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Sous la peauChapitre 4
Harry était blessé de l'attitude de Snape, même si ses arguments pour le repousser n'étaient pas dénués de raison. Il n'alla pas lui rendre sa visite habituelle avant les cours. Il espérait le punir, se faire regretter. Mais la punition fut pour lui : ne pas le voir lui manqua atrocement. Il pensa à lui toute la journée alors que les heures se traînaient lamentablement.
A la fin du dernier cours, n'en pouvant plus, il courut jusqu'aux cachots.
Il fut très désappointé de constater que Snape n'était pas seul. Draco était assis sur le fauteuil en vis-à-vis.
- Potter, salua vaguement l'ancien professeur. Je ne m'attendais pas à vous voir.
- Pourquoi, monsieur ? répliqua Harry, les dents serrées. Je passe tous les jours. Cela n'a rien de bizarre.
Il espérait que Snape n'évoquerait pas leur entretien de la veille devant Draco. Celui-ci n'avait nul besoin de savoir que Snape était celui qui l'avait envoyé sur les roses.
- Je vais vous laisser…, marmonna Draco sans bouger d'un millimètre.
Le menton posé sur sa main, Snape regardait Harry, qui ne cillait pas. Leur immobilité s'éternisa. Alors Draco se leva finalement et prit congé.
- Qu'est-ce qu'il voulait ? demanda Harry dès que le blond eut refermé la porte derrière lui.
- Draco m'a préparé lui-même du thé et m'a fait l'honneur d'en boire avec moi. Avez-vous quelque chose à redire à cela, Potter ?
Le ton était volontairement provocateur. Harry puisa dans toutes ses réserves de patience. S'il voulait impressionner Snape par sa maturité, ce n'était pas le moment de trépigner comme un gosse capricieux.
- Rien, monsieur. C'est parfait que Draco se rende utile, pour une fois.
- C'est plus que cela, me semble-t-il. Nous étions très proches lorsque nous étions en fuite, l'an passé…
Cette remarque revenait à agiter un chiffon rouge devant un taureau furieux. Les narines de Harry palpitèrent.
- C'est bien. Vous avez dû le torcher souvent. Il devait se faire dessus en pensant à la punition de Tonton Voldy, non ?
- Vous êtes un sale petit con arrogant, Potter.
Et Snape éclata de rire.
Après une seconde de silence déconcerté, Harry l'imita. Il sentait que l'amusement du professeur était sincère et ne s'exerçait pas à ses dépens.
- Vous êtes d'attaque pour sortir ? lui proposa-t-il.
- Vous désirez encore m'aider ? s'étonna Snape, recouvrant son sérieux.
- Evidemment.
Harry n'ajouta pas qu'il lui faudrait plus qu'un refus pour renoncer. Il se contenta de lui prendre le bras pour l'aider à se lever.
Snape allait mieux, indéniablement. Ses gestes retrouvaient un peu de leur tranchant. Il avait même décidé de se lancer dans une entreprise que Harry jugeait prématurée : le tour du lac.
- Vous exagérez, maugréa Harry. Vous allez mieux, mais ce n'est pas une raison pour faire tout de suite un marathon.
- Cessez de jouer les mères poules. Vous me rappelez…
Snape s'interrompit. Harry comprit cependant fort bien : il lui rappelait Albus.
Harry baissa la tête. Même s'il avait fait son deuil du vieux sorcier, apprendre qu'il était responsable de sa mort l'avait secoué. Il se demanda à quel degré Snape lui en tenait rigueur.
Snape dit d'un ton bourru :
- Cessez de faire cette tête, Potter. Albus vous a contraint à lui faire avaler cette mixture. Ils avait très bien quelles seraient les conséquences. Il a choisi sa mort. Ne chargez pas votre conscience d'un fardeau injustifié.
Harry voulut parler, mais sa gorge serrée l'en empêcha. Il détourna le visage.
- Aidez-moi à marcher, continua Snape avec sécheresse. Vous vous lamenterez sur votre sort plus tard.
La diversion réussit. Harry avait à présent très envie de provoquer une autre mort. Il crispa la main sur le bras de son ancien professeur. Mais il reprit la marche sans autre commentaire.
- Comment se passent vos cours ? demanda Snape.
- Bien, éluda Harry.
- Et ceux que vous donnez à Malefoy ?
Harry s'arrêta. Snape eut un sourire en coin.
- C'est une question rhétorique. Je sais que tout se passe à merveille. Draco est très élogieux envers vous.
Harry, flatté, eut une pensée reconnaissante pour Malefoy. Snape poursuivit :
- Je vous remercie de lui apporter votre soutien. Je suis persuadé qu'il fera de grandes choses. Ce serait fort dommageable qu'il soit privé de son avenir pour des erreurs de jeunesse.
- C'est drôle, cette remarque pourrait s'appliquer à vous.
- A la différence que je suis vieux, Potter. Mes perspectives d'avenir n'existent plus.
- Vous n'êtes pas… Bon sang, combien de fois devrais-je le dire ? Vous n'êtes pas vieux ! Vous avez un avenir !
- Ce n'est pas l'avis du monde qui m'entoure.
- Quoi ? L'avis de qui ?
- J'ai quelques démêlées avec le crétin hypertrophié qui vous a remis votre médaille.
- Vous voulez m'en parler ? J'y peux sûrement quelque chose ?
- Non. A vos deux questions.
Snape chancela soudain et serait tombé si Harry ne l'avait pas retenu. Celui-ci poussa l'audace jusqu'à lui tapoter le dos.
- Vous n'auriez pas dû faire un tel effort, je le savais bien. Vous êtes encore en convalescence.
- Cessez vos récriminations ou je vous jette dans le lac.
Harry le prit fermement par les épaules.
- Accrochez-vous.
Il transplana jusqu'aux cachots. Lorsqu'ils se matérialisèrent dans le couloir, Snape avait un air stupéfait.
- Comment avez-vous… ?
- Oh, ce n'est pas sorcier si j'ose dire. Pour transplaner à Poudlard, il suffit de connecter sa magie aux barrières. C'est bien ce que Dumbledore faisait ?
Snape le regarda comme s'il était Salazar Serpentard réincarné.
- Allez vous reposer, dit gentiment Harry. Demain nous referons une petite marche.
- Vous êtes un garde-malade lamentable, monsieur Potter. J'espère que vous n'envisagez pas de devenir médicomage. A demain.
La porte se referma au nez de Harry.
Celui-ci ne put se retenir de sourire. Il avait bien fait de ne pas obéir à son orgueil blessé et de revenir. Snape était content de le voir, ça se voyait. Il arrivait bien à le convaincre de profiter de l'instant présent. Une once de Carpe diem et ils pourraient former un couple, Harry en était sûr… Le cœur réchauffé, le garçon regagna son dortoir. Il était d'humeur à se plonger dans son travail personnel, cette fois. Il était même d'humeur à s'intéresser à son avenir.
HPHPHPHP
Harry était intrigué par l'allusion de Snape à ses ennuis avec le Ministre de la magie. Il demanda à Hermione, Miss-j'épluche-la-presse, si elle était au courant de quelque chose. Mais elle secoua la tête.
- Franchement, Snape ne fait pas la « une ». Ni même la dernière page. Après la guerre, nous sommes en pleine reconstruction. Snape n'est pas la préoccupation numéro un !
- Il est quand même la tête de turc numéro un de Scrimgeour !
- Si tu le dis.
- Qu'y a-t-il, Hermione ? Tu es de mauvais poil ?
- Je ne suis pas de mauvais poil ! On croirait que j'ai la science infuse, tout le monde vient me demander ce que je sais sur ceci ou sur cela ! Pour la reconnaissance que j'en obtiens… Alors, excuse-moi Harry, mais débrouille-toi !
Elle monta la voix sur les derniers mots. Tous les Gryffondors cessèrent leurs conversations pour la regarder. Elles e leva de table et quitta le réfectoire à grandes enjambées. Harry vit que Draco la regardait, impassible.
Il décida d'aller voir McGonagall. La directrice lui avait promis que la porte de son bureau serait toujours ouverte pour lui. De manière plus terre-à-terre, il se heurta à l'obstacle du mot de passe et aux gargouilles récalcitrantes. Il attendit quarante-cinq minutes au bas de l'escalier avant que l'Ecossaise ne se montre. Elle parut surprise de sa présence et réticente à le laisser entrer. Mais d'un signe de tête, elle lui fit signe de monter. Elle alluma quelques bougies, qui projetèrent des lueurs plus sinistres qu'accueillantes. Elle se laissa lentement glisser sur le fauteuil et lui caressa le bras d'un geste machinal. Elle avait adopté certains des gestes de son prédécesseur.
- Eh bien, monsieur Potter. Que puis-je pour vous ?
Leur proximité au sein de l'Ordre du Phénix n'avait pas rendu McGonagall moins formelle. Harry regrettait la cordialité de Dumbledore, même s'il s'en servait pour mieux manipuler les gens. Il regrettait aussi la franche colère qu'elle avait déployée face à Dolorès Ombrage en 5e année : « J'aiderai Potter à devenir auror, quoi qu'il m'en coûte ! » Elle était pleine d'énergie, alors.
- Je veux savoir si un danger pèse sur le professeur Snape.
- Cela ne vous regarde en rien, cependant.
Harry soutint son regard. Si elle savait… Mais elle n'avait pas l'art de deviner les sentiments d'autrui. Il n'y avait pas d'étincelle malicieuse dans ses prunelles. Son visage reflétait seulement la plus profonde lassitude.
- S'il a des ennuis, je veux l'aider. S'il y a la moindre chance que mon influence sur le ministre…
- Vous vous abusez, monsieur Potter. Le ministre n'a plus besoin de vous. Vous n'êtes donc plus rien.
- J'ai encore de la popularité, madame.
- Au sein de cette école, certainement. Peut-être aussi dans le Chemin de Traverse. On vous y encenserait avec de brèves louanges. Mais ne vous bercez pas d'illusions : votre nom suscite de la reconnaissance, mais la population a déjà tourné la page. Elle ne veut déjà plus qu'on lui parle de la guerre et de ses horreurs. Rappelez-vous de Winston Churchill et de Charles de Gaulle : leurs pays respectifs leur devaient la victoire et la liberté. Deux ans après, ils perdaient tous les eux les élections.
Harry digéra difficilement ce laïus. Il ne se flattait pas d'être l'idole des foules, mais il espérait être utile aux autres. Notamment à son ancien professeur de Potions.
- Quel est le problème avec Snape ?
- Le professeur Snape, corrigea la directrice.
- Répondez-moi, je vous en prie !
Après une hésitation et un soupir, McGonagall lâcha :
- Rien qui ne doive vous surprendre. Malgré toutes les précautions prises, le ministre a un dossier sur Severus. Il menace de saisir ses biens malgré l'absence de preuves formelles.
- Sans preuves ? Il peut faire ça ?
- Cela ne le gênera pas beaucoup. L'époque est à l'épuration. Heureusement que vous avez eu l'intelligence de ne pas clamer sur les toits que Snape était l'assassin d'Albus. Scrimgeour vous aurait déjà forcé à témoigner sous Veritaserum.
Harry frissonna d'horreur. Il coula un regard à McGonagall. Elle avait l'air si fatigué, si accablé. Ils étaient beaux, les vainqueurs.
Harry et Minerva se regardèrent tout en restant silencieux. Ils savaient bien qu'ils pensaient la même chose.
HPHPHPHP
Snape était fatigué. Sa convalescence marquait le pas.
- J'en étais sûr, grommela Harry. Vous avez voulu aller trop vite.
- Je vous prierais de garder pour vous votre diagnostic hautement incompétent.
La voix était sèche. Harry rougit de colère. Il laissa Snape s'asseoir face à lui sans proposer son aide. Il remarqua que l'homme vacillait sur ses jambes, mais garda le silence. Il savait bien que ses remarques exaspéraient l'ancien professeur.
Leurs petites sorties quotidiennes étaient suspendues jusqu'à ce que Snape ait recouvré ses forces. Cela navrait Harry mais il se satisfaisait de le rencontrer dans son appartement. Le principal, à ses yeux, était de passer du temps en sa compagnie.
Snape, en revanche, semblait affecté par cette soudaine faiblesse. Du moins c'était ainsi que Harry interprétait son humeur particulièrement aigre. Pire encore, Snape paraissait parfois désorienté, cherchant ses mots, la mémoire défaillante. Ces moments de confusion provoquaient invariablement sa colère.
Harry s'efforçait alors de n'aborder aucun sujet délicat, ni ses sentiments, ni la mort de Dumbledore, ni la situation difficile du cher Draco. Il n'irait pas jusqu'à dire que cela suffisait à son bonheur, parce que c'était faux. Son bonheur aurait besoin d'avancées bien plus significatives. Mais dans l'immédiat, il s'en contenterait.
- J'ai une bonne nouvelle pour vous, monsieur, commença-t-il avec une gaieté qu'il espérait contagieuse.
- Vous quittez Poudlard ?
- Non, ma nouvelle n'est pas bonne à ce point. Je viens vous apprendre que vos livres ont été livrés à Poudlard. McGonagall me l'a dit juste avant que…
- Quels livres ? l'interrompit Snape avec brusquerie.
- Ceux qui étaient chez vous. Vous avez une maison dans le nord de l'Angleterre, paraît-il. Le Ministre veut la saisir, mais MacGonagall a réussi à faire rapatrier vos livres.
Snape avait pâli, lui qui était déjà blafard depuis quelques jours. Son poing s'abattit sur l'accoudoir.
- Quelle stupidité ! jeta-t-il âprement. Mes livres, vraiment ! Qui se soucie de feuilles de papier ? Je ne possède plus rien, pas même un corps en état de marche. Que mes livres aillent brûler en autodafé !
- McGonagall croyait vous faire plaisir…
- Alors qu'elle cesse de me traiter en paria ! Je sais bien pourquoi elle est toujours trop occupée pour me rendre visite. Elle me reproche la mort d'Albus, elle ne peut supporter de me regarder en face…
Harry se recroquevilla. Il n'avait parlé à personne de son rôle ce dernier jour. C'était trop horrible d'imaginer le regard de ses amis, de Minerva… Et c'était Snape qui endurait cela à sa place.
Snape passa sur son front une main qui tremblait.
- Je sens une migraine qui monte. Partez, Potter.
- Vous n'avez pas de potion contre ça ?
- Elle ne marche pas.
- C'est curieux. Vous en avez pris beaucoup, ces temps-ci ? Qui l'a faite, c'est vous ou madame Pomfresh ?
- Potter ! Il est inutile de me rappeler que je ne suis actuellement pas assez valide pour préparer ne fut-ce qu'un thé. Madame Pomfresh a dû se fournir en ingrédients frelatés. Votre babillage m'insupporte réellement. Disparaissez !
Harry se leva, raidi par la colère et la peine mêlées. Il tenta de se dire que c'était la souffrance et la frustration qui faisaient ainsi parler son ancien professeur ; qu'il n'avait rien contre lui ; qu'il irait mieux dès demain.
Il quitta les lieux sans se retourner, refermant la porte brutalement. Il faillit heurter Draco et envoyer à terre le plateau qu'il portait précautionneusement.
- Désolé, bougonna-t-il. Tu lui portes encore son thé ? Un vrai elfe de maison !
Draco lui jeta un regard assassin.
- Snape ne peut pas se préparer son thé tout seul. Il ne tient pas debout et sa magie est trop faible. Si ça me fait plaisir de lui rendre ce service, c'est moi que ça regarde !
- Tu as raison, soupira Harry. Je me suis emporté. Il me rend dingue en ce moment.
- Il est désagréable ?
- Non, ça, c'est quand il va bien.
Draco eut un sourire en coin.
- S'il est comme je pense, pourquoi ne tiens-tu pas tes distances pendant quelque temps ? Laisse-lui le temps de se calmer. Quand il ira mieux, il sera content de te voir.
Harry reconnut la justesse du raisonnement. Mais comment avouer qu'il ne pouvait se passer de ce voir ce vieil aigri, misanthrope et insensible ? Il secoua la tête. C'était désespérant.
HPHPHPHP
Harry ne suspendit pas ses visites. Se lever le matin sans penser qu'il verrait Snape au moins quelques minutes lui était insupportable.
Pourtant il lui fallait du courage. Il se croyait revenu des mois en arrière, quand Snape l'agressait verbalement en permanence. Celui-ci n'allait pas mieux. Il était pâle et faible, ne sortait plus de chez lui, son caractère devenait chaque jour plus irascible et plus dur. Pour Harry, frapper à sa porte était une épreuve pire qu'affronter Voldemort. Car Voldemort n'avait pas le pouvoir de lui briser le cœur.
Un soir que Snape l'avait mis dehors en lui jetant au visage qu'il était bien comme son père, Harry alla s'effondrer sur une chaise de la bibliothèque, à côté de Hermione. Plongée dans sa lecture, elle attendit avant de lui couler un regard de côté et de poser son livre en soupirant.
- Il ne va pas mieux ?
Harry ne répondit pas. Il venait de voir madame Pomfresh dans la Réserve ; il bondit jusqu'à elle. Elle sursauta, manquant de laisser choir les deux ouvrages qu'elle tenait.
- Que se passe-t-il vraiment, madame ? Pourquoi le professeur Snape ne guérit-il pas de ses blessures ?
- Je l'ignore, monsieur Potter, finit-elle par répondre après avoir hésité un moment. Elles devaient être plus profondes que l'on ne le croyait au départ…
- Et ces migraines qui ne le quittent plus ? Il se demande si vous faites vos potions correctement !
- Je les fais certainement mieux que vous à ma place, rétorqua madame Pomfresh en fronçant les sourcils. Je ne vous permets pas de propager les remarques injustes d'un malade.
Harry secoua la tête avec obstination.
- Je suis sûr qu'il s'est passé quelque chose. Cette rechute n'est pas normale. Ne croyez-vous pas qu'il est victime d'un sort, en plus des séquelles de la guerre ?
L'infirmière crispa les mains sur ses livres. En penchant un peu la tête, Harry lut les titres : « Les sorts sous la peau : maladies progressives et sournoises » et « Blessures ensorcelées et lente agonie ». Il eut un sursaut d'horreur.
- Vous croyez que Voldemort lui a lancé un sort en le torturant ? Qu'il a été envoûté pour mourir à petit feu ?
Madame Pomfresh tenta de l'apaiser :
- Il est beaucoup trop tôt pour se prononcer. Je veux simplement explorer toutes les pistes. Franchement, je vous dirai que je n'y crois pas. Il y a beaucoup d'éléments qui ne collent pas, comme sa convalescence, indéniable jusqu'ici. Ne vous mettez pas martel en tête.
- Alors sa vie n'est pas en danger ?
Elle garda le silence. Harry devint blême.
- Vous allez l'envoyer à Sainte-Mangouste? Articula-t-il avec difficulté.
- Non. Il est mieux ici, croyez-moi. Il n'a pas que des admirateurs en-dehors de Poudlard…
Avec une moue désabusée, elle s'éloigna, laissant Harry bouleversé. Il n'avait jamais envisagé que Snape pourrait ne pas guérir. Le sorcier avait survécu à la guerre. Comment pourrait-il succomber maintenant qu'il y avait enfin de l'espoir dans l'avenir ?
L'avenir. Harry fit la grimace. Si Snape lui-même avait des soupçons sur son état, cela expliquait son amertume lorsque Harry lui faisait miroiter un avenir radieux…
Le cours de ses pensées fut interrompu par des éclats de voix. Il leva la tête et vit Hermione qui vitupérait contre deux Gryffondors de sixième année.
-… Vous devriez avoir honte de vos préjugés stupides ! Il n'est pas un partisan de Voldemort, alors cessez de parler de lui ainsi !
- Arrête ton char, Granger, l'interrompit l'un des garçons d'une voix traînante. Nous savons très bien à qui nous avons affaire. Il était un Mangemort en puissance dès qu'il a débarqué à Poudlard. Il a retourné sa veste au dernier moment, c'est tout.
Harry crut que les yeux de Hermione allaient jaillir de leurs orbites.
- Vous n'êtes que des imbéciles ! J'espère que…
Avant qu'elle ne profère une malédiction, madame Pince avait jailli comme un diable de sa boîte.
- Miss Granger ! Votre attitude me surprend, pour une Préfète-en-chef ! Il est formellement interdit de vociférer dans cet endroit ! Je vous ordonne de sortir.
Hermione, rouge comme une furie, tourna les talons. Après une hésitation, Harry la suivit.
- De qui parlais-tu ? interrogea-t-il dès qu'ils furent dans l'escalier. De Snape ?
- Non, de Draco.
- Ah… Tu as bien fait.
Hermione passa une main dans sa chevelure ébouriffée.
- Les réactions bornées de certains m'exaspèrent. Je crains que Draco ne soit confronté à ça pendant un long moment. Il n'aura pas une vie facile…
Elle baissa la tête avec accablement. Harry posa une main maladroite sur son épaule. Elle lui fit un léger sourire et demanda :
- Et Snape ?
- Il risque de mourir.
- Oh Harry…
Elle se jeta à son cou.
Des élèves les contournèrent sans faire de commentaire.
(à suivre)
Je pars quelques jours en vacances, je vous répondrai à mon retour. Et je posterai le prochain chapitre dans une semaine !
Vous voulez bien me laisser votre avis ?
