Défi – blog
Titre : Captivité
Auteur : Kashiira
Genre : POV, angst, lemon, NCS, plutôt sombre, pas pour les petites natures, quoi !
Source : Saint Seiya
Couples : aha ! Surprise
Résumé : Le gold quatuor infernal a secouru Alberich et Bud des geôles d'Asgard… Ils sont désormais en sécurité mais est-ce que tout est vraiment aussi simple qu'il n'y paraît ?
Captivité
V
Siegfried
Devant moi les flammes dansent follement, je ne peux en détacher mon regard. J'ai l'impression de me réveiller d'un profond cauchemar, d'un rêve où j'assistais en spectateur à… Je ne parviens pas à me rappeler exactement. Vaguement étourdi, je ramène mes mains devant mon visage et les fixe, un peu surpris de les voir m'obéir.
« Siegfried ? »
Une voix féminine. Douce. Des doigts délicats effleurent ma joue et enfin je relève la tête. Je me sens hébété, groggy. En face de moi, Flamme me regarde gentiment avec une pointe d'inquiétude.
« Tout va bien, Siegfried, » souffle-t-elle doucement. « Tout va vous revenir… »
Je ne comprends pas de quoi elle parle, ni l'expression étrangement compatissante de son regard. Et puis, brusquement mes lèvres deviennent sèches et je peine à déglutir. Dans la cheminée où ronfle le feu se rejoue une scène révoltante dont je suis le principal acteur. La tête me tourne et les haut-le-cœur m'assaillent sans pitié. Je me rappelle. Je me rappelle trop bien, même.
« Calmez-vous ! C'est du passé, maintenant ! Calmez-vous ! »
Flamme semble paniquée par ma réaction et me force à la regarder.
« Je vous interdis de vous réfugier dans la folie ! Réagissez ! Vous êtes un chevalier, oui ou non ? »
Ses lèvres tremblent d'effroi et ses grands yeux sont emplis de larmes mais elle ne se détourne pas. Hébété, je m'apaise peu à peu, vaincu par sa détermination.
« Je suis un monstre… »
Cet homme qui murmure d'une voix brisée, c'est moi. Je ne me reconnais pas… Je ne me reconnais plus, à vrai dire. Ô Odin ! Que suis-je donc devenu ! Une nouvelle vague de panique menace de me submerger mais je la repousse tant bien que mal et la jeune fille en face de moi hoche la tête avec approbation. Elle caresse mes cheveux comme si j'étais un animal paniqué, comme si elle devait me rassurer. Je ne comprends plus. Elle me repousse doucement en arrière et je me retrouve installé dans un fauteuil recouvert de peaux douces et soyeuses. Interloqué, je me rends compte que nous nous trouvons dans mon manoir à des miles du Château Polaris. Je ne me rappelle pas être parti… comment ? A nouveau, Flamme passe les doigts dans mes cheveux, me rassurant sans prononcer un mot. Ses yeux immenses, si bleus, sont deux lacs dans lesquels je me perds. Puis, elle se détourne légèrement et rompt le contact.
« Laissez-moi vous raconter une histoire, Siegfried, » murmure-t-elle doucement. « Une histoire triste, faite de larmes et de sang. »
Elle-même semble soudain prête à pleurer. Je ne peux que tendre la main à mon tour et effleurer sa joue. Elle relève la tête et me dédie un petit sourire courageux que je sens forcé.
« Odin n'est pas notre seul dieu, vous le savez… »
Elle s'interrompt et je hoche la tête pour l'encourager à continuer comme un sentiment de malaise m'envahit. Je sais déjà que je ne vais pas aimer son récit.
°°
Flamme
Siegfried me regarde avec attention. Il ressemble à un enfant s'apprêtant à écouter un conte effrayant. Pourtant, il est adulte. Il s'agit même du plus puissant de nos guerriers divins. Je ne le reconnais plus. Oh ! Je vous en prie ! Faites que je ne sois pas intervenue trop tard.
Comment commencer…
Flash Back
A vrai dire, tout a débuté avant que les dieux ne ramènent nos chevaliers à la vie. Un jour, le soleil s'est estompé, comme s'il s'agissait d'une éclipse mais la lune n'était en vue nulle part dans le ciel. On aurait dit que l'astre se faisait dévorer par un géant invisible. Je n'ai appris que plus tard qu'il s'agissait d'un des effets de la guerre contre le dieu Hadès. Ce jour-là, une violente tempête de neige s'est levée, couvrant le ciel, nous plongeant dans l'ignorance de ce qui se passait au-delà de nos frontières. Elle ne s'est apaisée que plusieurs jours plus tard. Ma sœur ne pouvait sortir prier que quelques instants avant de devoir rentrer tant bien que mal, frigorifiée et au bord de l'inconscience. Tous les jours, je l'attendais avec de chaudes fourrures dans lesquelles je l'emmaillotais avant de la conduire dans un bain bien chaud.
Lorsque enfin, le temps s'est rétabli, nous sommes parties faire le tour de notre territoire. Prenant en compte les morts, les blessés, les orphelins. Nous leur avons promis l'aide que le palais pourrait leur fournir. La vie dans notre pays est rude et ses habitants sont solides et endurants. La vie a repris comme par le passé mais ma sœur s'était assombrie, voyant dans cette tempête à la force inhabituelle un avertissement divin. Dès que nous sommes rentrées, elle s'est enfermée dans la bibliothèque pendant des heures, n'en ressortant que pour accomplir son devoir de grande prêtresse et se reposer quelques heures. Elle a finalement mis la main sur le journal d'un de ses prédécesseurs. Il s'agit davantage d'un parchemin. Je n'y ai vu que les élucubrations d'un fou mais ma sœur était persuadée d'avoir mis la main sur une prophétie. C'est vrai que le texte était troublant pas moment, rappelant les terribles évènements que nous avions vécus. Un passage parlait de deux traîtres qui sèmeraient la discorde lors de leur retour.
Quelques jours plus tard, Nos guerriers Divins nous étaient rendus. En temps normal, je sais que ma sœur les auraient tous graciés mais, depuis sa possession, elle vit dans la hantise de faillir une nouvelle fois à sa tâche. Elle a alors éliminé ceux qu'elle considérait comme une menace.
Bud et Albéric.
Je n'ai jamais aimé Albéric. Je l'ai toujours considéré comme un dangereux séducteur, manipulateur et fourbe. Quant à Bud, je ne l'ai jamais connu. Ce n'est donc pas mon attachement à ces deux hommes qui a fait que la décision d'Hilda m'a bouleversée. Je ne l'avais jamais vue réagir de cette façon, aussi violemment. J'ai même cru qu'une nouvelle divinité venait de la posséder à nouveau. Quelques jours plus tard, cependant, elle regrettait sa décision mais il était trop tard. Les gardes, menés par Siegfried et Hagen, avaient déjà disposé des corps. J'ai retrouvé ma sœur, douce et aimante, terrifiée par ses propres actes. Elle s'en voulait tellement que je suis restée à ses côtés jours et nuits, cherchant à la réconforter.
Je suppose que cela explique pourquoi je ne me suis pas aperçue plus tôt de ce qui se passait au château. Je me suis rendue compte que quelque chose clochait en croisant Hagen. Il m'a souri comme si rien ne s'était passé et s'est montré très assidu. En temps normal, je me serais sentie transportée, tellement heureuse mais je ne peux oublier les derniers instants que nous avons vécus. La manière qu'il avait de refuser que je puisse avoir une volonté propre. Dans son esprit, j'étais à lui et sa principale motivation d'affronter Hyoga n'était pas de défendre les idéaux tronqués de ma sœur mais bien de marquer son territoire face à un rival. A la fin, un abîme nous séparait, si profond que je ne vois pas comment le combler un jour. Pourtant, le Hagen que j'avais sous les yeux non seulement ne semblait pas se rendre compte de ce qui nous séparait mais surtout agissait différemment. Tellement certain de me plaire, tellement arrogant. Il n'avait plus rien en commun avec l'homme que j'avais un jour chéri et aimé !
Impossible d'en parler avec Hilda, je n'ai pas voulu la perturber davantage. La plupart des Guerriers divins étaient rentrés dans leur demeure ancestrale, seul mon ancien ami et Siegfried sont restés à Polaris. Ce dernier m'a toujours impressionnée, aussi je n'ai pas particulièrement cherché sa compagnie. A vrai dire, je cherchais surtout à éviter la compagnie de Hagen qui se montrait fort insistant. Je ne l'ai croisé qu'à quelques reprises et je me rappelle avoir été frappée par sa froideur. L'homme dont je me rappelais avant sa mort était réservé, réfléchi mais il possédait également une humanité chaleureuse. Lorsqu'il se tenait auprès de ma sœur, il était toujours légèrement penché vers elle dans une attitude protectrice qui paraissait tellement naturelle chez lui… Désormais pourtant, il semble bien qu'elle ait disparu comme s'il s'agissait d'un autre homme.
Fin du Flash back
Siegfried me regarde sans mots dire. Impossible de deviner ce qu'il peut bien penser. Je ne peux m'empêcher de frissonner. Tout m'est revenu pendant mon court récit. Il se détourne soudain et je vois ses mains se crisper.
« Je… Je ne me rappelle pas. Je… Tout est flou. »
Sa voix n'est qu'un murmure épouvanté. Je voudrais le rassurer mais je ne trouve rien à lui dire. Il revient à moi et, dans ses yeux pâles, danse une épouvante que je sens sincère. Instinctivement, je tends les mains et saisit les siennes. Elles sont grandes, fortes, rendues calleuses par des années d'entraînement mais en cet instant elles frémissent doucement. Il est terrifié.
« Quand je vous croisais dans les couloir, vous ne me regardiez jamais en face. Pourtant, il est arrivé une ou deux fois que nos yeux se croisent. A chaque fois, il y avait une intense froideur mais aussi de la peur. »
Il me fixe sans comprendre. Je n'ai pas le choix, je dois continuer. Sans lâcher ses mains, je m'installe plus confortablement sur les fourrures à ses pieds.
« Vous… Vous savez que Odin n'est la le seul dieu dans nos contrées, n'est-ce pas ? »
Il semble perplexe un instant, comme se demandant où je veux en venir avant de hocher lentement la tête.
« Il… Il semblerait qu'un Dieu ait profité du tumulte qui a coïncidé avec le retour des Guerriers Divins parmi nous pour… comment dire… Glisser les graines de la discorde ? »
°°
Siegfried
Je ne peux m'empêcher de fixer la jeune fille avec incrédulité. Mais au moment où j'ouvre la bouche pour émettre une objection un oiseau se pose soudain sur son épaule.
Un faucon.
Une légende me revient soudain en mémoire. Celle que ma nourrice racontait lorsque je n'étais qu'un enfant. Celle de Loki qui trop curieux, comme à son habitude, s'était changé en oiseau pour espionner un géant. Malheureusement, ce dernier l'avait percé à jour et enfermé dans un coffre jusqu'à ce que le dieu avoue son imposture. Il ne l'avait libéré qu'à la condition qu'il lui livre Freiya aux pommes d'or. Loki avait obtempéré et attiré la belle déesse dans un piège. Je ne me rappelle plus exactement comment se termine l'histoire mais le petit dieu, à la fois malicieux et cruel, sous la menace de ses pairs était parvenu à retourner la situation et à délivrer la captive.
« Bien ! Au moins, tu connais de bonnes histoires… Mais je préfère celles où j'aide Thor à récupérer son Marteau sacré. Plus de piments, si tu vois ce que je veux dire ? »
Je ne peux que regarder l'oiseau qui me contemple d'un air moqueur.
« N'ait donc pas l'air si choqué ! Faute d'un corps humain, les faucons sont de très bons vecteurs dans lesquels s'incarner quand on a un message à faire passer. »
« Vous… Vous… C'est vous qui… »
« Non. Pour une fois, je ne suis pas le fauteur de trouble. Je ne sais pas qui s'est amusé à jouer avec toi et ton ami mais le tour était pas mal du tout… »
Un léger toussotement se fait entendre et l'animal échange un regard avec Flamme.
« Tu n'es pas drôle ! Freiya a bien choisi une femme à son image, tiens ! »
« En fait, Siegfried… Laissez-moi terminer mon histoire, si vous le voulez bien, » dit simplement la jeune fille sans s'émouvoir. « Si ma sœur est la prêtresse d'Odin, je suis pour ma part une autre voie. J'étais troublée, je ne savais pas quoi faire. C'est alors que les dieux m'ont entendue et m'ont répondu. »
Je reste coi dans mon fauteuil, trop choqué pour réagir et encore un peu incrédule.
« C'est Freiya qui m'a répondu. J'ignore encore ce qui se passe exactement mais elle m'a permis de m'ouvrir à d'autres visions que celles qui nous sont habituellement accessibles et j'ai pu voir ce… ce qui se passait exactement. »
Elle déglutit avec peine.
« Il y avait une sorte de couche qui vous recouvrait et semblait manipuler chacun de vos gestes tout en… accentuant vos sentiments les plus violents et vos côtés les moins… glorieux. Seulement, je ne savais pas vraiment comment faire pour vous en débarrasser. C'est le seigneur Loki qui m'a expliqué. »
L'oiseau se rengorge. Je ne peux m'empêcher de penser que pour un dieu, il semble un peu… trop content de lui-même… Comme s'il venait de jouer un bon tour.
« Rassure-toi, le Deus ex machina s'arrête là… Je n'ai pas le droit d'intervenir directement. A vrai dire, je t'ai déjà trop aidée, jeune fille. Allons. Explique-lui. Il ne comprend pas. »
Elle hoche la tête et se lève prestement avant de s'éloigner hors de mon champ de vision. Je veux me tourner vers elle mais une brusque douleur traverse soudain mon torse. Je me rends compte que je suis torse nu et que des bandages souillés de sang couvrent ma poitrine.
« Que… »
Mais déjà Flamme revient et me présente un plateau sur lequel se tortille ce qui ressemble bien à une graine allongée, fendue de plusieurs filaments qui s'agitent en tout sens.
« Nous vous avons suivi lorsque vous êtes parti vous promener à cheval… Le seigneur Loki vous a immobilisé et… je vous ai retiré la graine. Vous étiez le moins atteint. Ca n'a pas été facile... »
Ses yeux se voilent tandis qu'elle repart avec l'ignoble chose. Les souvenirs me reviennent, flous comme si je les voyais au travers de verres déformants et je me sens prêt à être malade. La jeune fille revient mais je secoue la tête. Tout ça… c'est trop. C'est beaucoup trop.
« Je… Je t'en prie… Je voudrais rester seul. »
Elle semble comprendre et se retire silencieusement accompagnée du faucon. Ô Odin ! Qu'ai-je donc fait ? J'ai beau tenter de me réfugier derrière le fait que mes actes étaient dictés. Cela n'excuse rien.
Et maintenant ? me souffle une petite voix. Qui est le chien, Siegfried ?
A suivre
Scorpio-caro: Eh bien... voici la suite. J'espère qu'elle te plait toujours -
Vyrse: Ah désolée... Mais pas de spoilers. Tu auras la surprise pour les couples ;p
Ariessa: - hé bien voilà... Un chapitre sans Mu mais il va revenir par la suite héhéhé
Merci à toutes les autres qui ont commenté. Il se fait tard et je n'ai pas le courage de répondre mais tous vos coms m'ont fait énormément plaisir et j'espère que vous aimerez autant ce nouveau chapitre... Moins de 'yaoi' mais bon... Il faut bien défendre Flamme! Je suis sûre qu'elle n'est pas qu'une simple potiche! ;p
A bientôt.
