ne peux pas m'empêcher de me sentir choqué devant l'état du type recroquevillé sur le sol gelé. Shura se débarrasse rapidement de la chaîne emprisonnant le gars et je m'agenouille à ses côtés, retournant le blessé. Je dois combattre un mouvement de recul instinctif lorsque je croise son regard. Un mélange de résignation douloureuse et de peur s'y laisse deviner mais les iris sont ternes. Presque morts.
Avec un grondement sourd, je retire ma veste fourrée et la jette sur l'homme, l'emmitouflant du mieux que je peux avant de le soulever sans difficultés. Il pèse à peine plus qu'un enfant. Quand je pense que c'était un chevalier avant, je sens mon estomac se tordre. Je ne suis pas l'homme le plus pieu qu'il existe sur la terre, loin s'en faut mais en ce moment, je prie Athéna et la remercie de sa bonté et de sa miséricorde. Pour une fois, je suis sincère.
« Allons-y, » me fait doucement Shura. « Les autres doivent nous attendre. »
Ouaip. En route, frangin. Pas la peine de rester dans le coin plus longtemps que nécessaire.
Le chemin du retour ne dure pas longtemps. Il ne faut plus trop traîner maintenant, manquerait plus qu'un Asgardien nous repère. Nous retrouvons Mu et Aphrodite comme prévu. Ils soutiennent le prisonnier qui hoquette avec horreur en voyant mon fardeau avant de détourner le regard d'un air coupable sans dire un mot. Le voyage jusqu'à la sortie met plus de temps que prévu. Bud refuse de se laisser porter et nous retarde considérablement. D'un autre côté, je ne peux pas lui en vouloir, il n'a plus que son orgueil, il a perdu tout le reste, mais le temps nous est compté. Lorsque nous ressortons à l'air libre, l'aube n'est plus loin, il va falloir se dépêcher.
Seulement, il y a un problème. C'aurait été trop beau sinon ! Mu ne pourra pas nous prendre tous en même temps, il va lui falloir trois voyages. Il part d'abord avec Aphrodite et Bud. C'est dérangeant de le voir disparaître ainsi. C'est pas naturel, ça ne dépend même pas de son cosmos.
Saloperie, va !
Ok, une saloperie vachement utile mais il me fout quand même les jetons quand il fait ça. En quelques sortes, il me rappelle ma condition de simple humain… Il revient cinq minutes plus tard et me tend la main. Serrant le roux contre mon torse, je saisis le poignet du cornu qui me jette un regard ironique. Je déteste quand il se fout de moi ! Je n'ai pas le temps d'exprimer le fond de ma pensée qu'il se téléporte à nouveau.
Oh misère ! Ca me fait le même effet à chaque fois ! L'impression d'être déformé et ballotté en tous sens m'envahit et il me faut bien toute ma volonté pour ne pas être malade lorsque j'atterris sur la terre ferme. Un comité d'accueil nous attend sur place et me fait monter avec le blessé dans un hélicoptère de la Fondation Graad dans lequel je retrouve Aphrodite et Bud. Mu, un peu pâle, ne perd pas de temps et repart immédiatement.
« Ca va, Andréa ? Tu es verdâtre, » me fait remarquer la poiscaille d'une voix dubitative.
Je réussis à croasser d'un ton plus ou moins convaincant.
« Je t'en pose, moi des questions ? »
Les blessures les plus de nos protégés sont soignées rapidement avant que le staff ne les installe dans des civières. Il n'y a plus qu'à attendre les deux bêtes à cornes.
Sauf que plusieurs minutes passent et ils ne réapparaissent pas. A côté de moi, Aphrodite s'agite inquiet et je dois bien avouer que je partage ses sentiments. Shura est un pote et le Bélier… Eh bien malgré tout, je ne luis souhaite pas (trop) de mal.
« Qu'est-ce qu'il font ? » me souffle mon ami.
Je ne réponds pas – que pourrais-je dire, de toutes façons ? – et passe un bras autour de ses épaules. T'inquiète, frangin. Le cornu a un coup de barre et il récupère avant de revenir. Enfin, j'espère. Dix minutes s'écoulent, puis vingt et nous frôlons la demi-heure lorsque Mu et Shura apparaissent enfin. Le Capricorne soutient le Bélier, malgré le ton franchement vert de son visage.
« Vous en avez mis du temps ! Qu'est-ce que vous foutiez ? »
Shura me regarde de travers tandis qu'il pousse l'Atlante dans l'hélicoptère avant que l'engin ne décolle.
« Paraît qu'il y a des interférences, on a dû faire le trajet par à coups, » grogne-t-il.
Mu, affalé dans un fauteuil, ne répond pas, les yeux fermés, et fait mine de dormir. Mouais, c'est ça. Il a trop forcé sur la dose mais est trop fier pour l'admettre. Etrangement, cette idée me rend l'Atlante plus sympathique et je lui jette une couverture avant de me servir. Je m'endors avant même que l'hélicoptère ne sorte du territoire Asgardien.
A suivre !
