Disclaimer : Tout, tout, tout appartient à JK Rowling, sauf, sauf, sauf l'histoire et le caractère anormal des personnages, la pilule, et l'intrigue de ce court OS farfelu.

Résumé : Pourquoi est-ce qu'on ne parle pas de Quidditch dans Histoire de Hasard ? Coïncidence ou bien ordre directorial ? Voici la réponse...


En Manque de Quidditch !

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Harry courrait, le balai à la main, l'air pas tout à fait sain d'esprit. Il savait qu'il avait oublié quelque chose, et ça le turlupinait depuis le matin. Il l'avait sur le bout de la langue, mais ça refusait de lui revenir. Il agita sa baguette sous le nez du tableau d'une vieille lady du quinzième (siècle, pas étage), qui s'écarta devant lui, sans demander le mot de passe à Harry, probablement effrayée par l'étrange lueur de folie dans ses yeux.

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Les Sombrals s'étaient arrêtés, et le groupe était descendu du carrosse, tout en continuant de bavarder. Passant entre les lourdes portes de bois sombre et séculaire, ils avaient encore été en train de parler. Ce n'était qu'au départ de la nouvelle élève, qui avait docilement suivi une Mac Gonagall venue la chercher que la discussion s'était momentanément interrompue. Puis Hermione, Ginny, Ron, Neville et Harry avaient commencé à discuter de cette jeune fille qui prétendait à beaucoup de secrets. Le tout accompagné d'une Luna silencieuse qui lisait toujours son magazine en louchant des yeux et qui s'était ainsi cognée à tous les obstacles existants, possibles et imaginables. Sans parler du Glandeur A Crête qui dormait sur l'escalier et sur lequel elle avait prétendu avoir trébuché, sous les regards habitués de ses camarades. Ils avaient fini par la surveiller attentivement et par l'avertir avant chaque mur, colonne et escalier.

Ils étaient allés s'asseoir aux places qui étaient devenues les leurs au fil des années, à la noble table des Gryffondor, exceptée Luna, qui était aller se poser distraitement chez les Poufsouffle, juste avant de se rappeler que sa place était sur le banc de la non moins honorable table des Serdaigle. Les amis, camarades ou bien ennemis s'étaient eux aussi assis, dans un brouhaha ambiant, assourdi par le respect inspiré par la haute Salle, son plafond enchanté qui montrait de lourds nuages noirs d'orage qui filaient, poussés par un vent violent qui se levait, et par les tentures vieilles mais encore éclatantes aux couleurs des quatre maisons.

Cette année, Poufsouffle, Serdaigle, Serpentard et Gryffondor étaient de retour, tous ensemble, pour le meilleur et pour le pire.

Le Choixpeau, chapeau de mauvais augure cette année-là, chanta, et sa voix, aussi éraillée qu'à l'ordinaire, disait les mésententes grandissantes entre les maisons, auxquelles il aurait fallu porter remède. Mais peu l'écoutèrent. Seul le refrain habituel sur les traits de caractère stéréotypés nécessaires à l'entrée dans chaque maison fut suivi avec attention par les nouvelles premières années.

La Répartition, qui décidait du destin de chacun, envoya les nouveaux élèves dans leur nouvelle maison, avec leurs nouveaux amis.

Alors que la Grande Salle résonnait encore des applaudissements offerts au dernier élève, un mignon petit Poufsouffle aux grands yeux innocents, bien qu'un brin malicieux, qui avait paru encore plus minuscule une fois surmonté par le grand Choixpeau, ce qui nous fait dire que Godric avait une tête assez large, mais je m'égare, donc, une fois que les applaudissements s'arrêtèrent les uns après les autres, Dumbledore prit la parole.

Son discours, comme celui de Dubois les années précédentes, était sensiblement le même :

Il parla de la Forêt Interdite qui, contrairement à chaque année depuis des siècles, était... Très Interdite !

Il parla de la liste des 1077 objets dorénavant interdits de séjour et d'utilisation à Poudlard, accrochée à la vue du public sur la porte de Rusard, pardon, sur la porte du bureau de Rusard. Liste bien plus longue que l'année précédente, grâces en soient rendues à Messieurs Gred et Forge Weasley.

Il parla des emplois du temps, des préfets. Il présenta M. Slughorn, nouveau professeur de potion. Il cita la mutation du professeur Rogue à l'état de professeur de DCFM, que les élèves huèrent.

Puis, il leur dit qu'en raison de rivalités déjà existantes entre les maisons de Poudlard, rivalités bien trop dangereuses, immatures, il ne fallait pas donner aux élèves d'autres raisons de se détester.

- Pour ne pas exacerber les rivalités entre nos maisons, chers élèves, j'en suis aussi désolé que vous allez l'être quand je vous l'aurai annoncé...

Harry s'était tendu, un instinct, venu des profondeurs de l'esprit animal qui habitait encore les humains comme lui, le prévint. Il sut ce que Dumbledore allait dire avant même que les paroles n'aient quitté sa bouche, qu'elles n'aient glissé sur sa barbe pour aller se répandre insidieusement de part les tables et les bancs jusqu'aux oreilles abasourdis des élèves.

- ... Je me vois donc dans le regret, ô combien profond, de vous annoncer que la Coupe de Quidditch inter maisons est annulée cette année, aucun match n'aura lieu, ni ne sera toléré, que ce soit officiellement ou bien officieusement. Le terrain de Quidditch sera interdit à l'entraînement par équipe, et des charmes sont jetés qui empêcheront la moindre confrontation, de même que les Cognards sont interdits. Les jeux amicaux sur balai avec Souaffle et Vifs d'or restent autorisés, dans une certaine limite, limite dont j'espère qu'aucune personne ne mettra le pied dessus, volontairement ou non.

Lorsque Dumbledore cessa de parler, on entendit plusieurs cris dans la Salle. Prenons quelques exemples qui sortirent de bouches Gryffondor :

- Ron !

- Angelina !

- Harry !

- Alicia !

Et multitude de noms d'autres élèves, du plus inconnu au plus célèbre, qui avaient affiché plusieurs symptômes allant de la crise de nerf à l'évanouissement, en passant par le bégayement stupéfait, fut criée, sous l'œil inquiet de Pomfresh qui entendait autant de prénoms que de futurs patients de son infirmerie.

Ceux qui étaient encore en état protestèrent haut et fort, mais la décision, prise par l'ensemble des professeurs, fut irrévocable, au désespoir des joueurs et spectateurs.

Probablement minutés pour faire taire les protestations, les plats arrivèrent peu après, et les cris de colères se turent en effet en peu de temps, même si un air de révolte planait, communément partagé par les élèves des quatre maisons.

Harry et ses condisciples fans inconditionnels du Quidditch se couchèrent tôt ce soir-là, mis au lit par leurs camarades attentionnés.

A cause de cette décision, aucun match n'eut lieu, aucun entraînement, aucune joyeuse réunion entre joueurs et supporters, au grand dam de la majorité des élèves, et aussi, il faut bien l'avouer, d'une partie des professeurs.

Mais, comme Dumbledore, vieux futé, l'avait prévu, aucune rixe à propos des gagnants, aucunes disputes lors du choix des joueurs qui n'eut pas lieu ne furent sanctionnées par les dirigeants de l'école, et bien une tension bien moindre par rapport à l'habituel climat de mésentente entre membres des différentes maisons fut décelée.

Cependant, l'ensemble des professeurs, infirmière comprise, dut signaler dans les premiers mois :

- treize attaques d'objets divers à coups de battes par les huit batteurs de Poudlard.

Dégâts : une aile cassée pour une chouette de l'école, plusieurs statues mises à mal, une commotion cérébrale, neuf fractures diverses et trois battes rendues inutilisables.

- vingt-sept cas de violence verbale et quatorze cas de violence physique ayant pour objet le Quidditch.

Dégâts : onze nez cassés, dix yeux au beurre noir, trois poignets foulés et six arcades sourcilières fracassées.

- une quarantaine de cas de déprime, et bien plus de dépression mineure dues à l'arrêt du Quidditch à Poudlard.

Dégâts : une tentative, ratée, de suicide en se jetant du haut des gradins du terrain de Quidditch.

- un nombre incalculable de vols de balai, de la part de ceux auxquels ils avaient été confisqués.

Dégâts : serrures fracturées, portes sublimées (sublimation : faire passer une matière de l'état solide à celui gazeux, sans passer par l'état liquide), réduites en échardes, en poudre ou métamorphosées en rideaux.

- et le dernier, mais pas le moindre sur l'échelle de désastre de Poudlard, la création d'un Club-Dédié-Au-Quidditch-Sous-Toutes-Ses-Formes-Exceptée-Celle-Interdite, dont les pires méfaits furent l'écriture et la lecture en public de poèmes sur le sport en question, l'interprétation de chansons relatives au même thème, et la terrible représentation d'une pièce de théâtre censée émouvoir les professeurs et les faire revenir sur leur décision.

Dégâts : chaises cassées, tympans éclatés, tentatives de meurtre divers, attentat à la littérature et à l'art de la musique.

De même, beaucoup d'élèves montrèrent des cas de dépendance au Quidditch. Cette dépendance expliquant une partie des actes de violence et de dégradation précédents.

Pour contrer les effets du manque de Quidditch chez les dépendants, le professeur Rogue fut mis à contribution par Pomfresh pour la création d'un médicament qui ferait un effet de substitution pour ce sport. Plusieurs semaines de travail ardu suivirent le commencement de cette recherche hasardeuse, et on ne peut pas dire que les élèves attendirent sagement l'arrivée de la médication.

Un grand groupe, constitué d'élèves de tout bord, trouva un moyen de contourner la fouille de Rusard, et se fit envoyer plusieurs paires de Cognards, dissimulées dans des ballons de foot moldus. Le concierge avait bien été suspicieux par rapport à ces objets ronds, blancs et noirs, totalement inconnus à Poudlard, mais les élèves avaient affirmé vouloir apprendre le football en remplacement du Quidditch, et ils avaient ainsi réussi à passer le blocus.

Ils se réunirent plusieurs fois la nuit, avec l'accord tacite des préfets qui fermèrent les yeux sur les absences de leurs condisciples, en petites bandes, avec balais et tenue de match, pour d'impressionnantes, excitantes mais dangereuses parties.

La belle organisation, preuve de la possibilité d'une coopération inter-maisons, fut malheureusement repérée par une nuit de pleine lune, lorsque Mme Chourave, allant s'enquérir de la transformation de ses rosiers garous, remarqua les silhouettes sombres qui se détachaient clairement sur le ciel étoilé. Sans se faire remarquer, elle alerta ses collègues, et tous les élèves présents eurent leur balai confisqué et reçurent des retenues jusqu'à la fin du mois.

Après ce grand coup de filet, qui permit à l'infirmière de créer une liste d'élèves nécessitant la pilule anti-dépendance, les balais restèrent pour la plupart dans les placards.

Début Octobre, Rogue déclara à l'infirmière qu'il avait réussit le médicament demandé. Celui-ci fut testé, et déclaré efficace sans effets secondaires. Une trentaine d'élèves commença alors le traitement, et la pilule sembla faire des miracles : le nombre d'accidents diminua grandement.

Beaucoup d'élèves eurent ensuite recours à ce médicament. Une formule en patch allait même bientôt voir le jour !

O0oo0O

Harry avait son balai en main, peu importe comment il l'avait récupéré du bureau de Rusard, qui l'avait pourtant confisqué en cette funeste soirée de Septembre, il l'ignorait de toute façon, mais ce soit il allait voler ! Les yeux fous, mais l'esprit aussi embrumé qu'alerte, il allait réussir, ce soir ! Il avait trouvé ce matin, caché dans un gigantesque œuf de Pâques en chocolat factice qui lui avait été envoyé anonymement, une paire de Cognard.

« Qui... ddi... tch ! Vo... ler... ! Rhhhaaaaah »

Le passage secret s'ouvrit devant lui. La lueur de la lune, pâle rond blanc dans la nuit constellée d'étoiles, éclairait le parc. Il lui semblait qu'il avait oublié quelque chose, mais il ne savait pas quoi. Quelque chose qui commençait par PI. Pistache ? Piston ? Pis de vache ? Bah ! Tant pis !

Il sentit l'air frais sur sa peau, enfourcha son balai, et allait libérer les deux Cognards et le Vif d'or, lorsqu'il fut heurté de plein fouet par un sort d'immobilisation qu'il n'avait pas prévu.

- Désolé, Harry, mais si MacGo ou Rogue t'attrape, tu vas mal finir mon vieux !

- LAIssE-MoI ! Je VEux VOleR ! J'ai BEsoIN de volER !

Un Stupéfix inattendu le frappa, qui l'aurait effondré au sol, si une paire de bras forts et secourables ne s'était précipitée pour le retenir.

- Je suis vraiment désolé, Harry, mais ce n'est vraiment pas une bonne idée...

Le Survivant, sans avoir pu obtenir sa dose de Quidditch, fut ramené par son ami avec ménagement et prudence sous sa propre cape d'invisibilité jusqu'à la Salle Commune des Gryffondor, où plusieurs personnes les attendaient anxieusement.

- Ron ! Qu'est-ce qu'il a ? s'exclama Hermione en voyant son ami inconscient être étendu sur l'un des fauteuils.

- Rien, j'ai juste du le stupéfixier pour ne pas qu'il s'envole. Il s'en est fallu d'un poil pour que je ne puisse pas le rattraper !

- Ouf. Il est sauf...

- Oui, ça soulage, hein !

- Je m'en veux, qu'on n'ait pas remarqué qu'il ne l'avait pas prise ce matin, ni ce soir, déclara l'érudite, semblant effectivement s'en vouloir au point de tordre désespérément ses long cheveux.

- On est tous un peu coupable, mais pas autant que ce STUPIDE AHURI DES BAS-FOND DE LA CONNERIE HUMAINE, CE CRETIN DES FOSSES ABYSSALES DE LA BETISE qui a volé les PILULES anti-dépendance de Harry, qui lui a fourni balai et Cognards, puis qui lui a suggéré d'aller voir dehors comment "l'air est bon" alors qu'il était EN MANQUE ! Je préviens cette personne, ses parents ne la reconnaîtront plus une fois que j'en aurai fini avec elle !

- Trop tard, déclara Dean, un sourire mauvais aux lèvres.

- Comment ça ! demanda Ron, furieux d'entendre que sa vengeance n'aurait pas lieu.

- Le "crétin" en question est actuellement ligoté en pyjama devant la porte de Rogue, assaisonné d'un sort de Désillusion, qui ne manquera pas de faire trébucher le professeur dessus demain matin, expliqua Lavande, souriant méchamment.

- Et nous savons tous de quelle charmante humeur notre professeur adoré est le matin, termina Hermione, l'air aussi vicieuse que les personnes qui étaient présentes.

Neville, Dean, Seamus, Lavande et Parvati acquiescèrent, satisfaits du châtiment infligé à l'auteur du crime de lèse-survivant envers Harry. Le roux eut un rictus, qui barra son visage d'une oreille à l'autre, et qui l'aurait fait passer pour psychopathe, si tous ses camarades n'arboraient pas la même face grimaçante et sadique.

- Pas besoin de me dire le nom, alors. Vengeance est faite. Et bien faite.


Nda :

Mouahaha.

Ca vous a plu ? Ca ne vous a pas plu ? Vous hésitez encore ? Je voulais juste trouver quelque chose pour expliquer pourquoi dans HdH, je ne parle quasiment pas de Quidditch. Et comme je voulais que ce soit, un peu, drôle, et bien je suis partie dans ce délire. Après tout, je dis souvent moi-même que j'ai « oublié ma pilule ce matin » !