Disclaimer : Tout, tout, tout appartient à JK Rowling, sauf, sauf, sauf l'histoire et le caractère anormal des personnages, les références à d'autres ouvrages (nommés en fin de page), la généalogie des Zabini et la part de quiche lorraine. Et un raton laveur…
Résumé : L'ancienne, honorable et discrète maison des Zabini a toujours été composée de sorciers au sang pur. Blaise, le dernier héritier en date, a toutes les raisons d'être fier de sa haute lignée, exempte d'imperfection nommées Sang Mêlés, non-humains. Et ni les veuves noires, ni les mantes religieuses n'éprouvent d'amour.
Quoique…!
Tout ce que vous n'aviez jamais voulu savoir sur vous, vos parents, vos grands parents et votre famille en remontant jusqu'à la trente-troisième génération
(Accompagné de quelques citations choisies de Princess Bride
°
…
Les oiseaux volaient dans le ciel désespérément bleu, et l'on voyait à terre quelques insectes courageux s'affairer près des fleurs desséchées, et, sous le soleil de plomb aux ardents rayons, s'étalait avec fierté le vert terrain gazonné.
Le bourdonnement sourd des hannetons en vadrouille zébrait périodiquement le silence de cette chaude fin d'après-midi d'été, réminiscence romantique d'un temps où nul humain n'existait sur Terre pour polluer de ses usines malfaisantes l'air, réduisant les zones d'habitat de ce charmant insecte vrombissant aux quelques rares régions où l'air est pur.
Le "poc" des hannetons s'écrasant avec lourdeur et fatalité sur le Charmoustiquaire avait lui aussi son charme, bien qu'insensiblement plus gore (c'était sûrement du aux corps désormais vides de toute vie qui tombaient sur le sol sec, sans avoir pu faire quoique ce soit pour lutter contre le Destin funeste qui les avait guidé jusqu'à la portée du sortilège anti-insecte de ce vieux manoir).
Enfin, charme ou pas charme, l'être, qui se tenait du bon côté du Charmoustiquaire étendu sur toute l'ouverture de la fenêtre, se moquait bien de ces insignifiantes choses qui venaient mourir à quelques mètres de lui. Il était bien trop occupé à vivre sa vie dans sa chambre où l'air était brassé par un sort de Températion perpétuel.
Très décidé à mener à bien sa tâche du moment, l'humanoïde feuilletait avec une grande concentration un objet fait d'un bois qui avait subi de multiples et douloureuses opérations (ce n'est pas parce que VOUS ne l'avez pas entendu crier que l'arbre n'a pas souffert mille morts lorsque vous l'avez coupé !), telles l'abattage et l'impression, pour ne citer que la première et la dernière d'entre elles.
Complètement absorbé par le papier (car c'était de ça qu'était composé le magazine qu'il feuilletait) qu'il tenait dans ses mains couleur chocolat, l'humain de sexe masculin n'entendit pas arriver derrière lui un autre membre de son espèce. Ce qui explique le magnifique bond sur place qu'il effectua lorsque résonna dans son oreille un murmure affectueux, suivi d'une paire de bras qui vinrent entourer son cou…
- Ca va, mon petit Blaisichounet adoré ? murmura Mrs Zabini à quelques centimètres du tympan de son unique fils.
- Haaaaa ! fut la seule réponse émise par le susnommé Blaisichounet, autrement connu par le Ministère de la Magie sous l'identité de Blaise Zabini, sorcier de premier cycle, fils unique de Llègat'Nit et Guenièvre Zabini, née Greenayre.
Le jeune homme referma avec la vivacité de ses quinze ans le magazine honteux qu'il lisait précédemment et, se tournant du mieux qu'il le pouvait, il eut la réaction de défense de l'adolescent moyen que sa mère vient de surprendre plongé dans une lecture peu recommandable et d'appeler avec un surnom affectueux des plus ridicules :
- Mèèèère… Ne pourriez-vous point prendre la peine de frapper avant d'entrer ! Ou au moins de m'avertir de votre présence !…
Puis le Serpentard En Lui, sa Part D'Ombre et son Côté Obscur réunis firent irruption devant l'entité psychique représentant l'Ado Gêné, et Blaise acheva sa réplique sur un ton un peu moins sur la défensive :
- … Au risque de perdre votre fils à cause d'un infarctus malheureux et subit suite à l'effet de surprise causé par votre entrée impromptue, ce qui nécessiterait de modifier conséquemment et de manière considérable votre testament, et nous savons tous les deux le goût héréditaire de notre lignée pour la paperasserie. Et si ce n'est pas un infarctus qui causera ma perte, alors ce sera l'étouffement, si vous ne me laissez pas respirer correctement…
Mrs Zabini eut un rire que d'aucuns auraient qualifié de clair et cessa d'étreindre son fils, dont la respiration rapide n'était due qu'à sa longue tirade. Se redressant, elle profita de sa position dominante pour ébouriffer les cheveux de Blaise, faisant râler celui-ci, et s'écarta de l'adolescent assis à son bureau.
Celui-ci crut naïvement que sa mère allait alors retourner vaquer à ses occupations habituelles, ayant finit son impromptue crise d'affection maternelle, et le laissant enfin se replonger dans une lecture passionnante, bien que moralement réprouvable. Mais, las ! D'un mouvement gracieux du bras, Guenièvre Zabini fit signe à son fils de se lever et de la suivre, ce qu'il ne se résigna à faire qu'après une injonction orale plus ferme :
- Mon roudoudou en sucre, j'ai une conversation des plus importantes à avoir avec toi, alors il va falloir que tu me suives jusqu'au salon privé. Et ne proteste pas ! Sois gentil, et viens avec moi, où je parle à ton père du contenu du magazine que tu es en train de lire…
C'était cette dernière phrase qui avait le plus motivé le jeune sorcier à obéir à sa mère (qu'il adorait, par ailleurs, mais pas au point de céder à toutes ses demandes sans un minimum de résistance). L'habileté souvent surprenante de certaines personnes aux chantages, menaces, harcèlements, complots et autres malversations diverses s'explique aisément par leur vécu familial, parsemé des pressions psychiques précédemment citées. Ainsi, l'arme favorite de Mrs Zabini contre son fils était la menace de révéler à Mr Zabini ses occupations assez, disons, répréhensibles (cette expérience du chantage en tant que victime l'avait d'ailleurs beaucoup aidé pour se mettre dans la peau du maître chanteur qui avait plongé le professeur Trelawney dans une angoisse totale à l'idée que son secret soit révélé… mais ceci est une autre histoire).
Ainsi, Blaise se leva en soupirant, et suivit sa beauté fatale de mère hors de sa chambre.
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Après un trajet un peu longuet (les aléas des grands manoirs, que voulez-vous… Une petite demi-heure pour aller d'une aile à l'autre, dans le pire des cas !), Zabini mère et fils arrivèrent au salon privé.
Il faut peut-être expliquer le terme de "privé" : dans une demeure ancestrale comme celle, les invités communs, vulgari convivi dirons-nous, se reçoivent dans une pièce, nommée salon par commodité linguistique. Mais les invités ayant des liens de parenté avec l'un ou l'autre des hôtes ont le privilège d'être accueillis dans le salon privé, celui où se trouvent les trésors séculaires de la famille, de même que la tapisserie représentant l'arbre généalogique familial.
Guenièvre Zabini conduisit donc son fils dans le salon privé et, le prenant par les épaules, l'amena devant la tapisserie susnommée. Celle-ci était d'un noir d'encre (d'encre noire, bien sûr, puisqu'il existe des encres dont la couleur va du vert au rose), mis à part les noms et les traits qui constituaient l'arbre familial, qui eux, luisaient d'un éclat argenté.
Tout en haut de la tapisserie, juste au-dessus des deux premiers noms, était brodée (ou tissée, ou pointdecroisée, moi j'y connais vraiment rien en tapisserie !) la devise de la famille Zabini, l'une des plus anciennes dynasties de sorciers (au bout de tant de siècles, on ne parle plus de famille), plus vieille encore que les De Silva espagnols, dont les premiers membres remontaient pourtant jusqu'à l'Empire romain.
L'une des plus anciennes dynasties, mais surtout l'une des plus discrètes – d'où sa longévité exceptionnelle : "Neutralité et discrétion" était la seconde devise des Zabini, depuis que le sens de la première, brodée sur la tapisserie dans un langage totalement incompréhensible pour le commun des mortels, avait été perdu au cours du douzième siècle lors d'un malheureux incident incluant un incendie, une part de quiche et un raton laveur.
- De quoi voulez-vous donc me parler, mère, qui nécessite de m'amener ici ? demanda Blaise, tout en portant un regard blasé sur le blason des Zabini.
Sa mère le regarda un moment, sans rien dire, puis répondit par une invitation à s'asseoir sur le luxueux et confortable canapé de cuir situé en face de la tapisserie.
Blaise se laissa tomber dans le fauteuil en soupirant, et sa mère fit de même à côté de lui, avec quand même un peu plus de dignité que son ado de fils.
Enfin, sous le regard quelque peu agacé de Blaise, Guenièvre Zabini commença ce qui allait être LA discussion la plus mémorable entre mère et fils (classée avant même celle où le petit Blaisichounet avait appris que le mode de reproduction des humains n'était pas le même que celui de récolte de pollen des abeilles) et qui allait marquer la vision du monde de Blaise d'une manière considérable et irrévocable.
- Mon fils, j'ai appris de la part de Narcissa qu'au début des vacances, Draco, toi et quelques-unes de tes connaissances d'école avez pris part à une altercation avec de jeunes Moldus. Même je ne t'ai pas entendu en parler, mais que j'ai confiance en Narcissa, j'ai supposé que ce fait s'est bien passé, d'autant plus que Draco s'en serait plutôt vanté que caché…
Blaise se raidit imperceptiblement. Le ton neutre de sa mère pouvait laisser prévoir le meilleur comme le pire – mais quand une mère annonce à son fils qu'elle a découvert quelque chose qui lui avait été caché, et que cette chose implique blessures et maléfices, le meilleur semble être une option à écarter. Alors que l'adolescent réfléchissait à toute allure pour trouver une excuse valable, sans en apercevoir l'ombre d'une seule, Guenièvre reprit.
- Mais "neutralité et discrétion" obligent, je n'ai pas jugé utile de mettre ton père au courant, et je ne te dirai rien de plus au sujet de cette affaire. Cependant, il m'a semblé qu'il était grand temps que je te parle. Au sujet du sang. Au sujet de ces histoires de sang pur ou impur.
Blaise fronça les sourcils. Sans afficher une hostilité déclarée envers les Moldus, Sangs Mêlés et autre Sang-De-Bourbe, sa mère n'avait jamais pour autant pris leur défense. Neutralité, encore et toujours.
- En fait, je vais te parler de ton sang, et ce sera toi qui, en réaction à ce que je vais te dire, adapteras ou non ta manière de voir les choses. Dis-moi, est-ce que tu vois l'arbre des Zabini, devant toi ?
« Ca sent le coup fourré…» pensa le jeune homme, de plus en plus angoissé. Néanmoins, malgré l'envie qu'il avait de prétexter un rendez-vous urgent pour pouvoir s'échapper en courant du salon privé, il devait répondre à la question, aussi bizarre que celle-ci lui semblât.
- Oui, fut la réponse qu'il fit, d'un ton qui se voulait détaché.
Sa mère lui adressa un sourire de réconfort. Connaissant son fils comme elle le connaissait, il devait être sujet à un stress certain, causé par cette discussion inattendue et inquiétante.
- Bien. Alors observe, déclara-t-elle doucement.
Blaise vit alors sa mère sortir de sa poche sa baguette (bois de rosier, ventricule de dragon, quarante centimètre, comme dirait Ollivander), et la pointer sur la tapisserie tout en murmurant une formule incompréhensible dans une langue fluide constellée d'accents toniques.
Rien ne se passa.
Blaise haussa les sourcils d'un air interrogateur en regardant sa mère, qui lui répondit par un sourire.
- D'ici tu ne dois pas voir grand-chose, mon chéri.
Et, la baguette toujours pointée sur le même objet, elle lança un sort de loupe qui eut pour effet de créer un disque d'environ trente centimètres de diamètre, suspendu dans les airs à mi-distance entre les occupants du fauteuil et la tapisserie. D'un mouvement vif de la baguette, Guenièvre Zabini fit s'élever la "loupe" de manière à ce que l'image agrandie visible soit celle du haut de l'arbre généalogique.
- Je vais te raconter l'histoire de notre famille, mon petit Blaise, déclara joyeusement sa mère.
Le petit Blaise soupira une nouvelle fois face à l'obstination de sa mère, et posa sa tête sur ses mains, les coudes appuyés sur ses genoux, attendant l'inévitable narration qu'il connaissait déjà par cœur.
Puis il regarda le bout d'arbre agrandi, et son cœur manqua le premier battement de la soirée.
Au lieu du patronyme de son vénérable aïeul anglo-romain, Norius Zabinii, se trouvait un nom à l'orthographe étrange, Z'Onoriel Habi-nee, suivit d'une étoile. Interloqué, Blaise se tourna vers sa mère, dans l'espoir d'une explication que celle-ci se fit une joie de donner.
- Voici le vrai nom du fondateur de notre famille, dont le nom a ensuite été raccourci en Z'Habi-nee, qui est resté, du moins phonétiquement parlant, le patronyme de tous ses descendants. Ce qui est intéressant de noter est que ce nom étrange vient de l'appartenance de Z'Onoriel au clan Habi, des elfes noirs de la forêt de Langorn, aujourd'hui disparue. Cet ancêtre illustre - c'était un grand guerrier – est tombée amoureux d'une humaine, Théa, et a fondé une famille avec elle dans un village sorcier pas très loin d'ici. C'est également de lui que vient la couleur de peau foncée des Zabini… Car les elfes noirs avaient, et ça paraît logique, la peau noire, noir bleuté même, si l'on en croît la légende, tu ne le savais pas ?
Guenièvre Zabini se souciait du visage stupéfait de son fils, sans se douter que la cause de cet ahurissement n'était pas celle qu'elle croyait. Puis elle comprit. Enfin, se dit-elle, s'il avait du mal à saisir le fait que son arrière-arrière-arrière-etc. grand père ne soit pas l'humain qu'il croyait, comment allait-t-il supporter la suite ?
- Hem, bon. Je crois que l'histoire véridique, complète et détaillée des Zabini attendra un autre jour, je vais me contenter de te raconter les grandes lignes…
Et ainsi, Blaise Zabini, sorcier plus ou moins magiste (l'équivalent d'un point de vue magique du racisme), porté sur la "pureté" du sang et accessoirement effondré sur son canapé, apprit qu'il avait parmi ses ascendants lointains un orc, six Vélanes, deux ou trois vampires, un nain, un demi-géant, et une petite dizaine de créatures humanoïdes dont le nom ne lui disait absolument rien (« Les Iksnaflours ? Jamais entendu parler ! »).
Cela, en faisant le résumé du dernier millénaire uniquement. Pour donner un autre exemple précis, la grand-mère paternelle de Blaise, qu'il croyait être une vieille aristo pourrie de fric et décédée depuis un certain temps, se révélait être une elfe sylvestre qui répondait au doux nom d'H'ényar-cha (littéralement "Rosier venimeux"). C'est au cours d'une fugue hors des Forêts Inaccessibles, où les derniers êtres elfiques se tiennent à l'abri des humains, qu'elle avait rencontré et aimé Sylvain Zabini ("Un nom prédestiné", déclara Guenièvre). Elle s'était mariée avec lui, lui avait donné deux enfants, puis était partie à sa mort, laissant ses deux fils à la charge du reste de la famille Zabini. Une fois retournée dans les Forêts Inaccessibles, plus personne n'avais jamais eu de nouvelles d'elle. Dans l'esprit de l'elfe, ces quinze années passées parmi les humains n'étaient probablement rien du tout, une petite minute dans sa vie millénaire.
Ses deux fils, Llègat'Nit, l'aîné et père de Blaise, et R'Hétu, avaient été élevés dans l'ambiance magiste, conservatrice des Sang-purs Zabini, avec plus ou moins de réussite : alors que l'aîné été devenu le parfait petit noble sang-pur de Serpentard, R'Hétu le cadet avait développé un caractère léger, totalement ignorant des différences d'origines ("Sang-De-Bourbe ou Sang-de-boudin, où est la différence ?" répondait-il à ses détracteurs. "Au lit, il n'y en a pas, et c'est tout ce qui m'importe. " Ajoutait-il souvent).
R'Hétu avait donc laissé à Poudlard un discret souvenir de Gryffondor coureur de jupons – la discrétion pour lui n'était pas une valeur familiale mais un moyen vital pour sa survie, les cocufiés se laissant rarement aller à un accès de bonté, et au final déshérité et mis au ban par sa famille. Le nom de ce "traître à son sang", comme l'appelaient les ex-siens, avait été effacé de la version publique de l'arbre familial (celle où tous les Zabini étaient des sorciers humains), mais rien n'avait pu l'enlever de l'arbre originel caché (vraisemblablement protégé de ce genre de tentative par un sort de protection aussi vieux que la tapisserie elle-même).
Après avoir décrit les principaux traits de caractère de cet oncle caché dont Blaise venait de découvrir l'existence, Guenièvre abaissa la "loupe" sur la dernière génération en date des Zabini, ne comportant qu'un seul membre – la guerre avait été désastreuse et meurtrière pour les nombreux membres de cette famille qui avaient cru bon de d'abandonner leur neutralité salvatrice et de se ranger aux côtés de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom.
Blaise se figea. Le trait qui reliait son nom à celui de ses parents n'était plus rattaché à Llègat'Nit Zabini, mais à son frère déchu, R'Hétu. Sa mère, cependant, restait sa mère, sous le nom de Guenièvre Greenayre.
Le jeune homme ferma les yeux, refusant de regarder plus longtemps l'arbre qui lui disait que le sang qu'il avait dans ses veines n'était pas celui qu'il croyait avoir, non pas "pur", mais plein de la diversité de ses multiples ancêtres non-humains, non pas à moitié celui de l'avant-dernier mâle des Zabini, mais celui de feu-R'Hétu aux mœurs légères.
Désormais plongé dans le noir et dans un certain désarroi, Blaise entendit sa mère raconter l'histoire de ce qui avait failli être l'une des plus belles filouteries du monde sorcier pour ce siècle-là.
Tout avait commencé le jour des dix-sept ans de R'Hétu, quand il avait été officiellement déshérité, et mis à la porte du manoir, avec quelques bagages et "seulement" quelques centaines de gallions dans son coffre à Gringott. Pour cette humiliation, et pour n'avoir pas pu récupérer sa collection de livre préférée – Icha Icha Paradise, ou, en bon français, le Paradis du batifolage - avant d'être plus ou moins jeté dehors, le jeune Zabini avait conçu une certaine rancune envers sa famille.
Coup du destin, deux mois plus tard, R'Hétu rencontrait par un total hasard Mrs Bones, récente épouse et veuve de feu Mr Bones, riche et vieux sorcier de l'aristocratie londonienne.
-Cette scène est restée dans ma mémoire, dit à son fils Guenièvre Zabini, ex-Mrs Ashford, ex-Mrs Mac Phee, ex-Mrs Stevenson, ex-Miss Greenayre. C'est dans un petit magasin de l'Allée des Embrumes que j'ai vu ton père pour la première fois. Pour se faire un peu d'argent, il vendait des ingrédients spéciaux pour potions spéciales. Par spéciaux, tu peux comprendre soumis à une réglementation très stricte, voire interdits Et moi, j'avais justement besoin d'une chose ou deux de ce genre. Comme il n'en avait pas en stock, il m'a dit de repasser la semaine d'après. Et puis juste avant que je sorte, il m'a demandé si j'étais bien Mrs Bones. J'ai dis que non, bien sûr, ça aurait catastrophique si j'étais vue dans un magasin comme celui là !
[Mode mémoire ON
("Cette poudre dont vous ne sentez pas l'odeur est appelée iocane. Elle est inodore, n'a pas de gout, se dissout instantanément dans un liquide et compte parmi les poisons les plus mortels humainement connus. " - Westley)
La femme s'apprêtait à ressortir après avoir passé sa commande, lorsqu'un vent violent - le temps était toujours exécrable dans l'Allée des Embrumes, une sorte de microclimat peut-être – rabattit le capuchon qui cachait son visage.
Le nouveau vendeur de la Boutique Sans Nom ouvrit de grands yeux en voyant la nouvelle veuve Bones laisser échapper un juron tout en réajustant sa capuche. Son cerveau commença à fonctionner à toute allure, et il cria à moitié :
- Vous, vous êtes Mrs Bon-
- Shhhht ! le coupa-t-elle en se retournant brusquement. Euh, non, je veux dire, je ne suis pas Mrs Bones ! tenta-t-elle de se justifier maladroitement.
Le vendeur eut un petit sourire entendu qui fit frissonner la sorcière.
- Bien entendu, Ma'am, bien entendu…
Alors qu'elle s'empressait de disparaitre derrière la vitre poisseuse de la porte, le sourire disparut pour laisser place à une expression de réflexion intensive. R'Hétu cogita ainsi toute la journée, et le soir, et le lendemain encore, alors qu'il vendait des ingrédients prohibés pour le compte de son patron.
La semaine d'après, lorsque Mrs Bones revint chercher ses ingrédients, elle se figea en entendant les premiers mots du jeune vendeur.
- Suc de digitale, jus de jusquiame noire, filtrat de laurier rose, feuilles de cotonéaster… Ce sont bien les ingrédients de la cyaïguë, le poison que vous affectionnez le plus, n'est-ce pas ? En doses infinitésimales, la mort provoquée peut s'étaler sur des mois en présentant des symptômes différents de ceux des poisons habituels. Trrrrès utile pour se débarrasser d'un mari vieux, malade et riche à mourir, dites-moi si je me trompe, Mrs Je-ne-suis-pas-Mrs-Bones ?
- Gh, fut la seule réponse que la sorcière put émettre, sous le choc de son secret éventé. Les journaux avaient bien jasés sur les quatre morts consécutives de ses quatre maris, mais entre porter des soupçons et être capable de donner le nom et la composition du poison utilisé, comme venait de faire le jeune homme qui la regardait d'un air narquois, il y avait un monde.
- Oh, mais il ne faut pas faire cette tête-là, je ne vais pas le crier sur tous les toits vot'secret… Au contraire, je voudrais vous proposer quelque chose, quelque chose qui pourrait assurer un bénéfice certain, si bien à vous qu'à moi… déclara R'Hétu d'un ton mielleux.
- Vous allez me donner les ingrédients que j'ai commandés et payés et je ne porterai pas plainte pour escroquerie ? essaya la jeune femme, peu convaincue d'avoir une chance de détourner la conversation.
Le jeune homme éclata de rire.
- J'vous aime bien vous ! Naan, disons juste que j'ai un projet qui pourrait vous intéresser, et dont j'aimerais vous entret'nir… Que diriez-vous de ceci : vous acceptez de dîner avec moi ce soir et de m'écouter vous l'exposer, et les morts de vos maris resteront classées comme "naturelles" par le Ministère. Alors ? M'écouter ne vous engagera en rien, n'vous-z-inquiètez pas, assura le sorcier.
Mrs Bones hésita, ne sachant quoi répondre. Cependant, le vendeur ne s'en formalisa pas et mit lui-même un terme à la conversation en posant sur le comptoir des boites louches – exactement de celles dont on s'attend à ce qu'elles contiennent des ingrédients de type rares et interdits.
- Voici votre commande. Je vous attendrai ce soir à vingt heures au Langan's Coq D'or, un resto moldu à deux pas du Chemin de Traverse. N'oubliez pas d'venir, si vous préférez que la Gazette, et donc le Ministère, restent ignorants de vos petits empoisonnements. La maison est heureuse d'avoir pu vous être utile et espère avoir le plaisir de vous revoir, chère cliente. A ce soir !
[Mode mémoire OFF
Guenièvre rit.
- C'est amusant, quand j'y repense, ça me terrifiait qu'un inconnu comme lui me menace ainsi. Cela dit, j'ai bien été obligée de me rendre au restaurant ! J'étais stressée comme avant la mort de mon premier mari.
« Joli périphrase pour parler d'un meurtre… Mère, vous avez toujours été douée pour éviter de dire les choses telles qu'elles sont ! »
- Et là, alors que nous étions en plein repas – un menu français délicieux d'ailleurs – il m'a exposé le plan auquel il voulait que je participe.
[Mode mémoire ON
Le restaurant était bien rempli, et le bruit et l'agitation alentour étaient parfaits pour ce qu'ils étaient – des comploteurs.
A la grande surprise de Guenièvre, le vendeur de la miteuse boutique, avec son langage des ruelles et son sourire mauvais s'était métamorphosé en un jeune homme très maniéré, habillé avec un costume moldu qui pouvait être presque qualifié de chic.
Après l'entrée – fois gras sur pain complet accompagné de salade campagnarde- il lui avait dit son nom et sa condition de déshérité.
Alors qu'ils dégustaient un excellent gigot et ses pommes de terre salardaises, il avait exprimé son envie de se venger de sa famille, et de regagner une certaine aisance financière. Guenièvre avait acquiescé, essayant d'avoir l'air compatissante, ce qui avait fait sourire R'Hétu.
Au moment du fromage, le jeune homme avait achevé la résistance de sa comparse-malgré-elle à grands coups de Châteauneuf du Pape rouge 1998 et d'arguments qui se tenaient fort bien – contrairement à Guenièvre qui, elle, vacillait un peu, un peu sous le charme du jeune homme, beaucoup à l'idée du "butin" qu'allait pouvoir rapporter le plan de celui-ci s'il elle l'acceptait et vaguement à cause de l'emprise de cet alcool qui était vraiment bien passé avec le fromage.
[Mode mémoire OFF
Blaise tenta d'imaginer sa mère pompette, sans succès. Elle lui avoua que depuis, elle avait appris le sort qui permettait de boire comme un nain at night sans ressentir la perte des capacités qui ensuit généralement la consommation massive d'alcool. Il y avait toujours des désavantages – la gueule de bois était inévitable – mais ça réduisait quand même les risques de se faire embarquer comme Blutch et Chesterfield dans un plan foireux (s'engager dans l'armée, faire le pari de voler un gobelin, et autres actes susceptibles d'être qualifiés ainsi).
[Mode mémoire ON:
("J'ai le cinq-centième anniversaire de mon pays à planifier, mon mariage à organiser, ma femme à assassiner et Guilder à faire accuser pour cela. Je suis débordé. " - Humperdinck)
Peu de temps après cette soirée mémorable – bien que la fin soit toujours restée sensiblement floue dans la mémoire de Guenièvre, pour la raison viticole citée plus haut – la veuve éplorée de Mr Bones faisait la rencontre, totalement par hasard, de Mr Zabini, et, un coup de foudre, une crise familiale chez les Zabini et une visite chez le notaire plus tard, les deux tourtereaux convolaient en juste noces aux îles Maldives (y en a qu'ont du pot).
Une fois l'idylle finie et le couple retourné au pays, Guenièvre nouvellement Zabini, en étant à son cinquième mari, savait s'y faire pour distraire ledit mari – ha les hommes - et put donc continuer la préparation de son nouveau stock de cyaïguë.
Elle eut, pour les besoins du complot, plusieurs rendez-vous avec R'Hétu Zabini, durant lesquels elle se prit à apprécier la cuisine française et le jeune homme et découvrit avec stupeur que personne, pas même les veuves noires, n'est à l'abri de tomber bêtement amoureux(se) du premier venu (oui, parce que pour ceux qui n'ont pas suivi, le "coup de foudre" avec son mari, Llègat'Nit Zabini, c'est signé théâtre, luxure et philtre d'amour !). Bon, là, ce n'était pas le premier venu, mais le frère de son mari avec lequel elle avait plané la mort de ce dernier dans le but de se faire la fortune des Zabini, puisqu'il était déshérité et brûlait de venger sa collection de Icha Icha Paradise (on parle de R'Hétu ici, mais suivez un peu !).
Collection qu'il finit par oublier, lui-même subitement pris de passion pour les yeux noirs de sa complice, laquelle était tout à fait disposée à le laisser regarder ses yeux pendant des heures et plus si affinité.
Et affinité il y avait entre le désormais ex-coureur de jupons et la sorcière fatale.
Le Plan s'étalait à l'origine sur cinq ans, au bout desquels Llègat'Nit devait mourir par les bons soins de sa femme. Cette longue période de latence s'était vue nécessaire à cause de la méfiance du reste de la famille Zabini envers la jeune mariée – assez compréhensible, vu que les statistiques montraient une forte tendance de ses maris précédents à décéder dans l'année suivant le mariage.
Tout était parfait. Llègat'Nit, Guenièvre et R'Hétu étaient aux anges (ce dernier profitant avec allégresse de la pension que lui versait sa compagne en cachette), et le complot aurait pu se dérouler sans anicroche jusqu'à la fin (celle de la vie de l'aîné bien sûr).
Mais le destin ne résiste jamais à une bonne blague et le début de la guerre avec Voldemort coïncida plus ou moins avec la mise en commun du patrimoine génétique de Guenièvre et R'Hétu pour aboutir à la création d'un nouvel être dont le nom serait plus tard redouté par toutes les grandes brutes de Serpentard.
[Mode mémoire OFF
Blaise sentit qu'il était censé être ému à l'évocation de sa conception, mais il avait encore du mal à imaginer que ses presque seize ans de vie étaient dus à une erreur de prononciation d'un sort de contraception. « Charmant, je suis un [z dit à la place d'un [s… »
[Mode mémoire ON:
("S'il vous plaît, considérez-moi comme une alternative au suicide. " - Humperdinck)
Hélas, R'Hétu ne sut jamais qu'il avait un fils, puisque lorsque Guenièvre s'aperçut de la gaffe (« Gaffe, gaffe, choisis un peu mieux tes mots, mince, c'est de ton fils que tu parles ! »), cela faisait déjà une semaine depuis qu'il avait été avadakedavrisé par un Mangemort quelconque alors qu'il combattait un groupe de partisans de Voldemort. "Un vrai Gryffondor" avaient dit ses anciens amis venus à l'enterrement d'un homme qui avait renoncé à la sûreté de la neutralité pour venir au secours d'inconnus en train de mourir à deux pas de sa maison.
Guenièvre était ensuite restée chez elle tout le temps de la guerre, protégée par l'attitude neutre de son mari envers les agitations du monde sorcier. C'est au manoir Zabini qu'elle avait accouché et commencé à élever son fils Blaise, du nom du héros d'un roman que R'Hétu lui avait dit adorer (non, ce n'était pas Blaise le poussin masqué !).
C'est au manoir Zabini que les Aurors étaient venus chercher une bonne partie de la famille pour collusion avec un mage noir terroriste. C'était là, comme partout ailleurs en Grande Bretagne, que le beau temps avait recommencé à illuminer le ciel et les cœurs, et peu nombreux étaient ceux qui n'étaient pas blessés d'une manière ou d'une autre.
Après y avoir réfléchi, Guenièvre avait présenté Blaise à Llègat'Nit comme son fils – il lui ressemblait autant qu'à son vrai père – et s'était résolue à abandonner ses projets d'assassinat, pour mieux embrasser une vie calme et sans douleur.
[Mode mémoire OFF
-A partir de là, il n'y a plus grand-chose à dire. Tu as grandi et j'ai décidé de ne plus faire de folies. Tout ce qui s'est passé depuis dans cette famille, tu as pu le voir de tes propres yeux, mon petit Blaise.
[Mode mémoire ON:
("Mon nom est Inigo Montoya. Vous avez tué mon père, préparez-vous à mourir.")
Ce que Guenièvre omit de préciser, c'est que le Mangemort reconnu comme coupable de la mort de R'Hétu Zabini, arrêté à la fin de la première guerre, était décédé "de mort naturelle" dans la cellule où il était incarcéré au Ministère, dans le court laps de temps entre la fin de ses interrogatoires et son transfert à Azkaban.
[Mode mémoire OFF
Guenièvre s'était tue depuis plusieurs secondes déjà, mais rien n'indiquait chez son fils la présence d'une quelconque réaction. On dit que les grandes douleurs sont muettes, mais on oublie souvent de rajouter qu'un état de choc ne s'exprime pas uniquement à l'aide de grands cris et de crises d'hystérie. D'ailleurs, bien qu'il ait été un tantinet soupe au lait durant son enfance, Blaise ne s'était jamais laissé aller à une crise d'hystérie. Ce n'était pas digne d'un Zabini, vous comprenez. Mais pour revenir à l'instant présent, il est heureux que la mère de Blaise ait eu le réflexe de vérifier que sa progéniture respirât encore correctement, puis de lancer le sort approprié qui permit à la boule qui s'était formée dans la gorge de Blaise de s'alléger un peu, lui permettant à nouveau de respirer à peu près normalement.
Puis, faisant preuve d'une présence d'esprit bien placée, Guenièvre conjura une boisson ("Tiens, tu as besoin d'un petit remontant") que Blaise prit avec gratitude et avala cul sec. Pour s'étouffer avec et le recracher à moitié aussitôt, ce qui fit s'exclamer sa mère avec consternation :
- Blaise ! Voyons ! Un pur malt de douze ans d'âge !
Entre deux quintes de toux, Blaise lui jeta un regard noir et féroce que n'aurait pas renié le plus adulé de tous les professeurs de potions de Poudlard.
« Je croyais que c'était de l'eau ! Quelle idée de me donner du whisky, mince ! Ca arrache la gorge ce truc ! »
Quand Blaise retrouva la capacité de râler à voix haute, il ne s'en priva pas.
- C'est bon, vous m'avez dit tout ce que vous aviez à me dire, mère ? Pas d'autres secrets de famille ou concernant ma parenté que vous auriez omis de me dire ? Pas d'autre cadavre caché dans un placard sur lequel je risque de tomber un jour où l'autre ? demanda-t-il avec ironie.
« Cette métaphore sonne trop réaliste dans ce contexte » réalisa-t-il juste après avoir parlé.
Mais au lieu de répondre à ce qui était de toute façon des questions de rhétorique, Guenièvre se contenta de soupirer de soulagement. Son fils faisait de l'ironie, c'était bon signe : si Blaise prenait la chose de cette manière, c'était parfait, il n'allait pas mettre trop de temps à digérer tout ça.
Après tout il venait juste d'apprendre qu'il était plus que mal placé pour avoir un comportement basé sur la "pureté du sang", que celui qu'il croyait être son père ne l'était pas et que contrairement à ce qu'il pensait, sa mère n'avait pas pour projet de le transformer en trophée sur sa liste de maris décédés. Vu le réalisme dont il faisait preuve en pensant à la personnalité de sa mère et le peu d'attachement qu'il avait avec son "père" (Freud aurait parlé d'un Œdipe mal fini, mais nous nous contenterons de dire que l'affection que Blaise n'avait pas pour son père, il l'avait pour sa mère), seule la première partie risquait de prendre un certain temps à être assimilée.
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Vidé de toute énergie, Blaise marchait dans le couloir menait à sa chambre, de s'assommer avec un somnifère ou un mur et d'arrêter de penser.
Mais le cœur de Blaise n'en avait pas encore fini d'être éprouvé ce jour-là. Alors qu'il tournait au coin du couloir, le jeune homme tomba nez-à-nez avec son père. Enfin son père adoptif-à-l'insu-de-son-plein-gré. Celui-ci semblait l'attendre, adossé à la porte de sa chambre et les bras croisés, il se redressa en voyant son fils arriver.
Blaise scruta le visage austère de celui qui était son oncle, ses yeux noirs impassibles, son nez d'aigle que Cyrano de Bergerac n'aurait pas renié, son teint noir – aux infimes reflets bleutés, Blaise s'en rendait compte, son masque de non-émotion plaqué sur ses traits comme à son habitude.
- Père ? demanda-t-il, prudemment.
Llègat'Nit sourit. Fait suffisamment rare pour être mentionné. Et pire encore, il semblait franchement amusé lorsqu'il prit la parole.
- Alors ta mère s'est enfin décidée à te dire la vérité ? Elle a vraiment mis le temps – mon frère aurait été déçu de savoir que son fils a ignoré l'être pendant plus de seize ans…
La mâchoire de Blaise s'affaissa, de même que toutes ses chances de trouver une réplique convenable.
- Gh.
Le sourire de l'avant-dernier Zabini s'élargit, montrant des dents blanches.
- Ne fais pas cette tête-là, Blaise. Tu sais, il faudra bien que Guenièvre se rende compte un jour qu'essayer de tromper un Zabini est difficile, et qu'envisager de l'empoisonner est futilement illusoire. Il est de notoriété commune que les Zabini ont "le poison dans le sang", pour paraphraser je ne sais quel journaliste du dix-huitième siècle… D'ailleurs, en parlant de ça, quand tu auras fini ton magazine sur les Poisons indétectables et oubliés de l'Âge Sombre, tu pourras me le prêter ? Il y a un article sur la cyaïguë dedans et je voudrais le laisser bien en vue pour ta mère – histoire qu'elle commence à comprendre que je suis au courant de tout et depuis le début.
Un elfe "poppa" soudain dans le couloir, et s'adressa au pater familias (quoique l'expression fut désormais à prendre au figuré) après s'être brièvement et respectueusement incliné devant lui et Blaise.
- Maître, votre notaire, Mr Sparraw, est arrivé, il vous attend dans votre bureau.
- Entendu. Va l'avertir de mon arrivée imminente et sers lui un rafraichissement en attendant.
Après avoir acquiescé et dans un "pop" qui ressemblait à un "pouf" mal embouché, l'elfe de maison disparut. Llègat'Nit reporta son attention sur son fils.
- Bien, je vais devoir partir. Repose-toi et n'oublie pas pour le magazine. Oh, et puis, Blaise, sois prudent, il y a des ITI dans le parc, surveille l'état du Charmoustiquaire de ta chambre, il faudra peut-être songer à le renforcer…
Alors que son père s'éloignait, Blaise entra dans sa chambre tout en murmurant :
- ITI, les Insectes de Taille Inhabituelle ? Je ne pense pas qu'ils existent…
POC !
Blaise eut juste le temps de relever la tête pour voir un hanneton de la taille d'une assiette tomber - après avoir foncé sur la fenêtre et reçu la décharge du sort anti-insectes.
Références, allusions et citations diverses trouvables dans le texte :
"ma part d'ombre" : provient de la chanson d'un certain Eiffel
"Côté obscur" : je dois vraiment citer la source ? Bon, ok, alors c'est tiré de Star Wars, merci à G. Lucas
"Les De Silva espagnols" : en référence à la scène des portraits d'Hernani, drame romantique de V. Hugo
"Z'Onoriel" : il s'agit ici d'une déformation de Enoriel, personnage et elfe de Reflets d'acide (par JBX)
"la forêt de Langorn" : référence à la forêt de Glandorn, du monde chaotique tolkiennesque de Naheulbeuk (PenOfChaos)
"H'ényar-cha" : je suis sûre et certaine qu'il s'agit là aussi d'une déformation, mais je ne parviens pas à me souvenir de quoi… gloups
"R 'Hétu" : anagramme approximatif doublé d'une écriture saugrenue de Uther
"Llègat'Nit" : anagramme saugrenu doublé d'une écriture approximative de Tintagel
"Guenièvre" : utilisation abusive d'un nom que je crois faire partie de la légende arthurienne
"Cyrano de Bergerac", associé à "nez", doit faire tilt dans la tête de tout lecteur un minimum cultivé.
"Blaise le poussin masqué" : Claude Ponti, auteur pour enfants
"Icha Icha Paradise", alias "Come come Paradise", alias "Le Paradis du batifolage" : c'est le livre interdit aux moins de 18 ans que lit un des personnages du manga Naruto (Kishimoto), j'ai nommé Kakashi-sensei YAAAAH (cri de fan hystérique)
"cyaïguë" : simple mélange entre ciguë et cyanure, vu que je n'avais pas d'autre idée pour trouver un nom de poison…
"Blutch et Chesterfield" : personnages tirés de la bande dessinée Les Tuniques Bleues (me rappelle point du nom de l'auteur)
"à l'insu de son plein gré" : les amateurs auront reconnu une réplique des Guignols de l'Info utilisée pour se moquer du dopage dans le milieu du vélo
"Mr Sparraw" : tout droit déformé de Sparrow, (Jack of course !) de PdC
Et bien sûr, les quatre ou cinq citations tirées de Princess Bride, avec l'adaptation de la scène des RDTI (Rongeurs de Taille Inhabituelle).
Recherches effectuées lors de l'écriture de ce One-Shot (y en a qui peuvent surprendre…) :
Les ingrédients cités comme composants de la cyaïguë sont tous tirés de plantes ou arbres dont au moins une partie (feuilles, baies, pédoncules, oreille gauche, etc.) est toxique. J'ai du me rabattre sur des poisons végétaux après une recherche infructueuse sur les poisons chimiques (l'arsenic, c'était trop classique).
Il a également fallu trouver un vin pas trop mauvais, merci à ma mère pour le Châteauneuf du Pape et au moteur de recherche pour le millésime (qui est quelconque, au final, mais c'est pas faute d'avoir cherché)
De même, le Langan's Coq D'or est un vrai restaurant existant réellement à Londres, bien que probablement pas à deux pas du Chemin de Traverse (j'aurais pu en trouver un à proximité, mais il aurait fallu que je recherche la situation géographique du chemin de traverse lui-même… trop long !)
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