Titre : Le jeu de sentiments
Chapitre : 2
Auteure : Sialeeds
Fandom : Naruto
Genre : Shonen-ai, shonen-ai et encore shonen-ai … sans bien sûr oublier shonen-ai … ahem … mise à part ça … je dirai, un léger drame et un 0.1 d'humour.
Couple : GaaLee, SasuNaru, KibaNeji …
Rating : K+
Disclaimer : À Kishimoto jusqu'à preuve du contraire.
Note : Mon défi dans cette petite fic, est de coller Lee et Gaara ensemble, ce qui est tout un défi (hum, hum …). Désolée d'avoir été si lente dans la publication mais certains détails de ce chapitre ont été compliqués à faire …
Note2 : Fubuki veut dire tempête de neige en japonais :D
De gros nuages gris surplombèrent Konoha dans un coup de théâtre inattendu et la pluie débuta à tomber de manière brutale sur la ville qui prit un ton plus monotone tout d'un coup. Lee se fit assaillir par un torrent de pluie emporté par un vent agressif sans sourciller. Il n'avait pas bougé depuis bien longtemps déjà mais il ne pouvait s'y résoudre même sous une pluie aussi déchaînée. Les souvenirs heureux affluaient en lui à tout moment, de s'en imprégner lui faisait du bien. Il avait l'impression que si il restait là à jamais, il n'aurait pas à faire face à la dure réalité et il n'aurait pas à montrer son anéantissement aux autres. Les bourrasques de vent se firent plus violentes d'un coup comme si elles souhaitaient arracher Lee à l'endroit où il se sentait mieux que partout ailleurs mais Lee n'avait pas remué pour autant, ni pleurer, ni sangloter.
Sous le froid, son corps faible se mit à chanceler intensément mais le jeune homme ne voulait pas bouger de là.
Sa vue se brouillait de noir dans tous les coins néanmoins, Lee ne lâcha pas prise. Il prit appui sur une des pierres grises où était inscrit le nom de son père pour ne pas sombrer.
Le vent s'agita à nouveau et une bourrasque de vent fouetta violemment le dos de Lee dont le visage entra en collision avec la pierre tombale.
Le jeune chuunin reçut le choc violemment et porta promptement sa main à sa tempe gauche qui avait commencé à saigner violemment.
La douleur se tripla à cause de la faiblesse de Lee.
Cette fois, il ne tint pas le coup, les larmes coulèrent sur ses joues pâles comme neige. Sa vue était embrouillée et ce n'était pas la fatigue, il pleurait, ce n'était pas à cause de la douleur de sa tempe mais bien celle de son cœur qui avait été lacéré crûment. Des sanglots de colère causèrent des soubresauts convulsifs dans tout son dos. Il ne tenait plus, ne savait plus quoi faire et comment faire pour tenir une tristesse et une colère aussi tenace. Ça faisait mal, si mal. Il n'avait pas pu leur dire au revoir et personne n'avait pu lui expliquer calmement la mort, personne n'avait pu le comprendre ou le consoler, non personne …
Tout en même temps vint l'envahir : faim, tristesse, colère, amertume, fatigue, douleur …
C'était injuste de se faire enlever ses proches de cette manière, ça aurait du être interdit. Si vraiment un dieu existait quelque part, Lee ne l'aimait pas. Ce dieu n'avait aucun cœur ...
« Putain, je te jure, c'est pas ce que tu crois !
- …
- Enfin euh … tu vois … Neji était là et là y'a eu cette terrible bourrasque de vent et on est tombé comme ça, par hasard … »
Le survenant fronça les sourcils. Visiblement, il ne croyait pas le théâtre incroyable que venait d'inventer Kiba et il n'en avait strictement rien à battre de leur histoire de cœur.
« Je cherche Naruto, dit simplement l'arrivant
- Euh … oui … euh Naruto … euh … Naruto n'est euh … pas là ! Mais je pense qu'il …
- Il doit être … à l'hôpital.
- Oui, oui, à l'hôpital ! Répéta l'Inuzuka en hochant vivement la tête de haut en bas.
- … »
Sans un mot de plus, il partit, probablement en direction de l'hôpital. Kiba souffla de soulagement lorsqu'il quitta son champ de vision mais il renonça à l'idée de coller son compagnon jusqu'à ce que son cœur affolé se calme un peu.
« Kami-sama … ça doit bien faire des années que je ne l'ai pas vu ce mec.
- …
- Bon, c'est vrai, il y'a quand même plusieurs kilomètres qui nous sépare …
- …
- Tu me fais la gueule ?
- Hmph …
- Qu'est-ce qui ne va pas ?
- Ça te dérange tant que ça que les autres sachent qu'on est ensemble ?
- Bah … non mais … tu sais …
- Pourtant tu l'as bien dit à ta mère.
- À ce propos, Neji … »
L'Hyûga comprit aussitôt et soupira de manière exaspérée.
« Tu ne lui as rien dit …
- Comment t'expliquer … tu sais bien que ma mère aime pas les gays !
- Ah oui, très logique, tu ne lui dis pas comme ça, elle commencera peut-être à les apprécier.
- Comprends-moi à la fin ! Toi, t'as pas de parents, Neji, le paternel d'Hinata se fout de tes fréquentations alors que la mienne me présente des filles toutes les semaines. Je peux décemment pas lui dire que je sors avec toi.
- Tu vas te cacher toute ta vie alors ?
- M'enfin, Neji ! C'est plutôt mal que deux personnes du même sexe sorte ensemble !
- Mal ?
- Eh ben … tu sais … c'est mal vu … puis une femme est faite pour aller avec une homme et vice versa alors … »
Ne souhaitant pas en entendre plus, Neji laissa son copain en plan alors que la pluie débutait à se déchaîner. Akamaru commença à aboyer bruyamment après l'Hyûga qui ne se retourna pas. Kiba le regarda partir sans pouvoir le retenir. Leurs pensées sur le sujet étaient contradictoires et aborder le sujet était à éviter. Il ne voulait pas retenir Neji, il savait qu'il allait seulement envenimer les choses.
Il faisait noir, très noir et pourtant, il pouvait entendre le sifflement du vent, strident et acharné. Ses chevilles étaient lacérées par des anneaux de métal et ses poignets par des cordes dont il ne pouvait se détacher. Il hurlait, plusieurs fois par jour, d'un hurlement primaire qui venait du fond de ses entrailles mais c'était vain.
Il avait faim et se sentait faible mais il ne cessait pas de se débattre pour autant. Il voulait partir. Cela faisait une semaine qu'il était là, nourrit une fois par jour et libéré que quelques heures par journée.
Une fente de lumière émergea de l'ombre et s'élargit jusqu'à laisser apparaître une silhouette qui referma la porte derrière elle et qui s'avança vers le prisonnier.
« Tsunade, grogna celui-ci en se débattant, laissez moi sortir d'ici vieille truie !
- Tu t'attends à recevoir mes faveurs de cette manière, Sasuke ?
- Orochimaru-sama va venir me chercher et détruire Konoha, vous allez le regretter !
- Sois heureux de ne pas être mort. À l'heure qu'il est, tu ne serais plus de toute manière. Tu servirais de corps à Orochimaru.
- J'aurais pu me venger !
- Toujours auprès d'Itachi, hein ? Tes parents avaient tant d'espoir pour toi …
- Vous ne savez rien d'eux ! Absolument rien !
- Détrompe-toi, Sasuke. Je les ai connu.
- Fermez-là, je m'en fous ! »
L'Hokage poussa un soupir à fendre l'âme puis elle s'accouda contre le mur en élevant pensivement la tête.
« Bon ça va. Tu as gagné …
- Quoi ? Vous me libérez enfin !?
- Pas du tout. Le conseil m'avait dit que ce serait une mauvaise idée mais sincèrement, je ne vois pas d'autre issue …
- Quoi encore ?
- Tu n'as pas revu Naruto depuis ton emprisonnement ?
- Je n'ai aucune envie de voir cet abruti de blond !
- Tu ne sais donc pas ce qui lui est arrivé après votre combat à Oto ?
- Je n'en ai rien à foutre ! Je me fous de Naruto et de …
- Il ne pourra plus être ninja à cause de toi Sasuke, le coupa sèchement l'Hokage. »
La dernière réplique de la Godaime eut le don de couper le sifflet au prisonnier qui resta estomaqué …
«Sur ce bonne journée, dit-elle en rebroussant chemin »
L'hôpital de Konoha n'avait jamais connu une telle charge de patient en même temps, on aurait dit que le temps était aux blessures et les medic-nins s'en retrouvaient surchargés de boulot. Tsunade était souvent appelé pour les cas les plus graves et il y'en avait beaucoup en ce moment.
On venait de ramener Lee qu'on avait retrouvé évanoui dans le cimetière. On avait tout de suite appelé Gai qui était aujourd'hui le père adoptif du jeune shinobi.
Celui-ci était justement dans les couloirs du grand hôpital, sa fille adoptive sur les talons.
« Ne traîne pas, Fubuki, gronda t'il doucement, tu vas tout de même rencontrer ton nouveau frère … même si il est dans un piteux état …
- J'ai l'impression de déjà le connaître, soupira t'elle. »
La jeune fille qui ne parlait que par monosyllabe d'habitude, attira l'attention de son père adoptif qui se tourna vers elle promptement.
« Que veux-tu dire ? »
Fubuki roula les yeux et soupira de nouveau avant de répondre à Gai.
« J'ai l'impression qu'il vit déjà avec nous depuis des années. Lee par-ci, Lee par-là, Lee à droite, Lee à gauche. Tu parles toujours de lui ! Je suis persuadée que lui ne sait même pas que j'existe. Tu le considérais comme ton fils bien avant de l'adopter. »
Il ne répondit pas, ne sachant trop quoi répondre pour ne pas froisser la jeune fille. Il se contenta de secouer légèrement la tête avant de reprendre sa route. Gai fit signe à Fubuki de le suivre, ce qu'elle fit sans montrer signe de joie.
Ils entrèrent dans une chambre du deuxième étage pour tomber sur Lee qui regardait par la fenêtre d'un air morose. Le jeune shinobi se tourna vers les deux nouveaux arrivants sans en sembler bien heureux.
« Eh bien ! Ça va être la grande joie à la maison, pensa Fubuki. »
Gai s'avança vers Lee, lui posa une main sur l'épaule et se pencha légèrement vers lui.
« Tu vas bien, Lee ?
- Oh oui, je ne me suis jamais aussi bien porté, ironisa t'il. »
Lee qui devenait sarcastique maintenant ! Fubuki eut un sourire en coin qu'elle camoufla bien rapidement. Gai lui vantait si souvent Lee ! Lee est souriant, franc, positif ! Bon, il venait de perdre ses parents mais quand même, ça gâchait totalement l'image qu'elle se faisait de lui. Elle resta à l'écart tout en observant la scène.
« Je me doute bien que tu n'es pas au mieux de ta forme, Lee.
- Quelle perspicacité ! »
Gai resta perplexe devant l'attitude de son élève. Après tout, il n'avait jamais connu un Lee aussi … déprimé. Où était la fougue de la jeunesse dans cette loque de sarcasme ?
Le jounin n'alla pas plus loin dans sa réflexion quand il vit entrer l'Hokage de Konoha dans la pièce. Son air était sérieux, légèrement grave. Il se demanda ce que la Godaime voulait lui dire dans un moment pareil mais dans un sens, elle lui avait sauvé une conversation gênante.
« Désolée de vous déranger, dit-elle sans vraiment avoir l'air de le penser, Gai-san, je souhaiterais vous parler. »
Comprenant rapidement le message, Gai s'éloigna de son élève et gagna le couloir.
« Nous sommes entrain de perdre un des meilleurs ninjas de Konoha, commença t'elle en soupirant.
- Vous parlez de Naruto ? »
Tsunade opina de la tête.
« Il est dans un état critique … dans le même état que Lee moralement, je pense. Lui qui rêvait de devenir Hokage … il est aussi dans le même état physique que Lee l'était lors de l'examen de chuunin de ses 13 ans.
- … Et le chakra de Kyuubi ? Il ne pourrait pas le guérir ?
- Il n'agit pas, je ne sais pas pourquoi. Il y'a comme un blocage.
- Qu'attendez-vous de moi ?
- Je pense que si Lee parlait à Naruto, il pourrait l'aider à … reprendre confiance. Il est passé par la même épreuve après tout mais vu l'état dans lequel il est …
- Vous voulez que je lui remonte le moral ?
- … Non … pas vous. Sauf votre respect bien sûr, je connais quelqu'un d'autre qui comprendrait l'état de Lee mieux que quiconque. »
Gai hocha la tête, légèrement honteux de ne pas être à la hauteur. Tsunade éleva le regard vers Fubuki qui faisait mine de ne pas écouter depuis le début mais qui en fait, épiait la conversation dans ses moindres mots.
« Fubuki-san. »
La jeune fille sursauta, comme prise en piège puis elle éleva un regard légèrement gêné vers l'Hokage.
« Euh … oui ?
- Il faut que je te parle, tu viendras dans mon bureau demain vers 21h30. »
La Godaime s'éloigna ensuite sans un au revoir, vers le couloir où sa silhouette disparaissait petit à petit. Gai se tourna vers Fubuki et l'interrogea du regard, question muette que la jeune fille comprit immédiatement.
« J'ai foiré une mission la dernière fois. Je suppose qu'elle veut me reprocher mon incompétence. »
Gai hocha la tête dans oser poser plus de question et jugeant que le sermon de Tsunade serait suffisant.
« Est-ce que Lee rentre avec nous ce soir ? demanda la jeune fille.
- Je ne penserais pas, il n'est … comment dire … pas encore prêt.
- Bon, on rentre alors ? »
Gai jeta un dernier regard à son élève. Celui-ci semblait à la fois triste et perdu. Gai n'avait jamais connu Lee ainsi, ça lui faisait tellement mal au cœur de voir son élève favori dans un tel état. Il finit pas opiner la tête à contrecœur et partir de l'hôpital.
Un peu plus tard dans la soirée, Lee était toujours là. Il s'était assis sur le rebord de la fenêtre, regardait dehors au loin, un infime point qui brillait. Il pleuvait encore des cordes au dehors, tout comme dans le cœur du jeune homme. Il avait tant rêvé d'avoir Gai comme père qu'il avait l'impression que ses propres désirs l'étouffaient, comme si c'était vraiment lui qui avait tué son père, le jour de ce terrible massacre. Il ferma les yeux, par lui-même et surtout sur ce qu'il n'avait pas envie de réaliser. Il mit un temps fou à réaliser que quelqu'un se tenait derrière lui mais quand il entendit l'individu se racler la gorge, il se tourna vers lui en un sursaut qui le fit presque tomber de la fenêtre.
« Salut, Lee … »
Il prit le temps de se remettre de sa frayeur pour gagner une phase d'étonnement.
« Geuh … Gaara ? »
