Voici la suite, j'espère que le chemin que j'emprunte pour Tony et Gibbs vous plaira. Dites-moi...

Chapitre 03. Pourtant

Tony grimpa les marches du perron de la maison qui lui servait de domicile. Il s'agissait d'une ancienne maison victorienne de la fin du XIXème siècle. Après de nombreux travaux, elle proposait trois appartements. Celui de DiNozzo était situé au premier et même s'il avait tout pour en faire un chez lui, Tony n'y était jamais parvenu. Il n'avait ressenti un tel sentiment qu'avec ...

« Il y avait quelqu'un !!! Il était là... »

L'esprit de DiNozzo fonctionnait à cent à l'heure. Il savait qu'en ce moment les locataires du rez-de-chaussée était en vacances et comme tous les soirs, celui du dernier à cette heure devait faire la bringue...

Il y avait quelqu'un, Tony en était certain. Il sortit son arme, ouvrit doucement la porte et s'engouffra dans le couloir de son appartement. A peine un pas dans le salon qu'une lampe s'éclaira. Tony pivota, son arme braquée dans la direction de la lumière ...

- Gibbs ?

Ce dernier était assis sur le rebord du canapé.

- Qu'est-ce qui te prend ? lui demanda Gibbs, surpris de voir Tony aussi nerveux.

Tony ne répondit rien, il se contenta de ranger son arme dans son étui. Réalisant enfin ce que la présence de Gibbs dans son appartement impliquait, il lui dit :

- Tu t'es souvenu de l'endroit où je mettais la clé ... pour toi. Il n'y a que toi qui sais ... tu te souviens de moi ? De nous, conclut Tony avec le sourire aux lèvres. Cela faisait si longtemps qu'un sourire spontané et vrai n'avait plus marqué son visage.

- Oui et en fait, je te dois la vérité.

- La vérité ?

Gibbs se leva de l'accoudoir du fauteuil et dit en regardant Tony dans les yeux :

- Je me suis souvenu de nous dès que j'ai ouvert les yeux.

- A l'hôpital !!!

- Oui, dit Gibbs, en faisant un pas vers Tony.

Ce dernier recula immédiatement. Gibbs avait répété pendant des heures ce qu'il allait lui dire mais là, il ne savait plus rien à part qu'il était en train de faire souffrir son Tony. Il fallait qu'il lui dise quelque chose pourtant !!

- Je ne savais plus... J'étais perdu... entre Shannon et Kelly...

Tony croyait avoir vécu le pire en pensant que Gibbs ne se souvenait pas de leur vie à deux mais là, c'était un cauchemar. Gibbs n'avait jamais oublié et pourtant, il n'avait plus voulu de lui... Presqu'un an ensemble !! La plus belle année de sa vie et en fait, ce n'était rien.. Tony était en train de tomber dans un précipice sans fond mais comme d'habitude, il garderait son masque, il serait DiNozzo jusqu'au bout. Comme à la mort de Kate, comme lorsqu'il était accusé de meurtre, comme lorsque Gibbs était à l'hôpital...

- Oui, d'ailleurs, je suis désolé pour toi. Et je comprends, annonça-t-il alors totalement détaché face à un Gibbs qui réalisait mal ce qui était en train d'arriver.

- Tu comprends ? Tony...

Gibbs voulut s'approcher et tendit sa main vers son « amant », s'il pouvait encore l'appeler ainsi, mais ce dernier recula encore et hocha la tête de façon négative.

- Arrête-toi, Boss. C'est bien que tu me l'ais dit. J'ai eu trois mois. Je suis passé à autre chose et c'est mieux. Je suis mieux que jamais. L'équipe est contente de ton retour, nous allons faire du bon travail.

- Tony ?

- Tu devrais rentrer chez toi. On se voit demain, Patron.

- Ecoute, nous devrions en parler.

- Il n'y a plus rien à dire. Nous sommes du passé. Va t'en, maintenant.

Gibbs ne comprenait rien à ce qui arrivait. Il pensait que Tony se mettrait en colère, l'insulterait même, mais là, rien. Aucune émotion. Et puis, Gibbs devait respecter ce que Tony voulait, pour le moment en tout cas. Et il dépassa son agent. DiNozzo, toujours aussi impénétrable, l'accompagna jusqu'à la porte.

Gibbs s'engagea dans les escaliers. Une fois dehors, l'attention de l'ex-Marine fut attirée par une voiture vert foncé, garée en face de chez Tony. Tout aurait été normal si Gibbs n'avait pas remarqué qu'il y avait un occupant à l'intérieur. A cette heure de la nuit, c'était plus qu'étrange et encore plus lorsque le conducteur mit le contact pour démarrer aussitôt. Gibbs jeta un dernier coup d'oeil à l'appartement d'Anthony et, résigné, rentra chez lui.

Tony, quant à lui, était toujours adossé à la porte qu'il avait refermée sur Gibbs. Dans la pénombre son visage restait invisible.

« Bravo, DiNozzo. Tu es toujours aussi bon sous couverture, tu aurais dû être acteur. »

Et Tony glissa le long de la porte. Assis à terre, la lumière éclairait enfin son visage et il était inondé de larmes. Tony en était-il seulement conscient ou peut-être n'avait-il tout simplement plus la force de les retenir.

Une larme pour chaque moment où il avait été si heureux...

« Le soir de cette mission de vérification de passeports sur ce maudit cargo, il a tout de suite vu combien j'étais inquiet. Et c'était exact, j'avais un mauvais pressentiment... Et je n'avais pas tort !! Alors que nous étions toujours au bureau en train de mettre tout au point, il m'a entrainé dans l'ascenseur, a arrêté la cabine et il m'a embrassé. Un baiser fort comme Gibbs et comme on s'y attend d'un homme tel que lui mais aussi tellement tendre, comme il l'était avec moi quand nous vivions nos moments. Et Jay m'a dit, en mettant ses mains autour de mon visage : « Je reviendrais toujours vers toi. » Pourtant ... »

Ma vie est comme les feuilles mortes

Tombées sans bruit à ma porte
Balayées par le vent
N'importe où, droit devant
J'étais pourtant près du soleil

Haut dans le ciel de ton lit
Mais la tempête à mon réveil
M'a fait le coeur en jour de pluie

Pourtant ma vie

M'a tout donné,
M'a donné tout ce que j'ai désiré
Pourtant ma vie
M'a tout donné,
Pourquoi ma vie m'a tout repris
(Pourtant – Roch Voisine)

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Et voilà, Tony a le coeur en morceaux... Voulez-vous la suite ?