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IV - Indécis
-Je ne sais vraiment pas quoi faire, mon oncle... » Avoua piteusement Zuko à Iroh.
Iroh posa sa tasse sur la table basse devant lui et étudia le visage de son neveu. Etait-ce le reflet de la lumière dansante des bougies qui trahissait sa vue? En tout cas son neveu semblait passablement confus. Iroh prit la bouilloire et versa à nouveau de l'eau brûlante dans le bol.
-Je suis sûr que tu fera un bon professeur, Zuko. »
Le prince sourit devant la promotion discrète du rang d'élève à celui de maître que venait de lui attribuer son oncle, et répliqua:
-Enfin...Vous comprenez dans quelle situation je me retrouve... »
Iroh hocha doucement la tête et dit:
-Tu cherches la bonne solution... Mais il n'y a ni bonne ni mauvaise solution. Juste deux differentes, à toi de choisir celle qui te correspond. De quel côté te mets-tu? Celui de l'avatar ou celui de ceux qui viennent d'attenter à ta vie? »
-Votre réponse est subjective, mon oncle. »
Iroh sourit discrétement et demanda:
-Tu es sûr de ne pas vouloir de thé? »
-Je crois que je vais aller plutôt me coucher. » Répondit Zuko, ignorant totalement la proposition de son oncle.
Le jeune prince se leva, salua son aîné et sortit avant de refermer la porte derrière lui. Il aurait bien voulu dire à son oncle à quel point il l'appreciait. Son oncle qui avait toujours était là pour lui, qui ne le trahirait jamais. Que n'aurait-il pas donné pour ranger rien qu'une seule fois son stupide ego demesuré et avouer à son oncle tout l'affection qu'il lui portait...
Il marcha dans le couloir en direction de sa chambre, et s'arrêta devant celle où dormait dorénavant Aang. Il attendit plusieurs secondes, immobile devant la porte boisée, hésitant et indécis sur ce qu'il devait faire, puis se remit à marcher vers sa propre pièce.
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Aang entendit de nouveau le bruit de pas reprendre son chemin et s'éloigner, ne laissant aucun doute sur ce à qui ils appartenaient. Les choses s'étaient précipitées. Vite. Trop vite. Il y a quelques heures à peine, il se trouvait à croupir dans une cellule misérable de la calle, et à présent il était douilletement allongé dans un lit chaud, l'estomac enfin plein après plusieurs jours de famine.
Quand il avait fait sa demande d'enseignement, Aang avait vu les emotions contradictoires au fond des yeux de Zuko, et le jeune garçon ne savait pas encore comment il pouvait considérer le prince bani. Ami ou ennemi... ?Tout était encore bien flou.
Aang se retourna sur lui même, provoquant un froissement de draps silencieux, et cala doucement ses mains derrière sa tête.
Même s'il voulait s'enfuir, il n'avait plus son bâton volant, autrement dit aucun moyen de s'échapper du navire. Et étrangement, il n'avait plus envie de quitter le bateau le plus vite possible. Il était curieux et appréhendait les évenements à suivre. On aurait pu qualifier son comportement de stupide, mais Aang était persuadé que Zuko n'était pas le masque austère et dur derrière lequel il se dissimulait.
Aang bailla et ferma les yeux. Après plusieurs jours sans véritable sommeil, il s'endormit aussitôt.
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Aang s'étira longuement, et se mit sur pieds. Il tira les rideaux rouges du petit hubleau au dessus de son lit. Il devait être tôt le matin, car le soleil n'était pas bien haut au dessus de l'horizon. Aang, habitué par les moines à se lever dès l'aube, fit rapidemment sa toilette avant de sortir de sa chambre.
Dès les premières minutes, il sentit que quelque chose n'allait pas. Bien que tout semblât calme dans le couloir, il comprit rapidemment ce qui le perturbait. L'abscence de vibration dans le plancher du bateau manquait : habituellement, on ressentait toujours plus ou moins les oscillations du bateau sillonnant la mer. Là, il semblait immobile.
Le navire était sans nul doute arrêté.
Aussi en sortant, Aang ne fut pas surprit de constater que le bateau avait jeté l'ancre. Pas à un port ni même sur une côte, mais au détour de ce qui devait être une île. Inhabitée à l'évidence, tant la nature sauvage ne laissait aucun doute sur l'absence totale d'êtres humains.
Aang laissa son regard errer un instant sur la masse d'arbres verts qui bordaient la crique de sable fin à plusieurs mêtres de là. La forêt en bordure ne semblait pas humide telle une foret tropicale, mais plutôt boisée et claire. Acceuillante même.
Aux vues de ce type végetation, Aang en conclu qu'ils se rapprochaient lentement mais sûrement des terres du Feu. Il sentit un frisson parcourir son échine en pensant à l'inexorable terme du voyage. Zuko rennoncerait-il ?
Aang tourna subitement la tête, attiré par un mouvement sur sa droite. Iroh.
-Bonjour, Aang! » S'exclama jovialement Iroh à l'adresse du plus jeune.
-Bonjour... Euh... Je ne sais pas comment je dois vous appeler... » Fit bêtement Aang en se frottant la nuque.
-Oh! Appelle moi Iroh, tout simplement »
Aang sourit à la gentillesse et à la simplicité bienveillante de l'homme, puis demanda:
-Pourquoi avons nous jeté l'ancre? »
-La bataille d'hier n'a pas été sans répercution concernant l'état du navire... Les machinistes doivent faire des réparations. »Expliqua Iroh. « Nous sommes obligés de nous arrêter, et étant donné qu'il n'y a pas terre tout près d'ici, cette île fait parfaitement l'affaire... Même si mon neveu pense qu'une escale est une pure perte de temps. »
Le visage d'Aang s'assombrit à l'évocation de Zuko.
Le prince était donc si pressé de le livrer au Seigneur du Feu? De toute façon, il était evident que Zuko ne changerait pas sa décision aussi facilement... Bientôt trois ans qu'il cherchait à le capturer : il ne demordrait pas de l'affaire de si tôt...
-Je suis sûr que Zuko finira pas réaliser son erreur. » Fit Iroh à côté de lui, accoudé à la rembarde.
Aang équarquilla les yeux et tourna son visage vers le vieux Maître du Feu. Ses expressions étaient-elles un tel livre ouvert ou le vieil homme était-il un extra-lucide possèdant le don de lire ses pensées ?
Ils restèrent encore un instant silencieux, jusqu'à ce que Iroh décrète qu'il allait boire une tasse de thé. Après que Aang eut refusé l'offre du vieil homme de se joindre à lui, le jeune avatar décida de retrouver enfin la terre ferme.
Il inspira profondemment et, d'un grand geste circonsférique des mains, fit naître un courant de vent qui le laissa glisser jusqu'à la plage devant.
Heureux de retrouver enfin le sol, Aang se laissa tomber d'un bloc dans le sable, faisant courir ses doigts dans le sable fin et doré. Il resta plusieurs minutes dans la même position, puis, se releva et parti dans la foret acceuillante qui lui tendait les bras.
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Zuko avait donné quartier libre aux hommes qui ne s'occupaient pas des réparations. Plusieurs d'entre eux étaient déjà ivres sur la plage. Lamentable. Zuko sentit sa barque toucher le sable, et il jeta un regard méprisant aux hommes saouls étalés à terre alors que midi n'avait même pas encore sonné.
Il posa pied à terre et fit quelques pas sur la crique, quand il remarqua de petites empreintes de pas laissées dans le sable en direction de la fôret. Impossible que ca soit un de ses hommes qui ait foulé avec une aussi grande legerté le sable : l'avatar était passé par ici.
Zuko quitta la plage, et tout comme Aang l'avait fait plus tôt, il penetra dans la forêt, absorbé dans ses pensées.
Car il avait de quoi penser... Il ne savait plus quelle attitude adopter face à l'avatar. En lui prêtant main forte, Aang avait-il simplement comprit qu'entre les mains de Zhao il serait encore plus maltraité qu'entre les siennes?
Non... Aang n'était pas comme tout ces commandants et générals calculateurs que Zuko avait connu dans son pays, Aang n'était pas de ceux qui manipulent les autres avec des paroles.
Alors devait-il le croire quand il disait qu'il ne devrait pas se rallier à son père? Au fond de lui, Zuko savait que tout ces évenements avaient chamboulés ses opinions et sa façon de penser, et peut-être bien que Aang n'avait pas si tort que ça au fond...
Zuko eut un leger rictus en constatant que dans son esprit désormais, la froide appellation « avatar » avait cédée sa place à un « Aang » plus humain.
Il continuait à marcher sans trop prêter attention où il allait, quand soudain, comme pour materialiser l'objet de ses pensées, il apercut le jeune avatar à une cinquantaine de mètres.
Celui-ci n'avait pas semblé s'apercevoir de sa présence. Il était debout, position gigotaï, devant un lac d'une taille considerable dont la surface calme miroitait sous les rayons du soleil.
Tandis que Zuko restait masqué dans l'ombre de la masse d'arbres, Aang, devant l'eau, se mit à éxecuter un kata, dont tout les gestes fluides et maîtrisé se succédaient avec une précision inégalable.
Zuko regarda avec fascination le jeune garçon enchaîner les mouvements si differents de ceux qui régissaient le Feu. Il ne distinguait pas bien le visage d'Aang à cette distance, mais on pouvait apercevoir une intense concentration, témoignant de la difficulté de l'exercice.
Zuko remarqua soudain une gerbe d'eau sur le lac qui commencait à s'élever à partir du centre. L'avatar ne pensait tout de même pas à...
Si : Aang avait l'audace d'entreprendre le contrôle de la totalité du lac.Avec effarement, Zuko considéra l'eau qui se levait, qui se levait, jusqu'à être entierement en lévitation au dessus du lac desormais vide, contenu par la seule volonté de l'avatar.
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Aang rouvrit les yeux qu'il avait fermé sous l'effort de la concentration et vit avec satisfaction qu'il y était parvenu. Katara aurait été fière de lui. Il sourit mélancoliquement au souvenir de la jeune fille. Ses amis lui manquaient plus qu'il ne le laissait transparaître, et que n'aurait-il pas donné pour revoir l'énorme silhouette de son fidèle Appa.
Il releva les yeux vers la gigantesque masse d'eau en suspension dans l'air et vit avec horreur que les quelques poissons restés sur le fond du lac, commencaient à suffoquer en se tortilant spasmodiquement. Ne voulant pas tuer ces chers animaux marins, Aang, après un dernier looping de la masse d'eau pour la forme, remit l'eau dans son bassin d'origine.
-Bravo, c'était impressionant. » Fit une voix suffisante derrière lui.
Aang se retourna et apercut Zuko qui s'approchait vers lui d'un pas nonchalant.
-Quelle heure est-il a ton avis? Demanda le prince.
Bien qu'ignorant pourquoi Zuko lui posait une question aussi déplacée, Aang leva les yeux vers le ciel, et abritant ses yeux des aveuglants rayons de sa main gauche, observa la position du soleil.
-Bientôt midi, je dirais. »Jaugea le jeune adolescent.
-Alors c'est parfait. » Fit Zuko qui était à présent arrivé à son niveau.
-Parfait pour quoi ? »Demanda Aang sans comprendre.
-Pour commencer ton enseignement de la maîtrise du Feu. » Répliqua impassiblement Zuko.
-C'est vrai !? » S'écria Aang un sourire euphorique aux lèvres.
-Oui, les rayons du soleil tombent plus droits sur la terre à midi, l'idéal pour commencer une.. »
-Je veux dire... C'est super que tu sois d'accord! »Le coupa Aang.
-Ne te réjouis pas trop vite. » Le prévint Zuko d'un air sérieux « La maîtrise du feu ne ressemble en rien à celle des autres, car en plus d'être longue et difficile, le feu est un élement dangereux qui blesse sans pardonner et qui provoque des blessures parfois inguérissables. »
Zuko parlait à titre d'expérience personnelle, et en voyant la profonde brûlure qui avait détérioré la partie gauche de son visage, Aang resongea au jour où il avait blessé Katara en se montrant trop impatient.
Aang leva les yeux vers le plus vieux et hocha la tête d'un air déterminé.
-Bien. » Dit Zuko. « Maintenant prend la même position que moi. »
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Iroh respira l'air doux et fit parcourir ses yeux sur la masse verdoyante de l'île. Son neveu et l'avatar était à l'interieur. Iroh sourit légerement pour lui même et soupira légèrment. Il faisait confiance à Zuko. Il lui avait toujours fait confiance. Il allait faire le bon choix.
Il ésperait juste qu'il ne se montrerait pas trop dur dans la formation de Aang...
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