Je suis en retard... J'ai honte, si vous saviez ! La vérité est que j'ai du mal à finir cette fic. La fin ne me plaît pas, je veux la refaire, et les mots refusent de sortir...

Bref. Mes états d'âme ne vous concernent pas. Merci de continuer à suivre l'histoire, malgré trois semaines d'attente (honte ! honte !). Merci de tous vos encouragements. J'ai répondu quand je le pouvais. Pour les anonymes vraiment anonymes, sachez bien que vos messages m'ont fait très plaisir !

Et je n'en reviens pas de ne pas avoir reçu de "flame" sur le chapitre précédent ! Merci à tous de votre indulgence pour mes scénarios tordus !


Chapitre 6

Draco Malefoy pénétra dans le bureau avec assurance, l'œil frondeur. McGonagall resta impassible, mais ne put retenir un geste de surprise lorsque Hermione entra sur ses talons.

- Miss Granger, que faites-vous là ?

- Elle a absolument tenu à l'accompagner, grommela Rusard, entré à son tour. Je ne pouvais pas l' en empêcher sans magie.

Il lança un regard torve à la puissante sorcière, qu'elle lui rendit. Elle se planta fermement à côté de Draco.

- Je suis venue lui apporter mon soutien. Quelles que soient les accusations dont il est victime, elles sont absolument ridicules.

Draco approuva d'un haussement de sourcils. McGonagall se raidit, mécontente.

- Pouquoi mentionnez-vous des accusations, miss Granger ? Vous ignorez totalement pourquoi j'ai sollicité la présence de votre condisciple.

- Parce qu'il s'agit d'une conversation amicale autour d'un thé, peut-être ? Je sais fort bien que non. Draco m'a parlé des accusations stupides qui retomberaient sur lui, simplement parce qu'il est une cible facile ! Vous êtes tous aveuglés par les préjugés et vous le traitez injustement !

McGonagall tenta d'endiguer le flot de paroles par son regard le plus glacé. Mais Hermione, rouge d'énervement, ne se laissa pas intimider :

- Draco n'a rien fait, je le sais !

- Cette fois, cela suffit, miss Granger. Si je ne peux formuler une phrase, je serais contrainte de vous museler. Au sens propre, croyez-le bien.

Hermione resta bouche bée d'indignation.

- Laisse, hermione, dit calmement Draco. Je m'attends à ces accusations ridicules. Je suis préparé à me défendre.

La directrice le dévisagea avec des yeux aigus, qui cherchaient à déchiffrer ses pensées. Draco lui rendit son regard.

- Le professeur Snape a fait l'objet d'une tentative d'empoisonnement.

- C'est ce que les élèves m'ont appris, répliqua Draco.

- Harry Potter vous accuse d'en être l'auteur.

Les yeux pâles du jeune homme s'éclairèrent d'une lueur d'indignation douloureuse.

- Il se trompe. Je ne sais que dire d'autre. J'ai beaucoup d'estime et d'affection pour le professeur Snape. Je sais ce que je lui dois. Jamais je ne lui ferais le moindre mal.

- Le poison était dans le thé que vous portiez au professeur Snape, intervint froidement madame Pomfresh.

Draco pâlit.

- Comment ? Dans le thé ? Mais c'est abominable ! J'ai donc contribué à son état ? Mais le thé n'a pas été préparé par moi.

- Si vous rejetez la faute sur les elfes de maison, trouvez autre chose. Harry vous accuse formellement.

- J'en suis très peiné. Je croyais qu'il était mon ami et qu'il me faisait enfin confiance. Il se trompe. Je le crois sincère dans son erreur, mais il se trompe.

McGonagall parut un peu ébranlée, mais pas madame Pomfresh.

- Pourquoi Harry vous accuserait-il à tort ? Il avait effectivement confiance en vous jusqu'à aujourd'hui.

- Il me voit encore comme le fils d'un Mangemort. Il est comme tous les autres, il ne pardonne pas.

- C'est une erreur dramatique que commet Harry ! intervint Hermione avec feu. Draco n'est pas coupable et je suis indignée qu'il soit accusé ainsi sans preuves.

- Miss Granger…

- Après tout ce qu'il a enduré, pourquoi le rejeter ainsi ? Vous reniez maintenant celui qui cherchait refuge dans sa propre école. Je suis écoeurée !

Elle secoua la tête, faisant voler ses boucles en tout sens. Draco lui prit la main et la serra. Elle fouilla soudain dans sa poche et lui tendit une plaquette de chocolat.

- Prends des forces, Draco. Je te jure que je ne laisserai personne te dénigrer. Et si madame la directrice persiste dans ses accusations infondées, nous nous battrons. Nous en appellerons au conseil d'administration, puis à l'opinion publique, et au Département de la Justice ! Nous te trouverons un avocat, nous porterons plainte pour diffamation.

Pendant qu'elle poursuivait sa tirade enflammée, Draco prit un carré de chocolat et le croqua. Son expression outragée et douloureuse devint, au bout de quelques secondes, crispée par la fureur.

- Espèce de salope.

Hermione s'interrompit et se tourna vers lui. Sans manifester la moindre surprise, elle lui sourit presque malicieusement.

- Un problème, mon cher Draco ?

- Tu es… Tu as…

La colère semblait briser la voix de Malfoy. Il bégaya, dodelina de la tête et ses yeux se voilèrent. Hermione sourit plus largement et s'assit près de madame Pomfresh. Le regard de McGonagall allait de Hermione à Draco, sans comprendre.

- Maintenant qu'il est sous l'influence du Veritaserum, vous pouvez reprendre vos questions, madame la directrice. Pardonnez mon numéro un peu bruyant.

Et la jeune fille, joignit les mains sur ses genoux, se tint coite.

Mc Gonagall se ressaisit.

- Monsieur Malfoy, avez-vous empoisonné le professeur Snape ?

- Oui.

Malgré la confirmation de ses soupçons, l'Ecossaise eut l'air consterné.

- Pourquoi ? Il était votre ami !

- Potter est amoureux de lui. Je n'avais aucune chance. Je devais m'en débarrasser.

- Je vous ai bien compris, monsieur Malefoy ? Vous êtes épris de Potter ?

- Non, je ne le suis pas…

Malfoy vacilla et tomba à genoux.

- Moi, aimer Potter ? Sûrement pas. Mais j'ai besoin de lui. Il n'y a que lui qui peut me sauver de cette image de Mangemort. Il peut me rendre ma place dans la société. Il peut me faire passer dans le camp des vainqueurs.

- Le professeur Snape vous a sauvé la vie. Comment avez-vous pu vous le remercier ainsi ? demanda McGonagall, pâle d'indignation.

- Il ne m'était plus d'aucune utilité. Il n'a plus d'avenir, sauf si Potter se met en tête de sauver son image. Mais c'est moi qu'il doit aider. Je suis jeune. C'est moi qu'il doit aider !

Un peu de salive s'échappait de la commissure de ses lèvres. Pomfresh le fusilla d'un regard méprisant, dont il ne s'aperçut même pas.

- Vous me décevez profondément, Malfoy. La seconde chance que nous vous avions donnée était une grave erreur. Vous n'avez aucune excuse.

Draco, prostré, se redressa soudain :

- Vous ne comprenez pas ! Je suis comme mort ! J'ai tout perdu, tout, par la faute du Mage Noir ! Cet imbécile a échoué et m'a entraîné dans son désastre. Je suis un Malfoy, je devais être riche et puissant, je ne sais rien faire d'autre. J'ai besoin qu'on m'aide !

Son visage de décomposa et il éclata en sanglots. Les trois femmes détournèrent simultanément les yeux.

McGonagall soupira, se demandant ce qu'aurait fait Albus. Aurait-il appelé les aurors pour le remettre à la justice ?

- Monsieur Malfoy, vous ne faites plus partie des effectifs de Poudlard. Le motif de votre renvoi ne figurera pas sur votre dossier. Peut-être arriverez-vous à convaincre une autre école de sorcellerie de vous accepter jusqu'à vos Aspics.

Draco resta agité de soubresauts. Il ne sembla pas comprendre qu'on lui donnait une nouvelle chance de réintégrer loyalement le monde des sorciers.

HPHPHPHP

- Je n'arrive pas à le croire ! s'exclama Harry. Il espérait que je lui referais sa réputation et puis quoi encore ?

- Ce n'était pas si mal imaginé, répondit Hermione. Ton nom à côté du sien pouvait faire oublier beaucoup de choses.

- Comment as-tu réussi à lui faire avaler du Veritaserum ?

- Je lui ai proposé du chocolat, et il a cru que je lui manifestais mon soutien par cette marque d'affection ! Depuis la guerre, tu sais que j'ai toujours du chocolat parfumé sur moi…

- Tu ne prends pas trop mal sa trahison ? Toi aussi, tu croyais en lui, et même plus que moi !

- Je me suis trompée. Ou plutôt il m'a trompé. C'est sa faute, pas la mienne. Tu sais que c'est toi qui m'a ouvert les yeux ? Malfoy me faisait des avances, je t'assure que je ne rêvais pas. Quand tu m'as dit que c'était ton cas aussi, j'ai commencé à réaliser quel manipulateur il était. De là à penser qu'il était aussi l'empoisonneur, cela ne faisait qu'un pas que j'ai vite franchi !

Malgré le ton léger, Harry comprit qu'elle avait dû être cruellement affectée. Une nouvelle fois, ses espoirs étaient déçus. Elle ne méritait pas ça. Il eut une nouvelle pensée pleine de colère pour Malfoy. Heureusement qu'il ne l'aurait plus sous les yeux !

- Il a appris son art chez les Mangemorts, j'imagine ?

- Snape pense que oui. Il a indiqué à Pomfresh ce qu'il devrait prendre comme remède. Il est plein d'espoir, m'a-t-elle dit… et aussi très irrité contre son ancien protégé.

- Tu m'étonnes.

- Il va guérir, Harry. Nous en sommes tous sûrs. Tu pourras retourner le voir.

- Si évidemment vous désirez vous en donner la peine, monsieur Potter.

Harry sursauta. Hermione tourna la tête en souriant vers Severus Snape, qui venait de s'approcher d'eux dans son fauteuil roulant. Il lâcha la manette pour croiser les bras sur sa poitrine. Harry resta immobile et muet sur son lit. Hermione leva discrètement les yeux au ciel et se redressa d'un bond.

- Je file. A plus tard, Harry !

Celui-ci esquissa un geste pour la retenir, comme s'il craignait de rester seul avec Snape. Mais l'infirmerie était vide. Il n'y avait pas d'échappatoire.

Harry regarda attentivement l'ancien professeur. Celui-ci avait l'air toujours faible, aussi marqué que lorsqu'il sortait tout juste de Sainte-Mangouste. La folie de Draco l'avait rejeté des mois en arrière, lui avait fait perdre tous les bénéfices de sa convalescence.

Le cœur de Harry se serra. Pourquoi n'avait-il pas deviné plus tôt ?

- Comment allez-vous, monsieur ?

Cette question rituelle se chargeait d'une lourde signification. Snape eut un rictus narquois.

- Couci-couça, comme vous n'êtes pas sans le savoir. Cependant cela pourrait être bien pire, je devrais donc vous remercier de votre intervention.

- Ne vous forcez pas, marmonna Harry.

- Puisque vous insistez, je ne vous dois donc aucun remerciement. Bien au contraire…

Il se pencha vers Harry, les yeux brillant dangereusement.

- Petit imbécile ! Vous avez donc perdu l'esprit ?

- Quoi ?

- Ne faites pas l'innocent ! Jamais vous n'auriez dû boire le contenu de cette tasse ! Si le poison avait été plus fortement dosé, vous seriez mort !

Emporté par la fureur qui faisait palpiter une veine sur sa tempe, il faillit basculer en avant. Harry, très vif, le rattrapa par les épaules. Leurs visages se trouvèrent très proches. Cela n'empêcha pas Snape de continuer à vitupérer :

- Vous êtes stupide, inconscient…

- Absolument, répliqua Harry sans sourciller.

Leurs yeux se croisèrent pour ne plus se quitter. Harry plongea dans les prunelles sombres, profondes, hypnotiques. Il ne leur avait jamais vu un reflet si brûlant… Il se pencha un peu plus encore et entendit la respiration de Snape s'arrêter, comme s'il s'obligeait à attendre, à ne pas bouger pour ne pas céder à la tentation. L'homme s'était tu et son regard avait changé : il s'était animé sous la fièvre du désir. Harry retint un sourire et passa sa langue sur ses lèvres. Il avait voulu ce moment-là de toutes ses forces.

Brûlant ses vaisseaux, Harry s'empara avidement de ses lèvres. Il s'étonna de trouver sa bouche douce, délicieuse, irrésistible. Il glissa sa langue, jusqu'à rencontrer l'autre, l'enveloppa avec insistance, avec envie. Snape avait fermé les yeux et répondit enfin à ce baiser exigeant. Harry, fou de joie, mit toute sa fougue et toute sa tendresse dans ce contact. Il fallait qu'il fut inoubliable pour Snape aussi, pour que celui-ci ait envie d'en avoir davantage, pour qu'il soit désormais convaincu qu'il ne pourrait plus se passer du Gryffondor.

Il comprit qu'il avait atteint son but lorsque le baiser, tendre, un peu provocant, se teinta d'érotisme et de tension sexuelle. Harry frissonna et eut un son de gorge qui ressemblait beaucoup à un gémissement.

Snape s'écarta avec lenteur, mais Harry ne se décidait pas à lui lâcher les épaules. Le garçon chancela, comme en proie à un vertige. Snape eut un mince sourire.

- A force de jouer avec le feu, on s'y brûle… Harry.

- Brûlez-moi, répliqua Harry avec le plus grand sérieux, comme si sa requête n'était en rien ridicule.

Snape se figea. Harry le suppliait du regard. Finalement, le professeur détacha les mains du garçon accrochées à ses épaules.

- Je vais regagner mes cachots. Je préfère m'y cloîtrer tant que je ne serais pas capable de me déplacer sans cela.

Il donna une tape au fauteuil roulant. Harry, la gorge sèche, ne savait que penser. Etait-ce un nouveau rejet ?

Snape tendit la main et lui frôla la joue.

- A plus tard, Harry.

- A bientôt, Severus, répondit-il avec soulagement, la voix pleine d'espoir.

(à suivre)