Et si Martin n'était jamais sortit du coma ?
Maintenant pour elle, cela devenait son habitude, son quotidien. Tous les jours elle espérait de plus en plus, seulement, tous les jours il n'y avait aucun changement. A peine avait-elle fini son travail, qu'elle se rendait avec espoir à l'hôpital.
Mon Dieu qu'est-ce qu'elle détestait les hôpitaux. Tout était blanc, l'ambiance était ; pesante dirait-on. Tout y était calme, trop calme. Il y avait quelque chose de lourd dans l'air, peut-être était-ce le fait de voir des tas de gens si différents, allongés dans des lits, certains plus malades que d'autre. Mais ces gens avaient tous le même point commun ; La maladie. Cette chose était un mélange ; de bonheur pour les femmes enceintes ou de chagrin pour les personnes comme Samantha.
Après quelques réflexions, elle se décidait enfin a rentrer dans ce lieu si, dérangeant pour elle.
Elle connaissait cet endroit comme sa poche, chaque matin, elle montait ces même marches, disait bonjours aux même personnes de services, et ouvrait cette même porte accédant à la chambre de Martin. Cela en devenait tellement une habitude qu'elle oubliait presque toutes les personnes l'entourant.
Elle hésitait à entrer, ne sachant pas si son état avait empiré ou s'il s'était amélioré. Tant pis, elle entra. Elle aurait fait n'importe quoi pour trouver Martin, réveillé, assit sur son lit en lisant, mais cette vision ne fut qu'illusion. Il n'avait pas bougé, il était toujours allongé sur ce lit, des machines le maintenant en vie. Mais pour combien de temps ? Les médecins avaient dit que chaque jour qui passé était une perte d'espoir, une infime chance en moins qu'il se réveil un jour.
Elle se décida enfin à prendre une chaise, et à s'installer à ses côtés. Elle l'observait, le fixait sans répits, comme si elle voulait qu'il se réveil dans la seconde. Mais rien ne se passa. Il était là, dans cette chambre, couché sur ce lit à cause d'un vulgaire accident, qui n'aurait jamais dû se produire. Il avait l'air, paisible. Son teint était livide. Les yeux clos, les bras le long du corps, le tube traversant sa gorge, la perfusion, tous ces appareils qui étaient censés l'aider n'étaient qu'une vision d'horreur pour Samantha.
Elle perdait espoir chaque fois qu'elle venait le voir. Le père de Martin avait suggéré qu'il était préférable d'éteindre tous ces appareils. Mais Samantha s'y était formellement opposée. Mais finalement, qui avait raison ? Peut-être était-ce mieux de faire ce choix, plutôt que d'attendre indéfiniment un réveil improbable. Cela faisait quand même deux ans que Martin était dans cet état. Il serait peut-être temps d'en finir. Rien que d'y penser la faisait frissonner.
Mais quel était le pire pour elle ? Venir voir Martin à l'hôpital chaques jours jusqu'à la fin de sa vie en sachant qu'il ne se réveillera peut-être jamais ou venir le voir de temps en temps au cimetière en sachant qu'il repose en paix ? Cette décision ne lui appartenait malheureusement pas, le père de Martin avait gentiment accepté la requête de Samantha, mais il ne l'écouterait pas une seconde fois.
Mais quelle est la morale dans tous ça ?
Aimer, c'est se donner corps et âme !
D'Alfred Musset
