Alors, voici le second chapitre. Ça met du temps à se mettre en place, mais bon, je ne vois pas comment passer plus vite aux choses sérieuses…
J'espère que ça intéressera quand même quelqu'un. En tous cas, tous le commentaires, les bons comme les mauvais, sont les bienvenus !
Bonne lecture !
Chapitre II
Une explication orageuse
Durant une semaine, Neville évita soigneusement d'approcher l'endroit où Mimi avait recommencé à se lamenter avec plus d'ardeur encore que par le passé.
Il eut besoin de ces 7 jours pour retrouver son équilibre, après l'horrible révélation du jeune fantôme.
Passant alternativement de la terreur à la colère, il finit par ne ressentir plus qu'une tristesse infinie. Non pas en songeant à la trahison de celle qu'il avait fini par considérer comme une amie, mais parce qu'elle avait osé le comparer à l'homme qui avait détruit sa vie, celui qu'il haïssait le plus au monde.
Mais enfin, n'y tenant plus, poussé par une curiosité légitime, et animé d'une certaine mauvaise conscience d'avoir abandonné Mimi sans explication, il retourna la voir le dimanche matin, durant le match de quidditch hebdomadaire.
Doucement, timidement, prêt déjà à essuyer un rejet violent et sans appel, il prit son courage à deux mains, et heurta à la porte des toilettes des filles du 2ème étage.
Mais, contrairement à sa crainte, il ne reçut qu'un larmoyant « Qu'est-ce que tu me veux », qui le rassura, et le poussa à expliquer d'une voix claire et ferme.
- Nos conversations me manquent. Et il faut qu'on parle sérieusement de Qui-Tu-Sais !
- J'ai rien à te dire. Tu ne comprendrais rien de toutes façons…
Cependant, malgré sa protestation pleine de rancœur, Mimi passa tout de même une main gracieuse à travers la porte, afin d'inviter son ami à la rejoindre.
- Alors, qu'est-ce que tu as ? Pourquoi tu m'as abandonnée comme ça ? interrogea-t-elle vivement, avant que Neville ait le temps d'ouvrir la bouche.
Pris de court, l'adolescent hésita avant de vider son cœur. Mais, après un instant de réflexion, il se résolut à aller droit au but, plutôt que de tourner autour du pot. D'autant plus qu'il n'était plus certain tout à coup que Mimi ait su ce qui était advenu de son «Tom ».
- Tu veux vraiment me faire croire que tu étais amie avec… Voldemort ? questionna-t-il, sans pouvoir retenir un frisson de peur lorsque ce nom sortit de ses lèvres.
- Non !!! Je n'ai jamais dit ça ! protesta Mimi, horrifiée par l'accusation. Non, moi, j'étais copine avec Tom Jedusor… Tu auras peut-être de la peine à me croire, mais c'était un garçon comme un autre, avant toute cette histoire…
- Tiens donc ! Vraiment, je crois que tu devrais partir en thérapie pour t'ouvrir les yeux ! T'en es encore amoureuse, y'a pas d'autre explication ! Tous ceux qui ont connu ton… enfin ¨lui¨, disent exactement le contraire de toi ! Grand-mère a dit que même bébé, il faisait peur à tout le monde !
Au cri contrarié qui fit écho à sa réplique, Neville n'eut aucune peine à comprendre que son point de vue n'était pas partagé. Aussi, il se tut, à la recherche d'arguments pouvant convaincre son interlocutrice de la personnalité démoniaque de son « héros ».
- Bien sûr, qu'est-ce que tu crois ! Il n'était pas commode, et il ne faisait aucun cadeau à ceux qu'il n'aimait pas, c'est-à-dire tout le monde. Mais il avait aussi un petit quelque chose… ajouta l'adolescente, soudain rêveuse, avec de la douceur dans la voix.
- Ouais, ben tu dois être la seule à l'avoir remarqué… Mais excuse-moi, c'est pas que je doute de toi, mais tu es bien certaine qu'on parle du même homme ? Tu l'as vraiment côtoyé ? Parce que, excuse-moi, mais j'ai entendu parlé de votre couple nulle part ! Et en plus, tu oublies que c'est à cause de ton Tom que tu es un fantôme… ou alors, tu ne le sais peut-être pas…
- Va te faire voir, Neville Londubat ! De toutes façons, j'ai besoin de personne ! Ça fait tellement longtemps que je suis seule, tu vas pas me manquer ! Je savais bien que tu ne me croirais pas, si je te parlais de ça. Mais moi, je sais bien ce que j'ai vécu !
Très en colère, Mimi s'arrangea pour plonger dans l'une des cuvettes des wc, uniquement pour le plaisir de provoquer une inondation, et ainsi asperger le jeune homme. Celui-ci, comprenant ce geste plus désespéré que réellement malveillant, n'émit aucune protestation. Animé d'un léger sourire amusé, il épongea son nez, avant de reprendre avec patience.
- Tu sais, Mimi, ce n'est pas dirigé contre toi… enfin pas vraiment. Mais, ça fait quand même 50 ans que tu n'as pas quitté Poudlard… Il est possible que tu ais un peu enjolivé tes souvenirs… Tu m'as dit toi-même que tu avais assisté à des centaines de déclarations d'amour… Pourquoi tu n'aurais pas imaginé une histoire entre… ¨lui¨ et toi ?
- Ah ouais ? Et ce que j'ai écrit dans mon journal, c'était des romans peut-être ?
- Mais ma pauvre amie… Tu oublies que je l'ai lu, ton journal ! Et permets-moi de te dire qu'il n'y a pas une ligne sur ce sujet là-dedans ! protesta Neville, en brandissant le livre incriminé sous le nez du fantôme, comme preuve de ses allégations.
- Tu me crois donc si crétine ? Bien sûr que tu n'as rien lu ! Je t'ai dit que c'était un secret. Réfléchis si t'en es capable : tu viendrais à être copain avec un fille de première année, tu voudrais vraiment que tout le monde soit au courant ? Honnêtement, tu te glorifierais, toi, de passer tes jours de congé avec une gamine comme moi, une grosse idiote avec des boutons et des lunettes ? C'est vrai, Tom avait quelque chose de spécial, mais il n'en était pas moins un garçon, pareil à tous les autres. Et c'est pour ça, pour préserver sa réputation qu'il m'avait fait jurer de ne jamais parler de nous… Mais moi, je suis une fille, et il a bien fallu que je partage mon secret avec quelque chose…
- Ouais, ben c'est pas dans ce journal là. Tu as dû en écrire un autre, parce que j'ai rien vu qui aurait pu…
- Dis, tu te souviens qu'on est dans une école de sorciers ? Je n'étais qu'en première, mais j'avais quelques notions de magie quand même ! Si tu fais marcher ce que ta mère a mis entre tes deux oreilles, tu vas certainement trouver tout seul le secret de mon livre… N'importe qui aurait pu le faire, mais comme je n'intéressais personne, j'aurais même pas eu à protéger mon histoire… Même après ma mort, y'a pas eu un seul élève pour se demander ce que j'avais écrit là dedans.
S'il n'avait pas été aussi obsédé par l'idée de découvrir ce qui avait pu réunir ces deux êtres aussi différents l'un que l'autre, Neville aurait pu déceler dans le ton de son interlocutrice la solitude, le sentiment d'exclusion injuste, de profonde tristesse qui l'avait habitée durant sa scolarité, et il aurait pu lui témoigner son affection. Mais, passionné par le sortilège à déjouer, il fut incapable de trouver les mots juste pour lui faire comprendre qu'il l'appréciait vraiment.
Tout au plus réussit-il à lui adresser un bref sourire, avant de demander avec un brin d'impatience.
- Tu vas me laisser poireauter longtemps, avant de me dire comment ouvrir cet engin ? Tu y as jeté quel sort ?
Retrouvant cette espièglerie développée dans le fond de son antre, la jeune fille tourniqua autour de l'adolescent, tout en faisant mine de réfléchir intensément.
- Peut-être que je vais te le dire, si tu me le demandes poliment… Mais tu sais, je ne suis pas pressée… Moi, j'ai toute l'éternité…
- S'il te plaît, Mimi de mon cœur…
- Voilà, c'est déjà mieux. Mais dis-moi, donne-moi une bonne raison de te dévoiler ma vie privée, puisque tu crois que je te raconte des bobards.
- Tu veux une raison ? J'en ai une, et la meilleure qui soit : Tu as eu une histoire avec l'homme qui a rendu mes parents fous à lier… et j'aimerais savoir comment tu as pu te laisser amadouer par ce monstre…
Après encore une longue, très longue, séance de réflexion, ponctuée par d'innombrables soupirs, Mimi s'arrêta de voleter, et plongea son regard délavé dans les prunelles marron de Neville.
- Ok. Mais te fais pas d'illusions. Si je te le dis, c'est pas pour ce que tu crois. C'est pour que tu comprennes que Tom avait autant peur que toi de son côté démoniaque, quand je l'ai connu… A cette époque, il aurait encore pu basculer dans le camp du bien…
- Tiens donc, j'aimerais bien voir ça ! répliqua Neville, incapable de se représenter le Mage Noir en angelot boutonneux.
- Va te faire voir ! Tu mérites pas de connaître tout ça ! Fiche moi le camp… Tout de suite ! Et rends-moi mon journal !
- Pour ça, il faudrait que tu puisses le toucher !
- Oh ! Ça, c'est bas ! Très bas, Neville ! Tu n'es qu'un gros… un gros… naze !
Satisfaite de cette insulte suprême, Mimi tourna alors le dos à son compagnon avec un air outragé, et plongea dans sa cuvette préférée, en provoquant un véritable tsunami dans la salle des toilettes, ce qui obligea Neville à en sortir précipitamment, son précieux livre sous le bras….
