Auteur : Lymnilia
Titre : Toute la pluie
Disclaimer : est-ce bien la peine ?
Série : Saiyuki
Pairing : H/S
Rating : M
Cette fic est dédicacée à Ange i(…un peu parce que c'est elle qui a donné les règles du concours)
Réponses au reviews :
Seveya : finalement, j'ai un peu débordé sur le délai, mais t'as pas eu à attendre des années ! j'espère que ce dernier chapitre te plaira autant que le reste de la fic.
Bloody's soul : Je suis une immonde perverse sadique et qui s'assume en plus. Toujours est-il que je dois te remercier, tant d'optimisme pour chaque chapitre fait chaud au cœur.
Yatuko : tu sais, ça me fait bizarre aussi de me dire que c'est fini mais y a bien un moment où il faut finir l'histoire ! Dire que c'était sensé être un pwp très court, j'y aurai passé finalement plus d'un an… Mais je regrette pas, même si les chapitres ont toujours mis un temps fou à sortir. Enfin bref, j'espère que cette fin te plaira autant
Avant de laisser place à la fic, je tiens à remercier tous ceux qui ont lu cette fic, même très vite, même sans laisser de reviews, même sans l'apprécier.Je me suis énormément amusée à l'écrire, j'espère que vous avez autant aimé la lire, et que je vous retrouverai pour une autre ff d'ici quelque temps.
Toute la pluie chapitre VI
Enfoncer son poing dans la joue de Sanzo avait eu plusieurs avantages. Ça avait fait décamper le gamin que Sanzo avait ramassé, et puis ça lui avait fait un bien fou. Soudain, Hakkai se sentait soulagé d'un poids, comme si ses muscles étaient restés bandés pendant des heures, attendant l'instant où ils pourraient se détendre pour mener les jointures des mains de Hakkai vers la mâchoire de ce bonze dévergondé.
Ce qui, objectivement, était le cas.
Mais il aurait préféré que le blond se défende.
Qu'il le contre, qu'il lui rende son coup, qu'il l'insulte, qu'il se jette sur lui, n'importe quoi sauf rester bêtement là, à encaisser son coup sans sourciller.
Sanzo n'avait pas bougé.
Il s'était laissé faire, puis avait porté sa main à sa joue douloureuse. Il leva deux yeux gris qui se plantèrent dans ceux de Hakkai, qui sentait l'envie de le frapper revenir, de lui enfoncer de nouveau son poing dans la figure pour lui faire payer tout ce qu'il lui faisait subir.
Pour être constamment dans ses pensées ; pour être capable de lui faire aussi mal ; pour l'inquiétude qui avait mis feu à ses veines à la seconde où il s'était rendu compte qu'il avait disparu ; pour la honte, la culpabilité, la peur qui se dessinait sur son visage.
Sanzo ne devait pas avoir honte, ni peur, ni se sentir coupable. Il devait être fier, être de mauvaise foi, être colérique. Être Sanzo, le moine psychopathe chargé de sauver le monde, pas un post ado avec l'air paumé, à poil sur un matelas crado.
Sinon comment voulait-il que Hakkai lui en veuille, hein ? En fait, ça devait être un plan machiavélique très bien élaboré et super efficace pour éviter les effusions de sang.
De fait, il ne le frappa pas, justement à cause de son regard, un regard de gamin en faute, un regard triste et perdu.
Sanzo avait parfois un côté cocker qui comme la bestiole du même nom était adorable mais terriblement exaspérant.
Par contre il essaya de parler. Il essaya sincèrement. Mais il ne pouvait pas.
Parler, là, c'était juste pas la chose à faire. Ce n'était absolument pas naturel de parler à cet instant précis.
Mais ni Hakkai ni Sanzo ne s'étaient jamais retrouvés dans cette situation. Aucun d'entre eux ne savaient y faire face. Aucun des deux ne savait précisément ce qu'il fallait et ne fallait pas faire, alors ils choisirent d'y aller à l'instinct.
Ce qui n'était pas forcément une bonne idée, mais ça ne pouvait pas être pire que de rester comme deux cons à se regarder dans les yeux.
C'est donc tout instinctivement que le brun se laissa tomber à genoux sur le matelas, le visage à quelques centimètres de celui du blond.
Mais c'était quoi des centimètres ?
Quelques secondes pour décider de ce qu'il convenait de faire, d'autre pour se décider à bouger et une ou deux de mouvement. Un petit paquet de secondes qui passait tellement, tellement vite qu'après on les oubliait, comme si le temps n'avait pas existé.
Le volume dudit paquet dépendait d'un seul paramètre hasardeux. La durée de la phase de décision, qui en fait était une synthèse de plusieurs petites réflexions : d'abord décider de qui devait décider, puis celui qui allait décider devait faire son choix, ensuite tergiverser avec lui-même pour savoir si le choix qu'il avait arrêté était le bon, et ça ça pouvait être très long, et enfin se décider à mettre sa décision en application. Et ça, ça pouvait durer une ou deux éternités.
Nous admettrons ici que le décideur soit Hakkai, plus pas déterminisme despotique que par nécessité logique (quoiqu'il y ait une démonstration applicable mais trop longue à développer ici ; nous nous en tiendrons donc à la décision arbitraire et dictatoriale).
Il pouvait demander à Sanzo de s'expliquer sur la soirée, sur son départ, sur la présence de ce gosse, sur son silence. Mais ce serait long, et le bonze n'avait pas l'air à même de répondre.
Ou il pouvait faire ce que chaque fibre de son corps réclamait, à savoir laisser tomber ces conneries, l'embrasser et voir comment il réagirait. Cette option supposait alors que le baiser soit court, une seconde ou deux tout au plus, avant qu'il ne se transforme en pugilat, habillé ou non (ce dernier détail étant essentiel quant à la nature dudit pugilat)
D'un baiser cent fois trop court dépendait donc l'orientation future de leur aventure. C'était tout à fait logique et en même temps, c'était parfaitement stupide.
Hakkai s'efforçait en général d'agir de façon logique. Il effaça donc la distance qui les séparait et posa ses lèvres sur celles du blond.
Et ce fut à cet instant précis que tout partit en sucette parce que sinon, ils en avaient pour longtemps à hésiter et tergiverser et cogiter etc.etc. L'instinct reprit donc la place qui lui était dévolue, c'est-à-dire au-dessus.
Et ce qui devait n'être qu'un court effleurement des lèvres se transforma en baiser affamé. Littéralement, c'est-à-dire qu'ils se mordaient les lèvres jusqu'au sang dans leur empressement et que le dos de Hakkai se souviendrait longtemps de sa rencontre avec le parquet –et il était hors de question qu'il laisse Hakkai oublier- et qu'on entendit très clairement le bruit d'un vêtement que des doigts trop pressés déchiraient.
Sans trop comprendre comment, et franchement sans chercher à savoir, le brun se sentit recouvert par le corps de Sanzo. Soudain il était absolument partout : son poids sa chaleur ses mains ses lèvres le plaquaient au sol et l'empêchaient de penser plus loin que la seconde suivante.
Et il était aussi sous les doigts de Hakkai, sous ses lèvres, sous son souffle, ils s'embrassaient furieusement et c'était foutrement plus important que n'importe quelle explication.
Il ne fallait surtout pas que le baiser s'arrête.
Ca serait revenir dans la réalité, ça serait réfléchir, ça serait parler et il y avait des centaines de jours pour parler, des centaines d'heures pour réfléchir mais cet instant-là, quand Sanzo était sur lui et lui interdisait toute réalité, quand leurs baisers étaient ses seules ancres, quand il n'y avait plus qu'eux et que le vide se faisait autour, cet instant-là ne reviendrait pas. Et penser c'était comme parler, c'était juste ce qu'il ne fallait pas faire.
Alors ils s'embrassaient encore et encore, des baisers rapides et maladroits qui s'écrasaient sur les lèvres, les paupières, le cou, sur chaque parcelle de peau à nu, tremblante et frémissante et oh, si chaude ! Bien plus chaude que n'importe quel air dans n'importe quelle partie de ce foutu monde qu'ils parcouraient de long en large.
Puis le bond cessa de l'embrasser. Il ne se releva pas, il resta allongé sur le brun, leurs visages se frôlant à chaque respiration. Il le regarda dans les yeux. Tout s'arrêta. Les baisers, les caresses, le souffle, le vent, le temps, le monde, leurs coeurs qui battaient trop fort. Ils étaient nus tous les deux, nus sur le parquet, nus dans les courants d'air.
Ce fut l'instant précis que choisit Sanzo pour posséder Hakkai. Il y avait autant de plaisir que d'inconfort pour le brun mais dans sa douleur il comprit qu'ils venaient de se créer une éternité, leur éternité. Et la pluie battait les vitres au-dehors, et le vent rugissait et peut-être que dans la chambre derrière le mur Goku était mort déjà, mais tout ça il s'en foutait.
Qu'est qui pouvait compter plus que Sanzo, plus que le corps de Sanzo, plus que les yeux de Sanzo, plus que la voix de Sanzo ? Non, il n'y avait plus que lui, qu'eux, que leurs corps mélangés, que le plaisir qui les menait comme une vague immense vers un point de non-retour et lorsqu'ils l'atteignirent, lorsque Hakkai se répandit entre leurs ventres, lorsqu'il sentit Sanzo exploser au creux de lui Hakkai refusa de fermer les yeux.
Et il décida que les yokais pouvaient bien ravager le monde, les dieux le maudire, Goku se vider de son sang et la pluie inonder la vallée il s'en foutait éperdument tant qu'il pouvait voir les yeux du bonze passer au bleu profond, son corps se tendre et sentir son cœur battre furieusement entre ses côtes.
Enfin, non, pour être honnête ils avaient une mission et ils s'en acquitteraient. Mais plus tard. Juste un peu plus tard, le temps d'une nuit rien que pour eux.
De toute façon, il pleuvait alors repartir maintenant, ça allait pas être possible. Et sans la moindre bouteille en vue, la nuit risquait d'être longue. Très longue.
Owari
Voilà, c'est fini. Wah c'te choc ! C'est la première fois que je viens à bout d'une fic à chapitre et ça fait… Bizarre, pour le moins.
Enfin bref. Moi je laisse Sanzo et Hakkai là, mais j'en aie pas tout à fait fini, alors on se reverra sûrement pour l'épilogue (ou les séquelles… ou pourquoi pas une autre fic…)
Lymou, Le 15/07/07
