Chapitre IV : Quand la si sage Hermione a une révélation
Pourquoi, en cette chaude matinée d'été, Hermione Granger bénissait-elle Molly Weasley ? Pour comprendre, il nous faut reprendre dès le lever de celui-ci. Ronald Weasley ne pouvait pas être qualifié de lève-tôt. Selon lui, il était parfaitement stupide de se lever aux « aurores » quand on n'avait rien d'intéressant à faire. Malheureusement pour lui, et c'est là où nous voulons en venir, sa mère pensait que justement, le jeune homme en question avait un tas de choses à faire. Le mariage de Bill et Fleur avait lieu le lendemain, et le rouquin dut exécuter la liste des tâches suivantes : dégnommer le jardin, nettoyer la cour, dresser les tentes, placer les tables et les chaises, installer les décorations prévues par les filles, installer l'énorme tapis menant à l'autel (la cérémonie avait lieu dans le jardin). Mais en quoi cela concernai-t-il Hermione ? Hé bien il faut savoir qu'il faisait très chaud et que la tâche était ardue. Ron dut enlever son t-shirt pour travailler et alors qu'elle Harry et Ginny le rejoignaient pour l'aider, la jeune fille resta stupéfaite. Son ami avait un torse magnifique, parsemé de taches de rousseurs. Elle était comme hypnotisée. Ses muscles étaient fins, mais pas trop. Il était assez pâle, mais Hermione trouvait cela incroyable. « Je veux être une tâche de rousseur », pensa-t-elle fascinée.
-Tu te rinces l'œil, Hermione ?
Cette dernière sursauta et crut mourir de honte quand elle vit le sourire goguenard de son amie.
-Non, c'est pas du tout ce que tu crois.
-Qu'est-ce que c'est alors ?
Et là, cette jeune femme qui avait toujours eu réponse à tout ne trouva rien à dire. Elle baissait les bras. Voilà, elle en avait assez. Ginny la bombardait de sous-entendus depuis deux jours, et Hermione n'en pouvait plus de nier, de sauver les apparences.
-Ca va, tu as gagné Ginny ! Oui, je regarde ton frère parce que je le trouve trop sexy torse nu, tu es contente ?
La rouquine resta stupéfaite, elle n'était pas habituée à ça de la part de son amie.
-Tu es amoureuse pas vrai ?
-Oui. Depuis longtemps. Et tu n'as pas intérêt à le répéter sinon je te jette un sort que tu ne peux même pas imaginer !
-Tu devrais le lui dire Hermione. Il…
-Non ! Je ne lui dirai rien, fin de la discussion.
Lorsque le travail fut terminé, le trio se réunit dans la chambre de Ron, profitant du fait que Ginny faisait des courses avec sa mère. Le but de cette réunion impromptue était de discuter des horcruxes. Harry voulait donner le change, il ne fallait pas que ses amis se doutent de quelque chose.
-Alors Harry, que ferons nous ?
-Les pistes sont minces pour le moment. Je pense que nous irons dans l'allée des embrumes, mentit Harry.
-C'est tout ? Je pensais que tu avais un plan plus précis ? Hermione arborait son air le plus soupçonneux. Cette fille était décidément bien trop intelligente !
-Peut être bien, mais je vous avertirai en temps voulu, je ne veux pas m'avancer sans preuves.
Ron lui décocha un regard bizarre. Harry ne pouvait mettre des mots là-dessus mais il avait une drôle d'impression.
-Je ne veux pas qu'on parle de ça pour le moment ! Tenta-t-il de se justifier. On pense à la fête. Les problèmes viendront bien assez tôt. Il se rembrunit et ses amis préférèrent changer de sujet.
-Tu n'as pas hâte de voir la robe de Ginny, Harry ? Le taquina son amie.
-Oh si ! Il disait cela en rougissant un peu, mais il s'agissait de ses amis, ils connaissaient bien ses sentiments envers Ginny !
Ils continuèrent à bavarder jusqu'à ce que Ginny revienne de ses courses. Brusquement, Ron et Hermione se souvinrent de choses urgentes à faire, et le « survivant » se demanda s'il survivrait à un tête-à-tête avec Ginny. Mais elle le rassura vite :
-Ne t'inquiète pas, Harry. Je ne suis pas venue te harceler.
-Ginny…
-Je suis venue parce que mon frère et ma meilleure amie ont besoin de moi. Fred et Georges t'ont parlé de leur projet ?
-Oui.
-Nous nous chargerons de mettre le produit dans leur verre. Les jumeaux se chargent d'une diversion. Moi je m'occupe d'Hermione et toi de Ron.
-Bien.
-Harry ?
-Oui ?
-Je sais que ça fait affreusement cliché, mais…Je t'aime.
Harry ne put rien y redire. Il ferma les yeux. Il avait tellement envie de se laisser aller. Juste une minute. Une toute petite minute où il ne serait pas un héros. Pas un survivant. S'il n'était pas le survivant, il pourrait embrasser Ginny. La jeune fille ne se torturait pas autant que lui. Elle approchait déjà ses lèvres. Est-ce que vous avez remarqué qu'on ne sait jamais vraiment quand commence un baiser ? Celui-ci ne paraissait même pas réel. Un fantôme de baiser. Il avait un goût d'angoisse, de précipitation. C'était un baiser d'urgence, trop plein de frustration pour être vraiment agréable. C'était le genre de baiser qu'on échange pour se souvenir de l'autre. Et c'est précisément de ceux-là qu'on ne se souvient pas.
Ron et Hermione se promenaient dehors. Il faisait chaud et nuageux. Le temps était lourd.
-Tu crois qu'il fera beau ?
La question d'Hermione n'était pas aussi innocente qu'il y paraissait.
-Je ne sais pas Hermione.
-Je ne parlais pas que de demain.
-Je sais. Tu es le genre de filles qui ne peut pas dire : « Ron, tu crois qu'Harry va mourir ? Tu crois que l'un de nous va mourir ? ». Les autres filles disent ça.
Hermione cherchait le regard de Ron. Où voulait-t-il en venir ? Il la trouvait donc si bizarre que ça ?
-Toi, tu es trop intelligente pour ça. Poursuivit-t-il. Je ne sais pas si on va mourir. Je peux te dire que je ne veux pas mourir, ça tu t'en doutes. Je crève de peur Hermione. Mais tu sais ce qui me rassure ?
-Non.
Il ne lui répondit pas mais prit simplement sa main, sans la regarder. Il la serra un peu plus fort puis murmura un « bonne nuit » et rentra au Terrier.
