Merci à Melhope, Keiko kishar, tchingtchong, Julie231 Pour leur admirable review. Sans mentir (Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois) j'adore recevoir des reviews car au moins je sais ce que chacun pense et ça m'aide vraiment pour les chapitres suivants(même si ce chapitre est le dernier )

Donc sans vous faire patienter davantage, je vous laisse lire.

N'hésitez pas à me faire part de vos impressions.

Bonne lecture.

Canon Henry Scott HOLLAND

L'amour ne disparaît jamais.
La mort n'est rien.
Je suis seulement passé dans la pièce à côté.
Je suis Moi, tu es Toi.
Ce que nous étions l'un pour l'autre, nous le sommes toujours.
Donne-moi le nom que tu m'as toujours donné.
Parle-moi comme tu l'as toujours fait.
N'emploie pas un ton différent,
Ne prends pas un air solennel ou triste.
Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Prie, souris, pense à moi, prie pour moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l'a toujours été,
Sans emphase d'aucune sorte,
Sans une trace d'ombre.
La vie signifie tout ce qu'elle a toujours signifié.
Elle est ce qu'elle a toujours été.
Le fil n'est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de ta pensée,
Simplement parce que je suis hors de ta vue ?
Je t'attends, je ne suis pas loin,
Juste de l'autre côté du chemin.
Tu vois, tout est bien

Chapitre 20 : Un simple au revoir.

Juin 1998

Le vent souffle et la pluie s'abat violemment sur le sol créant un son discontinu. Tout était gris, sale presque sombre. Un éclair retentit. Le tonnerre gronde méchamment. Les rues de Londres étaient vides, entièrement abandonnées par les habitants. Pas un oiseau, pas un animal ne paressait dehors dans ce froid pressant normalement familier aux mois d'hiver et non à un la mi-juin.

Dans un petit appartement au coin d'une rue, une jeune fille était appuyée contre une fenêtre et observait l'extérieur d'un oeil morne. Depuis plus d'une semaine, elle s'était enfermée dans un mutisme, ne sortant jamais de cette pièce, dormant seulement quelques heures. Elle avait ce qu'on peut appeler le mal de vivre. Elle ne savait plus quoi faire ni où aller.

India était entièrement perdue et souffrait silencieusement de son soutien. Elle portait toujours son Tee-shirt accompagné d'un jean bleu.

Elle avait tenté de se remettre dans ce monde mais tout était si superflue pour elle. Elle n'y comprenait plus rien. Le monde autour d'elle avait littéralement changé. Le froid était toujours là, la pluie constamment présente. Pas une seule fois, elle n'avait revue le soleil, pas une seule fois un sourire sur les visages. Personne ne circulait seul dehors… Personne ne s'arrêtait dans la rue pour discuter cinq minutes. La population avait peur. Il arrivait de temps en temps, qu'une ombre apparaissait au coin d'une rue amenant avec elle une atmosphère angoissante. La marque des ténèbres apparaissait rarement pourtant les disparitions étaient croissantes. Plus rien n'allait. Le monde magique tombait durement ne sachant comment amortir sa chute, ni comment la freiner. Rien ne semblait pouvoir désormais l'arrêter. Lord Voldemort était bien là…

Toujours en chair et en os…., la peau recouvrant le tout. Son sourire méprisant et machiavélique de plus en plus présent sur ses lèvres, son regard glacial ne le quittant plus. Dans toute sa splendeur, terrifiante et majestueuse, il s'imposait comme le seigneur incontesté.

Tout cela, India l'avait su en observant les gens. Il n'était pas très difficile de l'imaginer…après tout elle avait changé le passé. Elle les avait sauvés au profit d'autres vies. Elle ne regrettait pas mais elle doutait des conséquences.

India soupira puis se détacha enfin de la vitre. Elle regarda sa montre. Quinze heures trente et il faisait déjà noir. De gros nuages couvrant le ciel, stoppant tous les rayons du soleil. India se regarda dans une glace. Elle était méprisable. Son apparence était à faire peur… Les cheveux décoiffés, le regard inexpressif rougi par des larmes et accompagné de cernes dues au interminables nuits blanches. Sa peau était blanche comme de la craie, et sa tenue laissait quelque peu à désirer.

-Qu'est-ce que je suis devenue ? murmura t-elle doucement, le ton rempli d'une lassitude immense. Que dirait Sirius en me voyant ainsi ?

Son estomac se contracta violemment. Tout autour d'elle se mit à tourner. India manquait d'air. Elle ne sentait plus rien, elle ne sentait plus son parfum…

Un sanglot brisa le silence. Une larme coula le long de sa joue….

India s'écroula par terre, la tristesse envahissant tous ses membres, l'immobilisant sur place.

Les larmes se remirent à couler de plus belle le long de son visage, son cœur encore plus lourd et pesant que d'habitude.

India porta doucement sa main vers son cou où était suspendu une chaîne avec un médaillon et une bague.

Il n'est pas mort. Déclara une petite voix dans sa tête. Il n'est pas mort.

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Août 1978

Sirius étais assis sur son canapé, les yeux plongés dans le vide. Il ne regardait rien de particulier…Il se sentais seulement désespéré. Il ne faisait rien pour arranger son état, rien pour aller mieux. Il se plaisait ainsi. Il ne voulait redevenir le beau et séduisant Sirius Black. IL ne voulait pas sortir dehors. Il ne voulait pas pleurer.

Le noir, la solitude et ses pensées lui suffisait amplement.

Deux semaines déjà s'étaient écoulées depuis le départ de India. Deux semaines durant lesquelles, il était assis sur son canapé. Les volets fermés. Il vivait dans un noir presque absolu.

Quelques heures après son réveil, le matin de sa disparition, Remus était venu. Il ne lui avait pas fallu bien longtemps pour comprendre ce qui venait de se dérouler. Il avait découvert Sirius agenouillé sur le sol, tenant dans ses bras un vieux journal, et le regard vide de tout expression, il semblait paralysé. Remus avait tenté de le secouer. Il l'avait veillé pendant trois nuits, dans aucun résultat. Il appela James en renfort qui n'eut guère plus de résultat.

-Où est passé India ? avait-il demandé à Remus.

Alors dans une patience et un calme qui lui était propre, Remus narra ce qu'il savait mais il était évident que Sirius en savait davantage. Pourtant, c'est dans un mutisme infini qu'il se cacha. Pas un mot. Pas un geste. Plus un seul regard. Il s'était entièrement refermé sur lui même, ne mangeait presque plus et c'était avec des efforts considérables que les deux maraudeurs réussirent à leur mettre dans la douche. Il était devenu un vrai pantin…

Comme tous les matins, La porte de son appartement s'ouvrit. James rentra doucement.

-Sirius ! s'exclama t-il sur un ton enjoué qui sonnait légèrement faux. Regarde qui je t'ai amené ! Lily, voulait te voir.

Sirius ne leva pas la tête. Il n'entendit même pas. Tout son esprit était occupé à de bien sombre idée.

Lily s'avança quelque peu sous le regard méfiant de James. Elle fit le tour de l'appartement, observa quelques secondes Sirius puis retourna vers son futur mari.

Elle l'amena à la porte et s'expliqua :

-Il ne peut pas rester comme ça indéfiniment ! Je vais rester avec lui le temps qu'il faudra. Envoie moi quelques affaires. Je vais m'occuper de lui et je te promet qu'il serra bientôt un peu plus présentable.

James parut pessimiste et hésita avant d'acquiescer.

-Si tu penses que tu y arriveras mieux que nous… En même temps, tu peux toujours essayer.

Lily sourit.

-Tu sais, commença t-elle. Parfois, il ne faut pas grand chose. J'ai ma petite idée mais je te demande à toi et à Remus, de ne pas venir lui rendre visite tant que je ne le dis pas. Il a besoin de se rendre compte que India est définitivement parti et trop de compassion n'arrangera pas son cas. Ne t'inquiète pas, je ne vais pas le traumatiser ton ami ! Je vais juste le remettre sur pied, c'est tout.

Elle déposa tendrement ses lèvres sur les siennes puis pénétra à nouveau chez Sirius. Elle ferma calmement la porte et fixa Sirius.

Sa gorge se noua.

-Pourquoi lui as-tu fait ça India ? Pourquoi ?

Le silence dans l'appartement était à faire peur, donnant des frissons à tout le corps, obligeant l'esprit à ressasser des moments pas forcément joyeux. Lily s'avança d'un bon pas vers le centre du salon et agita sa baguette. Les volets s'ouvrirent dans un son sec laissant enfin le soleil pénétrer dans la pièce. Lily sourit satisfaite et observa la pièce autour d'elle. Tout était dans un désordre consternant. La poussières s'étaient confortablement installées sur les meubles, des vêtements traînaient hasardeusement un peu partout et une odeur d'enfermée remplissait l'air. Lily alla ouvrir les fenêtres en grand dans toutes les pièces et coinça les portes pour faire courant d'air.

Sirius ne bougea pas un seul muscle et ne sembla même pas vouloir faire un effort. Lily lui apporta un plateau rempli de bonnes choses à manger et le lui tendit. Sirius ne remua pas. Elle s'assis en face de lui et déposa le plateau par terre. Elle prit le menton de Sirius entre ses deux mains et l'obligea à la regarder.

-Dans ce plateau, commença t'elle. Je t'ai mis une bonne soupe, des œufs brouillés et une pomme. Pour commencer, tu vas manger tout cela rapidement, Sirius. Ensuite, tu iras prendre une douche et changer de vêtements. Je ne te demande pas ton avis, je ne vais pas non plus tout te laisser faire. Il en a assez de ce comportement ! Tu ne te pourriras pas la vie, Sirius. Je te le jure !

Elle poussa le plateau vers lui puis se leva.

-Bien, je crois que je vais allez faire deux ou trois courses dans la rue juste en bas. Quand je reviendrais, tu auras finis ton repas et prit ta douche.

Son ton avait été autoritaire et sans appel et Lily espéra que Sirius s'en était aperçu. C'est dans un état d'esprit plutôt préoccupé qu'elle fit ses courses. James et Remus lui avaient souvent expliqué la manière dont Sirius se comportait mais avant de le voir par elle-même, elle n'avait jamais pu imaginé qu'il se serait laissé aller à un tel point. Elle avait pu faire un petit tour de la maison rapidement et ses observations n'allaient pas en l'encourageant. L'appartement était recouvert de poussières et les affaires de India se trouvait un peu partout. Lily acheta de la nourriture pour pouvoir remplir le frigo et récupéra plusieurs cartons. Elle remonta les escaliers, les bras bien chargés et s'introduisit de nouveau dans l'appartement. Elle jeta un rapide coup d'œil sur Sirius. Il n'avait rien mangé. Il n'avait même pas bougé. Elle alla ranger les fournitures dans la cuisines puis rejoignit Sirius. Elle ramassa le plateau même pas entamé et le rapporta à la cuisine avant de revenir dans le salon.

-Bien. Lança t-elle. Si tu ne veux pas manger, c'est pas grave. Mais je te préviens que tu ne pourras pas grignoter avant ce soir. Maintenant, sois tu te lèves pour aller prendre ta douche, sois j'utilise ma baguette. A toi de choisir, Sirius.

Il ne cilla pas d'un cil, ne leva même pas la tête.

-Tu m'entends quand je te parle ? Je te préviens que je ne vais pas abandonner comme ça, ni me plier à tes caprices. Il est grand temps que tu te reprennes. India est parie ! Ce n'est pas en restant assis là que tu vas tout faire changer!

Dans un accès de rage face à si peu de réaction, Lily tourna les talons et sortit de la pièce. Sirius se retrouva de nouveau seul sur place, plongé dans ses pensées oubliant complètement le monde autour de lui. Soudain il sentit une vague de froid lui tomber brusquement dessus.

Lily se tenait debout lui, un saut d'eau dans les mains. Sirius leva la tête et la regarda étonné comme sortit d'un mauvais rêve.

-Va prendre ta douche ! Ordonna t-elle. Je t'ai mis des vêtements propres dans la salle de bain.

Puis sans lui jeter un seul regard, elle disparut dans la chambre apportant avec elle des cartons. Au bout de un quart d'heure, Sirius se présenta à elle dans des vêtements propres, les cheveux encore légèrement mouillés. Lily sourit heureuse du résultat.

-Je suis en train de ranger ses affaires, l'informa t-elle. Tu devrais aller nettoyer le salon, la poussières s'est incrusté partout.

Sirius la fixa quelques secondes avant d'observer les cartons déjà pleins de vêtements qui étaient posté un peu plus loin par terre. Il sembla hésiter mais finit par obéir à Lily.

Il marchait toujours de manière fatiguée et lasse. Il donna accidentellement un coup de pied dans un cousin qui vola jusqu'au canapé. Il grogna quelque peu jusqu'à ce que son regard se posa sur le bar. Il s'en approcha sans hésitation et prit une bouteille. Il l'ouvra dans un geste lent et porta l'orifice à sa bouche. L'alcool coula le long de sa gorge la brûlant d'une chaleur habituelle. Un sentiment réconfortant l'envahit alors, embrumant petit à petit ses esprits. Au bout de plusieurs minutes, lui semblait t-il alors que la vapeur d'alcool s'évaporait déjà, Lily hurla. Sirius ouvrit les yeux et la trouva en face de lui, les mains sur les hanches, le visage courroucé, les yeux légèrement rouges.

-Non mais je rêve! Ça ne va plus du tout, Sirius ! Je ne te supporte plus ! Tu crois vraiment que l'alcool va tout arranger ? Non mais regarde toi, bon sang ! On dirait un tôlard qui ère sans rien chercher! Reprend toi !

Elle s'approcha vivement de lui et lui arracha la bouteille des mains avant de la jeter à l'autre bout de la pièce. Le verre se brisa contre le mur laissant écouler le peu d'alcool qu'il restait.

-Elle n'est plus là ! C'est fini et c'est comme ça ! Ne crois pas que tu es le seul à en souffrir ! James et Remus la considérait comme leur petite sœur ! C'était ma meilleure amie ! Tu es pitoyable ! Heureusement qu'elle ne te vois pas comme ça, mon pauvre Sirius! Vas-y saoul toi comme tu veux !Profite bien de ta paresse ! C'est la dernière fois ! Demain, je te remet sur pied, quoi que cela me coûtera!

Elle lui tourna le dos et retourna dans la chambre, les épaules légèrement avachis. Sirius fixa le mur droit devant lui où l'alcool continuait encore de goûter le long du mur. Il entendit un sanglot provenant de sa chambre. Le cœur pincé, il se leva titubant légèrement et s'avança jusqu'à Lily dans la pièce voisine. Ses yeux étaient rouges et ses lèvres tremblaient légèrement. Sirius s'assit à côté d'elle et la prit doucement dans les bras.

-Je suis désolé, Lily. Je ne voulais pas te faire souffrir.

Elle se redressa un peu, sourit d'un air triste et essuya du revers de sa main les quelques larmes sur ses joues.

-Ce n'est rien, Sirius. Seulement, ranger toutes ses affaires me la rappelle. Après Sarah, il a fallu que ce soit Elle. Je l'ai toutes les deux perdues sans que rien je ne puisse faire. Mais ne tant fait pas, je vais bien.

Sirius opina légèrement.

-Je vais t'aider. Décida t-il.

Lily le remercia du regard puis retourna dans ses cartons. Sirius hésita quelques peu, regardant toutes ces affaires d'un œil triste. Il respira profondément puis se mit à genoux et commença sa tâche.

Ils travaillèrent ainsi pendant encore de longues heures, mangeant vite fait un sandwich, entre deux activités. En fin de soirée, l'appartement avait retrouvé son semblant d'apparence et une propreté impeccable.

Les cartons avaient tous été déposé dans le salon.

-Il se fait tard. Tu devrais aller te coucher Lily. Prend mon lit. Je vais dormir sur le canapé. Annonça Sirius en déposant le dernier carton.

Lily acquiesça.

-Merci. Ça va aller ?

Sirius se pencha et prit un cahier sur la table basse.

-Oui. Rassure toi. Je finis de poser son journal puis je me couche.

Lily parut soulagée et entra dans la chambre. La pièce paraissait plus vide que ce matin comme s'il manquait quelque chose. Seulement, une présence était réellement absente. Lily se changea et mit son pyjama en cinq minutes. Elle rentra sous les couvertures et posa sa tête sur son oreiller.

Pendant ce temps, Sirius s'approcha du premier carton où se trouvait ses cahiers et des photos diverses. Il plaça à l'intérieur le journal d'India dont il n'avait pas eu le courage de lire. Il fermait le carton quand il aperçut un bout de papier par terre. Il avait du tomber quand il avait nettoyé et s'était caché derrière un carton. Il s'abaissa et s'assit contre le mur. Il étira son bras et attrapa le morceau de parchemin. Sept mots étaient inscrit dessus. Sept petits mots qui ne voulait rien dire séparément. Ils avaient été écrit par elle. C'était son écriture, fine et appliquée. « Ce soir là...nous nous sommes aimés ». Le cœur lourd, Sirius ferma ses doigts autour du papier. Le souvenir de cette journée parfaire remonta à la surface. Il tapa violemment le sol du point dans un accès de rage et posa sa tête entre ses mains, cachant ainsi son visage. Doucement, ses épaules se mirent à trembler. Lentement, les larmes se mirent à couler abondamment le long de ses joues. Sans pouvoir se retenir davantage, toute sa tristesse se déversa, tous ses espoirs perdus.

La porte de sa chambre s'ouvrit dans un grincement, laissant apparaître Lily sur le pas de la porte. Sirius tenta de sécher rapidement ses larmes qui pourtant ne cesser d'émerger. Lily s'approcha et se mit à genoux en face de lui. Elle lui prit les mains et l'amena délicatement vers elle.

-Ce n'est rien, Sirius. Pleure… Toi aussi, tu en as le droit.

Il leva ses yeux rougis vers elle et posa sa tête sur ses jambes, serrant fermement sa main. Comme un enfant, il pleura. Comme un enfant, Lily le materna.

La nuit fut longue et douloureuse. Les larmes ne cessèrent de couler et les souvenirs d'affluer. Ce ne fut qu'au levé du soleil que Sirius réussit enfin à s'endormir d'un sommeil légèrement agité.

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Juin, 1998

India prit son manteau sur un cintre puis l'enfila rapidement. Elle se regarda une dernier fois dans la glace, se trouvant à nouveau plus présentable. Elle avait pris une bonne douche chaude et s'était lavée énergiquement tentant en vain d'effacer les souvenirs des caresses de Sirius. Elle avait par la suite relevait ses cheveux en chignon laissant quelques mèches tomber. Vêtue d'un jean et d'un pull, elle ne portait ni maquillage, ni bijoux fantaisie. Juste son pendentif et sa bague, autour du cou, caché sous les vêtements. Elle mit ses chaussures et sortit à l'extérieur. Elle referma la porte à clé et descendit ensuite les escaliers jusque dans la rue. Un souffle glacé la traversa subitement, lui coupant ainsi son souffle. Elle ramena davantage son manteau sur ses épaules et avança dans la rue, rasant comme tout le monde les murs. Elle marcha plusieurs minutes dans un silence inquiétant, comme ceux qui précèdent les tempêtes. Londres était désert. Londres était comme mort.

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Décembre,1979

Sirius marchait paisiblement dans un magasin, les mains dans les poches, sourire narquois accroché au lèvre. En pleine période de Noël, les magasins se voyaient être rempli de monde, se pressant tous pour pouvoir acheter ce qu'il désirait. Même frénésie présente à Londres ou à Paris. Les enfants circulaient dans les galeries, le visage émerveillé par tout ce qui les entoure ou à la recherche du père noël.

-Il y a encore quelques années, tu te comportais de la même manière Sirius. Déclara Remus passant derrière lui.

Sirius se retourna puis sourit.

-Oui, je l'avoue mais j'étais jeune !

Remus éclata de rire.

-Si tu te considères déjà vieux à ton âge, à quarante ans tu seras quoi ?

-Un détritus, bon à jeter dans la première benne.

-Dis pas ça, Patmol. Trouve toi, une fille puis ça ira mieux.

-Je suis pas prêt…

-Arrête de raconter n'importe quoi ! Tu as toujours été un homme à femme. Dis plutôt que tu ne veux pas l'oublier tout de suite, ça sera plus juste.

-Et alors ? grogna t-il.

Remus marcha, suivi par Sirius.

-Et alors ? Rien. Rajouta Remus. Tu n'es pas obligé de l'oublier, seulement ne t'arrête pas de vivre. Un an, Patmol. Il faut que tu tournes la page.

-Pourtant avant le mariage de James tu me reprochais mes relations et maintenant…

Remus s'arrêta et fit face à Sirius.

-Confond pas tout, Sirius ! Pendant cette période, tu t'en faisais une tous les soirs, sans compter le nombre de bouteilles que tu vidais par jour. Après, tu t'es complètement isolé puis maintenant tu fuis toutes relations féminines en dehors de Lily. Je peux mieux que quiconque te comprendre… Mais il y a un temps de « deuil » et un temps de réadaptation. Toi, tu as largement dépassé ces deux stades.

-Remus…

-Elle n'est pas morte ! s'écria t-il. Tu peux au moins avoir ça, toi.

Sirius soupira lentement puis baissa la tête.

-Je suis désolé.

-Tu ne l'as pas à l'être. Répondit froidement Remus.

Un silence de quelques secondes s'installa jusqu'à ce que Remus reprit :

-Bon, étant donné que nous avons fini notre mission, je vais aller acheter le cadeau que Lily m'a commandé pour James. Tu devrais en profiter pour faire un tour ! On est à Paris alors profites en !

Après un dernier regard d'encouragement, Remus s'en alla d'un pas joyeux parmi la foule de gens.

Sirius poussa un petit soupir puis s'éloigna à son tour. Il marcha pendant cinq minutes sans but précis, ses idées vagabondant d'une chose à une autre. Ses cadeaux de noël étant déjà achetés, il ne lui restait plus qu'à apprécier l'ambiance festive. Il descendit une sorte d'escalier roulant que les moldus appelaient « escalator ». Sirius rit intérieurement à la bêtise de nommer ainsi les choses. D'accord escalator marchait très bien quand le tapis montais mais alors pourquoi pas appeler « descalator » quand le tapis descendait ? Toujours aussi étrange et incomplets ses moldus !pensa fortement Sirius.

Il arriva au centre du magasin où se trouvait le plus de « papa noël » et de petits lutins verts avec sur la tête de drôle de chapeau. Sirius sourit, amusé puis vint s'asseoir au bord d'un fontaine. Elle était placé au milieu de la place et remplie d'attractions tous plus étrange les uns que les autres. Sirius resta assis à observer les gens se faufiler d'un magasin à un autre. La plupart était des français de souche mais quelques étrangers pouvaient se faire remarquer de temps en temps. Sirius soupira, las. Il y eu un temps, où lui aussi se serait amusé à choisir des cadeaux, à rire bêtement devant les pauvres amoureux qui tentaient de trouver un bijou pour leurs copines. Trois ans que India était partie et plus rien ne l'intéressait. Plus rien n'avait ce charme d'autrefois, cette magie enfantine. Mais peut être que nous ne sommes plus des enfants, songea t-il. Les temps étaient durs en ce moment, le seigneur plus présent, les meurtres plus nombreux. L'ambiance n'était pas au festivité et pourtant personne ne semblait s'en soucier. Dans trois jours, c'était Noël et c'est tout ce qui comptait. Cependant, Sirius avait du mal à se joindre au réjouissance. Il n'avait qu'elle à l'esprit. Son regard le hantait à longueur de journée. Son rire résonnait dans ses oreilles tout le temps et ses cheveux frôlaient sous visage comme un fantôme. Il ne comptait plus les nuits blanches qu'il passé depuis son départ. Ces nuits où il entendait ses pleurs, où il voyait son regards perdu, ses lèvres trembler sans qu'il ne puisse rien faire. Elle était désormais loin, très loin.

-Tu restes là et ne bouge pas. Papa discute avec un ami et maman va dans le magasin en face. Annonça une voix féminine sortant Sirius de ses sombres pensées.

Il cligna des yeux le temps de reprendre ses esprits puis tourna doucement la tête vers la concerné. A côté de lui se tenait une petite fille de trois ans, les cheveux noirs coupés méticuleusement vers les oreilles. Elle était appuyée contre le muret entourant la fontaine et regardait sa mère s'éloigner d'un air buté. Sirius sourit, attendri devant une telle force de caractère. L'enfant se tourna vers lui, le regard curieux puis sourit timidement.

Sirius se figea littéralement sur place, entièrement hypnotisé par ses yeux. Son cœur ne fit qu'un bond bon. Un seul qui manqua de le clouer sur place.

-Ça va ? demanda innocemment la petite fille. Tu es blanc.

Cette voix… Ce timbre de voix… Sirius détourna le regard, tenta de faire le calme dans son esprit. Il en était sûr, il le savait, il ne doutait même pas. Il sourit à l'enfant.

-Je vais très bien. Prononça t-il d'une voix sèche. Tu m'as seulement rappelée une amie.

La petite fille se plaça devant lui et pencha la tête sur le côté.

-Tu parles bizarrement…remarqua t-elle. Exactement comme papa à moi.

Sirius éclata de rire.

-Alors, ton papa est anglais.

-Comment toi sais ça? Tu es magicien ?

Les yeux de l'enfant pétillaient de malice.

-Yes. Je suis un magicien…et un très bon magicien !

-Ooh ! Vas-y ! Un tour ! Veux un tour.

Sirius sourit, désolé.

-Ce n'est pas possible, je n'ai pas mon assistante. Je ne peux rien faire sans mon assistante.

La petite fille ouvrit grand les yeux puis la bouche qu'elle referma immédiatement.

-Ton assi-assistante, c'est la fille que moi rappelle ?

-Euh…oui. C'est elle.

-Elle s'appelle comment ?

Sirius regarda la petite fille, le regard perdu. Il hésita quelques secondes avant de répondre doucement :

-India. Elle s'appelait India.

-Comme moi ! s'écria t-elle heureuse. Comme moi ! Je m'appelle India ! Mon papa m'a donné parce disait que était un nom dans pays à lui, en Angleterre. Elle est gentil ton amie ?

Sirius était complètement désarçonné par autant d'enthousiasme. Elle était là devant lui.

-Oui très gentille, Je l'aime beaucoup.

-Pourquoi elle est pas avec toi ? Vous êtes fâchés ? Mes parents fâchent souvent mais après ils réconcilient. Peut être que devrais t'excuser et que ça ira mieux !

-Elle est simplement repartie chez elle. Annonça t-il d'une voix douloureuse.

-Tu lui fait la tête ?demanda India sur un ton ignorant.

-Non. Mais elle me manque.

-Pourquoi ? Si elle est chez sa famille, tu reverras elle. Mon ami Dan dit que papa à lui est dans le ciel depuis deux ans et que un le verra. C'est sa maman qui le lui a dit. Mais toi, elle est morte ton amie ?

Sirius secoua négativement de la tête et la petite fille sourit.

-Ben, sois plus triste. Tu va la revoir. Oh ! Papa m'appelle ! Je dois partir ! Au revoir !

Elle s'éloigna en courant, ses petites boucles s'agitant dans l'air. Sirius avait le cœur léger. Elle avait raison. India avait raison. Il allait la revoir, un jour.

Avec cette idée réconfortante, il se leva et accourut vers Remus qui s'avançait dans sa direction. Avant même que son ami ai pu dire quoi que ce soit, Sirius s'exclama tout enjoué :

-Tu avais raison, Remus. Et j'ai l'intention de me remettre dans le droit chemin. Mais dis-moi, quand je pense que c'est toi qui m'a dit de me prendre une fille pour aller mieux ! Tu as montré un peu plus de respect envers les femmes autrefois ! Dis-moi quel méchant démon t'a possédé que je le chasse tout de suite !

Remus sourit.

-Tu devrais avec James, écoutez plus souvent Lily quand elle vous dit que je suis loin d'être un sain ! Après tout, je suis maraudeur, non ?

Remus sourit malicieusement à Sirius puis se dirigea vers la sortie, laissant Sirius planté sur placé, digérant ses paroles. Après quelques minutes d'immobilité, Sirius s'élança à sa poursuite.

-Tu veux dire quoi par là, Lunard ? Attend moi, je veux savoir !

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Juin, 1998

Les gens commençaient à se faire plus présent. Il y avait déjà beaucoup plus de circulation, beaucoup plus de moldus et de magasins ouverts. India avait marché jusqu'à un parc où provenait de la musique. Elle s'en approchait rapidement, sentant une envie pressente de se confondre à la foule. Elle ne supportait plus cette solitude, ce froid glacial dans le dos, cette sensation d'être prise dans un guet à pan. C'est pourquoi, elle se précipita très rapidement vers la scène où un groupe jouait, se faufilant entre les gens. Il ne faisait guère plus chaud, mais une ambiance plus chaleureuse tentait fermement de s'installer. Elle écouta longtemps sans regarder une seule fois l'heure, cette musique qui l'envahissait toute entière. Plus aucune idée saugrenue s'installait en elle, plus de souvenir douloureux. Juste cette musique. Un son agréable à entendre. Une envie de danser. Une envie de crier avec la foule les paroles. Il n'y avait plus rien autour d'elle. Juste cette musique. Une envie irrésistible de danser, un flot continue de parole. Un groupe qui lui fit oublier quelques heures, ses soucis. Un certain groupe que l'on nommait Seether.

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Juillet, 1980

-C'est bon, James ! Arrête de t'inquiéter ! Je vais en prendre soin de ta femme ! s'écria Sirius, légèrement exaspéré.

-Et si jamais, elle a des contractions ? Si elle a un malaise ou si des mangemorts vous attaquent ?

Sirius soupira de lassitude tandis que James s'agitait dans tous les sens.

-Je suis un des meilleurs Aurors et Lily est excellente dans les sorts ! Ensuite, si elle se sent pas bien, je l'emmène à St mangouste ! Rien n'est plus compliqué, alors s'il te plait pour la dernière fois, fait moi confiance !

James fronça un peu les sourcils tandis que Sirius lui faisait son plus beau sourire pour le rassurer.

-Je veux bien te croire, mais avoue Patmol que tu n'es pas le plus adapté pour cette occasion. Tu es sans cesse en train de t'attirer des problèmes et j'aimerai éviter du stress à Lily surtout dans son état. Remus serait peut être mieux…

-Merci. Lança Sirius ironiquement.

-A moins que je la confît à …

-James ! coupa Sirius sur le point de craquer. Ça va faire cinq minutes maintenant que tu aurais du rejoindre Remus ! Et arrête de te faire un sang d'ancre comme ça ! Lily n'est pas une empotée, elle est juste enceinte. Alors maintenant, Dehors !

Sirius attrapa James par le bras et le fit sortir de l'appartement tandis que ce dernier tentait de se dégager en expliquant ses craintes. Alors qu'il allait rentrer de nouveau, Sirius lui claqua la porte au nez.

-Bonne journée, Cornedrue.

Il tourna le dos à la porte, un sourire malicieux sur les lèvres quand il aperçu Lily qui le regardait étonné.

-Il ne voulait pas partir. Se justifia t-il.

Lily sourit doucement puis s'avança de Sirius. Elle marchait légèrement penchée à l'arrière, son gros ventre plus lourd que jamais.

Elle en était à son dernier mois de grossesse ce qui ne faisait qu'accentuer l'anxiété et l'hystérie -comme se plaisait à dire Sirius- de James.

-Bon, tu veux faire quoi aujourd'hui ? Questionna Sirius.

-Je n'ai pas besoin d'un chaperon mais puisque tu te montres si charmant, on pourrait aller faire du shopping ! proposa Lily d'un ton enjoué totalement en contraste avec la mine déconfit du jeune maraudeur.

Lily prit son manteau noir qu'elle enfila rapidement et sortit de l'appartement. Sirius quant à lui n'avait pas bougé.

-Du shopping ? répéta t-il comme si cette simple idée le fatiguait d'avance.

Il se tourna vivement vers Lily qui le fixait de ses iris émeraudes et lui fit son petit air de chien battu qu'il employait régulièrement avec un succès exceptionnel.

-tu veux ab-so-lu-ment faire les magasins ?

Lily acquiesça de la tête, un sourire malicieux- sourire dont elle avait hérité de ses nombreuses fréquentations avec les maraudeurs- sur ses lèvres.

-Mais pourquoi ? Tu as déjà tout ce dont tu veux ! Les affaires pour mon futur filleul sont achetés depuis longtemps et je crois, personnellement que votre maison est déjà assez remplie comme ça !

Sirius poussa un long soupir de capitulation et sorti après avoir pris sa veste marron. Il tendit son bras à Lily et ils descendirent dans la rue.

-On va où maintenant ? questionna t-il en fouillant du regard les alentours.

-Du côté moldu. Annonça Lily.

-C'est pas très prudent. Mon appartement est plus sûr ou même le manoir. On pourrait même aller…

-Sirius ! coupa Lily. On dirait James. Comme tu l'as dit toi-même, Je suis capable de me débrouiller toute seule et je ne suis pas une empotée ! Juste enceinte.

Sirius sourit .

-Tu as raison, Lily jolie. Alors, on y go !

Ils parcoururent donc ensemble les différentes rues de Londres dans une ambiance bon enfant, visitant des magasins les plus étranges et excentriques. Sirius acheta même une petite peluche noir en forme de chien à Lily qu'il nomma lui-même avec grande fierté Patmol. Ils visitèrent un magasin de Walt Disney et rentrèrent notamment à Hamley où les jouets ravirent plus Sirius que n'importe quel enfant.

-J'aurai une petite course à faire, quand j'y pense ! s'exclama soudainement Lily au milieu d'une discussion de gâteau. J'ai absolument besoin d'acheter des serviettes hygiéniques !

Sirius qui soufflait dans un ballon s'étrangla presque en entendant ses derniers mots. Il reposa son jouet sur une étagère et regarda choqué Lily.

-Je peux savoir en quoi un gâteau au myrtille peut te faire penser à …ça?

-Oh ! Rien du tout ! Ça m'est revenue comme ça. Mais après si tu veux que je te trouve une explication, alors peut être que la couleur de la myrtille peut….

-Non !cria Sirius de plus en plus paniqué.

Lily sourit, amusée.

-Tu vas vite t'acheter tes…tes trucs puis après on ira dîner! Oui, c'est ça : Dîner et sans dessert !

-Pourquoi vous sentez-vous tous obligé d'ignorer cette partie des femmes. James est exactement comme toi.

-Je ne veux rien savoir ! Rien du tout !

Il poussa Lily dans le dos pour la faire sortir du magasin.

-Et ou est-ce que je suis censé t'amener pour trouver tes affaires.

-Au bout de la rue, je crois qu'il y a un magasin !

Sirius hocha rapidement la tête et commença sa marche.

-Parfait! Alors on y va.

Ils marchèrent silencieusement quand Sirius se mit à grogner.

-Et pourquoi faut-il que tu achètes ça maintenant! Tu n'aurais pas pu prévoir ?

Lily rit doucement.

-Et bien le fait que cela va faire neuf fois que je n'ai rien eu, je t'avoue que ça m'était sorti de la tête. Il ne faut pas croire que nous, les femmes, soyons ravi d'avoir nos règles.

Sirius grimaça.

-En réalité, la seule compensation pour pouvoir le supporter c'est l'idée d'avoir des enfants. C'est vraiment une chose pénible ! Si les hommes savaient ce que cela demande comme effort et contrainte…

-STOP ! lança Sirius en plaçant sa main sur la bouche de Lily. Veut rien savoir.

Lily sourit puis rentra dans un petit magasin, suivie de près par un Sirius gêné. Elle fit très vite ses achats, prenant ce dont elle avait besoin sous le regard désorienté et embarrassé d'un Sirius plus aussi à l'aise. Une fois payés et sortis de nouveau à l'extérieur, Lily éclata franchement de rire.

-Alors là…s'exclama t-elle entre deux fous rire. si jamais j'avais cru ça ! C'est vraiment impressionnant !

-Quoi ? Qu'est ce qui te fait rire ? Lily ?

La jeune rousse s'était appuyé contre un mur, les larmes aux yeux et le visage hilare.

-Toi ! plaisanta t-elle. Oh là là ! Tu es tellement sûr de toi, tellement à l'aise et dragueur avec les filles que te voir aussi perturbé par une chose si naturelle est renversant !

-Il n'y a rien de marrant ! s'offensa Sirius.

Lily porta ses mains à son ventre et tenta de calmer son fou rire incontrôlable.

-Ne le prend pas mal, James aussi fait un petit blocage sur ça. En réalité, India avait raison. Remus qui paraît le plus coincé est du moins le plus ouvert des trois!

Sirius fronça les sourcils et croisa ses bras sur sa poitrine, l'air vexé.

Lily commençait doucement à se calmer, et essuya le bord de ses yeux quand soudain elle se pencha de nouveau.

-Oh, non Lily ! Arrête maintenant ! s'exclama Sirius.

-C'est pas ça….déclara t-elle en manque de souffle et s'appuyant davantage contre le mur. Sirius ?

-Quoi ? demanda t-il

-Je crois que je viens de perdre les os.

Le maraudeur fit volte face et regarda son amie. Son visage était légèrement contracté de douleur et ses mains crispé autour de son ventre.

-Tu plaisantes ? s'exclama t-il.

-J'ai l'air de plaisanter ?

-Et bien, tu es une très bonne comédienne puis James m'a dit que normalement tu devais avoir des contractions avant.

-Justement…

Lily regarda Sirius d'un air désolé. Sirius porta ses mains à son visage.

-Non mais vraiment ! Pourquoi tu me l'as pas dit !

-Mais ça m'arrivait tout le temps ces derniers temps !

Sirius commença à faire les cents pas sur une distance de cinq mètres, prononçant des paroles incompréhensibles !

-Je voulais pas vous inquiéter !

-Nous inquiéter ? s'étrangla Sirius. Mais au moins tu serais à l'hôpital, sur un lit bien douillet à la place de cette rue ! Oh merlin ! Que va dire James ? Il va à coup sûr me tuer ! Aïe Aïe Aïe ! Je suis un homme mort ! Il m'avait dit quoi déjà ? « Evite de la promener trop longtemps, ça pourrait accélérer les choses, j'ai lu ça dans un book » Bon, pour cela je pourrais toujours trouver un mensonge adéquat. « Contrôler son stress et éviter des émotions trop forte ! » Alors, pour le stress c'est bon et les émotions trop forte aussi. Un fou rire, ce n'est pas bien méchant… « Si elle perd les os, compter les minutes entre chacune de ses contractions » Compter les minutes ? Merlin, je fais quoi ?

-SIRIUS ! hurla Lily. Emmène moi à St Mangouste!

Sirius stoppa net sa marche et fixa Lily avec incrédulité.

-T'amenez à St Mangouste ? OUI ! je dois t'amener à St Mangouste.

Il se pencha vers Lily et lui attrapa le bras. Il transplana.

Quelques minutes plus tard, après maintes efforts pour trouver un médicomage, Lily fut emmener dans une salle d'accouchement entouré par une tonne d'infirmière.

-Ne t'inquiète pas ! J'appelle James tout de suite ! lui cria Sirius dans un sourire attirant le regard désapprobateur de la femme d'accueil. Il lui transmit son plus beau sourire et déclara tout fort.

-Je vais être parrain !

Il alla dans un coin au le monde n'affublait pas et sortit un petit miroir de sa poche.

-James Potter. Déclara t-il.

Une agitation se fit dans son miroir et Sirius sourit.

-Heureusement que j'ai pensé à l'amener à St Mangouste.

0o0

Quelques heures plus tard, Sirius était assis en salle d'attente tenant les paquets de Lily entre ses jambes. Enfin, Remus arriva vers lui et s'assit à ses côtés.

-Alors, tu as des nouvelles ? Demanda t-il.

Sirius se redressa et regarda son ami lycanthrope dont les marques de fatigues de la pleine lune précédente marquait encore son visage.

-James est avec elle en salle de travail. Après, personne ne semble vouloir nous en dire plus.

Remus sourit puis tendit sa main sous le nez de Sirius.

-Je me suis acheté une tarte au myrtille en venant. Tu en veux un morceau ?

Sirius recula vivement en grimaçant.

-Depuis quand, tu n'aimes pas les tartes ? s'étonna Remus.

-Depuis que Lily a eu la malheureuse idée de comparer la myrtille à ses problèmes féminins!S'offusqua Sirius sur un ton dégoûté.

Remus éclata franchement de rire avant que son regard se stoppe sur les paquets de Sirius.

-Oh ! Et c'est aussi à cause de Lily que tu retrouves avec des paquets remplies de tampons?

Sirius rougit jusqu'au oreille mais reprit très vite contenance en changeant radicalement de sujet.

-Sinon, votre mission s'est bien passé?

Remus acquiesça doucement de la tête. Il sembla hésiter à parler et observa quelques minutes Sirius avant d'expliquer.

-L'information n'est pas encore officiel même si je pense que demain tout sera dans les journaux, mais Peter a enfin été attrapé.

Sirius leva la tête.

-Il ne s'est pas transformé ? questionna le maraudeur.

Remus hocha négativement de la tête. Il s'appuya confortablement sur le dossier de sa chaise puis écarta ses jambes devant lui.

-Non. C'est même plutôt étrange. J'aurais pensé, vu son caractère, qu'il se serait enfui sous sa forme de rat, avant de vous avoir balancé.

-Tu as raison. En fait, je le pensais aussi. Je m'attendais à voir le ministère débarquer chez nous pour nous arrêter. James était aussi plutôt inquiet.

Remus approuva de la tête avant de continuer.

-Je ne pense pas qu'il va nous trahir pour ça, car ce secret lui est beaucoup trop précieux et serviable ! Il sait notamment que l'on ne dira rien sans pouvoir échapper aux explications. En revanche, je suis sûr qu'un jour il nous demandera un service. Il n'en a pas fini avec nous.

Sirius soupira de mal aise puis mordit rageusement sa lèvre inférieur.

-Il avait la marque ? demanda t-il sèchement. Sur son avant bras, il l'avait n'est ce pas ?

Remus tourna la tête et planta ses iris bleu-grise dans ceux de l'animagus.

-Oui, Patmol.

-Alors, Peter faisait définitivement parti des mangemorts. Conclu t-il. India avait raison. Il nous aurait trahi.

Remus se redressa comme si une épine venait de le piquer.

-Et elle aurait eu raison si nous avions rien fait. Sirius ? demanda t-il après seulement quelques secondes de silence. Tu crois que parce que Peter était notre ami, je n'ai pas voulu voir qui il était vraiment ?

Sirius fronça les sourcils.

-Qu'est ce que tu veux dire, Lunard ?

-Je suis lycanthrope. Je ressens des choses chez tout le monde, je sais quand quelqu'un me ment sans faire de l'occlumencie, je repère quelqu'un qui a des secrets. Je peux dire si une personne fait de la magie noir ou pas. J'ai vu l'animosité de India sur Peter. Et pourtant, je n'ai pas su prévoir, ni déceler quoi que ce soit!

-Je ne sais pas quoi te dire, Remus. Tout ce que tu dis est vrai et je conçois que le fait que Peter était notre ami, nous a empêché de vraiment le cerner. Cependant, je ne pense pas que tu es coupable.

-Mais….

-Mais tu es un être humain, Lunard. Coupa Sirius. Tu n'est pas infaillible et puis nous lui faisions tous confiance. Il ne faut pas que nous nous focalisons à chercher un coupable. IL n'y en a pas ! Vivons simplement en profitant de la chance que nous avons eu.

Remus opina verticalement puis sourit à Sirius.

-J'arrive pas à y croire ! s'exclama soudainement ce dernier. Est-ce que je viens vraiment de philosopher ? Bon, d'accord pas exactement philosopher comme les grands philosophes mais j'ai réussi à te remonter le moral en étant sérieux ! Pas une seule blague ! Tu y crois, toi ?

Remus éclata de rire devant la mine de son ami et fut très vite rejoins par ce dernier. Alors qu'ils riaient tous les deux comme de vrais enfant, James se plaça imposant devant eux, les bras en l'air et le visage plus joyeux que jamais !

-Je suis papa ! s'écria t-il.

0o0o0o0o0o0

Juin, 1998

-J'adore cette musique! Cria Sirius.

Remus lui sourit et acquiesça de la tête. James sourit

-Je suis d'accord Patmol, annonça le maraudeur. Mais nous devrions retourner au chemin de traverse avant que Lily s'aperçoivent de notre disparition.

Sirius soupira de déception.

-James a raison. Confirma Remus. Tonks va me traiter d'inconscient, sinon !

Sirius bouda moqueur.

-Vous êtes pas marrant, les gars ! Depuis que ces deux femmes vous ont mis la bague au doigt, on ne peut plus rien faire ! Vous êtes des hommes ! Montrez qui commande !

James et Remus se jetèrent un coup d'œil.

-On voit bien qu'il n'est pas marié. Remarqua James pour le lycanthrope.

Soudainement, Sirius poussa un cri de frayeur et poussa ses deux amis dans la foule, ignorant totalement la remarque de son ami..

-Mais qu'est-ce qui te prend ! hurla James dont un homme lui écrasait le pied.

-Molly ! chuchota t-il, l'air affolé. Il y a Molly. C'est décidé, nous sommes officiellement mort. Elles ont découvert notre absence.

Remus secoua désespérément la tête tandis que Sirius tira les deux maraudeurs plus profondément dans la foule.

-En fin de compte, ironisa Remus. Sirius n'a peut être pas encore de femme mais Molly s'occupe correctement de son éducation.

Sirius lui tira la langue en s'enfonçant davantage dans la masse de gens.

-Il faut absolument retrouver les gamins et s'en aller tout de suite de là ! s'exclama Sirius.

Les deux autres maraudeurs acquiescèrent de la tête et se mirent rapidement à la recherche des jeunes.

-Là bas ! cria Remus en montrant du doigt le devant de la scène.

Ils se faufilèrent tranquillement entre les danseurs, évitant soigneusement les coups de hanches et de coudes.

Sirius arriva le premier sur place et après une petite révérence dont il avait le secret, informa les quatre griffondors sur le petit problème du moment.

-Votre mère est là. Déclara t-il à Ginny et Ron dont une certaine expression d'inquiétude s'installa sur le visage. On s'en va et discrètement.

Les jeunes acquiescèrent sans rechigner. Alors qu'ils commençaient tous à s'éloigner doucement de l'estrade en parfait file indienne, Sirius s'arrêta net, comme suspendu dans l'espace temps.

-Qu'est ce qu'il y a ? demanda James. Sirius ?

Ce dernier avait le regard fixait sur la foule, une expression bien étrange sur le visage. James regard d'un air interrogateur Remus et haussa négligemment les épaules. Sirius ne cillait plus les paupières, il ne bougeait même plus un muscle. Il n'entendait plus la musique, autour de lui le son s'était estompé. Il ne voyait plus rien si ce n'est ce corps. Ce corps qui ondule sensuellement, ces mèches qui effleurent doucement son visage, ces lèvres d'une saveur fraise qui murmure des paroles. Elle était là, toute entière, vivante, pleine de vie, rayonnant comme jamais il ne l'avait vu. C'était bien elle, aussi magnétique qu'il l'avait connu, aussi charnelle. Il pouvait même après toutes ses années ressentir encore la douceur de ses mains, qui le brûlait peu à peu, sentir le parfum de ses cheveux effleurer ses narines.

-India. Murmura t-il.

-Quoi ? s'écria James. Sirius, qu'est ce que tu as ?

Aucune réponse. Discrètement, Remus donna un coup de coude à James et lui indiqua de la tête, une foule de gens quelques mètres plus loin. En un seul regard, James la reconnu. India était devant eux, à danser, prise entièrement par la musique. Il jeta un rapide coup œil à Sirius, dont la blancheur l'inquiétait.

Alors qu'un temps infini semblait s'être déroulé, India finit par tourner la tête dans leur direction. Tout son corps s'arrêta subitement de bouger, tous ses muscles s'immobilisèrent. Ses iris violettes brilla. Elle le regarda sans gène. Ses yeux bleus, sa peau bronzé, ses cheveux noirs. Ils étaient là, tous les deux, comme des pantins. Le monde pouvait bien tomber, cet instant leur était réservé et rien n'aurait pu les détacher. Le regard dans le regard, ils étaient seuls, ne voyait pas plus loin que les yeux de l'autre, pas plus loin que leur sentiment. Tout autour d'eux sembla s'arrêter. Cependant, Sirius se retourna finalement vers James.

-Rentrez sans moi. Ordonna t-il.

Il s'avança ensuite, dans une démarche maîtrisée vers India. Rien dans son attitude ne pouvait refléter ce qu'il ressentait. Il n'était pas à l'aise, il n'était pas imposant et il n'était en aucun cas pas courageux. Il avait peur. Il souhaitait pouvoir s'enfuir à toutes jambes. Il n'était pas plus fier qu'un enfant de quatre ans, pas moins vulnérable, pas moins fragile. En réalité, il n'en était pas moins amoureux.

James se tourna vers les quatre amis et leur sourit.

-Qui est-ce ? demanda Harry.

-Qui ? s'étonna James dont le ton sonnait faux.

-La fille que Sirius va voir. Termina Ginny.

-Ah ! Elle ? Personne. Juste une amie. Expliqua en vain le maraudeur dont son talent de menteur semblait avoir disparu.

Hermione haussa un sourcil et Remus grimaça.

-Je t'ai connu meilleur trompeur. Lui murmura doucement Remus. Pas maintenant. Déclara t-il tout fort. Nous devons rentrer.

Sans leur laisser le temps de répliquer, James les poussa vers l'extérieur de la foule. Il garda avec Remus un silence implacable pour pas que des oreilles indiscrètes puissent écouter. Ils s'écartèrent de plusieurs mètres du concert donc dans un mutisme totale qui fut vite interrompu par la voix de Molly Weasley. Ils eurent tous droit à leur petite leçon de morale et un son ininterrompu de flot de paroles.

-Qu'est ce qui vous arrive, tous les deux ? s'étonna Lily dont leur silence était peu habituelle. Et où est Sirius ?

-Avec India. Lâcha James.

-Quoi ? cria Lily.

Elle regarda tour à tour les deux maraudeurs qui opinèrent de la tête.

-Elle est…là ? demanda t-elle d'une voix tremblante.

Mrs. Weasley regarda alternativement les trois amis puis ses enfants.

-Elle… elle est comment ? articula Lily.

-Comme avant. Expliqua Remus. Exactement comme nous l'avons connu.

Lily porta la main à son visage.

-Rentrons. Décida t-elle. Nous n'avons plus qu'à espérer que Sirius revienne en bon état cette fois-ci. Il avait enfin réussi à tirer un trait.

James approuva de la tête et passa un bras sur les épaules de sa femme.

A quelques mètres de là, dans un petit pub branché Sirius et India s'assirent au bar. Leurs gestes l'un envers l'autre étaient maladroit. Il ne savait pas quoi dire mais ce fut India qui prit la parole la première.

-Comment tu vas ? demanda t-elle doucement.

Il leva son regard vers elle et lui sourit.

-Bien. Je vais bien. Merci. En réalité, nous allons tous bien grâce à toi.

Une petite lueur de joie passa dans les yeux de India.

-Ils ne sont donc pas…

-Non.

Un sourire franc apparut clairement sur son visage.

-J'ai pas tout raté finalement. Rit-elle gênée.

Elle baissa la tête vers sa tasse de thé et en bu une gorgée. Sirius la regarda faire. Un nouveau silence s'installa entre eux, plus pénible.

-C'est étrange, tout de même. Commença Sirius. Tu n'as pas changé.

India sourit timidement, rougissent légèrement.

-Toi, tu t'es plutôt bien conservé. Remarqua t-elle.

Sirius la regarda étonné puis éclata de rire ce qui détendit l'atmosphère.

-Eh ! Tu croyais quoi ? Le temps n'a pas de prise sur mon corps de rêve ! plaisanta t-il ce qui eu pour effet de faire rire cette fois ci India.

Sirius sourit, satisfait.

-Tu comptes faire quoi ? demanda t-il sérieusement.

India réfléchit quelques secondes.

-Je ne sais pas trop. Je pensais retourner quelques temps en France.

Sirius approuva de la tête.

-Tu devrais faire ça. Affirma t-il. Ce n'est pas que je veuille que tu disparaisses mais les temps sont très durs et l'Angleterre n'est plus un lieu sûr.

-C'est si horrible que ça ?

-Il y a des mangemorts et des détraqueurs partout ainsi que des centaines de disparitions tous les jours. Nous ne voyons presque plus le soleil et la chaleur est depuis bien longtemps parti. Il n'y a plus d'été, plus de printemps. Azkaban est entièrement vidé. Le ministère ne tient qu'a un bout de fil. Côté moldu, c'est pire. Notre monde est découvert. Les sorciers sont sortis au grand jour. Nous sommes en pleine guerre, contre les moldus qui nous attaquent et contre Voldemort !

-Comment tout cela a pu arrivé ?

-Quand tu es parti, j'ai décidé de révéler tout à Remus. Je ne pouvais pas tout garder pour moi et puis il en savait déjà une partie. Je suis le gardien du secret des Potter et Peter avait été arrêté. Seulement, tu connais la prophétie et elle peut se porter sur deux personnes.

-Neville ! s'écria India. Il s'en est prit à Neville ?

Sirius acquiesça gravement de la tête.

-Tout ce qui devait arriver à Harry s'est reporté sur lui. Annonça calmement Sirius.

India porta ses deux mains sur sa bouche.

-Il y a trois ans, Voldemort est revenu en pleine puissance lors du tournoi des..

-trois sorciers ! coupa India.

-Neville était un garçon fort mais il n'a pas survécut!

-Quoi ? Pourtant, dans le livre Harry a réussit à s'enfuir.

-Je sais. La coupa t-il en prenant sa main dans la sienne. Mais dans cette version là de l'histoire, si je peux l'appeler comme ça, Voldemort en attaquant Harry bébé, le considéra donc comme son rival le plus menaçant, comme d'une certaine manière son égal. Et la seule chose qui l'en empêcha en 1981 c'est que je n'ai pas trahi James et Lily. Son choix s'est donc porté sur Neville comme un choix par contrainte.

-Tu veux dire que Neville était le choix de secours et que à cause de ça, il n'a pas pu survivre.

-En quelque sorte. Confirma t-il. Tu sais, India, c'est assez compliqué tout ça et beaucoup de chose ont changé. Quand Neville est mort, Voldemort a reprit les pleins pouvoirs et cette dernière année, il contrôla tout. L'Angleterre a coupé tout contact avec les pays étrangers et on ne reçoit plus aucun étranger. Quelques mangemorts et détraqueurs ont réussi à traverser la manche et personnellement, je crois que bientôt l'Europe va aussi être sous le contrôle de Voldemort.

-Et l'ordre ? Et Harry?

-Harry reste toujours la cible principale de Voldemort.

-En ce qui concerne les moldus, ils savent pour Voldemort ?

Sirius rit amèrement.

-Pour eux, Voldemort, Mangemorts, Détraqueurs, Sorciers, Aurors c'est pareil. Il n'y a pas de différence.

-Mais vous avez essayé de les convaincre ?

-Ils ne veulent pas comprendre, India. Ils ont enfin trouvé un responsable à tous les malheurs de la planète : nous. Dit Sirius. Tu comprends qu'il est rare de voir des moldus et sorciers ensemble !

-Je ne suis pas une moldu…

-C'est encore pire pour les deux.

-Et l'ordre ?

-L'ordre, elle, à perdu la plupart de ces participants. Tous mort. Nous sommes au bord du gouffre mais nous n'allons pas abandonner. St Mangouste est complètement dépassé et Poudlard reste le seul lieu encore sûr.

India mordit sa lèvre inférieur.

-Je n'aurais jamais imaginer une telle chose.

Sirius lui sourit tendrement voulant la rassurer en vain. Il hésita quelques secondes avant de parler à nouveau.

-Le dernier vol pour Paris, c'est dans une heure. Tu devrais le prendre.

India leva son regard vers lui, d'un air interrogateur.

-Voldemort compte arrêter le fonctionnement des aéroports. Il veut ainsi stopper l'exil des populations.

India ouvrit la bouche mais Sirius posa sa main dessus, l'empêchant ainsi de prendre la parole.

-Tu n'as aucun moyen de te défendre ici. Déclara t-il. Tu n'as presque pas de chance de survie. Tu seras beaucoup plus en sécurité en France.

-Sirius..

-Non. Moi, je suis le seul qui n'a pas de point d'attache dans l'ordre. Je suis le seul à m'occuper des missions dangereuses sans avoir peur de laisser derrière moi une famille, une femme et des enfants. Je n'ai pas peur en me levant le matin, de remarquer la disparition de ma famille. Si tu restes, tout cela va changer et ils ont besoin de moi.

Sirius se leva et attrapa India par le bras. Elle ressentit une sensation très désagréable remplir tout son corps pendant plusieurs minutes jusqu'à ce qu'elle retrouve enfin ses esprits. Ils avaient transplané.

-On est où ? demanda –elle.

-A l'aéroport.

India voulu protester mais Sirius lui tendait déjà un billet.

-Comment tu as fait ? Il faut les commander !

-L'avantage d'être un sorcier… plaisanta t-il

India sourit à contre cœur et attrapa le billet.

-L'avion est dans moins d'une heure. Prend le. J'a besoin de te savoir loin de tout ça.

India sourit émue de son geste puis sans prendre le temps de hésiter, elle se jeta un son coup. Elle posa sa tête sur son épaule et le serra fort conter lui. Au début, Sirius fut prit au dépourvu mais resserra son étreinte.

-Merci. Murmura t-elle à son oreille. Merci.

Sirius ferma les yeux et huma son parfum. Il laissa ses souvenirs remonter en lui, des souvenirs qui ne lui était plus douloureux. Doucement, ils se détachèrent l'un de l'autre. Sirius lui prit les mains et déposa un baiser sur chacune. Il s'éloigna ensuite vers la sortie puis juste avant de tourner dans le couloir, il se retourna. Elle le regardai encore. Il leva la main vers elle, et murmura Au revoir avant de définitivement disparaître.

India essuya une larme qui menaçait de sortir et alla s'asseoir en salle d'attente. Elle partait finalement. Elle repartait en France, après tout ce qui s'était passé. Vu les circonstances, elle ne pourrait plus revenir, plus le revoir. Tout était bel et bien fini. Pendant quelques instants seulement, elle réalisa qu'elle n'avait même pas ses bagages mais tout cela lui importait peu. De toute manière, ce n'était que de vieux vêtements.

-Le tee-shirt ! s'exclama t-elle.

Elle avait oublié le tee-shirt de Sirius au coin de son lit. Une envie irrésistible de retourner le chercher la parcourut mais elle y renonça en entendant l'annonce de son embarquement. Elle se leva et décida de commencer dès maintenant son livre. Elle l'intitulera « les maraudeurs ». Il parlera en particulier du monde magique qu'elle avait connu, des amis qu'elle avait sauvé de la mort et de Sirius Black qu'elle avait aimé. Elle rentra dans l'avion et s'installa. Cette idée de livre était finalement une très bonne idée, la seule manière d'éterniser à jamais son histoire.

Elle porta ses doigts à son cou et toucha son médaillon. Il était en or sur lequel était suspendu un saphir de couleur bleu transparent. Elle retourna et lut les quelques mots gravés. « Un galion pour tes pensées. » Subitement, elle réalisa que c'était exactement le même médaillon qu'elle avait vu juste avant de trouver la montre à gousset. Ce médaillon qu'elle avait admiré dans une vitrine. « Un en particulier attira son attention, c'était un médaillon en or, assez ancien lui sembla t-il, sur lequel était suspendu un saphir de couleur bleu transparent. La lumière reflétait dessus et le faisait merveilleusement briller. »

India soupira doucement et regarda dans le hublot, la ville de Londres qu'elle quittait enfin. Alors avec un mince espoir, elle repensa à ses derniers mots. Il avait dit seulement au revoir. Un simple au revoir. Pas un adieu. India inspira une bouffée d'air. Peut être, qu'un jour finalement, ils se retrouveront. Du moins, c'est ce que Sirius avait laissé entendre en ne prononçant pas le mot fatal. C'est avec cette image réconfortante et un certain sentiment de soulagement que India s'endormit.

0o0

Elle frappa encore à la porte de bois. Trois coups. Personne ne vint. Elle attendit encore quelques minutes puis alors qu'elle perdait tout espoir, il fit son apparition sur le seuil. India sourit heureuse de le revoir. Il n'avait pas changé, mais c'était normal. Toujours aussi grand, ses yeux verts toujours aussi malicieux. Elle pu lire l'étonnement sur son visage.

-India! S'exclama-t-il. Tu es de retour depuis quand?

Elle pencha la tête sur le côté, un sourire énigmatique sur ses lèvres. Le jeune garçon éclata de rire puis la prit amicalement dans ses bras.

-Tu aurais pu m'avertir, je serais venue te chercher à la gare !s'exclama t–il.

India sourit joyeusement.

-C'est ma petite surprise.

David lui rendit son sourire puis se poussa pour la laisser rentrer.

India se sentit tout de suite très bien. C'était ici son monde bien qu'elle ait passé de bon moment dans l'autre.

-Tu m'as manqué, David!

Le jeune homme s'assit sur le canapé, sourire au lèvre.

-A ce point ? plaisanta t-il. Je ne me savais pas si important ! Ben, au moins la prochaine fois que tu partiras voir les british, tu pourras m'amener avec toi, même pour un mois!

India éclata de rire cependant sa gorge était nouée. Un an, cela faisait un an pour elle.

Elle soupira longuement, son visage changeant radicalement d'expression.

-J'ai dit un truc qu'il ne fallait pas? s'inquiéta t-il.

India s'assit à son tour en face de David et planta ses iris violets dans les siens.

-Je dois te parler. Annonça t-elle gravement.

David grimaça.

-J'aime pas quand tu prends cet air là, petite sœur.

India sourit en coin, comme pour s'excuser.

-Il y a des choses que tu dois savoir sur notre monde…

-Tu veux parler de ces personnes qui ont des pouvoirs ?la coupa t-il. Tu en as rencontré ? Parce que je t'avoue quand tu as décidé de partir et que ensuite la vérité a éclaté, je me suis fait du soucis pour toi ! C'est si horrible que ça, là bas ? Il paraît que ce sont des meurtriers…

-David ! l'interrompit-elle. C'est beaucoup plus compliqué que ce que tu penses… L'histoire dépasse de loin ce que l'on vous dit !

India s'arrêta, se rappelant ce qu'elle avait entendu à la gare ou lu dans les magazine. Les médias ne parlaient pas de Voldemort, ni de ses mangemorts ! Seule une menace de sorcellerie planait sur le monde… Il ne se questionnait pas plus. Pour eux, il y avait le bien : eux et le mal : les sorciers. La chasse allait commencer, si ce n'était déjà fait. « Ils ne veulent pas comprendre, India. Ils ont enfin trouvé un responsable à tous les malheurs de la planète : nous » avait dit Sirius.

David observait India calmement, notant ses différentes expressions. Il remarqua soudainement ce qu'il n'avait pas tout de suite perçu chez elle, à son arrivée. Elle avait vieilli et mûri considérablement pendant son voyage. Dans ses yeux, une lueur de tristesse dansait vaillamment et un sentiment de souffrance marquait discrètement son visage. Elle avait vu des choses, il le savait désormais. Ce n'est plus la jeune fille d'autrefois…c'était une vraie femme.

Soudain, India se leva brusquement de son fauteuil et avança vers la fenêtre. Les nuages surplombaient l'horizon, les ténèbres s'approchaient.

-Il fait ce temps depuis longtemps ? demanda t-elle doucement.

David ne la quitta pas des yeux. India lui fit peur. Ses changements d'attitude ne lui étaient pas familier et cette voix n'était pas la sienne. Elle lui fit penser à celle des sorcières dans les contes pour enfants, où elles prennent leur voix mielleuse quelques instants juste avant de frapper.

-Il fait ce temps depuis longtemps ?questionna t-elle à nouveau sournoise.

-Euh…oui, depuis un petit bout de temps. Mais c'est venue plutôt progressivement.

-Et ça ne t'étonne pas ce temps, pour un mois de juin ?

India se retourna et le fixa.

-Si…enfin non. Je suppose, comme tout le monde, d'ailleurs que c'est un mauvais coup des autres et qu'ils finirons bien par se lasser..

Un éclair de colère passa dans les yeux de India mais elle reprit très rapidement son expression neutre.

-Je crois que nous devons parler, David. J'ai des choses importantes à te dire.

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Sirius pénétra vivement dans le manoir en claquant la porte et se dirigea directement dans le salon. La famille Weasley, Potter ainsi que Remus et Tonks étaient assis autour d'une table et discutait gaiement.

-Heu….salut! Lança t-il d'un air maussade. Je ne vous dérange pas longtemps. James ? demanda t-il. Les cartons de India sont toujours dans ton grenier?

James acquiesça de la tête mais Sirius montait déjà les escaliers quatre à quatre. Il se dirigea vers les cartons et les ouvrit un en particulier jusqu'à ce qu'il trouva enfin ce qu'il cherchait. Il sortit le journal et alla se poser dans un coin. Il ouvrit doucement la première page. Des mots étaient inscrit à l'encre noir dans une écriture fine et précise.

India McGregore,

Poudlard, 1977

"Le monde est si vide si l'on n'y imagine que montagnes, fleuves et villes, mais d'y savoir quelqu'un avec qui l'on s'entend, avec qui l'on peut vivre en silence, c'est ce qui fait de ce globe un"

Johann Wolfgang Goethe

Sirius arrêta sa lecture. Il hésita plusieurs secondes avant de tourner la page. India était repartie en France définitivement. Sirius le savait. IL n'y avait plus un seul moyen de retour pour elle. L'Angleterre était un territoire condamné, pris au piège entre les griffes de Voldemort. Sirius soupira, fatigué de cette guerre. Et après la Grande Bretagne, La France serait –elle la prochaine cible du seigneur des ténèbres ?

Il tourna délicatement la page pour voir apparaître des pages entière de son écriture. India avait couché des centaines de mots sur ce cahier, déversant toutes ses pensées.

Trois jours déjà. Je ne sais plus qui je suis. Je ne sais plus rien. J'ai l'impression de vivre un véritable cauchemar sans retour possible. Je suis entièrement perdue. Me voilà en 1977. J'ai fait un saut de 21 ans dans le passé. La magie existe réellement. Croyez-vous cela possible ? J'ai beau être littéraire, m'imaginer des mondes sans limites, je n'en suis pas moins réaliste. Je n'ai jamais cru à la magie, je n'ai jamais cru au hasard de circonstance. Nous sommes seul maître de notre destin et pourtant je suis là… Je n'ai rein demandé, ni rien désiré mais me voilà…là.

Ma vie était tellement simple avant, tellement banale. Mes parents étaient les êtres que j'aimais le plus au monde… Je les croyais sincère. Ils m'ont pourtant menti… Je ne sais plus à qui me fier… Suis-je devenue folle ? Pourquoi est-ce moi ? Pourquoi tout cela m'arrive t-il ? Qui sont vraiment tous ces gens ? Qui est véritablement Albus Dumbledore ? Un imposteur ? Ou vraiment le directeur ? Tout est exactement identique. La description des lieux, le noms des personnes…les professeurs.

Je suis devenue folle

Ils sont là en face de moi, tranquillement en train de discuter. Tout leur semble si simple, si facile. Ils ne paraissent pas le moins du monde inquiet. Ils ne voient rien. Les voir rire ainsi, sans soucis me devient douloureux. Je ne peux rien faire…

Trois semaines que je suis à Poudlard…je croise les maraudeurs souvent. Lily me parle tout le temps… J'ai l'impression de les trahir. J'étouffe doucement…je me consume et j'ai peur. Peur de ce monde, peur de qui je suis, peur de demain.

Depuis combien de temps suis-je ici ? Bientôt trois mois! Je ne vois pas la fin de mon séjour! Si je peux appeler cela un séjour! Remus connaît mon secret depuis trois semaines! Il est très discret! Je crois qu'il a remarqué mon amertume envers Peter et il ne me comprend pas! Mais ce n'est pas facile de le voir tous les jours faire ami-ami avec les autres quand on sait qu'il va les vendre! Lily et James se sont embrassés! Ils sont trop mignons! Lors de la dernière sortie au Pré au Lard, James a demandé à Lily de l'accompagné! Bien sur, elle a accepté au plus grand bonheur de celui-ci. Moi, j'y suis allée avec Sirius et Remus! Peter est resté à la salle commune, il avait des devoirs à finir. Nous avions passé un merveilleux après-midi! Nous étions allés boire un verre aux Trois Balais! Sirius m'a fait goûter la bierreaubeurre ! J'adore! C'est trop bon! Ca un goût étrange mais c'est délicieux! Après, Remus est allé poster une lettre et il ne restait plus que Sirius et moi! Il m'a demandé où est ce que je voulais aller et j'ai donc proposé la cabane hurlante! Si tu avais vu la tête qu'il a fait! Il m'a dit « Tu en as pas peur? On dit qu'il y a un monstre! » J'ai éclaté de rire! Je crois qu'il n'a pas trop compris pourquoi! Il a été adorable! J'ai fait la connaissance d'un Sirius totalement différent. Il n'était pas « le-garçon-le-plus-beau-de-toute-l-école-et-qui-a-toutes-les-filles-qu-il-veut ! ». Non! Il n'était pas comme cela! Il a été attentionné, tendre, amusant et cultivé! Nous avons eu des discussions que jamais je n'aurai imaginé entretenir avec lui! Il m'a fait visité des endroits surprenants! Il a plusieurs fois effleuré ma main. A chaque fois des frissons me traversaient. Son visage restait impassible pourtant j'ai du mal à croire que c'était seulement accidentel! Je m'entends de mieux en mieux avec la petite troupe! Je me pose, de plus en plus de questions! Lorsque le soir, les maraudeurs entament leur interminable discussion sur leur futur, j'ai énormément du mal à cacher ma tristesse! Comment se dire que dans quelques années, ils n'existeront plus! Qu'on ne verra plus jamais ces quatre jeunes gens rayonnants de joie et d'optimisme! Eux qui rient, insouciants du danger, insouciants de leur mort futur, insouciants. Si seulement on pouvait changer le passé…

Il fait noir à l'extérieur. Le feu crépite doucement dans la cheminé. Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de la mort de mes parents. Ils sont partis me laissant seule, toute seule. Le savaient-il ? J'entends encore la voix du commissaire, je revois sans cesse leur dernier bisous et pourtant, j'ai peur d'oublier. Tout est noir autour de moi mais pas autant que dans mon esprit. Je doute pour tout, je m'occupe plus de rien. Sans le vouloir, sans réussir à m'échapper, une brume épaisse m'entoure. Chaque jour un peu plus, je m'enfonce dans un mutisme à faire peur. Je ne réussi pas à pleurer, je ne réussi plus à parler. Seuls des idées sombres m'oppressent davantage jour après jour. Ils m'observent tous, je le sens mais je n'arrive pas à le faire croire que tout va bien. J'ai entièrement dépassé ce stade là. Plus rien ne m'atteint, plus rien ne me fait réagir ! Je ne suis plus qu'un automate…

L'année avance doucement mais j'ai l'impression de stagner. Je ne réussi pas à avancer. Je ne réussi plus à marcher… Des mois sont passée depuis la dernier fois, depuis la sortie. Sirius m'a embrassé… j'ai eu des frissons…j'en ai encore.

Il me fait peur. Pas comme on représente la peur habituellement. Seulement à chaque fois que je suis à ses côtés, je tremble. Mes jambes ne me tiennent plus, mon cœur s'affole. Il est si imposant, si grand. Chacun de ses gestes sont si sûr, si serein. Et pourtant il est gentil, attentionné, aimant. Mais j'ai tout de même peur. Peur de le blesser, peur de le trahir, peur de le voir souffrir, peur de le perdre. Il me déstabilise à chacune de ses paroles… Il semble tellement sûr de lui, il m'impressionne. Est-ce cela l'amour ? Est-ce une peur constante qu'il disparaisse ? Est-ce une angoisse continuel de le décevoir ? Je ne sais plus quoi faire… Je n'ai jamais su quoi faire depuis mon arrivée… ils sont si différents de moi, tellement éloigné de mon univers et pourtant… je les aime tendrement d'un naturel qui m'effraie.

J'ai passé mes vacances chez Sirius. Le début a été un peu laborieux mais tout s'est bien fini en fin de compte. J'ai eu le grand honneur de rencontrer sa mère. C'est une femme plutôt aigri et même si c'est paroles étaient loin d'être gentil, je ne réussi pas à lui en vouloir. C'est une femme, c'est la mère de Sirius. Celle qui l'a mis au monde, celle qui a fait de lui ce qu'il est. Et rien que pour cela, je pourrai la remercier. Je ne la haït pas, je lui suis reconnaissante. Sirius est quelqu'un de bien et j'espère sincèrement qu'il finira par s'en rendre compte.

Voilà un moment que je n'ai plus écrit, disons que je n'en avais plus le goût pourtant j'ai promis…et je tiendrais ma promesse. Depuis nos dernières vacances de nombreuses choses nous sont arrivées. De retour à Poudlard, tout se passait bien…le groupe était encore plus uni que d'habitude, mes rapports avec Sirius étaient à l'apogée et notre relation parfaite…Sarah et Remus se rapprochait doucement…Ils étaient tellement mignon, le plus beau couple disait-on. Les cours reprirent rapidement avec des devoirs en abondances et je me félicitait d'avoir fini mes études…Comme c'était futile, alors ! Les jours avancent, les heures passent et dans quelques jours je partirai avec Sirius pour vivre chez lui. Les maraudeurs quitteront Poudlard pour ne plus y revenir, tout du moins deux n'y reviendront plus jamais. Je me sens si seul et à part…j'aurai du partir depuis longtemps, j'aurais du savoir… Tout se passait bien durant les premières semaines, en tout cas c'est ce qu'on pensait, c'est ce qu'on espérait. J'ai toujours cru que Voldemort serait notre perte à tous, que c'était lui LE coupable de nos malheurs…J'avais enfin trouvé quelqu'un sur qui reposer toutes nos fautes, tous nos problèmes, toutes nos larmes. J'avais tout faux…je l'ai compris il y a trois semaines…quand tout a basculé sur notre nuage de rêve…quand j'ai réalisé la chance que nous avions de vivre…C'était il y a trois semaines… loin des soucis que tout a commencé…loin de la peur, loin des larmes… Tout était parfait ce jour là : il faisait beau…nous étions heureux…insouciant… mais surtout ignorant…C'était peut être trop parfait pour durer…

Quand Sarah est morte, ce fut je crois le jour le plus dur pour tout le monde. On n'aurait jamais cru qu'elle puisse réellement s'en aller laissant derrière elle, son souvenir, son odeur… Depuis que je connais le monde magique, j'ai toujours espérer que seul Voldemort pouvait ôter ainsi la vie, du moins à force de l'espérer je l'ai cru. Voir partir Sarah sans pouvoir se battre, à été très dur. Ses funérailles ont été pour tous un moment épouvantable, c'était le moment qui affirmait sa mort, qui l'éloignait de nous pour toujours, loin de nos yeux. Sa mort nous a tous porté un coup dur et les jours qui suivirent furent les plus durs, les plus cruels. Chacun était plongé dans sa peine, les nerfs près à lâcher pour soutenir les autres… Les jours qui ont suivies furent interminables…Nous nous sommes tous remis peu à peu même si la douleur est toujours présente. Nous avons passé les jours suivant chacun dans le travail. Je devais récupérer tous les livres empruntés et ils devaient réviser. Dans quelques jours, je vais quitter Poudlard. Je n'aurais jamais pensé que je vivrais ça un jour mais c'est arrivé et je ne changerais cela pour rien au monde ! Lors de ma discussion avec Remus, j'ai enfin eu ma réponse à ma question. En réalité, je la connaissais depuis le tout premier jour mais je n'avais pas encore compris. Être spectateur de la mort des gens qu'on aime alors que l'on a la possibilité de les sauver est impossible, sinon c'est qu'on ne les aime pas vraiment. C'est ce jour là, que j'ai décidé de les sauver…

Les voilà parti. Chacun vont tracer leur route…chacun vont avancer. L'ordre va les affermir tandis que moi, je m'éloigne doucement. Ils ont chacun un destin auquel je n'appartient pas. Pourtant, malgré tout. Malgré les interdictions, malgré les lois, malgré mon chagrin je vais agir. Agir pour leur bien, pour qu'ils puissent vivre encore longtemps. Je n'ai qu'un objectif, un unique but et c'est pour eux que je le fais.

Peter va trahir.

James se marier.

Et Sirius devra m'oublier.

Pourtant, ils seront heureux même sans moi.

J'ai mal. Je pleure. Je cris. J'étouffe. Je suffoque. Je meurs. Me voilà trahi, salie par mes parents. Ils me font horreurs, ils me font honte. Je ne suis plus qui je suis, je ne sais plus rien. J'ai tout perdu en quelques minutes…tout s'est envolé… Que dira Sirius ? J'ai peur, mon dieu. Peur encore une fois. J'avoue que je ne suis pas courageuse. Ni forte comme lui. J'ai mon cœur qui pèse lourdement, l'estomac qui se soulève pour rien. Depuis la mort de Chris, j'ai cessé de croire. J'avais plus goût à rien, plus envie de rien. J'étais seulement là, présent parce que je m'y devais. Cependant, je l'ai rencontré… Je l'ai finalement trouvé, ressenti, ce sentiment si puissant et indestructible. Et pourtant je vais devoir y renoncer…pour lui, pour eux, pour nous. J'ai peur, mon dieu… Et je n'ai jamais été aussi terrifié de ma vie. Rien ne m'effraie plus que de le perdre… je tremble, je pleure, je l'aime.


Je n'ai plus beaucoup de temps...je me sens petit à petit partir.

Je ne sais même pas si j'aurais le temps de finir chacune de mes phrases, et c'est terrifiant de se voir ainsi confronter entre deux périodes. Je me bat pour pouvoir rester encore quelques minutes, tandis qu'une forte puissante m'attire loin de là...de lui. J'ai mal...Je disparais chaque seconde un peu plus et je ne peux rien y faire. Mon esprit s'embrouille, j'ai du mal à réfléchir. Je garde précieusement autour de mon cou, le médaillon et la bague de Sirius priant de tout mon être pour qu'ils m'accompagnent.

Voilà comment était composé son journal. Tout le long elle faisait part de ses doutes, de ses craintes. C'était tellement contradictoire de la jeune fille que Sirius avait connu. Elle s'était vidée de toutes ses peurs dans un journal, jouant la femme heureuse devant lui. D'une certaine manière, Sirius était soulagé de la savoir en France. Il était heureux de la savoir loin de tout ça, loin des soucis et loin de lui. Tout cela n'était pas son monde, ce n'était pas elle. Elle avait un rêve et jamais elle ne pourrait l'atteindre ici.

Sirius étendit ses jambes devant lui. India était loin et à la fois si près de lui. Si présent en lui, dans ses souvenirs. Il replongea de nouveau son regard sur une page du cahier.

Cher journal,

J'ai toujours les mêmes images qui circulent dans mon esprit. Le claquement d'une porte, un jet vert qui transperce l'air et leurs deux corps sur le sol. Lily et James étendus inertes sur la terre, une terreur visible sur leur visage puis, un peu plus loin, dans les décombres du manoir, installé dans son berceau, Harry bébé, une cicatrice en forme d'éclair sur son front. Voilà ce qui doit leur arriver, voilà ce qui me hante sans cesse. Sirius est ensuite arrêté, il éclate de rire comme un dément, il est condamné coupable et passe 13 ans à Azkaban. Il est devenu miséreux, il n'est plus qu'une ombre hanté par ses amis. Plus qu'une ombre qui veut se venger. Seulement c'est un dernier combat qui l'attend, un dernier combat qui lui est fatal, porté par la main de sa cousine, un combat qui laisse Remus seul. Il tombe derrière cette arcade, il tombe sans jamais toucher le sol, sans jamais voir un espoir de retour. Tout autour d'eux s'est écroulé. Les maraudeurs ne sont plus ensembles, plus unis comme à Poudlard. Ils ont sombré doucement, sous le coup d'un seul homme, ils ont tout perdu. Suis-je sensé changer tout cela seulement parce que je le peux ? Ne serais-ce pas au dessus de tout ? Le monde en serait il meilleur pour autant ?Ont-ils le droit de survivre au profit des autres et surtout, le voudraient-ils ? J'ai décidé de les sauver parce qu'il m'est impossible de ne rien faire . Après avoir connu leur joie de vivre, après avoir vécu cette insouciance naïve, quel monstre sans cœur serais-je pour les abandonner ? Je demande honorablement avec toute la lucidité que j'aie à ne point me juger. Que personne ne se proclame supérieur à moi pour ne pas avoir jamais pensé changer ainsi l'espace temps. Personne ne sait. Personne ne saura. Jamais dans mes conditions, jamais avec mon expérience et mes vécus, une personne quelconque ne peut point agir. Je demande sans gène, sans honte à ce que un jour vous me pardonniez enfin, pour avoir agi égoïstement et peut être bouleverser le monde. Peut être qu'il en sera meilleur. Peut être qu'il en sera pire. Dans tous les cas, mon choix est fait et c'est sans regret que j'en viens à tout changer. Ce n'est contre personne. C'est pour eux. Pour l'amour et la famille. Un enfant ne devrait jamais être séparé de ses parents. Jamais, un enfant ne devrait souffrir des actes de ses parents. Jamais, un enfant ne devrait souffrir pour les autres. Un enfant doit être protéger, aimé et choyé. C'est ce que je fais. Ce sont des enfants. Nous sommes tous des enfants.

-Sirius?demanda Lily, le regard inquiet.

Elle pénétra dans la pièce doucement et s'approcha de Sirius. James et Remus vinrent à leur tour et s'assirent en rond. Ils regardèrent le journal que Sirius ne quittait pas des yeux. Il leva lentement son regard vers eux.

-Elle l'a fait pour nous. Annonça t-il d'une voix enrouée. C'est pour nous qu'elle a fait tout ça, et c'est à cause de nous que Voldemort règne sans limite.

James soupira et Remus baissa les yeux. Lily se contenta de prendre le journal de India et de lire la page ouvert.

-Je me souviens toutes les fois qu'elle écrivait dedans. Remarqua nostalgique James.

Sirius approuva de la tête.

-Je l'ai accompagné à l'aéroport. Elle est en France maintenant.

-Vous croyez que nous aurions du mourir ? demanda Lily. Croyez vous que c'était vraiment notre destiné? Et si Harry devait absolument souffrir pour pouvoir vaincre un jour Voldemort ?

James la regarda étonné, comme s'il ne la comprenait pas.

-Non ! s'écria Remus. C'est l'amour qui l'aidera. Dumbledore l'a dit. Nous ne devons pas douter maintenant. Tout n'est pas perdu, tout n'est pas irrécupérable. Je conçois que beaucoup de vie ont été sacrifié et que tout porte à croire que c'est perdu.

-Et comment ? cria Sirius. Comment comptes-tu faire ? Nous n'avons plus un seul pouvoir. Nous n'avons aucun atout en autre pouvoir. Nous ne savons rien ! Si seulement on connaissait le point faible de Voldemort mais même pas ! Nous n'avons rien !

Un silence s'installa entre les quatre amis. Personne ne savait plus quoi dire, leur espoir était tombé dans un gouffre. Ils ne croyaient plus en rien.

Remus se pencha légèrement et attrapa le journal de India. Une feuille en tomba dans un sifflement. Remus stoppa son mouvement et regarda Sirius. Il sembla tout aussi étonné que lui. Il prit la feuille entre ses doigts et la déplia. Elle était recouverte de mots. Sirius la parcourut rapidement du regard puis leva finalement les yeux vers James.

-Quoi ? s'exclama Remus qui avait aperçu une lueur étrange dans le regard du maraudeur. Patmol?

-C'est une liste…articula t-il abasourdi. Une liste sur Voldemort.

Lily sursauta et arracha le papier des mains de Sirius puis lu à voix haute.

-Voldemort. Probablement 7 Horcruxes. Ames Voldemort. Bague S.Serpentard. Journal T.Jedusors. Symboles représentant les quatre maisons(simples suppositions). Kreatur traître. Amulette. RAB. Rogue attention. Surveiller Malefoy fils. Basilic : interroger Mimi Geignarde. Ça continue encore comme ça sur plusieurs lignes. Ça veut dire quoi ?

-A mon avis, déclara Sirius le sourire plus rayonnant que jamais. India vient de nous donner les clés pour vaincre Voldemort. Celles que Dumbledore aurait du découvrir dans l'autre version de notre vie.

Il finit par son sourire charmeur et écarta ses jambes devant lui.

-Tu peux éviter de dire « l'autre version de notre vie » ! déclara James en grimaçant. Ça sonne mal.

Sirius se tourna vers lui, le sourire plus malicieux que jamais puis se leva et s'avança vers la porte.

-Décidément, j'adore cette fille.

Voilà. C'est fini.(J'aime pas dire cela..) Si on pouvait changer le passé est terminé. Il y aura peut être notamment une suite, du moins j'y est pensé mais pas tout de suite car j'ai pas suffisamment d'idée pour l'alimenter. En attendant, j'en démarre une nouvelle fic qui se trouve en cours d'écriture et qui s'appellera très probablement « Eclosion ». Elle ne concernera pas SiriusOC mais RemusOC.
Je remercie tous ceux qui ont suivi attentivement cette fic et tous leur commentaire !!

Je remercie ma sœur pour son soutien, Sarah pour son enthousiasme et Mathilde pour ses compliments. (Bref je remercie tout le monde mais ceux qui n'ont pas cru en moi car ils m'ont encore ainsi mieux motivé !) Gros bisous à tout le monde !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!