Oups, j'avais oublié de spécifier que tout, à part deux ou trois allusions, appartiennent à J.K.Rowling.
Sinon, qu'ajouter, à part que j'espère que ça plaira à certains... Allez, bonne lecture (et à plus pour les reviews)
Chapitre III
A nouveau, Mimi Geignarde et Neville Londubat s'étaient quittés sur une dispute. Mais, contrairement aux fois précédentes, aucun des deux adolescents ne désirait plus tenter une réconciliation. Pas tant que le malentendu persisterait, que le fantôme continuerait à défendre son "Tom", et que Neville refuserait de croire possible une quelconque camaraderie entre le futur "Mage Noir" et le "Vilain Petit Canard" de Poudlard.
Et pourtant, avec un brin de bonne volonté réciproque, l'entente aurait pu à nouveau régner entre les deux nouveaux amis. Mais, poussé par une fierté mal placée compte tenu des circonstances, Neville refusa l'idée même de réclamer l'aide de Mimi pour déjouer le sort infligé à son journal intime.
Patiemment, il régurgita toutes les formules apprises durant ses 4 ans d'internat, sans réussir à dévoiler le récit tant attendu et redouté. A bout d'idée, il songeait à retourner dans les toilettes des filles, penaud et la bouche en cœur, lorsque à la sortie du réfectoire, la sœur de Tim Dunigan, (une Poufsoufle de 1ère année), s'approcha timidement de lui et commença à débiter d'un trait un message appris par cœur.
- Salut. Je suis envoyée par Mimi Geignarde. Elle te fait dire que ton bonheur se trouve à la page 42 du livre de contes des 5 continents…
Longtemps, le garçon demeura interdit, le regard perdu sur la porte à travers laquelle la jeune fille s'était enfuie avant même d'avoir songé à reprendre sa respiration. Plus que de l'amusement, il ressentait du scepticisme quand à la réalité du message reçu. Mimi avait-elle donc trouvé un sort capable de cacher ses écrits, dans un simple livre de contes de fées moldu ?!
Bien que l'idée lui paraisse très improbable, il courut pourtant à la bibliothèque, et s'empressa d'essayer la phrase qui, dans l'histoire, emplissait de serpents la bouche d'une paresseuse.
Sa déception fut grande de ne voir apparaître aucune fumée, et de n'entendre aucune explosion, ni même de léger "pchuitt", à la fin de sa tirade. Et pourtant, soudain, il réalisa qu'il voyait pour la première fois le dos du livre, et que les dernières pages étaient recouvertes d'une écriture ronde et fine ponctuée de petits cœurs roses.
Il allait se jeter sans attendre dans le récit de l'improbable relation entre Tom Jedusor et Mimi Geignarde, lorsqu'un brusque accès de mauvaise conscience l'obligea à remettre l'ouvrage dans la manche de sa robe.
Non, il ne pouvait pas faire cela ainsi, tout seul dans le dortoir des garçons ! Un minimum de décence commandait de raviver tous ces souvenirs en présence de la principale intéressée.
Aussi, comme il l'avait fait lorsqu'il avait compris à qui appartenait le livre trouvé dans la "salle des objets trouvés", il se rendit au 2ème étage.
Même si le spectre de la place n'était pas présent, il s'installa confortablement sur la couverture abandonnée sur le sol, et se plongea avec impatience et à voix haute, dans les confessions de la petite fille de 11 ans perdue, solitaire, dans un univers hostile.
Mon cher journal,
Je sais, tu ne t'attendais pas à être ensorcelé, puisque de l'autre côté, n'importe qui peut te lire. Mais tu sais, ce que je vais mettre ici, c'est trop secret pour que les autres le voient. Il ne faut pas que cette peste d'Olive sache que je suis amoureuse…
Oui, d'accord, ça ne fait qu'un jour qu'on est arrivé, mais je sais déjà que j'ai rencontré l'Homme de ma vie !
Si tu le voyais, tu comprendrais pourquoi je dis ça, il est vraiment trop beau !
Déjà, il a des cheveux noirs, et des yeux dorés… Il est grand, et mince. Pas maigre, non, il est musclé… Et en plus, ce qui le rend magnifique, c'est qu'il a une dent de travers ! Ouah, il est trop beau, je l'adore !!! Et je ne te parle pas de sa démarche : il a les jambes arquées, on dirait un cow boy… dommage qu'ici, on sera tout le temps en robe… Ah, et j'oublie de te parler de sa voix. Quand on le voit, on penserait qu'il a une voix grave, mais c'est tout le contraire, elle est douce, et c'est du vrai miel…
Bien sûr, c'est un grand. Il est même le préfet de sa maison, Serpentard je crois. D'après ce que j'ai entendu dire, c'est lui le plus intelligent de Poudlard !
Mais il n'est pas très aimé non plus. Je sais pas ce qu'il a fait, il paraît que tout le monde a peur de lui. La première chose qu'on m'a dit, c'est qu'il fallait l'éviter le plus possible, et surtout pas le déranger… Si tu veux mon avis, tout ça c'est des bêtises !
Mais attends, il faut que je te raconte comment je l'ai rencontré :
C'était après le départ. Pour changer, j'avais pas trouvé de place. Il y avait des sacs et des valises partout, et personne n'avait voulu se pousser pour me laisser m'asseoir. Alors, je suis allée m'installer au froid dans le fond du wagon…
Les trois premiers préfets ont fait leur ronde sans me voir. Il n'y en a pas un qui s'est approché pour me demander ce que je faisais sur ma valise… Remarque, je ne m'y attendais pas vraiment. C'est Tom qui m'a surprise, en s'approchant. ( Ah oui, j'avais oublié de dire que le garçon s'appelle Tom, c'est joli, non)
Bref, il m'a regardé, et il m'a adressé la parole. Quand je lui ai expliqué qu'il n'y avait plus de place nulle part, il a souri… et là, j'ai vu les étoiles !
Après, il a pris ma valise, et il a ouvert la porte d'un compartiment, en ordonnant à un garçon de poser la cage de son hibou dans le couloir…
C'est tout ce qu'il a fait, c'est la seule chose qu'il a dit, et je ne l'ai plus revu jusqu'au dîner, mais ça ne fait rien… c'est quand même le seul qui a été gentil avec moi, et c'est pour ça que je l'aime !
Attendri par l'enthousiasme perceptible dans les mots écrits avec force petits cœurs et autres fleurs sur les pages roses, Neville parcourut d'un œil distrait quelques autres remarques sans grand intérêt, avant de reprendre sa lecture sur un cri du cœur.
J'en ai marre ! Tout le monde me déteste. Je suis toujours toute seule, c'est comme si je n'existais pas ! Même mon Tom, il fait celui qui ne me connaît pas.
Bon, d'accord, quand il est avec ses copains, c'est normal qu'il fasse celui qui ne me voit pas… Mais d'habitude, quand on se croise et qu'il n'y a personne autour de nous, il me fait un sourire, ou un petit colin d'œil… ou peut-être que c'est moi qui l'imagine… J'ai tellement envie d'avoir un ami, et pas d'être seulement le bouche-trou de service…
Mais Tom est tellement beau ! Si au moins j'avais le courage de lui parler ! Non, je crois que c'est pas une bonne idée. Nancy a dit que Begona a eu la langue paralysée pendant deux semaines, après lui avoir dit qu'elle l'aimait…Mais je ne le crois pas. A mon avis, Nancy a dit ça seulement parce qu'elle veut le garder pour elle… Elle en est aussi amoureuse que moi.
Mon Tom, il ne peut pas être méchant ! Il n'aurait pas été le seul à m'aider dans le train, s'il l'était ! Et il n'aurait pas fait un croche-pattes à Peter, quand il a voulu mettre son crapaud dans mon col, l'autre jour… Je suis certaine que c'est lui qui l'a fait tomber. Même s'il est passé à côté de moi sans me regarder, j'ai bien vu son petit sourire… il n'y a que quand il s'amuse qu'on voit sa dent…
Oui, mon cher journal, oublie ce que j'ai mis au début… Je suis sûre que Tom est mon ami !
- Pauvre Mimi, ça ne devait vraiment pas être dôle pour elle, ici… murmura Neville pour lui-même, en tournant les pages de son livre à la recherche d'autres anecdotes intéressantes.
- Non, ça ne l'était pas, et ça ne l'est toujours pas ! Faut pas s'étonner pourquoi je pleure tout le temps…
Surpris par l'irruption soudaine de sa camarade, Neville sursauta en rougissant, comme honteux d'avoir exprimé ses sentiments à haute voix.
- Oh, salut ! Ça fait longtemps que tu es là ? Je ne voulais pas me moquer de toi, tu sais…
- J'ai bien vu… Je suis là depuis le début. Merci, c'est gentil de venir me faire la lecture… J'étais un peu idiote, hein !
- Ben, il faut dire que tu n'avais que 11 ans… C'est mignon, tous ces petits dessins, répliqua-t-il, compréhensif. Dis, il ne paraissait pas vraiment empressé auprès de toi, ton Tom…
- Hé, j'ai jamais dit qu'on était inséparables ! Mais attends, va à Nouvel An… Dis, tu peux continuer à haute voix, s'il te plaît ? C'est bon de retrouver cette époque, même si c'était pas le paradis...
Pendant qu'elle s'installait confortablement sur le rebord de la fenêtre, le regard perdu dans le nuage de brume qui entourait Poudlard, Neville rechercha fébrilement la page indiquée…
Mon cher journal ! Ça y est, j'ai enfin pu reparler avec Tom ! Ça faisait si longtemps, je commençais à croire que j'avais imaginé des choses qui n'existaient pas. Mais hier soir, c'était… c'était… GEANT !
Il faut que je te raconte : Comme toujours, Olive m'a embêtée à cause des biscuits de Noël que Maman a faits pour moi. Alors, j'ai pris ma boîte, et je suis allée me cacher dans mon coin secret. A toi je peux le dire : c'est à côté du hangar à bateaux. Il y a un abri avec une vieille barque dans laquelle je m'assieds pour pleurer, quand les autres sont trop méchants…
Mais hier, quand je suis arrivée, il était là. Tom était assis à ma place ! A part cette fois-là dans le train, je ne l'avais jamais vu tout seul, sans sa cour de lèche-bottes autour de lui. Il n'était pas comme toujours, il n'avait pas cet air méchant qu'il a toujours. On aurait même dit qu'il était triste… Il regardait droit devant lui, et il jouait avec un bracelet de cuir… Je crois qu'il ne m'a pas entendue arriver, en tous cas il n'a pas bougé…
Quand il a enfin tourné la tête, j'ai crû qu'il allait se mettre en colère et j'ai failli repartir. Mais non, il m'a regardé sans aucune méchanceté, et il m'a demandé ce que je faisais là. D'habitude, quand on m'appelle Crapaud à Lunettes, ça m'énerve, mais quand c'est lui qui a dit ça, j'ai fondu… C'est peut-être pour ça, et parce qu'il avait un sourire bizarre, que je lui ai raconté tout ce qu'Olive m'a fait. Ça a eu l'air de le contrarier. Il est resté sans rien dire un moment, et après, il s'est poussé, et il m'a dit que je pouvais m'asseoir à côté de lui…
On est resté tous les deux là jusqu'au soir. On a parlé de tout et de rien, des nuages, du professeur Dumbledore, de la saison de quidditch, et on a mangé tous mes biscuits.
C'est qu'à la fin, quand il a fait trop nuit pour qu'on puisse encore se voir, qu'il m'a dit que c'était son anniversaire… J'ai pas su trop quoi dire, à part lui souhaiter bonne fête. Et bête comme je suis, je lui ai demandé si ses parents lui avaient envoyé un cadeau… J'ai enfin compris pourquoi il était triste, quand il m'a répondu qu'il n'en avait pas…
Il m'a raconté d'où il venait, comment c'était, l'orphelinat où il a grandi… Franchement, j'ai eu envie de pleurer. C'était trop triste… Je comprends maintenant, pourquoi il est comme ça bizarre, pas comme tout le monde...
Ah, je suis trop stupide ! J'aurais dû lui faire un gros câlin… ça n'aurait pas remplacé celui d'une maman, mais au moins, il saurait maintenant ce que c'est… Au lieu de ça, j'ai été capable de lui donner qu'un bisous… et encore, je crois qu'il a atterri sur son oreille, tellement j'ai été rapide…
- Tu sais, maintenant que j'y repense… Ce jour-là, je crois que je n'étais pas la seule à pleurer… Lui aussi, il avait des larmes dans ses yeux, murmura Mimi, venue se placer derrière Neville afin de lire par-dessus son épaule.
- Ah non ! S'il te plaît, n'essaie pas de me faire croire ça ! Tom Jedusor en train de pleurer ? C'est… c'est…
- Neville ! Arrête de penser au Mage Noir deux secondes ! Essaie de penser qu'il n'était qu'un gosse comme toi, à cette époque. Imagine ce qu'était sa vie, ce qu'avait toujours été sa vie… seul, sans famille, même sans véritable copain. Il était comme tout le monde, ce jour-là, il avait besoin de parler à quelqu'un. Si tu l'avais vu, si vulnérable…
- Ouais, si tu le dis… Et alors, la suite ? Tu as été sa maman.
- Ça va pas la tête ? C'était juste une parenthèse… Après, on a continué comme avant. De temps en temps, on se rencontrait dans notre cabane… Il m'a appris quelques sorts, il m'a aidé pour certains devoirs… Tu n'imagines pas combien j'étais fière d'être son amie, même s'il m'avait fait jurer de ne jamais parler de ça. Sans ces moments, je ne sais pas si j'aurais supporté Poudlard, tu sais… Mais bon, continue, va au 1er mars.
- Ouah, quelle mémoire !
- Facile, c'était mon anniversaire… Allez, vas-y
Sans se faire prier, Neville tourna quelques pages en constatant qu'en effet, Tom semblait avoir été amical envers Mimi durant le début de l'année.
- Voyons… Ah, voilà.
Aujourd'hui, j'ai vu Tom. Et tiens toi bien, mon journal : Il m'a parlé ! Tu te rends compte, devant tout le monde, il m'a foncé dedans, et il s'est excusé ! Je suis trop contente, c'est le plus beau cadeau de la journée ! Et c'est pas tout, cet après-midi, on doit se retrouver dans le hangar… il paraît qu'il a quelque chose à me dire. J'ai hâte d'y être…
- Ouais, je me souviens. Il avait glissé un mot dans ma poche. C'était d'ailleurs pour ça qu'il m'avait percutée. J'avais jamais été aussi impatiente de finir le cours de Dumbledore… Mais lis la suite, pour que tu voies que je te raconte pas de bobards…
- Comme tu veux, Mimi de mon cœur ! répliqua Neville avec un clin d'œil espiègle.
Cher journal, il faut vraiment que je te parle. Ça ne va pas. Tom n'est pas normal. Je ne l'ai jamais vu comme ça. Il m'inquiète.
Ce n'était pas pour m'offrir un cadeau, qu'il m'a fait aller au hangar. En fait, c'était pour me faire lire un article de journal. Ça parlait de Salazar Serpentard… et de ses descendant. Et il y avait la photo d'un vieillard décati, un certain Elvis… Comme je comprenais pas ce que ça voulait dire, il m'a dit brusquement que c'était son grand-père.
Moi, j'ai été heureuse pour lui. A sa place, j'aurais sauté de joie de trouver enfin quelqu'un de ma famille, surtout si c'est un homme aussi important. Mais lui, il était furieux. Et comme je ne comprenais pas pourquoi ça le mettait dans des états pareils, il a commencé à m'insulter, avant de se calmer, et de m'expliquer.
En fait, depuis qu'il sait qu'il est un Sang-mêlé, il a toujours cru que sa partie sorcière lui venait de son père. Il était persuadé que si ça avait été sa mère, elle aurait su quoi faire pour ne pas mourir en le mettant au monde. Et découvrir que son père ne sait même pas faire disparaître une poignée de caramel lui fait comprendre que sa mère ne l'aimait peut-être pas, qu'elle ne voulait pas de lui.
Mon journal, qu'est-ce que je peux faire ? Il m'a dit qu'il veut tuer son père, pour ce qu'il a fait à sa mère, pour l'avoir abandonnée alors qu'elle était enceinte… J'aimerais tellement l'aider, mais qu'est-ce que je peux lui dire pour le calmer ? Et si j'allais en parler à Dumbledore ? Tom le respecte, il l'écoutera peut-être… ? Non, je crois que ce n'est pas une bonne idée…
- Je sais ce que tu vas dire, et tu as raison, j'aurais dû faire ça. Mais j'ai cru que jamais il n'irait aussi loin. Il a changé à partir de ce jour, mais je pensais que ça passerait. Après tout, je ne pouvais pas lui donner tort : c'était légitime qu'il en veuille à son géniteur. Tout comme c'était normal qu'il cherche à en savoir plus au sujet de sa famille sorcière. Il n'y avait rien d'inquiétant à ce qu'il soit plongé à longueur de journée dans la biographie de Serpentard…
- Alors, tu as commencé à le percer à jour, et tu l'as fui, quand il a commencé à te raconter ce qu'il ferait à son père ?
- Non ! Jamais je n'aurais fait ça ! Il me faisait peur, oui, je l'admets. Mais je l'aimais vraiment, et je sentais qu'il était malheureux. Comment j'aurais pu le dénoncer, quand il me disait qu'il m'enviait, qu'il aurait voulu être comme moi, avoir eu une vie normale ? Et si tu l'avais vu, quand il finissait par me dire qu'il était né méchant, et qu'il était destiné à devenir mauvais…
- Ah ça, il avait pas tort, remarqua Neville, malgré tout touché par le récit de Mimi.
- Ouais, peut-être… Mais je suis sûre que s'il avait eu ne serait-ce qu'un seul vrai bon copain, il ne serait pas devenu Qui-Tu-Sais. Mais il était seul, Neville. Tu n'imagines pas à quel point il était différent des autres. J'ai essayé de lui montrer qu'il comptait pour moi, mais j'ai rien pu faire, c'était trop tard… Pour être précise, j'ai pas eu le temps…
- Ah, c'est quand tu… ? Au fait, il était là, quand tu es… ?
- Morte ? Évidemment, puisque c'est lui qui a ouvert la porte au Basilic ! Mais il faut que tu le saches : il ne voulait pas me faire du mal ! La dernière chose dont je me rappelle, c'est son cri, quand il m'a vue sortir des toilettes. Il m'a hurlé de refermer la porte et de me cacher… Mais j'ai pas compris, et…
- Et te voilà bloquée ici pour l'éternité, murmura le garçon, empli de compassion.
- Ouais. Mais je ne me plains pas de mon sort. J'ai vu tellement d'histoires, j'ai connu tellement d'élèves ! Comment tu aurais su toutes ces choses au sujet des bêtises de tes parents, si je n'avais pas été là ?
- C'est un fait. Mais, et Tom ? Tu lui as reparlé ?
- Non. Je suis restée "absente" un moment, tu sais. Et quand je suis revenue, il s'était transformé. Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais il n'a pas fait une seconde attention à moi. C'était comme si on ne s'était jamais parlé…
- Comment ça ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Ben à mon avis, il n'y a qu'une explication: la pensine, mon cher Neville.
- La quoi ?
- Quoi, tu veux me faire croire que tu ne connais pas la pensine ?
Devant l'incrédulité totale manifestée par le garçon, Mimi émit un petit rire espiègle, avant de daigner lui parler du récipient.
- C'est un truc très pratique. Ça te permet de te débarrasser des souvenirs qui t'encombrent. Tu demanderas à Dumbledore de t'expliquer exactement comment ça marche…
- C'est cela, voui… Et tu dis que Tom…?
- … A jeté ses souvenirs dans une pensine ? Oui, j'en suis certaine. D'autant plus que Regula McDermott, la Dame du Lac, m'a raconté comment elle a vu un gamin sortir des ficelles de son crâne et les déposer dans un tonneau dans le hangar à bateaux…
- Quoi ? Et tu ne l'as dit à personne ?
- Et tu peux me dire à qui j'aurais pu parler ? D'autant plus que ça n'aurait changé à rien. Savoir qu'il avait évacué tous ses souvenirs n'aurait empêché aucun de ses crimes…
- Non, peut-être pas. Mais quelqu'un aurait pu aller les rechercher…
- Mais bien sûr ! Et tu te serais dévoué pour aller les lui rendre, peut-être ?
Vaincu par cette logique implacable, Neville renonça à poursuivre la conversation. D'un geste brusque, il referma le journal intime de Mimi, et se leva sous le regard désolé de son amie.
- Tu pars déjà ?
- Ouais, j'ai des choses à faire, il faut que je te laisse. Passe un bon dimanche…
- Il va être fabuleux, à compter les gouttes qui fuient du robinet ! Dis, Neville, maintenant que tu en sais autant que moi, tu viendras encore me dire bonjour de temps en temps ?
- Mais oui, ne t'en fais pas. Chaque fois que je passerai par là, je viendrais te saluer… Je ne suis pas Tom, je n'ai pas honte de dire que je t'aime bien… Allez, à la prochaine…
