Bonjour ! Je suis navrée pour le retard... J'ai été très occupée. J'ai honte, pardon.
Je veux absolument vous remercier de me lire et de laisser des reviews aussi gentilles. Je suis très touchée ! Je n'aurais jamais cru que ma petite fic vous plairait autant et ça me remplit de joie !
Bon, j'arrête de parler et je vous laisse lire...
Chapitre 5
Draco sortait avec son sempiternel plateau quand il vit Harry s'approcher.
- Désolé. Il ne veut pas te voir.
- Quoi ?
- Il ne se sent pas bien.
- Et c'est une raison pour me renvoyer ? lança Harry avec véhémence.
Draco avait l'air embarrassé et fuyait son regard.
- Je crois qu'il a très mal à la tête. Ne le prends pas personnellement.
- Il a accepté de te voir, toi. Pourquoi pas moi ?
Délibérément, il poussa Draco sur le côté et entra dans le salon. La pièce était vide. Le cœur de Harry fit un bond. Il poussa la porte de la chambre. Snape était allongé, un bras remonté sur le front. Sans ouvrir les yeux, il aboya :
- Potter, de quel droit… ?
- De quel droit ? Je suis inquiet, bon Dieu ! Ce ne sont pas de simples blessures qui provoquent votre état. Il y a forcément autre chose…
- Si vous n'avez que des évidences à formuler, je vous prierais d'aller exercer votre pseudo intelligence ailleurs, jeta Snape, la voix sifflante de colère.
- Je veux vous aider, protesta-t-il mais Snape lui coupa aussitôt la parole.
- Votre attitude est d'un grotesque achevé. Vous n'êtes qu'un gamin qui se croit tout-puissant parce qu'il a eu la chance d'éliminer un sorcier. Le monde ne vous appartient pas, malgré ce qu'on vous a répété. Je ne veux plus avoir à me répéter : sortez d'ici !
La voix, forcée et rauque, se brisa presque de fureur. Snape, à demi soulevé, retomba sur l'oreiller.
Harry ne bougea pas. Moitié par entêtement, moitié par peur. Snape, après une quinte de toux, émit un long soupir forcé.
- Vous êtes pire à décoller qu'une tique.
- Merci de la comparaison, rétorqua Harry avec un sourire acide, en espérant que l'accès de colère de Snape était passé.
Il regardait son ancien professeur presque désespérément, le suppliant intérieurement : « Ne me repoussez pas, je veux seulement vous aider… »
- Cessez de prendre cet air de cocker battu, jeta Snape.
- Je suis inquiet pour vous et peiné de votre attitude. C'est si dur à comprendre ?
- En toute révérence, Potter… oui. Je ne saisis toujours pas ce que vous faites là au lieu de quidditch, de draguer qui vous plaît, ou de vous adonner au plaisir solitaire si vous ne trouvez pas de camarade de jeu. Les occupations typiques de votre âge, en quelque sorte.
Harry fronça le nez avec exaspération. Ce qu'il faisait là ? N'avait-il pas été assez clair ? Mais il n'avait pas l'intention de lui refaire une déclaration enflammée. Il ne savait que trop bien comment elle serait reçue.
- J'apprécie votre compagnie, répondit-il avec mesure, du moins quand vous ne passez pas votre temps à m'insulter.
- Vous conviendrez avec moi que cela se produit fréquemment.
- Vous le faites beaucoup moins depuis la fin de la guerre. Il me semblait que nous étions en bons termes. Il me semblait que nous étions amis.
- Des amis ? persifla Snape. Croyez-vous ?
- Oui, j'y crois. Ne prenez pas cet air dédaigneux. Vous m'aidez à y voir clair en moi-même, à comprendre tout ce qui s'est passé dans ma vie. Après Voldemort, j'étais déboussolé. J'étais torturé par des tas de questions sans réponse. J'avais besoin de vous. Et vous m'avez accepté près de vous en me donnant ce dont j'avais besoin.
Snape resta silencieux un long moment. Harry commençait à craindre qu'il ne se soit endormi. Quand il reprit la parole, son agressivité avait disparu.
- Si je vous ai accepté près de moi, ce n'est pas seulement pour votre bien. Je ne suis pas si philanthrope. Moi aussi j'avais besoin de vous. Vous m'apportiez l'apaisement de ma conscience. Je pouvais me pardonner tous mes actes passés puisque vous, le symbole du Bien, me pardonniez. Je sentais que vous pouviez m'apporter la paix et la guérison, mieux que tout médecin.
Harry ne savait pas s'il devait être flatté ou blessé.
- Vous voulez dire que vous vous êtes servi de moi ?
Snape se passa la main sur son front crispé.
- Je veux vous dire que j'ai apprécié votre compagnie, Harry. Plus que je n'ai pu vous le manifester.
- Mais… ?
- Mais l'impétuosité de vos sentiments m'effraie.
- Ca, je l'ai compris.
- Je croyais que je pouvais commencer une nouvelle vie. Je n'y crois plus. Pas à cause de Scrimgeour, non. A cause de ces malaises qui ne me quittent plus. Je ne guérirai pas.
- Ne dites pas ça !
- Crier n'y changera rien. Je m'affaiblis à vue d'œil, j'ai l'esprit troublé au point de ne plus pouvoir réfléchir et j'ai bien conscience que mon humeur s'en ressent… Ne souriez pas. Je déteste être dépendant, en particulier de vous.
- Je peux vous aider !
- Non. Vous ne pouvez plus. Vous avez tué Voldemort, vous m'avez rendu ma dignité et ma liberté. Mais vous ne pouvez pas remporter cette victoire-là. Alors vous allez quitter cette pièce, refermer la porte derrière vous et ne jamais revenir.
- Je ne peux pas.
- Vous savez que c'est mieux.
- Je voudrais…
- Partez !
Snape serra les poings, le visage tordu de rage et de douleur. Son regard étincelait, foudroyait Harry.
Harry comprenait que l'homme préférait endurer seul la souffrance et le déclin irréversible. Mais comment l'accepter ? Comment se résigner à le laisser mourir seul ?
Harry se rapprocha et posa la main sur son épaule. Snape releva la tête : sa colère était partie, comme sa lassitude. Il ne restait que la peur.
Le garçon se pencha pour l'embrasser.
Les lèvres de Snape restèrent sur les siennes sans se dérober, alors Harry s'autorisa à savourer cet instant. Un baiser doux, chaste, presque un adieu déjà.
Harry sentit une goutte salée au coin de sa bouche et réalisa que ses larmes coulaient. Il se détacha. Le regret serrait déjà son cœur au point que ce baiser, dont il avait rêvé, ne lui apportait aucune joie.
Il échangea un regard avec Snape. Il comprit et lui obéit enfin, quittant les lieux sans se retourner.
HPHPHPHP
Dehors, Draco l'avait attendu. Il avait l'air interrogateur, mais eut la sagesse de s'abstenir de parler. Il prit Harry par le bras.
- Allons rejoindre tes amis.
Mais il ne ramena pas Harry chez les Gryffondors. Il l'entraîna sur le terrain de quidditch. Avant que Harry ne lui en demande la raison, il prit sa baguette.
- Accio balais !
Harry sentit un sourire se dessiner sur son visage, presque malgré lui. Les deux garçons enfourchèrent chacun le balai qui s'était posé devant lui et prirent lentement de la hauteur. Ils commencèrent par voler en cercles, sagement. Harry prit bientôt assez de vitesse pour entendre le vent siffler et le sentir fouetter ses cheveux. Il lui sembla que sa peine s'allégeait un peu. Il partit en piqué, redressa au dernier moment en éclatant de rire. L'adrénaline courait dans ses veines. Il savoura chaque seconde de ce moment précieux.
Draco se rapprocha, le défia du regard. Harry hocha la tête. Ils commencèrent une course poursuite effrénée.
La nuit tombante les obligea à s'interrompre. Ils se posèrent avec une lenteur emplie de regret. Draco jeta un coup d'œil à Harry.
- Ca va mieux ?
- Oui, merci…
Les mots parurent tout à fait inappropriés à Harry pour exprimer ce qu'il ressentait.
- Merci surtout de m'avoir emmené ici. C'était exactement ce dont j'avais besoin.
- Tout le plaisir fut pour moi, répondit Draco en s'inclinant légèrement.
Ils se regardèrent en silence. Draco avala sa salive et continua :
- Je te dois beaucoup, tu sais. Pour ton aide en Défense, mais aussi pour être là avec moi. J'ai conscience d'être la brebis galeuse de Poudlard. Je serais totalement seul si tu n'étais pas là.
- N'exagérons rien, dit Harry, un peu mal à l'aise devant le regard intense de Draco. Je fais ce que je crois juste. Et tu ne serais pas seul, tu as le soutien de McGonagall, des Serpentards, de Hermione…
- Mais personne n'a autant d'influence que toi.
Cette fois, les intentions de Draco paraissaient claires à Harry. Jusqu'à présent, il s'était dit qu'il se faisait des idées…
Harry ne savait que dire, sans être blessant, sans paraître inquiet. Mais il ne voulait pas de ses avances.
Est-ce que Snape ressentait la même chose face à lui ?
- Je crois que tu me surestimes, répliqua Harry d'un ton léger avec l'espoir de détourner la conversation. McGonagall m'a dit que plus personne n'avait besoin de moi, à présent que la guerre était finie.
Le regard de Draco se fit plus intense encore.
- Moi j'ai besoin de toi.
Et il fit un pas en avant. Il fallait vite dire quelque chose avant que…
- Harry ! Draco !
Hermione arrivait en courant vers eux. Tout en reprenant son souffle, elle repoussa son écharpe sur son épaule.
- Qu'est-ce que vous fabriquez dehors en pleine nuit ? Tout le monde vous cherche, il ne manque que vous au dîner !
- Nous… nous changions les idées, répondit Harry.
- Et nous en avions grand besoin, ajouta Draco. Nous sommes désolés, M'dame la Préfète !
Hermione les regarda avec une expression intriguée qui se mua en sourire.
- C'est bien de vous voir comme ça, tous les deux.
HPHPHPHP
Après le dîner, Harry vit Hermione et Draco s'isoler pour réviser. Il s'occupa distraitement de ces devoirs. Trop de choses le tourmentaient sans répit.
Il assista au retour de Hermione dans la salle commune, un peu rose, un peu rêveuse. Il fronça les sourcils. Il devait essayer de la mettre en gardes. Après le fiasco inattendu avec Ron, elle n'avait pas besoin de se fourvoyer une nouvelle fois.
- Tout va bien ? demanda-t-il en s'approchant, l'air dégagé. Tu as l'air contente.
- Oui, tout va bien, répondit-elle en prenant inconsciemment un air méfiant.
- Comment ça se passe avec Draco ?
Hermione hésita, semblant partagée entre l'agacement et l'envie de se confier. Elle résolut le dilemme par un petit sourire mystérieux.
- Parfaitement bien.
C'était exactement ce qu'il craignait. Il devait lui remettre les pieds sur terre, quitte à la blesser…
- Je ne crois pas que tu vois Draco tel qu'il est, commença-t-il prudemment. J'ai peur que tu ne sois déçue.
- Arrête ! lança-t-elle abruptement. Tu es encore méfiant envers lui ? Alors qu'il t'offre son amitié ? Tu es franchement…
- Hermione ! Il ne s'agit pas de ça ! Bon sang, c'est toujours un plaisir de discuter avec toi !
Elle le fusilla du regard. Il tint tête bravement. Il devait dire ce qu'il avait sur le cœur.
- J'ai peur que tu ne te fasses des idées sur lui. Je veux dire que… Je crois que… Bon, pour dire les choses brutalement, Draco me drague.
Hermione était quasiment bouche bée.
- Ce n'est pas drôle.
- Je ne plaisante pas.
- Mais… C'est impossible ! Il n'est pas… Je l'aurais vu. Il me l'aurait dit.
Elle avait l'air totalement désemparée. Harry s'en voulut, mais il savait qu'il avait raison. Elle secoua la tête, têtue, loin d'être résignée.
- Tu te trompes, Harry. Tu prends ses efforts vers toi pour des avances, mais cela n'en est pas. La preuve, c'est qu'il y a quelque chose entre lui et moi.
- Comment ça, quelque chose ? demanda Harry, ouvrant des yeux surpris à son tour.
- Quelque chose, répéta-t-elle, essayant de prendre un air supérieur, gâché par ses joues devenues pourpres. Tu t'es trompé. Il n'est pas… pas comme toi.
Harry lui saisit les poignets et la fixa avec sa physionomie la plus grave.
- Je ne me trompe pas. Je sais bien comment il se comporte avec moi. Tout à l'heure encore…
- Non, tais-toi ! Tu te trompes, c'est tout. Fais-moi confiance. Moi aussi, je peux te dire que, pas plus tard qu'il y a cinq minutes… Mais ça ne te regarde pas, surtout que tu es hostile envers Draco. Cette conversation est terminée.
Elle le planta là et quitta la salle commune à pas précipités.
Harry s'efforça de réfléchir calmement. S'était-il trompé à ce point sur les intentions de Draco ? Etait-il aveuglé par sa partialité envers le Serpentard ?
Obstinément, il se répétait que non.
Il descendit l'escalier. Mécaniquement, ses pas le portèrent jusqu'aux cachots. Il voulait voir Snape, lui parler, lui confier ses doutes. Il avait besoin de lui.
Il leva la main pour frapper à la porte. Aussitôt il reçut l'équivalent d'une décharge électrique. Il fut violemment repoussé en arrière et tomba au milieu du couloir. Eberlué, contusionné, il se redressa à grand peine.
Justement, Draco approchait. Il avait vu toute la scène et adressa un regard apitoyé à Harry.
- Je suis désolé. Je ne croyais pas qu'il irait jusque là.
Harry se remit lentement sur pied. Il avait l'impression qu'un étau glacé lui broyait le cœur. Draco s'avança et frappa discrètement à la porte. Il ne fut pas repoussé. Au contraire, la porte tourna obligeamment sur ses gonds. Draco affermit sa prise sur le plateau où reposait une tasse de thé fumant et s'apprêta à entrer.
Les yeux de Harry se rétrécirent. Il bondit en avant, prit la tasse et en avala le contenu en une gorgée. Puis il partit en courant, serrant toujours la tasse presque vide, sans que Draco ait pu manifester autre chose que de la stupeur.
S'élançant vers la Grande Salle, il faillit percuter Ron. Il lui saisit vivement le bras.
- Ron ! Je vais dans la Salle sur Demande. Je ne veux voir personne.
- Mais qu'est-ce qui te…
- Si je suis malade demain, tu diras à tout le monde que j'ai bu le thé que Malefoy portait à Snape.
Harry reprit sa course sans se préoccuper de l'air ahuri de Ron.
HPHPHPHP
Les élèves de Poudlard apprirent le lendemain matin que l'état du professeur Snape s'était aggravé. A l'exception des Serpentards, cette nouvelle ne les toucha guère. Mais ils virent la physionomie de madame Pomfresh, lorsqu'elle vint s'entretenir avec McGonagall.
- Je ne sais que dire. Je ne sais à quelle cause attribuer son état. Et voilà que Potter a été malade cette nuit ! Lui qui était en parfaite santé !
- Harry ? C'est surprenant.
Pomfresh prit un air un peu mystérieux.
- J'ai parlé avec lui. Je dois d'abord procéder à une analyse avant de me prononcer formellement. Mais le petit va mieux ce matin. Je l'ai convaincu de rejoindre l'infirmerie.
McGonagall soupira, songeuse. L'incompréhensible maladie de Snape, le malaise inexpliqué de Harry lui donnaient matière à réflexion. Les réticences de l'infirmière ne faisaient qu'augmenter ses soupçons.
Préoccupée et distraite, elle se rendit dans son bureau. Elle avait encore du mal à le considérer comme le sien. Malgré la disparition d'Albus, malgré sa nomination officielle, elle se sentait parfois comme une usurpatrice. L'enseignement lui manquait. Les élèves n'avaient pas toujours un comportement satisfaisant mais, par moments, elle sentait qu'elle leur apportait quelque chose. Cette sensation la payait de tous ses efforts. En devenant directrice, elle n'était plus confrontée qu'aux difficultés et à la gestion. C'en était fini de ses bonheurs pédagogiques.
- Voyons ma chère, n'ayez pas l'air si morose…
Elle lança un regard torve au portrait de son prédécesseur.
- Je suis confronté à un problème auquel vous avez eu la chance d'échapper, Albus. Epargnez-moi vos remarques.
- Les problèmes sont le lot de tous les dirigeants de cette école. Mais les enfants sont naturellement bons. Ils vous surprendront agréablement, vous verrez.
- Peut-être pas tous…
N'ayant pas de conseils pratiques à offrir, Albus bailla et dodelina légèrement. Minerva camoufla un sourire. Parfois elle songeait avec envie à l'époque où elle dormirait dans un cadre doré.
Madame Pomfresh prononça le mot de passe et toqua à la porte. Son air particulièrement grave frappa Minerva qui lui fit signe de s'asseoir.
- Je n'irais pas par quatre chemins, énonça l'infirmière. Le thé de Severus était empoisonné.
McGonagall aurait pu se perdre en exclamations horrifiées, mais elle avait un trop grand sens des réalités pour cela. Elle se contenta de demander :
- Dans quelle mesure le poison est-il responsable de son état ?
- Très largement, à mon avis. Sans minimiser ce que Voldemort lui a infligé, je crois qu'il était en convalescence.
- C'est malgré tout une bonne nouvelle, si je puis me permettre ce cynisme. Lorsqu'il aura pris le bezoard comme antidote…
Pomfresh secoua la tête. Le sourire de McGonagall disparut.
- Ce ne sera pas si simple, soupira Pomfresh. Je ne sais pas encore exactement quels ingrédients ont été utilisés. C'est un mélange chimique de plusieurs substances dont l'une au moins est radioactive. C'est un mélange de radionucléides et de neurotoxiques. Le bezoard ne marche que sur les poisons naturels.
- Ne me dites pas qu'il est trop tard pour le guérir !
- Je ne dirai rien de ce genre car je l'ignore. J'ai appelé Sainte-Mangouste, car le cas dépasse mes compétences. Maintenant que nous savons enfin ce qu'il a… Nous verrons bien.
- Et Harry ?
- Il n'a absorbé qu'une dose minime. Dans quelques heures, son organisme devrait avoir tout rejeté. Pour l'heure, il est encore très affaibli.
La directrice poussa un soupir, murmurant « Tête brûlée », ce qui arracha un sourire à Pomfresh, puis elle raidit ses épaules.
- Qui Harry accuse-t-il ?
- Draco Malefoy.
(à suivre)
