Chapitre 1 : L'Autre Monde.

Non seulement, cette fille n'avait rien à faire de ses journées, mais en plus, il fallait qu'elle se coltine ses ringards d'amis toute la journée. Dure moi ? Non, juste réaliste, héhé. Quoi, vous pensez qu'un ange a toujours l'esprit de l'amour et de l'amitié ? Foutaises, y a pleins de salauds là-haut, sur les nuages. Je n'en fait absolument pas partie, comme vous pouvez vous l'imaginez, mais il se trouve que je ne suis pas vraiment une sainte non plus. Parce que je suis un ange féminin, pour préciser, mouaha. Soit dit en passant, je m'appelle Eileen. Tout simplement. J'ai préféré oublier mon nom depuis longtemps. Je ne l'aimait pas tellement.

Bon, revenons-en à nos moutons. Je suis ici, dans ce parc, perchée en haut d'un arbre, à observé notre jeune fille phénoménale, se fendre la poire avec ses faux vrais amis. Et j'en ai marre…voilà une heure que ça dure, et ils ne se sont pas décidés à décoller de leur banc décoloré. Je commence a avoir mal aux ailes…parce que j'en ai oui, en effet ; ça pour ça, on ne vous a pas menti. Mais bon, elles ne sont plus en très bonne état là, et pendent lamentablement par-dessus ma branche. Aussi invisible et immatérielle que je suis, tout le monde ne risque pas de s'en inquiéter. Pas même eux là-haut…ouin.

Finalement, ils se décident à bouger. Mes ailes recommencent à vivre et me transportent derrière le petit groupe. Je décide de marcher un peu. Voler, c'est un peu fatiguant tout de même. Alors je les suis, de rue en rue, de boulevard en boulevard, jusqu'à une certaine boutique. Une boutique d'armes. Mais comment peut-on se passionner pour de telles choses ! Ah mon Dieu, mon cœur…mon pauvre cœur d'ange. Ils entrent silencieusement. Je me doute que ce sont plutôt les garçons qui veulent voir ces objets de la mort. Les filles n'ont pas l'air tellement emballées…me protégée se dirige alors rapidement vers la sortie après 5 minutes d'observation.

« Dîtes, moi je rentre chez moi. On se voit demain ? » dit-elle aux autres.

« D'accord, à demain ! » répond la fausse diva, Alice Moule.

C'est ça, à jamais j'espère, moi !

Je suis donc ma petite ratée, qui marche lentement, lentement…baille. Tu vas avancer oui ou c'est moi qui me décide ? D'un coup de la main bien sentie, je pousse Typhaine qui se retrouve subitement projetée en avant. Surprise, elle se retourne, mais, ne pouvant me voir, elle continue son chemin, beaucoup plus vite cependant qu'auparavant. Héhé, ça marche toujours. Même Napoléon avait peur d'avoir le diable à ses trousses, tellement ça m'amusait. Ce qui m'aura valu plusieurs avertissements d'ailleurs…le pauvre roi est malencontreusement mort avant que je ne lui trouve une conquête digne de ce nom. Enfin, je suppose que tout le monde s'en fout non ? Ouais bon…

Je suis donc la jeune fille pendant près d'un quart d'heure. À moins qu'elle n'aie oublié où se trouve sa maison, je crois qu'elle n'a pas réellement l'intention de rentrer chez elle. Les mains enfoncées dans les poches de jean, la tête, elle ne semble pas vraiment connectée à la réalité. « Un problème Houston ? ». C'est alors qu'au bout de la rue j'aperçois cette fameuse sorcière. Sasha, oui…voilà une charmante jeune fille, qui, d'après ce qu'on m'a raconté là-haut, est de très bonne compagnie. Dommage qu'elle doive s'en aller pendant près d'un an. C'est là que je me demande : mais pourquoi, pourquoi ne m'as-t-on pas confié une sorcière ? Ce serait tellement plus mouvementé…je vais encore devoir me taper une mission extrêmement ennuyante…Dieu le maître, hein ? Aux anges les serpillières.

« Hé ! Typh' ! Par ici ! » crie la sorcière.

« Salut Sasha. Que fais-tu, ici ? » demande ma protégée, en avançant vers sa seule amie « potable ».

« Oh rien, je traînait juste avec quelques amies de mon…école. »

« Oh… »

« Viens, je vais te présenter ! » proposa alors Sasha.

« Tu es sûre que… » hésite Typhaine.

« Absolument ! Dépêche-toi ! » s'écrie l'autre en la prenant par la main pour l'emmener de force.

Elle fait alors trois pas et entre dans le premier bar qu'elle croise.

« Je devait allait acheter des glaces, mais le vendeur a disparu avec sa camionnette. Tant pis, ce sera pour une prochaine fois, je t'ai au moins trouvé toi ! »

« Oh oui, c'est tellement mieux. » assure ma protégée, très peu convaincue.

« Elles sont là-bas ! »

Tandis qu'elle pointe de la main la dernière table du fond, j'en profite pour observer les lieux. Des vagues de fumées de clopes partout dans l'air, des bouteilles et des verres de bières qui s'entrechoquent…je suis bien chez les mortels ! Pathétique..

Je dirige maintenant mon regard vers les amies de la sorcière. Une rousse, plutôt jolie, et une autre brune, comme Sasha, pas mal non plus. Au premier abord, leurs têtes me convient. Maintenant, attendons de voir ce qu'il y a dans le cerveau. J'avoue que je m'ennuie un peu moins que tout à l'heure. Espérons que la conversation sera un peu plus intéressante que celle de l'autre bande de ploucs.

Sasha oblige Tiphaine à s'asseoir à côté de la brune et commence les présentations.

« Alors, Typhaine, voici Sharon Barks, la brune à côté de toi. Sharon, voici Typhaine Sheridan. »

« Heureuse de te connaître. » sourie Sharon.

« Moi de même. »

« Et puis, la rousse, en face de toi, c'est Lily Evans. »

« Enchantée. » dit Lily, tout aussi gentille que sa camarade.

« Typhaine est une amie à moi depuis presque un an. Ce n'est pas une sorcière, mais elle connaît bien notre monde, je lui raconte beaucoup de choses. Et puis, bah, Typhaine, voici des amies sorcières. Voilà. »

« Je suis heureuse de vous rencontrez toutes les deux. » dit ma protégée.

Les deux autres lui sourit. Plutôt sympathique, vraiment ! Quant je dit que les sorciers ont quelque chose de plus que les simples mortels au niveau intellectuel…

La conversation commence alors, et moi j'observe tout ce petit monde, assise sur le comptoir, tandis que les gens commandent sans cesse, sans le moindre soupçon d'une quelconque présence. J'avoue que je suis bien plus captivée qu'avant. En plus, il fait plus chaud ici qu'à l'extérieur, brrr. Mes pensées vagabondent donc toutes seules, et je laisse donc un peu ma protégée parler librement. Je me demande si je rencontrerai un visage familier…autant d'ici que d'en haut d'ailleurs. J'ai souvent rencontré d'autres anges en mission. Certains avaient beaucoup moins de chances que moi et essayaient de marchander un échange. Mouaha, pour rien au monde. Personnellement, le seul et véritable mortel pour qui j'ai éprouvé une quelconque affection fut un petit bonhomme de 12 ans du d'Oliver. Ce bambin n'avait pas eu une vie très facile, et sa famille vivait un enfer. J'ai réussi à le faire monter haut dans la barre du commerce et il a finalement trouvé un bon équilibre. Je me suis occupée de lui pendant près de 7 ans. Je m'en souviendrait longtemps. Aujourd'hui, il est mort, sans aucun doute, à l'époque, nous étions en 1856. Je vous demande un peu…

Au bout d'une heure de conversation mouvementée, les filles se lèvent finalement, et je me redresse, du haut de ma poutre au plafond, que je trouve très confortable. Elles s'embrassent et se dirigent chacune chez soi. Pour ma part je suis fatiguée maintenant, et j'ai envie de dormir. Voui, voui, ça dort un ange, il ne faut pas croire. 10 minutes plus tard, ma protégée est rentrée chez elle, se déshabille et se couche. Je me blotti dans un coin de gigantesque lit, et rabat mes ailes blanches pour m'endormir profondément.

C'est horrible. J'ai mal à la tête, ces cloches qui sonnent, ouille…ils sont fous là-haut. C'est encore un de leur signal, celui qui dit en général « Hé oh ! Faudrait peut-être te bouger ! ». Parce que voilà plus d'une semaine que je ne fous strictement rien. Comme si je n'était jamais venue. Typhaine suit sa petite vie de minable bourgeoise, et moi je la regarde faire, sans savoir comment m'occuper d'elle. Mais je sait que j'ai plutôt intérêt à m'y mettre parce que sinon ça va chier.

Ma protégée se lève de sa chaise, et va ranger le livre qu'elle était en train de lire. Je n'aime pas les bibliothèques. Les vieilles pies qui s'occupent de ce genre de passe-temps sont particulièrement insociables. Elle ne vivent que pour leurs foutus bouquins. Elle a mit ses lunettes pour lire…j'avoue que, là ça la rend mieux que d'habitude. Elle les met juste pour lire apparemment…peut-être grâce aux cheveux…parce que, elle a également fait un tout petit effort : au lieu de laisser ses cheveux pendouiller lamentablement sur ses épaules, elle les a attachés à l'aide d'une baguette chinoise, et quelques mèches rebellent tombent délicatement sur son visage. Cette vision de ma protégée me plait, et j'aime à penser qu'elle se comportera longtemps comme ça…mais je sait que c'est impossible puisque elle n'a attaché ses cheveux rien que pour le sens pratique de ne pas avoir les cheveux dans la figure…c'est décevant.

Typhaine parcours une autre rangée de livres et s'arrête finalement sur la catégorie « Roman d'amour ». Elle en sort une histoire écrite par un certain Jules Love. Au moins, elle est sentimentale. C'est déjà une victoire pour moi. Parce que, pour pouvoir faire en sorte que quelqu'un veuille croire en l'amour, c'est un parcours du combattant. Si, si c'est vrai, je n'ai pas réussi à convaincre Hitler, alors bon…je disait donc, ma protégée prend le livre romantique et se rassoit pour le lire. Quant à moi, je l'observe encore et toujours, allongée sur la table, juste en face d'elle sur le ventre tout en mâchouillant une de mes plumes. C'est un petit tic que j'affectionne, même s'il n'y a rien de joyeux à s'arracher les plumes…comme je n'ai rien d'autre à faire en attendant, je décide de m'intéresser un peu plus à ce qu'aime ma protégée. Oui, je sait lire à l'envers, ça vous épate hein ?

« Pauline était une jeune fille de 15 ans, une adolescente normale en soi et donc préoccupée autant que ses copines par les garçons. Cependant, pour son propre cas, ses relations amoureuses avaient été jusqu'alors plutôt désastreuses. Mais aujourd'hui, elle en avait marre et aurait souhaitée plus que tout rencontrer le garçon de ses rêves…enfin, elle l'avait rencontré bien sûr, mais lui, ne semblait pas vraiment s'apercevoir de son existence et cela la chagrinait parfois, mais il fallait aussi qu'elle veuille bien se bouger elle-même. Si… »

Elle tourne la page. Touchant de naïveté adolescente son histoire. Mais innocent tout plein. D'un côté, le fait que Typhaine soit une littéraire assidue est un point positif. Encore faut-il qu'elle sache quoi en faire pour sa vie future…je sent que, malgré les apparences, ma protégée peut tout à fait être quelqu'un de plus intéressant que la fille qu'elle est maintenant. Sans vraiment m'en apercevoir, je commence à m'attacher à cette jeune fille, si pleine de talent que je suis seule à voir. La voilà là, avec ses lunettes rondes et son air innocent tandis qu'elle lit ce livre émouvant façon Shakespeare. Tout gentiment, je lui souffle alors ce souffle. Celui de la pureté d'un ange que l'affection humaine atteint. Ma protégée lève la tête mais, bien sûr, ne voit rien. Elle se remet à sa lecture, ignorant que maintenant, je la suivrait partout…

Aujourd'hui est un jour spécial. Mais pas pour ma protégée. Non en fait c'est le jour de la rentrée des classes sorcières de sa copine, Sasha. Je me répète mais, j'aimerait beaucoup que Typhaine soit une sorcière ; mais vu que ça ne sert à rien de se morfondre, je vais faire avec et construire une belle vie à cette pauvrette que j'aime de plus en plus (NDA : là vous, voyez, je me voit très bien à la place de cet ange, héhé, je t'adore ma Miss Lup !). Alors bon, comme ma protégée le lui avait demandé, elle ira l'accompagnée à la gare d'où son train l'emmènerait vers sa fameuse école. Pour le moment, nous sommes le matin, il est 9 h 30 et Typhaine s'apprête à rejoindre son amie car ledit train partait à 11 h 00. Puis, ensuite sa vie banale reprendrait, et je devrait faire de mon mieux. Et puis, bons, les cloches dans ma tête sonnent de plus en plus fort maintenant lorsqu'elles se manifestent, et c'est très désagréable, alors comprenez-moi.

Typhaine termine de se préparer et se dépêche d'aller embrasser ses parents avant de quitter la maison en coup de vent, mon ombre invisible volant sur ses traces. Quelques minutes plus tard, nous sommes enfin arrivés devant la demeure, impressionnante, de Sasha. Ma protégée sonne et une douce voix lui permet d'entrer, la porte étant entrouverte. Une tornade humaine fonce alors droit sur elle et l'enlace fortement.

« J'était très impatiente ! Je suis ravie que tu viennes. Comme j'aurait aimé que nous soyons du même monde… »

« Tout le monde n'a pas la chance, malheureusement, de connaître ce bonheur magique. » dit amèrement Typhaine.

« Je suis sûre que tu auras d'autres passions dans ta vie, peut-être plus passionnantes que la magie. » lui assure son amie.

« Mouais… »

« Bon, viens, mes parents sont presque prêts, ensuite on y va. » déclara Sasha.

Arrivées dans le (très grand !) salon de la demeure, ma protégée salue les parents de son amie, qui finissent quelques petites affaires, et, apercevant alors le hibou de son amie, s'en approche et lui caresse doucement la tête. Le volatile émet ce que l'on pourrait presque qualifier de ronronnement. Elle observe un peu la bibliothèque qui se trouve en face d'elle.

« Des livres ont étés rajoutés, non ? » demanda ma protégée à son amie.

« Oui. » répond-t-elle. « Ma mère aime beaucoup la lecture et elle achète souvent des bouquins de magie, histoire de se cultiver un peu plus. »

« Je voit… » répond Typhaine, en regardant amoureusement les livres.

« Nous sommes prêts ! » résonne la voix Madame Myre.

5 minutes plus tard, nous sommes en route pour la gare. Ma protégée et sa copine bavardent, encore, et toujours…il faut dire qu'elles ne se reverront pas avant longtemps. Bien sûr, il y aura les vacances mais peut-être Sasha voudra-t-elle rester dans son château. Quoi qu'il en soit, je resterai seule avec Typhaine et sa bande de ploucs. Il leur faudrait un ange à eux aussi…s'ils n'en ont pas déjà un. Bref, je penserai plus tard, pour le moment je préfère profiter du vent du haut de mon toit de voiture, héhé.

Une demi-heure de trajet après (je commençait à en avoir marre de ce vent, moi…) nous voici arrivés à destination. Tout le monde se met alors à chercher la bonne voie parce qu'il y a tellement de gens qu'on ne voit pas très clair, il faut dire. De poutre en poutre, moi, je ne perd personne dans cet amas d'humain. Je suis pas à pas (vol par vol) ma protégée qui suite son ami et ses parents. Soudainement, après quelques bonds, je sent une odeur de pâtisserie. Dieu sait que j'aime ça…oups, pardon mon seigneur. Je disait donc, j'adore les gâteaux de nos jours ! Tellement que, perturbée, je n'aperçois pas totalement la prochaine poutre…sur le coup, je n'ai plus la capacité de l'immatérialité et je me la prend en plein dans le ventre. Je tombe lamentablement sur le sol. Ouille…pour le première fois depuis longtemps, j'ai mal. Me voilà maintenant au pieds de ma protégée. Je reconnaît ses chaussures kaki…

Péniblement, je me relève, et me dépêche de récupérer mon immatérialité. Les gens passent à travers moi comme des fantômes. Ou plutôt, JE leur passe au travers. Je remarque alors que tout le monde s'est arrêté. Devant un mur…je voit. Juste entre les voix 9 et 10. Bon, c'est bien beau mais…qu'est-ce qu'on fous là ?

« Bon, nous voici arrivés… » dit alors Monsieur Myre.

Pardon ?

« Oui… » répond Sasha. « Il me reste 20 minutes, on peut discuter un peu avant que je n'y aille. »

Je voit…quelqu'un peut m'expliquer ce qui se passe ?

« D'accord… » dit ma protégée. « Mais, tes amis vont t'attendre, non ? »

« Oh ne t'en fait pas, ils peuvent se débrouiller sans moi. »

Blanc…bon…il commence à faire froid…non pas que puisse particulièrement sentir le froid, mais je m'inquiète pour ma protégée, moi. C'est que je l'aime quoi, hé.

« Et…ça se passe comment là-bas ? C'est grand ? » demande-t-elle, tandis que les parents de Sasha s'en vont faire un tour.

« Oh oui ! Il y a beaucoup de salle de classe. Les salle communes, où sont regroupées chaque maison, sont très belles. Enfin, je n'ai vu que la mienne mais je me doute un peu pour les autres. Et puis, il y a tellement de secrets là-bas, tellement d'endroits à explorer. »

« Tu dois bien t'amuser…et ça doit être plus facile que les études que j'ai… » dit Typhaine, d'un ton sec.

Elle est très dégoûtée de ne pas être elle aussi une sorcière, je le voit. Mais je peut très bien lui prouver qu'on peut faire sa vie sans la magie. Enfin…

« J'aurait aimé que tu puisse venir avec moi… » déclare Sasha.

« Mais malheureusement, le hasard fait bien les choses, tu vois… »

« C'est ma dernière année ici. Après, si tu veux on pourra toujours garder un bon contact. Si tu veux, on pourrait habiter ensemble, et puis je te montrerai tout ce que je sait. »

« Oui…on pourrait, en effet. » répond ma protégée.

Son amie lui sourit et la prend dans ses bras. C'est là qu'un son particulièrement perçant vient crever la chaleureuse atmosphère.

« SASHA ! »

La concernée se détache de son amie et regarde autour d'elle. Elle aperçoit alors, à sa droite, au loin, deux garçons, avec un chariot chacun, qui s'avancent vers elle. L'un est brun, grand, plutôt joli garçon, tandis que l'autre à une chevelure cendrée, à peu près la même taille que son ami, et également charmant. Lorsque ils sont devant moi, je remarque directement la couleur de leurs yeux. J'ai appris là-haut que la couleur des yeux pouvait vous en apprendre beaucoup sur une personne. Là, en l'occurrence, leur couleur me plut. Le brun avait des yeux gris. Très perturbant, c'est une couleur rare, je n'ai pas eu beaucoup d'occasions de voir des personnes l'ayant. L'autre, quant à lui, à un regard assez profond, couleur miel, tendance dorée. Tandis que j'observe nos deux nouveaux venus, du haut (oui j'aime bien la hauteur) du chariot qui transporte la valise de Sasha, celle-ci commence les présentations.

« Salut vous deux. Mhm, laissez-moi vous présentez une très bonne amie à moi. Ce n'est pas une sorcière, mais elle connaît un peu notre petit monde. Elle s'appelle Typhaine.

« Joli. » commente le brun, en s'appuyant sur son chariot, d'un air tout à fait dégager. « J'aime bien. »

« Merci. » répond timidement ma protégée.

« Et Typhaine, voici Sirius, le brun, et l'autre, c'est Remus. » termine Sasha.

« Ravi de te connaître. » dit l'autre garçon, Remus.

« Moi de même. » répond ma protégée.

Tandis que Sirius place son chariot juste devant le mur où, apparemment, nos magiciens sont censés passés pour accéder à leur école, il commence à bavarder avec ma Typhaine. Je m'approche doucement et d'un coup d'aile me pose à côté du garçon, sur sa valise et écoute attentivement, pendant que le dénommé Remus entame une discussion avec Sasha.

« Alors, tu as quel âge, Typhaine ? » demande-t-il.

« 17 ans… » répond nerveusement ma protégée sous le regard perçant de son interlocuteur.

« Et tu fais quoi dans ta vie ? » demande-t-il encore en s'asseyant à côté de moi, sans pour autant, bien sûr, s'apercevoir de ma présence.

« Heu…ben, je fais des études littéraires. »

« Tu veux être écrivain ? »

« Ben, je sait pas trop en fait…peut-être. »

« Tu écris parfois ? »

« Oui, beaucoup même. »

« Tu as quelques écrits là sur toi ? »

« Heu, non, je n'avait pas vraiment prévu ça… »

« Ce n'est rien, je pourrait toujours demander à Sasha tes paperasses, vu que vous êtes copines, vous allez sûrement vous voir pendant les vacances ? »

« Sans doute… »

« Et sinon, tu as des frères et sœurs ? »

« Non… »

« Tu habites où ? »

« Bien, Londres. »

« Je ne te saoule pas avec mes questions ? »

« Je…heu, non ! Non, non. »

« Tu n'es pas très bavarde… » fait remarquer le garçon.

« Ben, j'ai pas vraiment, l'habitude qu'on s'intéresse à moi comme ça. Surtout quand on vient à peine de se rencontrer. » répond ma protégée avec un petit sourire qui disparaît presque aussitôt.

« Je voit…c'est dommage que tu ne sois pas une sorcière, je suis sûr qu'on se serait bien entendu et que tu aurais été une bonne élève. »

« Peut-être… »

« Et tu te rappelle de mon prénom là ? »

« Sirius…j'ai vu ce prénom en classe. C'est une constellation, hein ? Celle du chien. »

« Tout juste. Tu aimes bien les étoiles ? »

« Assez, oui. »

« Et tu aimes la mienne ? » demande le jeune avec un petit sourire.

« Oui, le nom est joli. C'est un nom latin, et j'aime beaucoup les noms latins. Remus aussi est latin d'ailleurs. »

« Mais tu préfère le mien n'est-ce pas ? »

« Tu ne serait pas un peu modeste ? » demande alors ma protégée avec un nouveau sourire, plus franc.

« Oh, si peu… » répond l'autre en lui rendant son sourire.

Bon…bon départ. Dommage que ces deux personnes là ne pourront pas continuer leur joyeuse discussion, parce que l'heure tourne, mes amis. Je me lève de mon siège-valise, et vint me poster aux côtés de Sasha, à qui je fait vivement lever la tête vers l'horloge.

« Bon sang, il est 11 h 00 dans 5 minutes ! Vite ! »

Panique à bord, tutut ! Dans la confusion, Sasha appelle ses parents, les embrasse vite fait, et les jeunes commencent à s'activer. Typhaine, un peu nerveuse, vint se placer à côté de la valise de Sirius, et je ne sait pas très bien ce qu'il se passe à ce moment-là dans la confusion, toujours est-il qu'elle arrive je ne sait trop comment à s'emmêler les pieds dans la bandoulière traînante des bagages. Je la voit perdre l'équilibre et basculer vers le mur. C'est la fin. Elle va s'exploser la tête ! Je me précipite, et sur le coup, un objet non-identifié ma passe subitement devant les yeux, et je perd de nouveau mon immatérialité. Et au lieu de sauver ma protégée comme je l'aurait voulu, je l'écrase un peu plus vers le mur de sa mort…et passe au travers ! J'atterris brutalement sur le sol. Je vois 36 chandelles et met un certain à reprendre mes esprits. Toujours positionnée sur le ventre, j'aperçois devant moi, étalée elle aussi sur le sol, Typhaine, qui visiblement à du mal à s'y retrouver.

Ayant recalculer quelques pages de mon cerveau, je retrouve mon immatérialité et me relève rapidement. Le décor a radicalement changé. Je vois maintenant devant moi un gros train rouge. Bon, attendez, il faut que j'examine tout ça. Je viens de traverser un mur, avec ma protégée, qui est réservé aux sorciers. Erreur…Typhaine n'est pas une sorcière ! Il y a quelque chose d'anormal là…je n'ai pas le temps de m'attarder un peu plus sur la question, que je voit les trois autres magiciens attraper un peu n'importe comment ma protégée pour la traîner dans le train. Je m'empresse de suivre le mouvement. Je me glisse derrière eux juste avant la fermeture des portes du train, qui commence à démarrer. Il y a alors un blanc dans le couloir entre les 4 jeunes…jusqu'à ce que ma protégée s'évanouisse lamentablement sur le sol. Je roule des yeux. Maintenant, il va falloir faire avec. Ma petite Typh doit avoir quelques petits dons cachés, finalement. Je crois que je vais aimer cette mission, mouaha.

Voilà près d'un quart d'heure que ma protégée n'a point ouvert les yeux, allongée sur une banquette du dernier compartiment. Je me suis installée dans la porte-bagage, où j'ai remarqué que les valises des 3 sorciers sont miraculeusement apparus. Je ne suis pas bien grosse va. Les autres discutent.

« C'est un phénomène que je n'ai jamais vue auparavant et je suis sûre que Typhaine n'a jamais eu aucun rapport avec la magie. » argumente Sasha.

« Je sait que notre monde est peuplé de toutes sortes de merveilles, mais là, ça dépasse l'irréel. » commente Sirius.

« Il doit y avoir une explication. » assure Remus.

« Il n'y en a pas toujours, tu sais. » répond son ami.

« Bon, écoutez, on ne connaît rien là-dessus hein, le ministère aura sûrement une meilleure explication. Alors pour le moment, on l'amène à Dumbledore, puisqu'il est directeur de l'école alors… » coupe Sasha.

Les deux autres se taisent et tous observent alors ma protégée curieusement. Vous voulez pas la déshabiller non plus ! Raaah, stop ces coups d'œil ! Surtout le brun là, il a un regard très perturbant je trouve, pour ma part. Je viens m'asseoir sur le sol, devant ma protégée. J'aimerait bien la cachée de ce regard, mais apparemment, c'est la volonté qui manque. Je déploie mes ailes, anxieuse…


Talantantan ! Review ?

Zoubis,

Eileen.