Chapitre 6 : premiers changements de Badack

Badack resta pendant une semaine entière près de son vaisseau, refusant de dormir dans une des cabanes, refusant tout contact avec les personnes. Petit à petit, il commença à réparer ce qui était réparable, souder ce qui était soudable, à commencer par la radio du bord…. Et bien sûr quand celle-ci fut réparée, la communication ne passait pas. Sans doute trop de distance entre ici et la planète Végéta. Et, comme disait le guerrier, "on appelle cela du matériel de pointe…".

Un matin, alors qu'il resserrait un boulon, la radio émit des grésillements, puis une voix féminine se fit entendre.

« Vaisseau spatial xp520, m'entendez-vous ? »

Badack ne répondit rien.

« Je répète, vaisseau spatial xp520, m'entendez-vous ? »

Puis la voix ajouta :

« C'est pas la bonne station. Je ne reçois rien… »

« …Vaisseau xp520 je vous écoute » dit enfin Badack en soupirant.

« Vous ne pouviez pas répondre plus tôt ? » cria la voix féminine.

Qui c'est cette nana qui se croit tout permis ?

« Je vous en pose, moi, des questions ?»

« Bon, il faut faire vite car je suis sur une ligne non sécurisée.»

« De mieux en mieux. »

« Ne cherchez pas à rentrer sur Végéta. Pas dans l'immédiat. »

« Pourquoi je vous obéirai ? »

« Il en va de votre vie. »

« Ma vie ne regarde que moi et moi seul. »

« Vous avez été victime d'un attentat….. Je répète victime d'un attentat….. 15 jours….. »

Puis plus rien. Ce fut le silence radio.

« Merde, manquait plus que ça. »

Et dans un geste de rage il jeta au loin un de ses outils.

Pendant ce temps-là, Serabia ne cessait d'admirer les entraînements des femmes guerrières de ce peuple. Elle restait des heures à observer leurs techniques et à en percer le secret. Jusqu'au jour où elle demanda à l'une d'elles de lui enseigner ce qu'elle savait.

La guerrière en question la regarda, la détailla.

« Tu n'est pas assez forte physiquement pour maîtriser ma technique mais si tu y tiens réellement, commence par passer les épreuves inscrites sur les écriteaux là-bas. Après on verra bien. »

« Ok merci. » dit-elle en souriant.

Serebia alla voir et ce qu'elle lut lui fit comprendre que ça ne serait pas gagné d'avance. Depuis qu'elle avait appris les premiers enseignements de Badack, il y avait en elle, une volonté indéfinissable qui la poussait à relever tous les défis. Et c'est ainsi qu'elle s'attaqua au premier : faire 5000 pompes d'affilée.

Elle n'avait pas fait le quart quand Badack la rejoignit.

« Je peux savoir ce que tu fais ? »

« Ca se …. voit….non ? »

« Alors pourquoi ? »

« Tu perds…. ton temps…. Avec…. ton …..vaisseau…pas….moi…. »

« Si tu voulais que je t'entraîne fallait le dire ! »

Et là ce fut trop. Serebia se releva et cria

« M'entraîner à quoi ? A tuer des gens ? A raser des planètes ? Désolée mais je vaux plus que ça. »

« Mais bien sûr. Tu croyais que j'allais gober ça ? En réalité t'as la trouille de tuer et d'avoir les mains salies par le sang du crime ! »

« Il y a peut être une autre nature chez nous que tu ne connais pas. Je veux apprendre à me battre pour le combat même, pas pour tuer. »

Badack applaudit et déclara d'un ton sarcastique :

« Tu fais de beaux discours. Bravo. Mais ça s'arrête là. »

La colère commença à monter en Serebia et ses cheveux se soulevèrent à mesure que sa colère grandissait. Le détecteur de Badack affichait une puissance au-dessus de 5000 unités.

« C'est pas possible… »

« Si, c'est possible. Je suis née avec cette puissance mais on m'a dès le début forcée à la cacher et j'ignore pourquoi. »

« Qui ça, "on" ? »

« Je ne sais pas. Il y a beaucoup de mystère me concernant! »

Serebia s'éleva dans le ciel.

« J'ai une grande puissance mais elle ne me sert à rien puisque je ne sais pas me battre. La seule chose que j'attendais de toi, c'est ça. D'autres personnes ont pris le relais. Retourne à ton vaisseau, c'est ce que tu as de mieux à faire et, tant qu'à faire, si tu quittes cette planète, ce sera sans moi… »

Piqué au vif, Badack tourna les talons et s'éloigna. Il retourna à son vaisseau et chercha à le réparer davantage mais ce fut peine perdue. Il n'arrivait pas à se concentrer….

Une semaine s'écoula. Badack et Serebia ne parlaient plus et s'évitaient même du regard. Chacun vaquait à ses occupations sans demander son reste. Jusqu'au moment où Affra vint voir Badack.

« Tu y arrives ? »

« Non, ce vieux tas de ferraille ne veut rien entendre. »

« Je vais aller m'entraîner dans la montagne, tu veux peut-être venir avec moi ? Qui sait, nous pourrons apprendre beaucoup l'un de l'autre ? »

« … Après tout pourquoi pas ?… »

La réparation pouvait attendre un peu. Serebia avait peut-être raison. Existait-il une autre nature des guerriers de l'espace ? D'ordinaire, Badack aurait refusé, préférant travailler seul, mais là quelque chose le poussait à changer. Les paroles de Serebia y étaient-elles pour quelque chose ?

Sur la planète Végéta, Elra avait continué ses recherches en s'intéressant aux identités des occupants du vaisseau. Mais elle ne trouva rien qui puisse lui mettre la puce à l'oreille. Freezer se montrait particulièrement calme en ce moment. Même trop calme à son goût.

En revenant de la bibliothèque Royale, elle croisa le regard d'une guerrière qui accompagnait la Reine. La jeune femme sentit son sang se glacer. Pourquoi avait-elle éprouvé cette sensation ? Aussi bizarrement que cela puisse paraître Elra avait cette impression d'avoir déjà vu cette guerrière auparavant. Mais où ?…