Chapitre 1 : Première rencontre

Plusieurs années s'étaient écoulées depuis ce sombre complot. La nuit était noire mais on y voyait assez. Ce soir c'était la pleine lune. Idéal pour conquérir une planète aussi petite soit-elle. Badack n'avait pas hésité à se transformer tout comme ses compagnons. Ils auraient pu ne pas le faire vu le faible niveau des habitants mais pourquoi se refuser un plaisir. Quand il se transformait Badack n'éprouvait que le désir de tuer, de chasser de sentir cette odeur du sang qui se répand dans l'air et qui enivre tous guerriers de sa race. Dommage que cette mission soit si courte. Ils finirent bien avant l'aube.

Les premiers rayons du soleil réveillèrent Badack. Il resta un moment couché, les yeux clos profitant du calme qui régnait maintenant que ces cloportes, ces larves qui occupaient cette planète sans but, étaient dans l'eau delà.

Tandis qu'il sombrait de nouveau vers un sommeil mérité, son détecteur émit un son.

« Il manquait plus que ça. On peut jamais être tranquille même à des kilomètres… ouais j'écoute… »

Un correspondant lui transmit le nouvel ordre de mission, un ordre qui le surprit, on lui demandait de réintégrer l'institut des mercenaires pour s'occuper de l'entraînement d'une guerrière.

Il ne manquait plus que ça. Il revenait à la case départ.

La place du Palais Royal était vide à l'exception de Badack. Assis sur les marches il était là. Pensif, silencieux, il attendait celle qu'il allait former à devenir mercenaire. Ses cheveux étaient noirs et semblaient ignorer les lois de la pesanteur. Les traits de son visage étaient durs et son regard n'inspirait pas la sympathie. Il avait le teint bronzé, résultat d'une longue exposition au soleil. Badack, guerrier de second ordre dans la société des guerriers de l'espace et le premier sur la liste pour être au chômage. Le royaume traversait une grave crise économique et seul les élites étaient épargnées et pouvaient continuer leur mission de colonisation. Et pour avoir passé son enfance à l'institut des mercenaire, il était tenu par un contrat de jouer les professeurs quand on avait besoin de lui. C'était le cas aujourd'hui. Mais il n'était pas un professeur dans l'âme. Il ne connaissait pas la patience et ne délivrait que très rarement des compliments. Le peu de fois où il avait eu des élèves, ceux ci n'avaient pas tenu trois mois. Alors celle là se serait sans doute pareil. Mais que ferait-il ensuite ?

Les portes s'ouvrirent et une foule de guerriers sortirent. Elle arriva la dernière et elle le repéra immédiatement. Elle s'approcha et demanda :

« Vous êtes bien Badack ? »

« Exact ! Tu dois être Serebia ? »

Elle hocha la tête affirmativement. Il la regarda attentivement. Elle avait des cheveux touffus, noirs, qui lui descendait jusque dans le bas du dos. Elle était de petite taille, mince mais on devinait un sacré tempérament rien que dans son regard.

Badack lui fit signe de le suivre. Ils marchèrent un bon moment en silence et ils se retrouvèrent sur une grande piste spatiale où de nombreux vaisseaux décollaient et atterrissaient. Ils se dirigèrent vers un véhicule de taille moyenne et ils montèrent à bord. Soudain Badack attrapa la main de Sérébia et il la força à le suivre.

« Qu'est ce que vous faîtes ? Lâchez-moi ! »

Il la poussa rudement dans une petite cabine et ferma la porte à double tour. Satisfait, il lança la clef en l'air, l'attrapa au vol et s'en alla l'accrocher dans la salle de pilotage. Badack s'installa aux commandes, mit les moteurs en route et ce fut le départ…

« LAISSEZ-MOI SORTIR ! » cria t-elle une fois de plus.

Badack ne répondit rien. Cela faisait une heure et demie qu'il voyageait et une heure et demie qu'elle s'égosillait. De temps à autres il entendait de grands coups sur la porte mais cela ne l'avait nullement inquiété. La porte ne céderai pas. Une demi-heure s'écoula et finalement il lui cria de se calmer sous menace de la lâcher dans l'espace. Plus aucun bruit ne se fit entendre.

Le guerrier fit une halte dans une station spatiale pour remplir le réservoir de carburant. Et le voyage reprit.

Un mois s'écoula, un mois pendant lequel Serebia le passa cloîtrée dans cette cabine qui était plus que vide. Une simple couchette, des draps, une couverture, un nécessaire de toilette. Elle n'avait que pour seule vue, un hublot mais l'espace se ressemblait quelque soit l'endroit où le vaisseau passait. Les rares visites qu'elle avait était celle de Badack quand il lui amenait à manger. Et ils évitaient de se parler car cela finissait généralement en dispute.

Enfin ils atterrirent sur une planète on ne peut plus vide. Un vent venu du nord balayait la plaine sans relâche. Pas une étoile ne brillait dans le ciel et la lune dont les reflets étaient si chers à la jeune fille étaient cachée par de gros nuages noirs. Badack libéra Sérébia et lui donna une chambre.