Chapitre 7 : Gagner sa confiance

Il avait fallu seulement cinq mois à Serebia pour réussir tous les exercices à raison d'un entraînement de plus de 10 heures par jour si ce n'étais pas jour et nuit parfois. Et tout le monde s'étonnait de cette volonté surtout Badack.

Dès son retour avec Affra, il avait passé des heures à la regarder se battre contre les guerrières de ce peuple qui les avait accueilli si gentiment. Il comprenait pourquoi elle s'était mise en colère la dernière fois, elle avait eu peur qu'il parte et que dans l'espace il décide de détruire cette planète. Sauf que Badack n'était pas fou et était loin d'être aussi cruel qu'il voulait le laisser paraître. Il pouvait tuer quand cela était nécessaire ou quand il y avait des ordres mais cela n'avait jamais été sa raison première. Lui, ce qui l'avait toujours intéressé, c'était de s'imposer comme le meilleur parmi les guerriers de l'espace.

« Badack ? »

« Oui… » répondit-il en se retournant.

« Y'a une voix bizarre près de ton vaisseau. »

« Une voix biz… »

Il avait comprit que c'était la radio. Il courut et dit :

« xp520 j'écoute. »

« Et bien c'est pas trop tôt ! Où étiez-vous passé ? »

« Me gonflez pas. Je fais ce que je veux et il faut bien que je m'occupe puisque je ne peux pas rentrer. »

« Saviez-vous que la jeune fille qui est avec vous s'appelle en réalité Serebia Raditza, Talhesia, Carota, Madagasca ? »

« Vous êtes en train de me dire que… »

« Oui, c'est bien cela. Elle a un lien de parenté avec la Reine. »

Il comprenait maintenant pourquoi elle était si puissante.

« Mais pourquoi elle n'a rien dit et que fait-elle dans un programme réservé aux guerriers de second ordre ? »

« Ca je n'en sais rien mais il va falloir le découvrir. L'attentat était destiné à éliminer l'un d'entre vous et il se peut que ce soit elle. Pour quelle raison, je l'ignore mais il est clair qu'un certain Bonza avait été engagé pour vous éliminer. »

« Bonza ? Ce nom ne me dit rien. »

« Il faut gagner sa confiance. Sans cela vous n'obtiendrez rien d'elle. »

« Je vais pas jouer les nounous non plus. »

« Il faut…. Laisse… »

Comme la dernière fois la communication s'était interrompue brutalement et au moment où Badack aurait eu envie d'en savoir un peu plus.

En retournant près de l'aire d'entraînement, Badack réfléchissait à ce qu'avait dit la radio.

« Gagner sa confiance » Ces mots le hantaient. Comment faire ? Ils étaient en froid depuis plusieurs mois et, pour ainsi dire, il avait peur de sa réaction. Et puis les excuses, il n'en faisait jamais et n'en attendait pas en retour. Il vit passer une proie et décida de partir chasser…

Le feu crépitait doucement et ils étaient assis l'un en face de l'autre. Silencieux, chacun dégustait un morceau de gibier, cuit et doré à point. Badack n'avait pas son pareil pour faire des grillades. Serebia avait les yeux fermés et les sourcils froncés, signe qu'elle ne voulait pas qu'on la dérange avec des bavardages. Pourtant…

« Tu m'expliques ?… »

« Expliquer quoi ? »

« Ce que tu fais ici avec moi, sur cette planète paumée ? »

« Mais qu'est-ce que tu racontes ? »

« Rien, je m'étonne que tu sois ici avec moi alors que ta place est sur Végéta au Palais Royal. Les soldats de second ordre t'intéressent à ce point-là ? » demanda-t-il d'un ton sarcastique.

Serebia baissa les yeux.

« Alors tu sais ? »

« Tout ce que je sais, c'est que tu t'appelles Serebia machin…. Madagasca et que tu as un lien de parenté avec la Reine. »

« J'ai découvert un jour par hasard que je portait le même nom que celle qui allait se marier avec le Roi. Ai-je un lien de parenté avec elle ? Je ne sais pas. J'ai demandé au directeur de l'institut des mercenaire s'il avait des informations concernant mes parents, mais ce fut sans espoir. Je suis née de parents inconnus. Je me suis inscrite dans ce programme car c'était le seul qui était accessible par rapport à ma position dans la société. Sache que je n'appartiens pas à l'élite mais au même rang que toi. »

« Triste histoire. Ca sent la magouille politique à plein nez. »

« Peut-être mais je suis au moins libre, libre de voyager, libre d'aimer qui je veux, libre de faire ce que je veux. »

« Libre, libre c'est un bien grand mot. On n'est pas tout à fait libre. »

« Oh mais si… » reprit Serebia en s'approchant doucement de Badack.

Elle approcha son visage près du sien et dit d'une voix forte et douce :

« Libre d'embrasser qui je veux, où je veux et quand je veux. »

Elle colla ses lèvres sur celles de Badack et le guerrier répondit à son baiser…

« T'en es où dans la réparation du vaisseau ? » demanda-t-elle à Badack.

« J'ai fini. »

« Alors on va pouvoir repartir ? »

« Ecoute ce n'est pas si simple que ça…. »

Il lui raconta ce que le contact lui avait dit par la radio.

« Ce n'est pas en restant ici que l'on apprendra grand chose. Nous sommes des guerriers de l'espace. Nous ne craignions ni la peur ni la difficulté. »

Badack s'approcha et l'embrassa cette fois-ci.

« Et qu'est-ce que l'on fera sur Végéta ? »

Baiser sur le bout du nez.

«Tu reprendras tes missions de colonisation avec ton groupe. Moi je ne sais pas encore. »

Baiser de plus en plus amoureux.

« Même si c'est dur on se serrera les coudes. Du moment que l'on est heureux.»

« Parce que tu crois que tu vas venir habiter dans mon appartement ? »

« Bien sûr je vais venir squatter chez toi. »

Badack avait quitté son armure. Il était allongé sur Serebia. Ses mains caressaient ses cheveux.

« Soit. Si tu veux rentrer, on va le faire. Mais avant… »