Les sept péchés capiteux

Note aux lecteurs:Ainsi s'achève ce premier recueil. Je remercie tous ceux qui ont eu le courage de lire jusqu'au bout (ce qui n'est pas évident) et ceux qui ont laissé une/des review/s.
PS: notez que le comte de la Paresse est à moi! Faites ce que vous voulez des autres péchés, mais je garde la Paresse...

La paresse

Quelle journée harassante! Les élèves avaient été insupportables ce jour, et le professeur Snape n'en pouvait plus. Au diable les copies à corriger! Après un bon bain chaud, auquel il avait ajouté une potion de sa création, il se coucha dans ses draps fleurant bon la lavande. Quelques minutes plus tard, on pouvait entendre dans le couloir un ronflement sonore provenant du bureau du professeur...

Driiiing! Driiiing! Un grognement sortit de sous l'édredon. Une main s'éleva et s'abattit rudement sur le pauvre réveil qui n'en avait pas tant demandé. La sonnerie cessa, le bougonnement dura quelques secondes avant de n'être plus qu'un souffle régulier... puis deux grands yeux noirs et bouffis se rouvrirent avec difficulté. Snape se redressa en maudissant le sort qui l'avait fait professeur. Tout en maugréant, il s'habilla. Au moment où il allait prendre sa baguette pour aller petit-déjeuner, un léger coup fut frappé à la porte.

« Entrez. » ronchonna-t-il. Mais qui pouvait bien le déranger à une heure pareille? Puis son souffle se bloqua dans sa gorge quand il vit dans l'encadrement de la porte un homme qu'il n'avait jamais vu auparavant. Qui pouvait être cet énergumène, vêtu en tout et pour tout d'un pantalon à l'orientale, dont l'étoffe semblait plus légère que l'air. La couleur turquoise du vêtement contrastait avec la peau sombre du jeune homme. De grandes boucles brunes encadraient son visage angélique, au regard noir et langoureux. Le vieux professeur déglutit bruyamment. Mais que lui arrivait-il? Que faisait donc là cette créature du diable?

« Bonjour Monseigneur... commença l'apparition. Pourquoi vous être levé de si bon matin quand tout le château dort encore? » Un regard incrédule lui fit comprendre que le professeur ne voyait pas où il voulait en venir. « Mais voyons, il n'est pas encore deux heures. Retournez vous coucher! »

Obéissant tel un automate, Severus Snape fut revêtu comme par enchantement d'une longue et douce chemise de nuit avant de se faufiler sous un édredon qu'il ne connaissait pas. Mais il ne s'en préoccupa point outre mesure et se rendormit comme un bienheureux, sourire aux lèvres. Non loin de là, un certain jeune homme s'assoupissait dans un profond fauteuil, laissant s'échapper une aura argentée dans la pièce.

Une odeur douce et sucrée vint chatouiller les narines du maître des potions. Il papillonna, observant la pièce où il se trouvait. C'était bien son appartement: murs couverts de tentures chaleureuses, parquet bien ciré, meubles anciens un peu tarabiscotés, fioles et chaudrons méticuleusement rangés et triés. Cependant, il lui semblait que le lit était différent. Plus moelleux, plus duveteux, plus confortable. Par Merlin! Il ne pourrait jamais s'en sortir! C'était tout simplement le Paradis! Et le voilà qui s'étire paresseusement, avant de refermer les yeux, savourant cette odeur.

« Vous êtes éveillé Monseigneur? » demanda une voix chaude. Un grognement lui répondit. « Parfait alors, reprit le jeune homme. Je vous ai préparé un bain. » Les yeux du professeur s'agrandirent tout d'un coup! Comment? Cet empêcheur de tourner en rond était en plus pervers? Il manqua s'étrangler. Comprenant la réaction de son aîné, le supposé pervers s'empressa de le rassurer: qu'il ne s'inquiète pas, il le laisserait seul dans la salle de bains! Alors le professeur s'extirpa lentement de son lit et s'éloigna d'une démarche pataude.

Merlin que c'était bon! Le Léthé n'était rien à côté de ce bain à la violette et au pavot... Son cerveau pensait aux élèves qu'il ne verrait pas aujourd'hui. Aux copies qu'il ne corrigerait pas. Il avait le temps! Il ferait ça plus tard. Une brume avait envahi sa boîte crânienne, le déconnectant ainsi de la réalité. Il était bien. Et toute la journée se déroula comme elle avait commencé: dans une débauche d'oisiveté et de mollesse. Il restait assis et écoutait la mécanique de sa pendule. Il observait entre ses cils le jeune homme qui semblait aussi en proie à la somnolence. Ainsi il s'agissait du Comte de la Paresse. Perdu dans les méandres de ses réflexions, il finit par sombrer de nouveau dans un profond sommeil.

Driiiing! Driiiing! Encore! Mais ce réveil semblait complètement détraqué! Deux fois qu'il sonnait en une journée! Reprenant soudainement conscience, Severus Snape s'empressa de se relever et de vérifier que tout était normal. Matelas de laine, draps blancs, couverture à fleurs... il avait même recouvré son pyjama à rayures! Ouf, ce n'était qu'un cauchemar... Merlin qu'il avait eu peur! Une journée à ne rien faire! Non mais rendez-vous compte! Puis il se leva, sauta dans se vêtements et s'apprêta à s'emparer du paquet de copies qui trônait sur son bureau quand il vit avec stupeur une plume turquoise émettant une faible lueur argentée sur le dessus du paquet...