Comme vous attendez la suite je ne dis rien, je vous laisse avec Gibbs et Tony...

Chapitre 05. Sauve-Moi

Sauve-moi, je crie, je me débats

Sauve-moi, je ne m'en sors pas

Sauve-moi ne me laisse pas tomber plus bas

Sauve-moi des autres, de moi-même

Sauve-moi qu'enfin je comprenne

Sauve-moi de tous ces chemins

Ce vide et ce chaos nous même

Tout s'enchaina très vite. Gibbs, tout en courant vers le bord du bassin, ouvrit son portable et appela McGee à qui il cria simplement : « 911 ». Gibbs avait confiance, Abby et McGee comprendraient. Ensuite sa veste jetée et les chaussures abandonnées, il plongea immédiatement. En quelques mouvements de crawl, il était auprès de Tony. Gibbs l'attrapa et le retourna tout de suite, il nagea alors le plus vite possible jusqu'au bord, souleva le corps de Tony hors de l'eau et sortit à son tour. Il revint immédiatement à Tony et le sortit complètement du bassin. En s'attardant sur la nuque de Tony, il sentit du sang maculer ses doigts tandis que l'autre main se plaçait déjà sur le cou d'Anthony :

- Pas de pouls !!!

Gibbs prépara Tony pour la respiration artificielle, alors qu'il allait placer les mains sur son torse, Jethro vit qu'elles tremblaient. La peur de ne pouvoir le ranimer avait déjà envahi tout son être. Il fallait qu'il tienne le coup pour Anthony et il commença les mouvements, en essayant au maximum de rester concentré.

Après s'être relevé du premier bouche à bouche :

- Respire, DiNozzo.

Mais rien n'arriva, alors il reprit le massage.. encore et encore... une nouvelle respiration, une nouvelle pression sur le corps de son Tony qui ne réagissait toujours pas.

- Respire, Tony...

Gibbs se sentait faiblir mais il n'arrêterait pas. Jamais.

- Respire, Mon Amour.

Et Tony eut enfin un soubresaut. Il se mit à tousser. Gibbs le bascula sur le côté pour que l'eau sorte du corps de Tony. Lorsqu'il fut à nouveau couché, Tony essaya de reprendre sa respiration. Il ne savait plus où il était, il ne savait plus rien jusqu'à ce qu'il entende Jay répéter :

- Respire, mon Amour.

Et avec le peu de force qui lui restait, Tony s'agrippa à Jay.

Gibbs savait que Tony était en état de choc, lui-même, parvenait tout doucement à reprendre ses esprits, il avait eu si peur. Gibbs resserra son étreinte pour soutenir Tony au maximum. Il le tenait dans ses bras et c'était tout ce dont il avait besoin. En fait, il ne se sentait bien que lorsqu'il tenait Anthony dans ses bras. Mais là, Tony avait besoin qu'on s'occupe de lui, alors afin qu'il soit mis dans un position plus confortable, Gibbs amorça un mouvement mais, comme si sa vie en dépendait, Anthony s'agrippa de plus bel à Jay et à moitié conscient il laissa parler son coeur :

- Ne me lâche pas. Ne me laisse pas. Pourquoi ?

Et ils étaient restés enlacés de la sorte jusqu'à ce que les ambulanciers arrivent. Gibbs n'avait ensuite rien pu faire d'autre que regarder et laisser faire l'équipe de secours. Lors du trajet en ambulance, une couverture autour de lui, Gibbs avait le regard fixé sur Tony. Il avait été placé sous oxygène et passait d'un état de conscience à l'autre.

Que pouvait-il faire ? Que pouvait-il dire ?

Il ne savait pas comment s'y prendre pour réparer tout le mal qu'il avait fait !!! Il avait déjà connu ça avec Shannon et Kelly mais ici, il était entièrement responsable de la situation. C'était son départ qui avait tout déclenché, rien n'y personne ne lui ferait croire le contraire. Cette culpabilité et cette peine en lui n'avait d'égal que la colère envers la personne qui avait tenté de tuer l'homme qu'il aimait. Il n'avait même pas pensé une seconde au suicide, Tony ne ferait jamais cela, il le savait. Il prenait seulement maintenant toute l'ampleur de ce qui s'était dit et fait depuis son retour. Il y avait eu la voiture devant chez Tony, le coup de téléphone qu'il avait reçu au bureau, sa réaction à l'appartement révolver à la main, les paroles de Jen sur le fait qu'il regardait sans arrêt derrière lui,... Depuis combien de temps cela durait-il ? Et pourquoi ?

« Je serai là désormais pour Anthony, je le protègerai ».

Une fois à l'hôpital de Bethesda, il ne lui restait plus qu'à attendre. Après une éternité, il vit enfin arriver un médecin. Il s'agissait d'une femme, les traits décidés, elle tentait de masquer un réel soucis pour ses patients et le reste du monde probablement.

- Je suis le docteur Emma Geller. Vous êtes l'agent Gibbs ?

- Qui d'autre ?

A la tête d'Emma, Gibbs réalisa que sa colère était mal placée, elle ne devait s'appliquer qu'à lui.

- Pardon. Comment va DiNozzo ? dit-il, en reprenant son rôle de Boss.

- Tony souffre d'une commotion cérébrale due à des chocs répétés.

- Il lui a frappé la tête sur le sol, une simple constatation et la haine pour le responsable monta encore d'un cran.

- Probablement.

- Le sang..., fit Gibbs en levant ses mains toujours rouges pour lui.

- Une plaie du cuir chevelu, ne vous en faites pas. Je vous rassure. Le scanner n'a rien montré. Pour ses poumons tout va bien également. J'ai comparé avec ces radios du mois passé...

- Il est venu il y a un mois ?

- Oui, ces visites pour l'Y.Pestis. Vous ne saviez pas ?

- 15 pourcent ...

- 15 pourcent, oui. Il s'en est remis mais les dommages sont là, ils doivent être surveillés... Agent Gibbs, rassurez-vous Tony va bien. Ce sont des visites de contrôle, croyez-moi.

- Depuis quand ?

- Presque trois mois, nous avions décidé d'attendre un an...

« Encore une choses qu'il a dû faire seul. Venir ici, s'occuper de l'équipe, des interrogations que j'ai laissé en partant. Ai-je jamais fait autant de mal à quelqu'un ? Alors qu'il est tout pour moi.. »

- Gibbs ?

- C'est vous qui vous occupez de ces visites de contrôle ? demanda l'ex-Marine.

- C'est exact, quand j'ai entendu l'appel des ambulanciers, j'ai tout lâché pour Tony. Vous devez comprendre pourquoi, dit-elle, un ton volontairement à double sens. Tony mérite le meilleur.

- Oui. Et vous l'êtes ?

- C'est Tony qui le dit. A moi et à tout le personnel qu'il croise quand il vient.

Cet échange était une véritable torture. Tony, venu là seul, avait fait face à cette épée de Damoclès au-dessus de la tête : découvrir que l'Y.Pestis avait fait des dégâts irréversibles et surtout que ça pouvait se dégrader à tous moments... Tony ne serait plus seul. Plus jamais.

- Quand pourra-t-il sortir ?

- Demain dans l'après-midi si tout se passe bien les douze prochaines heures. Il doit rester au moins une nuit en observation. Pour la suite, je ne peux pas le laisser sortir d'ici s'il doit être seul...

- Il ne le sera pas, je suis là.

- Je n'en doutais pas, lui répondit-elle, en lui faisant un clin d'oeil.

- Il vous a parlé de ...

- Non, mais je sais lire entre les lignes.

- Un don précieux.

- Merci pour le compliment.

- Non, merci à vous. Je peux aller le voir ?

- Bien sûr. Il est dans la chambre 221. Je vous revois bientôt. Prenez soin de lui, dit Emma en s'éloignant.

Après avoir parlé au téléphone avec Ducky qui accepta immédiatement de rassurer les autres, Gibbs se dirigea vers la chambre de Tony. Une fois entré, il resta pourtant adossé un moment à la porte. Une lumière diffuse éclairait le lit où Tony était censé dormir calmement. Car en fait, Tony bougeait dans son sommeil, son visage tellement soucieux, ses mains appelant à l'aide autant que ses murmures. Le coeur de Jethro se serrait à chaque soubresauts et il s'approcha de Tony. Près de lui, il s'assit sur le lit et prit sa main dans les siennes. Elle était écorchée, peut-être quand il s'était défendu ou quand ce type l'avait trainé et jeté dans l'eau...

Gibbs caressa un moment cette main avant de se diriger vers le visage d'Anthony. Il caressa tendrement son front marqué. Il voulait parvenir à l'apaiser. Il fallait qu'il se repose. Et petit à petit, Tony se calma. Jethro put le regarder s'enfoncer dans un sommeil réparateur et Gibbs comprit alors les paroles continuelles que Tony répétait :

- Ne m'oublie pas, Jay !

Et Gibbs eu la confirmation que c'était bien lui qui faisait du mal à Tony.

Gibbs resta tout le reste de la nuit auprès de DiNozzo. Lorsque le jour se leva, il savait devoir partir. Il devait aller au NCIS afin de parler aux autres et à Jen. Mais avant tout il fallait quelqu'un pour surveiller la chambre, ce fou quel qu'il soit, pouvait revenir. Gibbs s'apprêtait à contacter Shepard quand il vit un agent arriver. Jen avait anticipé comme elle savait le faire. L'agent lui annonça que la directrice l'avait mis au courant. Que personne n'entrerait à part le docteur Geller et l'infirmière Perry. Gibbs se contenta de fixer l'Agent Spécial Alexander pour s'assurer qu'il suivrait les ordres à la lettre et Gibbs quitta le bâtiment.

Il revint en milieu d'après-midi. Il était passé chez lui se changer, ensuite il avait embarqué des affaires pour Tony et les avait envoyé avec l'agent de remplacement à l'hôpital. Et enfin, il s'était rendu au NCIS. Il y avait rassuré tous le monde et annonça que dès qu'il en saurait plus, ils coinceraient ce type. Mais l'équipe n'avait aucune intention d'attendre et chacun se mit au boulot à sa façon. Gibbs donna la description de la voiture à Abby qui amorça la recherche des modèles et des correspondances possible. Ducky resta à ses côtés, heureux de n'avoir rien à faire à la morgue. McGee partit récupérer les vidéos et Ziva interrogerait à sa façon toutes les personnes concernées de près ou de loin. Et Gibbs n'avait rien eu à dire, fier comme jamais de leur équipe, oui leur équipe à tous. Pour finir, il avait regardé Jen pour la remercier de son accord muet et donc de son soutien. De son côté pour lui faire comprendre d'aller rejoindre DiNozzo, elle s'était contentée de lui tendre un café en prononçant simplement : « Pour la route. Et parle-lui, Jethro.»

Alors qu'il parcourait à nouveau les couloirs de l'hôpital, Gibbs se disait qu'il n'avait pas beaucoup dormi, pour ne pas dire pas du tout et que forcément il avait bu son surplus habituel de café... Le retour à la routine mais ça n'était pas la routine ! Rien n'était comme avant. C'était lui qui avait tout changé... Il avançait en terrain inconnu. Il savait que revenir serait facile et tellement dur à la fois. Facile car il ne voulait que ça : être avec eux. Etre avec lui. Et c'était le plus dur aussi. Il était dans l'inconnu comme jamais. Et il entra dans la chambre...

Tony portait les vêtements qu'il lui avait fait déposer et il se tenait devant la fenêtre. L'agitation de la rue avec ces files de voitures, le mouvement des arbres et tout ces gens qui allaient et venaient avec leur joie et leur peine aux portes de l'hôpital...

Tony finit par se retourner :

- Déjà sur pied !

- Oui et prêt à reprendre le boulot.

- Tu vas être mis sous protection.

- Sous protection ! Je m'en doutais un peu avec le chien de garde devant la porte mais ce n'est pas nécessaire.

- Chez moi...

- Alors là, encore moins.

- Tu as oublié ce qui est arrivé hier. Ce que tu as dit...

- Les commotions font dire n'importe quoi. Je ne suis pas amnésique moi.. Oh mais toi non plus, c'est vrai !

- Comment t'expliquer ...

- Il n'y a rien à expliquer.

- Je.. Nous...

- Ce nous s'est du passé et ce qui est arrivé hier...

- Tu aurais pu mourir.

- De toute manière, on fera comme tu voudras comme d'habitude.

- Il faut qu'on arrête ce type ?

- Ce ne sont pas tes affaires.

- Quoi ?

- Ecoute, le problème se règlera de lui-même. J'ai demandé ma mutation à Jen.

- Hier.

Et les paroles de Jen prirent alors tout leur sens.

- Oui, elle m'a dit d'y réfléchir mais c'est tout réfléchis, je m'en vais. Une autre ville, un autre continent qui sait, annonça DiNozzo d'un ton calme.

- T'en aller n'est pas la solution. Pourquoi ?

- Pourquoi pas ? 6 ans pour moi c'est un record et c'est bien long. Du même coup ce type s'effacera.

- Tu ne m'as toujours pas dit qui c'est.

- Parce que ça ne te regarde pas. C'est ma vie privée, lui asséna Tony sans sourciller.

- ...

- Tu ne dis plus rien ! Qu'est-ce que tu croyais ? Je n'ai pas arrêté de baiser, Patron. Chacun ses secrets. Maintenant, je veux que tu partes. Remballe ton clébard et sors de ma chambre. Va t'en !!!

Et ce fut comme un automate que Gibbs sortit de la chambre. Dans le couloir il croisa un jeune homme soutenu par un autre, il avait du mal à marcher.. Une cheville foulée...

Flash-Back...

Tony est assis dans le canapé de Gibbs. La jambe droite tendue et posée sur les genoux de Jethro qui lui est assis sur la table basse. Il masse la cheville de Tony. Leroy Jethro Gibbs est masseur pour son Tony ce soir. Et Anthony a parfois du mal à croire qu'il n'est pas en train de rêver. Une telle douceur uniquement pour lui. Peut-être parce que c'est lui... aime à le penser DiNozzo.

Jethro passe ses mains l'une après l'autre sur la cheville de Tony. Ce dernier aime ce massage, il aimerait encore plus que ...

Et les mains de Jethro parcourent son mollet avec une envie flagrante d'aller plus haut.

Encore une fois, Tony constate qu'ils sont sur la même longueur d'onde

- Je t'ai vu me regarder sur le terrain de basket. J'assure encore, n'est-ce pas ?

- Oui, articule à peine Jethro.

- Qu'est ce qu'il y a ?

- Rien.

- Tu as fait ce qu'il fallait pour l'enquête.

- Merci mais ce n'est pas ça.

- Quoi alors ?

- Fais plus attention à toi.

- Ce n'est qu'une cheville foulée.

- Oui, aujourd'hui.

- Ne t'inquiète pas. J'ai un peu mal là, désigne Tony avec un sourire espiègle. Ne t'arrête pas.

Même si Tony le joue blagueur, ces quelques mots le chamboulent. Qui a jamais pris soin de lui ?

- Je prendrai soin de toi, mon Amour, prononça Jay.

Tony n'a dès lors plus qu'une envie : enlacer son amant et l'embrasser car il sait qu'il ne trouvera jamais de mot assez fort pour s'exprimer. Seulement en bougeant, son pied cogne la table basse et il se crispe.

- Attend, je vais commencer tout de suite.

Gibbs prend alors délicatement les jambes de Tony et l'allonge sur le fauteuil. La main de Tony enlace celle de Jay tandis que ce dernier enjambe le corps de Tony pour être à genoux sur le fauteuil. Jay se penche et embrasse tendrement son amant.

Je tombe... Je tombe

Prends-moi dans tes bras

ou je ne me relèverai pas

Prends ma main

Rattrape-la

J'ai peur de vivre sans toi

(Sauve-moi – Roch Voisine)

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Votre verdict ?