Auteur : Killua11 qui est censée déprimer, mais allez savoir pourquoi, elle le fait pas…pour une fois !!! lol

Email : killua11free.fr ou Killua11hotmail.fr

Origine : Gundam Wing et « le Feu sur la Glace », film très joli.

Genre : yaoï (quoi d'autre bien sûr ?), UA, songfic à certains endroits, lime, lemon

Couples : ben…on en est toujours au même point du côté de Heero et Duo, pour Trowa et Quatre aussi et…apparition d'un Chiaro + Chris (+ parce que c'est pas gagné du côté de Chris)

Disclamer : Ben pour une fois que je peux dire que trois des personnages m'appartiennent, je vais pas m'en priver !!! Pas touche à Chiaro, Chris ou Séréna ou je mords ! niark ! Sinon, comme d'hab, pas à moi

P'ti résumé : Odin Lowe, entraîneur russe de patinage artistique, est désespéré. Deux ans, huit partenaires, tous renvoyés par le patineur hors pair, Heero Yuy. Odin ne sait plus quoi faire pour trouver à Heero un ou une partenaire qui lui convienne. Jusqu'à ce qu'il trouve un patineur quelconque, joueur de hockey, qui n'a jamais fait de patinage artistique et décide de le mettre sur les patins et qui sait, peut-être lui faire apprendre à connaître Heero et qu'ensemble ils atteignent un rêve étoilé nommé « Championnat National » et qui sait, peut-être plus…

P'tite note : Et non, vous ne rêvez pas !! Des persos à moi et rien qu'à moi dans cette fic !! J'espère que vous serez nombreux à les aimer ! Ils ont déjà conquis plusieurs personnes…pas vrai ma tite Kyu ! ;p

Etant donné que je pars en vacances demain, j'ai décidé de mettre la suite ! Par contre, je ne posterai pas le chap 11 avant septembre ! Désolée !

Merci : A ma super Tsuki-no-Shinigami, je te remercierai jamais assez !!! Je t'adore Bisou !! Et puis à tous ceux qui liront (ou lisent) cette fic ! S'il vous plait, si vous avez quelque chose à dire (ou même rien du tout), laissez-moi une review, ça booste à fond !!

Merci aussi à ceux qui m'ont reviewée : BernieCalling, Iroko (toujours là ! merci beaucoup !), Marnie (merci encore ! je sais pas si je pourrai t'appeler ce soir…on verra !), zashikiwarashi (kikou ma tite vache) , Nass, la-shinegami et Dark Mimi

Merci !

Bonne lecture !

¤¤¤

Le Feu sur la Glace

Chapitre10 : Painful memories…(2ème partie)

Le soleil vient taper contre mes yeux et je suis obligé d'en ouvrir un. C'est vrai que nos volets sont cassés…c'est pas pratique.

Quoi qu'il en soit, maintenant, je suis réveillé. J'ai mal dans tout mon corps. Je n'arrive pas à bouger sans que la douleur me fasse grimacer. Pourtant, j'arrive à me lever et je vais tout de suite dans la salle de bain toilettes qui se trouve à côté de la chambre.

Une fois là-bas, je me mets sur la pointe des pieds pour essayer de voir à quoi je ressemble. Houlà, c'est pas beau à voir…j'ai le visage bleu ou rouge par endroits, et un superbe cocard violet prône sur mon œil. Je pose mes doigts dessus et je lâche un petit cri de douleur. Ça fait mal !!

Je m'assieds par terre en soupirant. Je suis pas présentable…

Bah, de toute façon, je ne pourrai plus aller à la patinoire alors…

Il faudra que j'appelle Séréna pour le lui dire d'ailleurs…Quand est-ce que je vais les revoir ?

Une grande tristesse m'envahit et me met les larmes aux yeux. J'ai rencontré Séréna quand j'avais 4 ans. J'étais tout seul dans un parc et je m'ennuyais. J'étais assis sur un banc, regardant le ciel à défaut de faire autre chose, et elle, elle est venue devant moi et elle ma dit :

-Eh, toi ! Si tu t'ennuies, joue avec moi ! On s'amusera plus à deux que tous seuls !

Elle avait 8 ans, mais ça ne l'a pas empêchée de jouer avec moi toute la journée. Moi, j'étais ravi. Maman n'était pas là, elle était avec son patron. C'était quand papa était encore là, mais quand papa est parti, maman s'est mise à boire et à devenir violente parfois.

C'est dans ces moments-là que Séréna était toujours avec moi. Elle m'a beaucoup aidée et je l'adore. On s'est vite rendus compte qu'on aimait faire du patin, alors en général, on se retrouvait devant la patinoire et on restait à s'amuser comme des fous.

Une larme tombe par terre en faisant un petit clapotis.

Je n'ai pas envie de rester seul ! Maman ne reste jamais avec moi, je n'ai pas de petit frère comme Séréna, moi, je suis tout seul toute la journée.

Séréna et Chris, c'est comme ma famille plus que mes amis…ils me manquent !! Je veux les voir !

J'éclate en sanglots et ramène mes jambes contre moi pour enfouir ma tête dedans et me faire une protection.

Je ne sais pas combien de temps je suis resté comme ça, mais je finis par me relever. Il faut que je prévienne Séréna et Chris que je ne peux pas venir aujourd'hui…

Je vais dans la cuisine où traîne un téléphone. Je le prends et compose le numéro. Je le porte à mon oreille et j'attends.

Une tonalité…

Deux tonalités…

Trois tonalités…

/-Allô /

-Bonjour, vous êtes la maman de Séréna ?

/-Oui, c'est moi. Tu es Chiaro, c'est ça ? Tu veux que je te la passe ?/

-Oui s'il vous plait !

J'entends que sa mère l'appelle, et que Séréna répond.

/-Une petite minute, elle arrive./

-Merci madame.

/-Allô ? C'est qui ?/

-C'est Chiaro.

/-Chiaro !! Tu veux qu'on aille à la patinoire plus tôt ?/

-Euh…non, je…je ne pourrai pas venir…

/-Ah bon ? Pourquoi ça ?/

-En fait…je ne pourrai plus venir.

Les larmes remontent et se coincent dans ma gorge.

/-Hein ? Pourquoi ? Tu vas déménager ?? T'as une drôle de voix…/

-Non, c'est p…pas ça…

/-Ben alors c'est quoi ?/

-Je…hier soir j'ai dit à maman qu'on voulait devenir champions.

/-C'est vrai ? Et alors, elle a dit quoi ?!/

-Ben…elle…

Les larmes se libèrent toutes seules.

/-Chiaro ? Chiaro ! Qu'est-ce qui va pas ? Chiaro réponds-moi !!/

-Je…je vais arrêter pour toujours de patiner…pardon Séréna !! Pardon !

/-Mais pourquoi ? C'est ce que ta mère t'a dit ?/

-Ou…i…je…maman m'a frappé hier parce que je lui ai dit qu'on serait des patineurs pro…

/-Quoi ?!? Mais c'est pas juste !!! Chiaro, tu es chez toi ? Je vais lui parler, moi, à ta mère !/

-NON ! Enfin…non…

/-Mais dis-moi pourquoi !!!!/

-Je veux pas qu'il t'arrive quelque chose ! Et puis maman a raison…

/-Mais…ça veut dire que tu vas plus jamais nous voir… ?/

Elle aussi se met à pleurer.

/-Je…snif…je veux pas !!/

-Si, on se verra…pleure pas !

/-Mais c'est toi qui pleures, imbécile !/

-Je suis désolé…pardon Séréna, pardon !!

/-Attends !! Chiaro ! Chiaro !!/

Je repose le combiné et je pleure de plus belle.

Moi qui me vantais de jamais pleurer…

Je vais m'asseoir à la table de la cuisine et je mets ma tête dans mes bras pour ne plus penser à rien. Quelques minutes passent, puis un « toc toc » sonore retentit, me faisant sursauter.

J'entrouvre la porte en jetant un œil dehors.

-Séréna ??? Chris ??? Mais qu'est-ce que… ?

Séréna a l'air en colère…houlala…c'est pas bon…

-FAIS-NOUS ENTRER IMBECILE !!!

Je ne me pose même pas la question, j'ouvre, tellement elle m'a fait peur.

Elle s'avance à grand pas et va pour me donner une gifle quand soudain son geste s'arrête.

J'ouvre un œil que je n'avais pas conscience d'avoir fermé et vois l'air horrifié de Séréna.

-Dis, c'est…c'est…ta mère qui t'a fait ça ?

Je ne réponds pas. A ce moment, Chris s'avance timidement et dit :

-Chiaro…moi je veux pas qu'on se voie plus…Dis, on va se revoir, hein ?

Je ne peux qu'ouvrir la bouche et la refermer. Je détourne la tête.

Ils s'approchent tous les deux de moi. Je m'attends au pire, mais non. Ils me prennent tous les deux dans leur bras.

Je ne sais pas quoi faire ou que dire, alors je ne fais rien et je me tais, m'enfouissant dans cette chaleur. Je suis si bien comme ça…

-Je voudrais rester pour toujours avec vous et ne jamais grandir…

Ils resserrent leur étreinte et moi je fais pareil.

On reste comme ça longtemps, longtemps, longtemps. Ça me fait du bien…j'ai l'impression d'avoir une vraie famille…

Finalement, on se lâche et ils me sourient tous les deux.

-Tu t'es soigné ? Demande Séréna en tendant la main vers mes blessures.

Je nie de la tête et ils m'emmènent tous les deux dans la salle de bains pour me soigner.

Après un bon quart d'heure, je leur rappelle qu'il vaudrait mieux pour eux qu'ils rentrent chez eux, même si j'aurais voulu qu'ils restent. Ils vont finir par se faire disputer à cause de moi.

Ils rechignent un peu, mais je les rassure que dans quelques jours je pourrai sortir à nouveau et qu'on se reverra là.

¤¤¤

Je regarde l'horloge. Déjà 22h ? Cela fait tant de temps que maman est partie sans revenir ? Quasiment un jour…Et elle n'est toujours pas rentrée à la maison…

Séréna et Chris ont essayé de me persuader d'aller chez eux avec eux mais j'ai dit que je ne pouvais pas. Ils ont pas mal insisté, mais finalement ils ont laissé tomber.

Je rapproche mes genoux de mon torse et pose me tête dessus.

Je commence à avoir un peu peur…Non ! Les garçons n'ont jamais peur ! Maman ne va pas tarder, c'est sûr !

Je m'affaisse sur le vieux canapé miteux qu'on a récupéré et je fixe l'heure.

Soudain, j'entends un bruit dans l'escalier. Je me rue sur la porte pour l'ouvrir et tombe nez à nez à notre vieux voisin. Il tient les poubelles dans ses mains.

-Petit Chiaro ? Que me vaut l'honneur de ta brusque apparition ?

-Euh…rien. Vous n'auriez pas vu maman ?

-Ta maman ? Non, pas que je sache…

-Ah…merci !

Je rentre dans mon appartement, déçu. C'est pas grave, elle sera là la prochaine fois, c'est sûr !

Je me réinstalle et attends.

Un quart d'heure…une demie heure…je ne sais plus.

Ce que je sais, c'est que j'ai fini par m'endormir et que je viens de me réveiller en sursaut. Je regarde autour de moi. Maman n'est toujours pas là.

Sans que je m'y attende, un léger « Toc ! Toc ! » résonne sur la porte et me fait sursauter. Je me lève avec espoir et ouvre la porte. Malheureusement, ce n'est pas maman…

Il y a deux hommes qui me regardent, l'air surpris, et d'autres personnes derrière eux, mais eux, je ne les vois pas.

-Euh…bonsoir, je suis bien chez les Fatelli… ?

-Oui, pourquoi ?

-On pourrait entrer s'il te plait ?

-Euh…ben oui.

Je les laisse entrer et je vais m'asseoir sur le canapé alors qu'ils prennent place sur les chaises autour de la table.

-Euh…petit, ton père est là ?

-Non, mon père n'est pas là.

-Ah, je vois. Il sera là quand ?

-Non, vous m'avez pas compris : mon père n'est plus là.

A ce moment-là, les deux hommes prennent un air peiné et se regardent furtivement. Ils ont l'air mal à l'aise.

-Oh, je vois…dis, tu n'as pas de…de grand-mère, de grand-père…un adulte, quoi !?

-Ben oui, il y a maman. Mais elle est pas là en ce moment.

Ils se scrutent de plus en plus. Le deuxième homme prend pour la première fois la parole.

-Ça ne va pas être possible.

-De quoi ?

-Ecoute…c'est dur d'entendre ça, surtout à ton âge, mais…ta mère a eu un accident de voiture ce matin aux environs de 2h. Je suis désolé, mais elle est morte sur le coup…

Je les regarde tour à tour sans vraiment comprendre. Ils doivent s'en rendre compte, mais ils détournent le regard.

-Petit…si…si tu as des gens qui peuvent te recueillir…

-Vous êtes des inspecteurs, n'est-ce pas ?

-Oui…

-Dites, messieurs les inspecteurs…vous pensez qu'elle a mal ? Vous pensez que maman a mal ?

-Je…je ne saurais pas te le dire…

-Petit, dis-moi, quel est ton nom ? Demande le deuxième inspecteur avec un regard doux

-Je m'appelle Chiaro.

-Chiaro…c'est un très joli nom…tu peux être fier de le porter.

-A…alors maman ne…reviendra plus… ?

-Non…

-Plus jamais ?

Ma voix tremble un peu et devient enrouée.

-Pleure, ça te soulagera, Chiaro…

Je baisse la tête et deux petites perles s'échappent. Bientôt, un torrent de larmes sort de mes yeux, me déchirant la gorge qui ne sait plus émettre de son.

Un des inspecteurs s'approche et me prend dans ses bras. Il me berce avec chaleur et je m'agrippe à son costume.

-Ne t'en fais pas…tu ne seras pas seul…dis-moi, as-tu quelqu'un en tête qui puisse te prendre en charge ?

-Je…je ne sais pas…

-Bon. De toute façon, on doit t'emmener avec nous au commissariat, et là, l'assistante sociale s'occupera de toi. Ça te va mon petit ?

-Oui. Euh, dites…

-Hum ?

-Elle fait pas trop peur la dame ?

A ce moment, les deux hommes se regardent et éclatent de rire.

-Ne t'en fais pas, elle n'a jamais mangé personne jusque là ! Allez, petit, viens avec nous.

Je me mets debout et suis les deux hommes. On sort et on voit le vieux voisin. Il demande ce qu'il se passe, c'est gentil de sa part, puis les deux policiers descendent avec moi et m'ouvrent la porte de la voiture pour que je m'y glisse.

En 5 minutes à peine, on s'arrête devant le commissariat.

Je ne savais pas que c'était si impressionnant, un commissariat ! Je me sens tout petit !

Les policiers me guident à travers les couloirs et me laissent sur une chaise, tout seul, en me disant que l'assistante va arriver.

Intimidé, je m'assois sur le bord de la chaise et regarde autour de moi en attendant.

-Petit, tu es bien Chiaro Fatelli ? Me demande une dame aux cheveux roux rattachés en chignon-banane.

-Oui.

-Ok…moi c'est Diana Forks, ravie de faire ta connaissance ! Je suis l'assistante sociale. Tu viens avec moi ?

Elle me fait un grand sourire et me tend la main. Je la suis comme elle me l'a demandé et on arrive devant un bureau. Elle ouvre la porte et s'installe, m'invitant à faire de même.

Pendant tout le temps qu'on est resté dans le bureau, elle m'a posé des questions, des fois, je me demandais même pourquoi elle me les posait.

Mais bon, au final, elle a appelée la maman de Séréna et Chris. Elle était toute paniquée et a immédiatement accepté de me prendre à sa charge. Moi ça me va.

Madame Winkler m'a gentiment pris la main en me souriant et on est partis.

¤¤¤

--Fin Flash-back--

-Voilà comment on s'est rencontrés. Cependant, ça n'explique pas ce qui se passe en ce moment et même depuis un certain bout de temps entre Chris et moi.

-Il y a dû avoir un gros accrochage, je me trompe ? Parce que jusque là, tout me semble parfaitement aller entre vous deux.

-Hm…hm…Comme je te l'ai dit, la « vraie histoire » date d'il y a sept ans. Je crois que même si je le voulais, je ne pourrais jamais oublier ce moment-là…

¤¤¤

--Flash-back--

-Je suis rentré !

-Tiens, Chris, ça tombe bien il y a quelqu'un au téléphone pour toi.

-Ah oui, qui ça ?

-Raphaël, c'est ce qu'il a dit.

-Merci Chiaro.

Je le regarde courir vers le téléphone alors que je m'assois sur le canapé, un bâtonnet de glace à la main.

-Allô Raphaël ? Tu vas bien ?…Oui, moi aussi…On se voit à quelle heure demain ? …Ok j'ai hâte d'y être, à plus je t'embrasse…Oui, moi aussi.

Je l'entend reposer le combiné et le vois me rejoindre dans le salon.

-Hey, t'es tout rouge, dis-je nonchalamment

-C'est parce qu'il fait chaud dans la pièce, argue-t-il.

Je ne dis rien. Non mais sérieusement, à qui veut-il faire croire cela ?

Bah, ça le regarde après tout…

Un silence pesant tombe sur la pièce et au bout d'un moment, Chris se lève et monte dans sa chambre en me lançant un petit :

-Je vais faire mes devoirs !

Je l'avais remarqué depuis un bout de temps, mais en ce moment, Chris est de plus en plus ouvert et semble heureux. Il ne faut pas croire que je suis aveugle et non plus que je suis sourd, je sais que ce Raphaël qui a appelé y est pour quelque chose.

Je les vois souvent tous les deux au lycée. Quand ils sont tous les deux, il rayonne de bonheur et rien ne semble les atteindre. Depuis un bon mois, Raphaël appelle chez nous et demande à lui parler, depuis ce temps, Chris sort plus souvent et je sais que c'est avec lui qu'il a des rendez-vous.

Je sais que j'aime bien faire l'imbécile, mais je n'en suis pas un.

C'est vrai qu'il a un côté rassurant, avec ses grandes épaules musclées et son visage en général plutôt fermé mais tendre envers ceux qu'il apprécie, ça, je ne peux pas le nier. Surtout face à moi, du haut de mes 15 ans, de mon minable 1m 75 et de mes 52 kilos tous mouillés. C'est un type bien, je le sais mais…ça m'empêche pas d'être jaloux ! Voilà, je l'ai dit !

C'est vrai quoi ! Je connais Chris depuis bien plus longtemps que lui, j'habite avec lui, je le connais par cœur et…aah…bon sang, je l'aime !

Je m'en suis rendu compte il y a peu de temps. A vrai dire, quand je l'ai vu s'éloigner de moi, j'ai compris petit à petit et…ça me déchire le cœur de le voir heureux sans moi.

Mais je sais aussi qu'il est satisfait de sa vie en ce moment, et ça, ça, c'est la vraie torture. Parce que moi, je ne fais pas partie de son bonheur.

Je sais bien que c'est égoïste, je devrais me sentir heureux pour lui, mais je ne suis qu'un adolescent avec des réactions encore puériles, un cœur et des réactions humaines, je n'y peux rien si je pense ça. Mais bon, dernièrement, j'ai commencé à accepter un peu l'idée que s'il est heureux, même ailleurs, ça me va…

Enfin, ça m'amènera à rien de ressasser tout ça. Je me lève et décide d'aller regarder un bon film dans ma chambre. Ça me fera pas de mal de me changer les idées.

¤¤¤

Ah ! Enfin le week-end ! Je vais pouvoir faire la grasse !!

-Chiarooo ! Tu veux bien aller faire les courses s'il te plait ? Chris vient de partir, Séréna est chez son amie et je dois aller à mon rendez-vous !

Ah. On dirait que ce sera pas pour aujourd'hui…zut !!

-J'y vais. Il faut quoi ? Dis-je en sortant péniblement de ma couette.

-Je t'ai fait la liste, elle est sur la table de la cuisine. A ce soir !

J'entends la porte d'entrée se refermer alors que je descends les escaliers en baillant. Je commence par aller m'habiller puis je vais jeter un coup d'œil sur la liste des courses. Ça va, il y en a pas trop. Bon, bah il ne me reste plus qu'à y aller.

Je mets mes chaussures et sors après avoir fermé la porte. En chemin, j'aperçois Chris. J'ai failli l'interpeller, mais quand j'ai vu qu'il était avec Raphaël, j'ai abandonné l'idée, autant les laisser seuls tous les deux.

Me voici donc dans les rayons de la supérette, à broyer du noir. Je passe vite à la caisse, j'ai pas envie d'y rester trois plombes, les courses et moi c'est pas l'amour fou. C'est donc rapidement que je me retrouve à la maison et, alors que j'entre, le téléphone sonne.

-Deux secondes ! Laissez les gens arriver chez eux, bon sang !…Allô ?

/-Est-ce que Chris Winkler est-là ?/

-Non, il est sorti. Puis-je savoir votre nom ?

/-…non, ce n'est pas la peine, maintenant je sais ce que je voulais savoir…/

-Allô ? Allô ??

/-¤tuut…tuut…tuu…¤/

-Non mais c'est quoi ces blagues…

Je raccroche le combiné. Il y a vraiment des gens bizarres…

Je soupire et vais ranger les courses puis une fois cela fini, je vais me rendormir encore un peu. J'y tiens à ma grasse mat' !!

¤¤¤

-Chiaro ! Chiaro, réveille-toi !! Il faut qu'on aille tout de suite à l'hôpital !!!

-Hein ? L'hôpital ? Pourquoi l'hôpital ?

-Chris ! Oh mon dieu ! Chris y a été transféré !

-Chris ?? Comment ça !?!

-L'hôpital a appelé sur mon portable tout à l'heure ! Il a été retrouvé en très mauvais état ! Mais je t'en supplie, dépêche-toi de venir !!!

Ma mère adoptive, sur le point de fondre en larmes, me tire hors du lit et m'amène jusqu'à la voiture. Elle démarre le plus vite qu'elle peut et conduit nerveusement jusqu'à l'hôpital.

-Que s'est-il passé ? Dis-je en sortant de la voiture.

-Il semblerait qu'une bande de six jeunes l'ait attendu et l'ait frappé…oh mon dieu, j'espère qu'il va bien…apparemment, c'était un coup monté…il se sont enfuis et l'ont laissé là. Il n'a été retrouvé il y a une heure seulement !

-Oh non…c'est pas vrai ?

Elle s'adresse, toute paniquée à une infirmière au guichet qui lui répond d'une voix aimable le numéro de chambre de Chris.

Je n'arrive pas à y croire…Tout semblait sourire à Chris en ce moment, je ne vois pas comment cela aurait-il pu arriver…

On arrive enfin devant la porte de la chambre de Chris et, après avoir frappé, on entre.

Que… ? C'est…c'est vraiment Chris ?

Oh mon dieu ! Mais qui a pu lui faire…ça ! Il est couvert de bleus sur tout le visage et on y voit plusieurs éraflures, et ce malgré les multiples pansements qui recouvrent son visage et notamment l'un de ses yeux. Je…oh bon sang ! Je ne sais pas qui sont les connards qui l'ont amoché comme ça, mais…ils vont le payer !!

Mon regard se porte alors enfin sur Séréna, puis sur Raphaël que je n'avais jusqu'alors pas vu. Et là…je vois rouge.

-Alors c'est comme ça ! C'est comme ça que tu comptes le protéger ? Hein ! Réponds bon sang !!!

Je l'ai agrippé par le col, bien que je sois un peu plus petit que lui. Bon sang…il m'a mis dans une colère folle !! Ah ! Et moi qui m'étais dit qu'après tout, Chris était bien comme ça et que c'était le plus important…mais je suis un abruti !! Un abruti ! Ce gars…ce gars je vais le…

-Chiaro ! Calme-toi !! Me dit Séréna en essayant de m'empêcher de le frapper.

-Et pourquoi ça ? Ce type…ce type était avec lui ! Et il n'a rien fait !!!

-Non ! Il n'était pas avec lui, ils venaient de se quitter !! Ce n'est pas plus de sa faute que de la tienne !

-Mais…bon sang, je…Pourquoi ??? Pourquoi est-ce qu'il se retrouve dans cet état ?

Séréna a réussi à me séparer de lui et maintenant que je n'ai plus rien sur quoi me défouler, je sens que je vais exploser en larmes. Déjà, mon souffle revient incontrôlable et je sens les larmes poindre. Je les essuie avec rage avant qu'elles ne soient exposées aux yeux de tous.

-ça ne servira à rien de reprocher quoi que ce soit à qui que ce soit. Ça ne changera pas le fait qu'il est dans cet état…murmure gravement Séréna en regardant son petit frère.

-Il…Chiaro a raison de m'en vouloir. C'est de ma faute. Je…je n'avais rien remarqué ! Je…désolé…

Raphaël détourne le regard.

-Non ! Chiaro a eu tort de s'emporter et c'est tout !

-Si ! C'est bien de ma faute. Je ne le savais pas, mais Chris a reçu ce message…il ne me l'avait pas dit…

Il nous tend le portable de Chris et nous regardons. Il y a écrit :

Espèce de salaud !! Je te le ferai payer !! A cause de toi Raphaël a dit qu'il ne voulait plus jamais me voir ! Je te jure que tu vas le regretter !!!

-C'est de mon ex, Mary. Je ne savais pas. Je ne savais rien de tout ça et…ça a donné ça.

-Alors tu penses qu'elle a été jusqu'à engager une bande pour s'occuper de Chris ?

-Je ne pensais pas qu'elle réagirait comme ça. Je suis désolé. Je…je pense qu'après ça je n'ai plus le droit de rester près de Chris alors je lui dirai que…c'est fini.

Et, alors qu'il dit ces mots, je le regarde quitter la chambre, le pas lourd.

Tout sera beaucoup mieux comme ça. Je suis sûr que Chris l'oubliera vite et que sa vie ira de nouveau comme il le veut. Et tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes, pas vrai ?

¤¤¤

Le lendemain

Aujourd'hui, je retourne à l'hôpital, un peu plus joyeux qu'hier parce que j'ai appris de la bouche même de Séréna que Chris s'est réveillé. Je m'approche de la porte alors qu'elle s'ouvre et manque ainsi de me flanquer contre le mur. C'est Raphaël qui en sort.

Il s'excuse brièvement d'avoir ouvert la porte si brusquement et part aussi vite. Il vient certainement de rompre.

Je sais bien que ça ne se fait pas, mais je me sens heureux de cette rupture. Je ne peux m'empêcher de sourire un peu. C'est lâche, je sais bien mais j'y peux rien.

J'ouvre la porte pour ensuite la refermer derrière mon passage. Et là…

Enfermé dans mon sentiment si égoïste, je me rend compte du mal que j'ai pu faire en pensant ce que j'ai pensé. Je suis horrible. Car Chris est là, devant moi, comme figé. Comme brisé de l'intérieur.

-...il…il m'a dit que c'était…fini…

Et lentement, une larme solitaire qui ne le sera bientôt plus s'échappe des yeux de Chris

Là, mon cœur manque un battement.

Mon léger sourire se fige, se bloque et se décompose.

Les commissures de mes lèvres tombent doucement, lentement comme un minutieux ralenti pour se changer en douleur.

Mon dieu…qu'est-ce que j'ai fait ?

J'ai détruit le bonheur de deux personnes, de bon cœur, de plein droit…je suis ignoble. Ignoble d'avoir fait ça. Ignoble d'avoir pensé que c'était bien.

J'aurais dû au contraire les encourager, j'aurais dû…

Mais c'est trop tard. Et là, maintenant, tout ce que je peux faire, c'est prendre dans mes bras un pauvre Chris tout tremblant qui s'accroche à moi comme à sa dernière bouée de secours. A moi, l'assassin de son cœur.

Il passe une main impuissante dans ses cheveux et la resserre à s'en faire mal. Se faire mal ailleurs pour oublier…

Il ferme les yeux et se réfugie dans mon T-shirt. Il ferme les yeux et pleure, pleure de toutes les larmes qui habitent son corps, il pleure sa déchirure. Et dans ses sanglots, des bribes de phrases sortent.

-…il m'a dit que…qu'il me quittait pour mon bien…que…sans lui, je me sentirais mieux mais…je ne me sens pas mieux ! Je voudrais mourir ! Ma douleur me fait suffoquer, est-ce ça « être mieux » ?

-…

-Et…et quand je lui ai demandé s'il m'aimait encore, il m'a…il m'a dit que oui mais qu'il ne reviendrait pas sur sa décision…alors pourquoi me quitter ? Il a dit qu'il allait déménager et s'effacer de ma vie…

-…Chris…

-Moi, ça me convenait. J'étais conscient que ce qui m'arrivait était de ma faute, parce que je sortais avec lui et c'est pour ça que je n'ai rien dit ! Moi…moi je voulais continuer avec lui, c'est pour ça que je ne disais rien alors à quoi bon ?

-…

-Et là-dedans…qu'est-ce que j'y ai gagné, moi ? Rien ! J'ai subi tout ce que son ex m'a fait pour pouvoir encore rester avec lui, j'ai souffert pour continuer avec lui…et je l'ai perdu…c'est…ironique ! Si pour lui, « vouloir mon bien » c'est « me laisser seul », alors dans ce cas, je fermerai mon cœur ! Plus personne ne me blessera…ce sera…parfait…

Et il se laisse aller contre mon torse, en ne versant plus que des larmes silencieuses qui roulent doucement en épousant la forme de ses joues et tombent sur mon T-shirt.

Et moi…que suis-je censé faire, moi, qui suis la cause de son état ? Devrais-je seulement être là, à le consoler ? Et ce sentiment de culpabilité qui me tiraille…je n'en peux plus, je lui relève la tête et le regarde droit dans les yeux.

-Chris…je sais que je suis un parfait égoïste de dire ça, mais…je t'aime.

Un silence. Un silence lourd qui se pose.

Et Chris qui réalise, Chris qui sort de mes bras et qui me regarde, les yeux rouges. A coup sûr, il croyait à une blague jusqu'à ce qu'il voie dans mes yeux à quel point je suis sérieux.

Et moi, je vois qu'au-delà de l'étonnement, il est effrayé. Il a peur de souffrir encore, il me l'a dit lui-même. Je ne lui en veux pas, comment lui en vouloir ?

Je glisse ma main dans ses cheveux et Chris ferme les yeux en détournant la tête.

-Chiaro. Je suis désolé, mais plus jamais je n'essayerai de tomber amoureux encore une fois. Ça fait…trop mal…

¤¤¤

--Fin flash-back--

Un silence tomba, laissant Chiaro dans ses souvenirs et Duo perplexe. Le blond, au bout d'un moment, y mit fin.

-Voilà ! C'est ce qui s'est passé. Alors, heureux d'avoir réussi à me tirer les vers du nez ? Plaisanta t-il.

Et, à ce moment-là, Duo fit une chose à laquelle Chiaro ne s'attendait pas : il le prit dans ses bras et lui fit poser la tête sur son cœur, une main sur ses cheveux les caressant légèrement.

-Hé ! Mais…qu'est-ce que tu fais ?

-Chut.

-Je ne suis plus un gosse, j'ai surmonté ça, ça ne me fait…plus rien…et…

-Ne mens pas, t'es pas doué pour ça.

Les larmes qui déjà étaient montées en l'italien commencèrent à s'accumuler au bord des yeux de Chiaro et il se retint à grand peine de les contenir pour finir fatalement par les laisser glisser le long de ses joues.

-Ça va passer, Duo, va plutôt voir ton partenaire ! Il doit être en train de te chercher partout.

-Heero attendra bien deux secondes, là, un ami a besoin de moi.

Et, touché par ces paroles, Chiaro lui offrit un gentil sourire plein de gratitude.

¤¤¤

Alors que Quatre était retourné à sa chambre d'hôtel, Trowa, lui, avait une idée en tête et comptait bien la réaliser. Il toqua à la porte de la chambre d'hôtel, attendant une réponse.

-C'est qui ?

-Trowa.

-Tu veux quoi ?

-Te parler. Laisse-moi entrer.

Pendant un moment, Trowa, bloqué derrière la porte, attendit, et, alors qu'il s'apprêtait à laisser tomber et rebrousser chemin, la porte s'ouvrit, lui permettant d'accéder à la pièce.

Il referma derrière lui et s'appuya sur la porte, préférant rester debout.

-Alors, je t'écoute.

-C'est à propos de Duo.

-Hn.

-Que s'est-il passé pour que ça sa dégrade comme ça entre vous ?

-Rien.

-Heero !

-Rien qui vaille la peine que des personnes extérieures ne fourrent leur nez dans mes affaires.

-Heero, si ça continue, c'est votre patinage qui va en subir les conséquences.

-Ecoute, je suis pas d'humeur et j'ai certainement pas envie d'en parler avec toi ! Et pour ta gouverne, Duo et moi nous entretenons des bonnes relations qui n'influencent en rien notre façon de patiner, c'est clair ?

Trowa regarda Heero droit dans les yeux et après quelques minutes de bras de fer silencieux, il dit ces quelques mots avant de partir de la chambre :

-Il me semble urgent que tu ouvres les yeux, Heero, car tu vas perdre bien plus que tu ne le crois à être borné comme tu l'es…

¤¤¤

Tsuzuku…

Voilà ! J'ai comme l'impression que mes chapitres sont de plus en plus longs…bah, pas grave !

Dites-moi ce que vous en avez pensé, s'il vous plaît ! J'aimerais vraiment beaucoup savoir ce que vous pensez de Chiaro et de Chris !

Kiss à tous !!! A la prochaine et désolée de pas pouvoir poster avant Septembre