Chapitre 2
« Ce sortilège fût inventé par Stefen Mith au XIVème siècle, quand plusieurs de ses sujets découvrirent qu'il n'était en fait…» Lu-t-il à haute voix, faisant gratter sa plume sur le papier jaunâtre. Quelques minutes et phrases plus tard, Drago posa sa plume et soupira, son devoir étant enfin fini. En plus d'avoir rédigé une grande partie de sa recherche sur le Polygonum, il avait également terminé un devoir affligé par ce minuscule et couinant professeur Flitwick. Ce n'était pas dans ses habitudes de prendre de l'avance, mais, aujourd'hui, le Serpentard n'avait rien de mieux à faire. A moins de passer sa matinée avec Parkinson, ce qui relevait du suicide.
Il rangea lentement ses affaires, les yeux fermés. Immobile, comme figé par le temps, il resta là. Et, sans s'en rendre compte, le jeune homme blond s'endormit à moitié, ne reconnaissant plus la limite entre le rêve et la réalité. Inconsciemment, il sortit sa baguette, et susurra un sortilège d'Attraction. Il divagua encore quelques dizaines de minutes, puis sortit de son assoupissement.
Ce fut avec effroi qu'il constata qu'il s'était avachi sur sa table, et qu'il avait le nez en plein dans son parchemin sur le sort d'Oubliettes, à l'encre tout fraîche. Il pesta et jura en regardant le résultat de cette minuscule sieste improvisée: en plein milieu de son texte manquait une partie d'une phrase, l'encre ayant coulé sur les côtés. Malefoy essaya vainement de réparer les dégâts, puis, d'une humeur exécrable, rangea la seule chose qu'il avait omise de remettre dans son sac, prit ce dernier et se rendit de nouveau à la Grande Salle pour déjeuner. Au passage, il donna sèchement une retenue à un jeune Poufsouffle qui s'apprêtait à lancer une Bombabouse à ses pieds.
L'air maussade et le visage renfermé, il franchit les portes de la GrandeSalle, avança mécaniquement vers la table des verts et argents, et s'installa sans réfléchir aux personnes alentours. Malheureusement, une voix stridente lui fit comprendre qu'il avait mal, très mal agit en se plaçant ici…
« Dragounet chériiiiiii» put-il entendre avant de sentir des lèvres baveuses sur sa joue. Une grimace s'installa sur son visage, et, avant qu'il ne puisse faire quoi que ce soit, l'auteur de ce cri perçant et horrible vint l'enlacer, se plaçant derrière lui. Et dire qu'il était déjà énervé… Il essaya de se retenir mais…
« Ecoute Pansy, tu me lâches, tu arrêtes de me donner des surnoms horribles, tu ne m'embrasses plus, tu ne me touches plus, tu ne me regardes plus, tu ne penses même plus à moi! C'est fi-ni! Tu entends, fi-ni! D'ailleurs, il n'y jamais eu de début entre nous, je ne vois pas comment ça pourrait se finir puisque ça n'a pas commencé… Enfin bref, tu entends, je n'ai PAS de sentiments pour TOI. C'est simple…»
Le préfet ne s'était même pas rendu compte que, entre temps, il s'était levé et retourné pour parler, et qu'il y avait même une trace rouge d'une main sur le visage de la jeune fille qui se trouvait à présent face à lui, les yeux globuleux, l'air effrayé. Et, bien sûr, tous les élèves de Serpentard avaient suivi cette petite scène, avec amusement, moquerie ou bien peur. Le visage renfermé, Drago Malefoy se rassit et entama en silence son repas, tandis que Parkinson s'enfuyait en courant, pleurant comme une madeleine. Personne ne vint le déranger, redoutant un nouvel excès de colère.
Après avoir mangé assez rapidement, faisant abstraction des commentaires sur son passage, il retourna à sa salle commune. Une «amie» de Pansy Parkinson lui jeta un regard noir quand il la croisa. Il n'y fit pas attention, mais c'est avec un sourire sadique qu'il franchit la porte de son dortoir. Là, au moins, aucune attardée ne viendrait lui sauter au cou.
