Mistletoe

Hermione, enveloppée dans une serviette, rafraîchie par sa douche, se regarda dans le miroir et soupira.

« A quoi je pensais ? »

« Il est évident que tu voulais prendre ta revanche sur Ron. »

« Pour l'amour du ciel. Il est sûrement en bas à aspirer le visage de cette traînée. Il s'en fiche même sûrement que j'aille à cette stupide fête avec ce stupide McLaggen. »

« Oh non, il ne s'en fiche pas. Tu as vu sa réaction. Il a arrêté de lécher le visage de Lavande au moment où tu as lâché cette bombe. »

Ses yeux brillèrent et elle serra la mâchoire.

- Les garçons sont stupides, stupides ! Je les déteste tous ! Je vais lui montrer. JE VAIS LUI MONTRER ! marmonna-t-elle.

Elle regarda ses cheveux un moment et décida qu'il était inutile de s'en occuper. Mais elle pouvait faire d'autres choses pour améliorer son apparence. Comme porter ce pull moulant que sa mère avait absolument voulu lui acheter pour Noël l'année précédente, ce pull qui avait une encolure bien trop dégagée au goût d'Hermione mais qui suffirait pour exhiber…

« Pour exhiber quoi ? Ma poitrine non existante ? »

« Oh, enfin, ils ne sont pas si petits »

« Comparés à ceux de Lavande, si. »

« Les seins de toutes les filles sont plus petits comparés à ceux de Lavande. »

« Oh, je parie que ce porc l'a déjà pelotée. Tous les garçons regardent toujours sa poitrine. Quelle traînée ! Je parie même que Ron a déjà… »

D'un grognement à peine retenu, Hermione ouvrit à la volée un tiroir de sa commode et en retira un autre des achats ridicules de sa mère : un Wonderbra. (© lol)

Franchement, pourquoi ma mère ressent-elle le besoin de me transformer en traînée ? Je ne comprendrai jamais, pensa-t-elle en faisant glisser sa serviette au sol. Elle mit une culotte assortie et enfila le soutien-gorge. Après plusieurs ajustements, elle réussit à maintenir sa poitrine de telle sorte que cela lui donne un décolleté plus ou moins décent. Le seul problème était que ce soutien-gorge faisait vraiment ressortir ses seins de façon évidente.

L'évidence se souligna lorsqu'elle mit son pull léger couleur crème. La laine douce et fine moulait parfaitement ses seins qui semblaient défier la gravité.

« Oh mon Dieu, on pourrait servir des boissons sur cette étagère ! »

Non, ça ne pouvait pas aller. Elle se replongea dans ses tiroirs pour chercher un de ses soutien-gorges fiables, en coton et couleur chair, qui faisaient ce qu'un soutien-gorge est censé faire : couvrir et soutenir. Elle venait juste d'en trouver un lorsque Parvati fit son entrée dans le dortoir.

- Salut, dit-elle ses yeux s'agrandissant immédiatement en voyant ce que portait Hermione. Oooh, très sexy.

Hermione ricana.

- Très pas moi, dit-elle en commençant à dégrafer son soutien-gorge.

- Non, mets-le ! urgea Parvati. Les Wonderbra rendent les garçons fous.

Hermione fut indignée.

- Excuse-moi mais je n'aime pas que « les garçons » fixent ma poitrine pendant toute une soirée !

- Ouais, ils le feront quand même, remarqua Parvati en s'asseyant sur son lit pour défaire sa tresse. C'est parfaitement normal. Quand les garçons atteignent un certain age, c'est comme si leur regard ne pouvait pas aller plus haut que le cou des filles.

- Charmant, dit Hermione d'un air grincheux. C'est tout ce que nous sommes à leurs yeux ? Un tas de morceaux de corps ?

- Pour l'instant, oui, répondit Parvati en haussant les épaules, ne semblant pas inquiète par le fait que les garçons n'étaient tous que des porcs excités. Mais un jour, ils grandissent et portent leur attention sur des choses plus importantes.

Ses paroles firent soudain surgir une boule dans la gorge d'Hermione. Elle se tourna et essaya de réprimer un sanglot mais n'y parvint pas.

- Oh, non, dit rapidement Parvati avant de se lever. Qu'est-ce que j'ai dit ?

- Rien, répondit Hermione tandis que ses larmes roulaient le long de ses joues.

- C'est Ron, c'est ça ?

Hermione sentit sa colonne vertébrale se raidir puis elle regarda l'autre jeune fille du coin de l'œil.

- Ron ? De quoi tu parles ?

Parvati se renfrogna et, à la grande surprise d'Hermione, une expression de douleur s'afficha dans ses yeux couleur encre.

- Je ne suis pas stupide, Hermione.

- Je sais bien, répliqua-t-elle rapidement.

Parvati fit un geste vague de la main.

- Oublie ça. Ecoute, c'est évident que tu es folle de Ron. Ben oui, on n'envoie pas une flopée de canaris enragés sur un garçon à moins d'avoir été blessée, et une fille ne peut pas se sentir blessée par un garçon à moins d'être vraiment amoureuse de lui.

D'autres larmes jaillirent de ses yeux. Elle ne comprenait pas pourquoi Parvati était si gentille avec elle. Elle était la meilleure amie de Lavande. Ca n'avait pas de sens. Mais pourtant, cela lui faisait du bien de savoir qu'il y avait des filles à qui elle pouvait se confier, notamment des filles qui n'avaient rien à voir avec cet idiot de rouquin qui, en ce moment, devait avoir ses mains partout sur Lavande et…

Hermione se mit à sangloter plus fort, Parvati soupira et passa son bras autour des épaules d'Hermione. Cette dernière était trop décomposée pour trouver cela bizarre d'être serrée dans les bras de Parvati. Elles ne s'étaient jamais serrées dans les bras l'une de l'autre avant, elles n'avaient pas partagé leurs secrets non plus. Mais c'était agréable d'être serrée dans les bras de quelqu'un, peu importe les circonstances, même par une fille qui était la meilleure amie d'une pimbêche à la tête vide qui ne décollait pas ses lèvres pulpeuses de Ron, à part pour manger ou respirer.

Hermione reprit le contrôle d'elle-même et se recula en s'essuyant les yeux.

- Désolée, s'excusa-t-elle.

- C'est rien, répondit Parvati en haussant les épaules. Ca arrive à tout le monde.

- Tu as déjà été folle d'un garçon qui t'as fait sentir comme une moins que rien ? demanda amèrement Hermione.

C'était dur à croire. Parvati était tellement belle, elle avait tellement confiance en elle. Quel garçon pourrait lui faire quelque chose d'aussi méchant ?

- Bien sur, répondit Parvati. Ca fait partie de la vie d'une adolescente.

- Ouais, ça craint, déclara Hermione.

Parvati gloussa.

- Depuis quand tu utilises ce genre de langage ? demanda-t-elle.

- Depuis le jour où le garçon que j'aime depuis des années s'est mis à rouler des pelles à cette… (Hermione s'arrêta brusquement.) Désolée.

- Ne t'en fais pas pour ça, continua Parvati. Je t'admire, tu sais. Tu gères bien. Si j'avais été à ta place, j'aurais déjà jeté un sort à Lavande au moins vingt fois.

Hermione fixa Parvati et cette dernière regretta instantanément ses paroles.

- Oublie ce que j'ai dit, dit-elle rapidement. C'est juste que…mon dieu, Lavande est SI ennuyeuse depuis qu'elle sort avec Ron. Elle ne parle que de lui : Ron ceci, Ron cela, tu crois que Ron aimera mes cheveux comme ça, bla bla bla. Heureusement que tu vas à cette fête avec Cormac. Au moins ça nous a donné un autre sujet de conversation.

Hermione gloussa malgré elle.

- Ne lui dis pas que je t'ai parlé, demanda Parvati.

- Je ne suis pas vraiment en bons termes avec Lavande, expliqua Hermione, alors je pense que tu n'as pas besoin de t'inquiéter.

- Oui, bon, commença Parvati. Je vais à la bibliothèque. Je n'ai rien de mieux à faire vu que Lavande est en bas avec « Ron Ron ».

- Excuse-moi, tu as dit « Ron Ron » ? répéta Hermione.

- Oh, tu n'as pas entendu ? Oui, c'est le surnom que lui a trouvé Lavande, expliqua Parvati d'un air dégoûté. Tu imagines ?

- Malheureusement oui, dit tristement Hermione.

Parvati eut un air accablé et elle posa sa main sur l'épaule d'Hermione.

- Je suis désolée, Hermione. Ecoute, essaye de t'amuser à cette fête, d'accord ? Cormac est vraiment mignon et, qui sait, peut-être que tu finiras par le préférer à Ron.

« J'en doute »

- Peut-être, dit Hermione.

- J'y vais, annonça Parvati en prenant ses livres avant de se diriger vers la porte. Amuse-toi. Et porte ce Wonderbra !

Hermione rit faiblement tandis que Parvati sortait de la pièce, refermant la porte derrière elle. Quand elle fut à nouveau seule, elle se regarda à nouveau dans le miroir, se tenant droite avec le menton relevé. Même si ses seins semblaient incroyablement hauts et ronds, son pull lui rallongeait le cou. Et cette couleur lui allait bien. Et sa forme cachait bien son petit ventre ridicule.

« Alors voilà. Des seins protubérants me rendent plus mince. Maman avait raison après tout. »

Résolue à porter ce fichu Wonderbra, Hermione enfila une paire de chaussettes et, ensuite, son jean préféré. Elle mit ses chaussures d'école puis retourna à ses cheveux desquels elle espérait en tirer quelque chose.

Au bout de dix minutes désespérantes, elle abandonna et les attacha en une queue de cheval. Cela avait pour effet d'attirer encore plus l'attention sur sa poitrine alors elle les détacha. Trop. C'était trop. Elle ne portait pas de Wonderbra, par la barbe de Merlin ! Elle commençait à dégrafer son soutien-gorge sous son pull lorsque la porte du dortoir s'ouvrit à nouveau et Lavande fit son entrée.

- Oh, balbutia-t-elle, coupée dans son élan.

Hermione déglutit péniblement.

Mon Dieu ! Ses cheveux étaient tout emmêlés, elle était toute rouge, ses lèvres étaient roses et gonflées et…était-ce bien un suçon qu'elle apercevait sur son cou ? Et ses vêtements ! Elle portait une jupe qui était beaucoup trop courte pour être considérée comme décente et son chemisier était déboutonné… Oh mon Dieu ! Hermione aperçut un peu de dentelle de son soutien-gorge.

« Une vraie catin ! Et ce porc, cet incroyable abruti, ce… »

- Euh, salut, dit-elle d'une voix légère, on sentait qu'elle avait beaucoup gloussé. Je suis juste venue chercher quelque chose.

Hermione réprima le besoin de se jeter sur elle pour lui arracher les yeux. Au lieu de cela, elle dit un simple « Lavande » avant de se remettre à ses préparatifs, sans retirer son Wonderbra.

Elle troqua son jean pour une jupe que sa mère avait achetée, qui était beaucoup trop courte à son goût (ce qui voulait dire qu'elle était à quelques centimètres au-dessus du genou) et remplaça ses chaussettes par des collants sombres. Peu importait ce que Lavande était venue chercher, Hermione n'y prêtait pas attention. Elle se contempla à nouveau dans le miroir et remarqua avec mépris que ses yeux étaient gonflés. Elle leur jeta un petit sort de Dégonflage, appliqua un peu de crème puis mit un peu de mascara et de gloss qui se trouvaient dans la trousse à maquillage offerte par sa mère. Elle fit semblant de ne pas remarquer Lavande quitter la pièce tandis qu'elle attachait ses cheveux en une queue de cheval à nouveau. Elle fit semblant de ne pas entendre la porte se refermer alors qu'elle allait appliquer la touche finale de son costume non-hermionien : le parfum que Ron lui avait offert.

Elle ravala le nœud qui se forma dans sa gorge en le voyant et s'en aspergea. Elle se regarda une dernière fois dans la glace qui lui répondit « Eclatante, ma chère. Votre cavalier s'emmêlera les pinceaux en vous voyant. »

- Merci, grogna-t-elle avant de quitter la pièce.

Elle était en haut des escaliers quand elle entendit le rire détestable et grinçant de Lavande.

« Est-ce qu'on lui a déjà dit que quand elle rit, on dirait un porc qu'on égorge ? »

Hermione respira à fond quelques minutes avant de se ressaisir. Elle pouvait le faire. Elle le ferait.

S'agrippant à la rampe de l'escalier en colimaçon plus qu'elle n'en avait besoin, Hermione descendit, respirant toujours profondément. Elle ne dirait rien. Elle ferait comme d'habitude : elle passerait devant eux comme s'ils n'étaient pas là.

Elle atteignit le bas des escaliers et ouvrit la porte qui donnait sur la Salle Commune, puis elle entra.

Ils étaient là, tous les deux sur la même chaise.

« Un de ces jours, je vais mettre le feu à cette chaise. Et avec eux dessus de préférence ! »

Ron ne la remarqua pas, ce qui n'était pas surprenant vu que la bouche de Lavande était collée à la sienne. Ils ressemblaient à deux poissons grotesques.

« Calme. Reste calme. »

Elle balaya la pièce des yeux et vit Ginny, qui discutait avec Colin Creevey et Dean Thomas.

- Salut Ginny, appela-t-elle d'une voix faussement enjouée.

Elle attendit un moment pour voir si Ron s'était détaché de son aspirateur personnel, mais non, on entendait toujours ces bruits de succion dégoûtants qui venaient de cette chaise dégoûtante sur laquelle il y avait deux personnes dégoûtantes…

Hermione se dirigea vers Ginny, toujours un sourire collé sur les lèvres.

- Salut Hermione, dit Ginny qui sourit en voyant les vêtements d'Hermione. Super tenue !

- Merci, répondit Hermione.

Elle était agacée par le fait que Ron ne se dégage pas des lèvres de Lavande ne serait-ce qu'une seconde pour se rendre compte qu'elle, Hermione, était là, des vêtements de traînée sur le dos qui, si elle était honnête, lui allaient plutôt biens.

Le regard de Ginny glissa nerveusement en direction de Ron puis elle murmura :

- Est-ce que c'est vrai que tu vas à la fête avec McLaggen ?

- Oh, oui, j'y vais avec Cormac, dit Hermione d'une voix forte.

Toujours aucun signe d'un Ron refaisant surface.

« Quel bâtard ! »

- On est censés se retrouver ici à…ah tiens, le voilà ! dit-elle en prenant la voix la plus idiote et enfantine possible.

Cormac McLaggen avait fait son apparition en bas des escaliers menant aux dortoirs des garçons. Il traversa la pièce et Hermione sut tout de suite qu'elle s'était fourrée dans le pétrin. Ses yeux étaient fixés sur sa poitrine et elle se maudit d'avoir écouté cette stupide Parvati au sujet de ce Wonderbra.

- Salut Hermione, dit Cormac qui la regardait comme un chien affamé devant son steak.

Ses yeux étaient maintenant posés sur ses jambes.

Ce fut à ce moment là qu'Hermione entendit le son de lèvres qui se détachent. Puis elle sentit Ron se tourner vers elle.

- Tu es superbe, dit Cormac en se léchant les lèvres. Ton haut est fantastique.

Hermione ne savait pas si elle devait glousser ou vomir.

- Merci, réussit-elle à articuler.

- On y va ?

Il lui offrit son bras de façon courtoise, mais venant de lui ce geste semblait déplacé. Elle faillit ne pas accepter mais quand elle entendit un ricanement moqueur derrière elle, elle s'agrippa au bras de Cormac et tourna la tête.

- Bien sur, dit-elle d'un ton léger en autorisant Cormac à la mener hors de la pièce.

Elle réussit à jeter un dernier regard vers Ron qui, lui, la regardait avec un mélange d'incrédulité et autre chose qu'elle ne déchiffrait pas. Elle aurait aimé que ce soit de la douleur, ou du désir, ou les deux. Sans lui prêter attention, Hermione tourna la tête, releva le menton et sans vraiment y croire elle-même, haussa légèrement la poitrine. Du coin de l'œil, elle vit Ron bouche bée et, un sentiment de satisfaction l'enveloppant, elle sortit de la Salle Commune au bras de Cormac.

Ce sentiment de satisfaction ne dura pas longtemps. Au moment où elle arriva à la fête, elle aurait souhaité ne pas y être venue. Cormac était poli pour le moment, seulement il n'arrêtait pas de regarder sa poitrine quand il croyait qu'elle n'y faisait pas attention.

« Ben voyons ! C'était tellement évident ! »

L'autre problème avec Cormac, c'était qu'il parlait tout le temps. De lui. Il s'obligeait à lui poser des questions mais à chaque fois qu'elle commençait à répondre, il la coupait et arrivait toujours à recentrer la discussion sur lui ou sur son sujet favori, le Quidditch.

Hermione se mordit l'intérieur des joues et prit une longue gorgée du punch de Noël, qui, elle l'espérait, serait alcoolisé, lorsque Cormac se lança dans un autre récit racontant un arrêt spectaculaire qu'il avait fait en tant que Gardien alors qu'il n'avait que huit ans, ou quelque chose de ce goût là.

La foule commençait à augmenter et Cormac devenait de plus en plus ennuyeux tandis que ses regards vers sa poitrine se faisaient de plus en plus évidents, si cela était possible. Très vite, Hermione désespérait de trouver Harry, Ginny, Luna ou quelqu'un qui puisse la sauver. Bordel, même Rogue pourrait servir !

Elle était sur le point de suggérer à Cormac qu'ils parlent aux autres lorsque Slughorn fit son apparition. Il voulait leur présenter à un sorcier nommé Worpel, et son compagnon le vampire Sanguini. En apprenant que Sanguini était un vampire, l'intérêt d'Hermione augmenta. Elle tenta avidement d'engager la conversation avec lui mais elle réalisa soudain que Sanguini lui lançait le même regard que Cormac, à l'exception que lui fixait son cou et non sa poitrine.

- Bien, annonça Worpel rapidement. Continuons nos présentations. Je veux que Sanguini rencontre le plus de gens possibles.

Et avant qu'Hermione ait pu dire quoi que ce soit, Slughorn s'était excusé et entraînait Worpel et son vampire dans la foule.

- Professeur Slughron, appela-t-elle d'une voix désespérée. Euh, je me demandais juste…pour le devoir supplémentaire pour la rentrée…

- Ho ho ! s'exclama Slughorn. Toujours à travailler comme une fourmi, Miss Granger. Pas de ça ce soir ! C'est une fête ! Détendez-vous et amusez-vous !

Et il s'en alla, laissant Hermione seule avec Cormac. Ce dernier se mit soudain derrière elle et murmura d'une voix grave.

- Slughorn a raison. Et si on s'amusait ?

Son souffle était chaud sur son cou, Hermione rougit. Il se plaça devant elle. Il était évident qu'il n'avait aucun sens de l'espace personnel, mais avant qu'elle n'ait pu lui dire de reculer, il lui prit la main et lui chuchota :

- Viens…

- Euh…commença-t-elle.

Mais Cormac se pencha et l'embrassa doucement sur la joue. Hermione retint son souffle et eut soudain très chaud. Elle était confuse, elle était censée être là avec Ron. C'était Ron qui était censé envahir son espace personnel et lui demander d'aller s'amuser quelque part et…

Elle sentit Cormac lui tirer la main et elle sentit ses pieds le suivre. Elle ne devrait vraiment pas faire ça. Elle savait ce qui allait se passer : il l'attirait dans un coin où ils pourraient être seuls, et vu les regards de prédateurs qu'il lui avait lancés toute la soirée, ce n'était pas pour aller discuter. Mais, étrangement, la sonnette d'alarme de son cerveau n'atteignait pas ses pieds, ni ne lui donnait d'excuse pour s'enfuir. Et, dans un recoin de son esprit, elle se rendit compte qu'elle était un peu curieuse de savoir ce qui allait se passer.

Puis elle repensa à Ron. Il devait probablement être toujours scotché à Lavande, dans la même chaise. Au diable les conséquences ! Un beau garçon voulait l'embrasser et elle comptait bien le laisser faire.

Du gui.

Mais QUI donc avait eu l'idée qu'il fallait s'embrasser sous une branche de gui ? C'est une plante VENENEUSE. Comment a-t-elle finie par être associée à des baisers ?

Ces pensées rageaient dans le cerveau d'Hermione lorsque Cormac la traîna sous une branche dans un coin à l'écart du bureau élargi de Slughorn. Elle pensait à ça et aussi au fait que Cormac était…et bien, il était immense. Grand, large et fort. Elle ressentit une vague de frayeur l'envahir. Il pourrait faire d'elle ce qu'il voulait si elle n'était pas prudente, armée de sa baguette ou pas .

- Qu'est-ce qui ne va pas ? demanda-t-il en prenant ses deux mains dans les siennes.

- Euh…Rien, répondit-elle rapidement, tentant un sourire.

- Tu sembles si nerveuse, fit remarquer Cormac, ses yeux glissant à nouveau vers sa poitrine.

- Vraiment ? demanda-t-elle, sa voix incroyablement aiguë.

- Détends-toi, murmura-t-il d'une voix grave qu'il croyait sûrement séductrice. Je ne mords pas.

Hermione gloussa nerveusement.

- Oh, et bien c'est bon à …

Elle ne put finir sa phrase car il avait pressé ses lèvres sur les siennes. Elle inspira par le nez de façon brusque et sentit son dos se raidir. Puis, au bout d'un moment, elle se détendit. D'accord, ce n'était pas si terrible. En fait, c'était plutôt agréable. Cormac avait des lèvres assez douces et il allait plutôt lentement et…oh…

Ses mains étaient maintenant sur son cou et elle frissonna. C'était agréable, très agréable. Il pencha la tête sur le côté et l'embrassa à nouveau, cette fois plus fermement, ses lèvres plus actives contre les siennes. Hermione força son cerveau à se rappeler comment elle avait fait ça avec Viktor (mon Dieu, cela faisait SI longtemps que ça qu'on ne l'avait pas embrassée ?) et imita ses mouvements. Puis elle sentit la bouche de Cormac s'entrouvrir…

« Oh la la… »

Sa langue était dans sa bouche maintenant, pas beaucoup mais juste assez. Hermione réalisa qu'il embrassait vraiment bien et commença à avoir très chaud. Puis il approfondit encore plus le baiser en l'entourant de ses bras pour la rapprocher encore et Hermione oublia tout de Ron. C'était bon, c'était…Elle avait incroyablement chaud, elle avait le souffle court et elle ressentait comme un frisson PLUS BAS. Ce fut lors de cette réalisation qu'elle ressentit le besoin de respirer. Elle était sur le point de se dégager lorsque Cormac le fit, lentement et avec précaution.

- Waouh, murmura-t-il. Sympa.

- Oh…Oui, concorda Hermione.

Comment cela était-il possible ? Cormac était d'un ennui insupportable et pourtant il venait juste de l'embrasser d'une façon qui lui avait donné des frissons jusque dans les orteils. C'est qui Ron déjà ?

Cormac s'humidifia les lèvres et l'embrassa à nouveau. Hermione s'entendit soupirer. Oh, il était très doué pour ça. Des baisers lents et passionnés, comme ceux qu'elle avait un jour rêvé de partager avec Ron…

« Ne pense pas à Ron ! »

Elle réalisa soudain que les lèvres de Cormac s'étaient déplacées et embrassaient maintenant le haut de son cou.

Personne ne l'avait jamais embrassée à cet endroit là auparavant. C'était épatant. Hermione n'avait jamais réalisé à quel point la peau de son cou pouvait être sensible mais, apparemment, Cormac semblait déterminé à le lui prouver de ses lèvres expérimentées. Cormac défit lentement la queue de cheval d'Hermione puis lui encercla la taille. Et c'était tellement agréable qu'elle ne remarqua pas tout de suite que ses mains étaient descendues jusque ses fesses.

- Oh ! couina-t-elle en se tortillant pour se dégager.

Mais Cormac chuchota lentement à son oreille.

- Chut…murmura-t-il en l'embrassant à nouveau.

Hermione se tortilla un peu plus mais ses mains étaient fermes sur ses fesses et ses lèvres étaient persistantes. Elle ressentit un autre élan de peur monter au creux de son estomac qui contrastait parfaitement avec la chaleur agonisante et exquise qui l'enveloppait. Elle ne devrait vraiment pas être en train de faire ça. Ce n'était pas bien…elle le connaissait à peine…aucun garçon n'avait jamais…

Il serra soudain plus fort ses fesses. Elle couina à nouveau et se débattit, mais il était trop fort. Soudain ce n'était plus aussi amusant. Elle essaya à nouveau de le repousser mais cela semblait l'encourager encore plus. Ses mains vagabondaient maintenant librement sur ses fesses et son dos. Une de ses mains maintenait sa tête tandis qu'il introduisait sa langue dans sa bouche. Elle n'arrivait plus à respirer. Tout à coup, elle était terrifiée et sentit des larmes perler à ses paupières. Elle essaya d'attraper sa baguette qui se trouvait dans la poche de sa jupe mais il la serrait trop contre lui.

« Non… »

Elle devait s'en aller. Son autre main était sur son sein à présent et pétrissait sa chair de façon possessive.

- Cormac, attends, dit-elle, l'urgence dans la voix tout en essayant d'échapper à son emprise.

Il ne sembla pas l'écouter, ou s'il l'avait entendue, il l'ignora. Maintenant, sa main s'était glissée sous son pull et tentait de passer sous son soutien-gorge…

« Non ! »

Dans un élan de furie, elle le poussa de toutes ses forces. Sa main s'empara immédiatement de sa baguette magique.

- Cormac, stop !

- Qu'est-ce qui ne va pas ? demanda-t-il, une lueur dangereuse dans le regard.

Il n'avait pas remarqué qu'elle tenait sa baguette.

Hermione déglutit et réalisa le danger de la situation. Elle connaissait son tempérament. A quoi pensait-elle ? Elle avait été idiote en pensant pouvoir contrôler la situation. Sa main « Quelle saleté ! » était toujours sur son sein. Elle avait tellement envie de lui jeter un sort. Mais le faire attirerait l'attention sur elle, ce qui se traduirait par des questions, par des gens apprenant qu'elle n'avait pas passé un bon moment avec Cormac, par Ron découvrant la vérité…

- Rien, dit-elle sans avoir besoin de faire semblant d'être essoufflée. Il faut juste que j'aille aux toilettes. Tu sais, tout ce punch…

- Oh, dit-il en souriant lascivement.

Hermione se retint de le gifler quand il pinça son sein avant de le relâcher.

- Bien sur, continua-t-il. Tu reviens ici dès que tu as fini ?

Elle serra les lèvres et les poings, dégoûtée par tant d'arrogance. Comment avait-elle pu apprécier ses baisers alors qu'il était évident que ce n'était qu'un mufle ?

- Oui, mentit-elle en se forçant à sourire.

Elle s'éloigna rapidement, s'empêchant de courir pour ne pas paraître suspecte. Elle sentait encore ses mains la griffant et désira soudain prendre une douche bouillante. Ses yeux firent désespérément le tour de la pièce à la recherche d'une personne familière aux cheveux noirs et portant des lunettes…

Hermione se précipita jusqu'à la Tour des Gryffondors avec une terreur frénétique. Elle avait décidé de partir après avoir été vue une deuxième fois par Cormac ; il avait l'air furieux. Elle s'était rendue compte que s'il la retrouvait, elle aurait encore plus de problèmes qu'auparavant. Elle remarqua à peine la tâche de punch séchée sur son pull, cadeau de Blaise Zabini qui avait fait accidentellement exprès de trébucher au moment où elle passait pour échapper à la fête.

« J'y suis presque… »

Elle soupira de soulagement lorsqu'elle atteignit le portrait de la Grosse Dame qui était saoule.

- Bonsoir, très chère, marmonna-t-elle. Boulez-vous un beu de che pin…euh…de che vin ?

- Non merci, répondit Hermione haletante. Babiole.

- Quoi ? Ah, oui, le mot de pache, continua la Grosse Dame.

Son amie Vi gloussa puis rota très fort au moment où le portrait s'ouvrit. Hermione se précipita tellement vite dans le trou qu'elle trébucha en entrant dans la Salle Commune, s'emmêlant les pieds avant de s'étaler sur le sol, se blessant les genoux.

- Hermione ?

Elle leva brusquement la tête et « Oh non… »

Il était là, les cheveux emmêlés et ses lèvres, ses magnifiques lèvres dégoûtantes, étaient tout enflées. Ce qu'il devait faire quelques instants plus tôt était maintenant une évidence.

- Ron, dit-elle stupidement.

C'était la première fois qu'elle s'adressait à lui depuis les canaris. Elle prit un moment pour se demander pourquoi il était debout et seul dans la Salle Commune.

- Ca va ?

Sa question lui rappela qu'elle était étalée sur le sol et, oh non, sa jupe était remontée sur ses cuisses quand elle était tombée. Elle se releva maladroitement, baissant sa jupe pour recouvrir ses jambes. Elle avait le visage en feu.

- Ca va, répondit-elle. Je vais bien.

Elle croisa son regard, et pendant un long moment, ils restèrent là à se fixer, un silence plus que pesant les enveloppant.

- Tu es rentrée tôt, dit finalement Ron. Qu'est-ce qui est arrivé à …

Il montra du doigt le devant de son pull et ses yeux s'écarquillèrent avant de baisser le regard.

- Oh, ça, dit-elle en se souvenant. C'est Blaise Zabini qui l'a renversé sur moi.

- Il l'a fait exprès je parie, grogna Ron.

Hermione en resta bouche bée. Il lui parlait comme si rien ne s'était passé. Quel culot ! Il croyait peut-être qu'il n'aurait pas à se mettre à genoux pour lui demander pardon ? Mais avant qu'elle puisse s'en empêcher, Hermione avait répondu.

- Oui, il l'a fait exprès je pense.

- Connard, grimaça-t-il. Tu lui as donné une retenue ?

- Non, j'étais pressée, répondit Hermione, consternée par le fait quelle reparlait à Ron comme s'ils étaient à nouveau amis.

- Pressée ? répéta Ron.

- De me changer…dit Hermione. Mon pull…

Le visage de Ron sembla s'assombrir.

- Oh, dit-il. Alors tu y retournes.

- Oui, mentit Hermione. Pourquoi ?

- Et bien…C'est juste que…Je voulais qu'on…

Il agita une main comme pour lui faire comprendre ce qu'il voulait dire.

- Tu voulais quoi ?

- Parler ? dit-il en croisant enfin son regard.

Comme elle aurait souhaité qu'il ne le fasse pas. Car il y a avait quelque chose de tellement triste et doux dans ses yeux bleus. Elle le détestait simplement à cause de ces yeux : ils pouvaient la rendre stupide. Elle en oubliait sa fierté.

- De quoi ? s'entendit-elle demander, en déglutissant péniblement.

« S'il te plait…Pitié, dis que tu es désolé et que tu comptes quitter Lavande et là, je jure de te pardonner ! »

- De…tu sais…

Encore ce même geste de la main. Il la regarda, les yeux pleins d'espoir. Puis il fronça les sourcils quand il déplaça son regard.

- C'est quoi ça ?

- Quoi ?

- Sur ton cou, dit-il en désignant le côté droit de son cou.

Elle le regarda confuse puis se dirigea vers le miroir au pied des escaliers menant au dortoir des filles. Elle ne vit rien au début, puis, elle souleva ses cheveux et déglutit.

Un suçon. Fantastique.

Elle se retourna et vit que Ron l'observait avec des yeux furieux et brûlants de haine.

- Comment c'est arrivé ?

« Oh ! Mais quel culot ! »

Pourtant Hermione balbutiait.

- Et bien…euh…je

- Alors tu es venue changer de pull et tu retournes le voir, c'est ça ? dit Ron furieusement. C'est comme ça que tu as fini ave ça ? (Il désigna le suçon.) Vous vous êtes roulés de grosses pelles, pas vrai ?

elle n'en revenait pas. Vraiment PAS. Il avait un de ces CULOTS…Il lui lançait des calomnies à la figure après avoir…

« Ce sale hypocrite ! »

- Oui, si tu veux tout savoir, j'ai roulé d'agréables pelles à Cormac, merci, répliqua-t-elle froidement.

Elle était soulagée d'être revenue au point de départ. Soulagée de ne plus avoir à trouver d'excuses. Comme si Ron les méritait !

- Oh, vraiment ? Il t'a donné du bon temps je suppose ?

- Plus que ce que tu pourrais me donner ! renchérit-elle.

Ron eut un mouvement de recul et, pendant un instant, ses yeux semblèrent traduire de la douleur, puis il lui lança un regard noir.

- Comme si j'aurais envie de conclure avec toi ! dit-il d'une voix légèrement tremblante.

Ses mots cruels lui coupèrent le souffle et elle lutta pour trouver une réplique.

- Comme si tu pourrais ! rugit Hermione. Les seules filles qui te donnent du bon temps à toi ne sont que des petites imbéciles comme Lavande qui sont trop stupides pour se rendre compte à quel point tu es pathétique !

- Je suis pathétique ? dit Ron incrédule, avec une pointe de douleur dans la voix. C'est toi qui sors avec des abrutis et qui t'habilles comme une…comme une…

Il agita la main à nouveau mais cette fois Hermione comprit ce qu'il voulait dire.

- Je m'habille comme une traînée, c'est ça ?

- C'est toi qui l'auras dit, pas moi, dit-il d'un air suffisant.

- Tu n'es qu'un incroyable hypocrite, cracha-t-elle. Lavande déboule dans le dortoir, la chemise à moitié déboutonnée, un suçon dans le cou, une jupe qui lui recouvre à peine le cul et tu as le culot de critiquer MA façon de m'habiller pour une fête ? Tu as le culot de me calomnier parce-que j'embrasse un garçon alors que toi, tu es constamment là à échanger ta salive avec une de mes camarades de chambre en plein milieu de la Salle Commune ?

- Oh, bien sur, comme si McLaggen était vraiment intéressé par ta personnalité ! répliqua Ron sournoisement.

- Tu veux dire que toi tu t'intéresses à la personnalité de Lavande ?

- Lavande est gentille avec moi, contrairement à toi !

Oh oui, je PARIE qu'elle l'est ! siffla Hermione. J'ai vu à quel point elle était « gentille » avec toi tout à l'heure !

- Ce n'est pas pire que ce que tu as fait avec McLaggen !

- Tu n'as aucune idée de ce que j'ai fait avec Cormac, dit-elle. Mais au moins lui, il ne m'a jamais traitée comme une moins que rien comme toi tu le fais !

- JE te traite comme une moins que rien ? demanda-t-il, sa voix tremblant de rage. Il y a quelques minutes tu m'as dit que j'étais pathétique et que je n'étais pas assez bien pour toi !

- Parce que tu ne l'es pas ! hurla-t-elle avant de se rendre compte de ce qu'elle venait de dire.

Ron eut à nouveau un moment de recul, seulement cette fois, quand il ouvrit la bouche pour parler, aucun son ne parvint à en sortir. Il la fixa et Hermione ressentit soudain comme un coup de couteau dans le cœur lorsqu'elle le regarda dans les yeux. Ils ne lui disaient que la stricte vérité : elle l'avait blessé plus profondément qu'elle ne l'avait jamais fait. Il la regardait comme s'il ne la connaissait pas. Elle se rendit compte qu'en le blessant, elle s'était blessée elle-même. Elle voulut soudain avoir un Retourneur de Temps pour tout recommencer, pour rembobiner cette horrible dispute et ne pas dire toutes ces choses qu'elle avait dites, pour ne jamais changer ce regard qu'elle aimait tant…

- Ron, murmura-t-elle le menton tremblant. Je…

- Ron Ron, je voulais juste…

Lavande s'arrêta net dans son élan et Hermione la vit passer son regard de l'un à l'autre. Les yeux de Ron se firent plus durs et il se redressa. En quelques grandes enjambées, il traversa la pièce en direction de Lavande puis l'attira vers lui pour l'embrasser avec force. Cette dernière couina puis soupira, se laissant emporter par ce baiser. Hermione sentit con cœur se déchirer.

Ron s'écarta et, tout en regardant Hermione, il dit :

- Et si on allait ailleurs Lav ?

- D'accord, dit-elle dans un souffle.

Elle suivit Ron à travers le portrait de la Grosse Dame. Ron lança un regard des plus glacials et détestable possible avant de lui tourner le dos pour suivre Lavande hors de la pièce.

Hermione les suivit du regard jusqu'au bout, son cœur glacé par la froideur des yeux de Ron. Ce ne fut que quelques minutes plus tard qu'elle réalisa qu'elle s'était mise à genoux pour sangloter au beau milieu de la pièce avec au-dessus d'elle, une branche de gui.