Chapitre 4 : Une journée éprouvante

Le lendemain, quand ils se leva, Drago trouva un mot dans la cuisine :

Je suis partie faire une séance photo pour la pub du prochain parfum de Witchanel.

Je rentre ce soir vers 20h.

Bonne journée, à ce soir Hermione

Voyant cela, Drago se dit qu'il tenait une bonne occasion de se rattraper de sa maladresse de la veille : il allait préparer un dîner gastronomique, aussi bon qu'au restaurant.

Il se mit donc en quête d'une recette de plat, et d'une de dessert. Il découvrit un classeur où étaient méticuleusement rangées des recettes de toutes sortes. Il se décida finalement pour des aiguillettes de canard aux pêches et une tarte aux fruits de la passion meringuée.

Il partit donc acheter tout ce dont il avait besoin. Il revint vers quinze heure avec tous les ingrédients, et s'attela vaillamment à la réalisation des plats.

Drago avait juste négligé un petit détails : il n'avait jamais touché un ustensile de cuisine de sa vie. Il persista courageusement, cependant.

Vers dix-huit heures, il mit les plats au four et se rendit alors compte de l'état lamentable de la cuisine. Hermione rentrait dans deux heures et le plan de travail, les murs, le mobilier, tout était maculé de taches… sans parler de lui. Il entreprit donc de tout nettoyer.

Vers dix-neuf heures trente, la cuisine était resplendissante : plus une tache nulle part. Il monta donc se laver et s'habiller. Il sentit soudain une drôle d'odeur… le four ! les plats ! Il les avait oubliés ! Il se précipita dans la cuisine, mais… trop tard… tout était brûlé, carbonisé ! Et Hermione qui allait arriver d'une minute à l'autre !

Il ouvrit les fenêtres en grand, et appela un grand restaurant pour réserver une table. A peine eut-il raccroché qu'il entendit la clé tourner dans la serrure. Il referma les fenêtres et alla accueillir Hermione. Elle avait l'air très fatiguée. Il lui annonça qu'ils sortaient, qu'il fallait qu'elle passe une robe du soir. Elle sourit :

- Attend moi cinq minutes.

Elle gravit les escaliers.

Quelques minutes plus tard, elle réapparut. Elle était … époustouflante, oui c'est ça, époustouflante !

Elle était vêtue d'une somptueuse robe d'un bleu céruléen qui mettait en valeur son teint d'albâtre, ses cheveux aux reflets acajou, et soulignait la délicatesse de sa taille. Un simple collier de perles ornait son cou, et mettait subtilement en valeur la naissance de son décolleté. Elle avait relevé sa lourde chevelure en un chignon, dégageant ainsi l'ovale de son visage.

Elle passa son bras sous celui de Drago, et ensemble, ils montèrent dans le taxi qu'avait appelé ce dernier. Le chauffeur les déposa devant l'entrée du restaurant. L'atmosphère y était luxueuse et raffinée. La lumière rosée donnait une impression d'intimité. Les mets qu'on leur servit étaient tout simplement délicieux.

Hermione, au cours du repas, demanda à Drago ce qu'il comptait faire, s'il avait des projets, des rêves…

-Depuis toujours, j'ai envie d'être journaliste. Mais pas comme Rita Skeeter…, non, je ne veux même pas travailler pour la Gazette du Sorcier, ce que j'aimerais vraiment, c'est créer mon propre journal, un hebdomadaire sérieux, traitant de sujets d'actualité, de politique, de sport , de sciences… Mais je ne sais pas trop comment faire… Je suis un peu trop vieux pour recommencer des études, non ?

- Et moi, alors ! Ce n'est qu'une question de volonté, tu peux me croire. Bien sûr, il y aura tous ces jeunes ignorants qui riront de toi… mais laisse les dire ! tu as plus d'expérience, lus de maturité… ce sont des avantages inestimables, crois-moi.

- Oui, mais… comment vais-je vivre toutes ces années ? je n'ai pas un sou en poche …

- J'en ai bien assez pour deux, ne t'inquiète pas.

- Je ne vais pas vivre quatre ans à tes crochets, c'est une question… d'honneur !

- Cela n'a rien de déshonorant, tu reprends des études. Si tu ne veux pas perdre encore plus de temps en travaillant à côté, il vaut mieux accepter ma proposition.

- On en reparlera quand l'école de journalisme m'aura accepté. Je commence les démarches demain.

- Bonne résolution.

Ils venaient de finir leur dessert. Ils se levèrent et quittèrent le restaurant.

Lorsqu'ils rentrèrent dans l'appartement d'Hermione, leur appartement maintenant, ni l'un, ni l'autre n'avaient envie d'aller se coucher. Ils avaient passé une excellente soirée, ils voulaient prolonger ce moment. Hermione proposa donc un verre de brandy. Ils en burent tous les deux. Ils s'assirent sur le sofa. La sensation de chaleur qui les envahit les poussa à se rapprocher. Ces deux-là se plaisaient. Malgré tout, malgré leurs différences, malgré eux-même.

Hermione, encore parfaitement consciente de ce qu'il était en train de se passer, préféra couper court. Elle se leva précipitamment, souhaita une bonne nuit à Drago, et gagna sa chambre. C'était une manière de fuir, c'était vrai, mais il ne fallait pas qu'elle se laisse aller, elle ne pouvait pas, ils ne pouvaient pas, rien n'était possible entre eux.

Elle en était là de ses réflexions quand Drago, encore assis dans le salon, réalisa ce qu'il s'était passé. Elle était si charmante, si attirante. Mais était-ce vraiment de l'amour, ce qu'il ressentait pour cette femme, n'était-ce pas seulement une vague attirance, plus charnelle que morale ? Il lui semblait qu'ils n'avaient rien en commun, ou si peu de choses ! Finalement, il monta se coucher.

Ni l'un, ni l'autre ne put trouver le sommeil cette nuit-là. L'image de l'autre les obsédait, revenait sans cesse. Ils s'endormirent aux premières lueurs de l'aube.

Drago s'éveilla vers onze heures. Hermione n'était pas encore levée. Il alla discrètement ouvrir sa porte, elle semblait dormir paisiblement. Il resta un long moment à la regarder dormir. Merlin ! Qu'elle était belle ainsi, son visage avait l'innocence d'un enfant, ses cheveux en désordre sur l'oreiller auréolaient son visage aux traits délicats. La lumière du soleil, qui filtrait à travers les volets, jetait ses lueurs dorées. Il s'arracha à cette contemplation, il avait des démarches à entreprendre.