Cette fois ça y est.

Debout, seule au milieu de sa chambre, Hermione fixe les bagages déposés sur son lit. On dirait presque qu'elle se prépare à partir une nouvelle fois à Poudlard ... Mais Poudlard ne réouvrira pas cette année. Et peut être plus jamais.

Et contairement aux années précédentes, elle de reviendra pas pour les fêtes. Elle ne quitte pas sa famille pour quelques mois mais peut être pour plusieurs années. Réprimant un sanglot, elle se répète une enième fois que c'est pour le mieux. Si elle s'en va, ses parents auront une chance d'échapper à la guerre et à ses horreurs. Même si l'incertitude sur le destin de leur fille ne cesse de les ronger jusqu'à son retour.

Mais de toute façon, elle n'a pas le choix : il s'agit de son monde, de ses amis, de sa guerre à elle aussi. Elle est une Griffondor et les Griffondor ne se terrent pas face au danger, ils l'affrontent bravement.

Même si, seul, à l'aube de quitter leur famille pour ce qui pourrait être des années, ils ne peuvent empêcher les larmes de leur monter aux yeux ...

Les essuyant d'un geste rageur, Hermione lance un sort de réduction aux bagages entassé sur son lit et les glissent dans sa poche. Arrivée sur le seuil, elle jette un dernier regard à sa chambre d'enfant avant de refermer la porte derrière elle.

Mais elle hésite un instant devant la porte au bout du couloir. De l'autre côté, elle sait ses parents endormis après avoir passé la majeur partie de la nuit à se tourner et se retourner dans leur lit. Elle a choisi de partir à l'aube, avant leur réveil pour leur éviter les adieux et les larmes supplémentaires. Cela n'empêche pas la douleur de lui vriller le coeur.

Elle revoit leur visages la veille au soir lorsqu'elle leur a annoncé sont départ. Les pauvres ignoraient jusqu'à l'existence de Voldemort. Elle n'avait jamais eu la force de leur faire part des dangers qu'elle courait chaque année. Mais elle n'avait plus le choix désormais. Elle leur avait tout dis, reprenant l'histoire depuis le début, faisant face à leur mines incrédules devant ses révélation.

Harry ? Tu veux dire Harry, ton ami de l'école ? Mais c'est impossible, Hermione ...

Mais ils avaient bien été forcés d'admettre l'impenssable et la colère avait pris le pas sur l'incrédulité.

... et moi je te dis que tu n'iras pas ! Je ne laisserais pas ma fille unique aller risquer sa vie dans une guerre dont je n'ai jamais entendu parler jusqu'ici ! Je t'interdit, Hermione, tu m'entends : je t'interdis ...

Mais je n'ai pas le choix ! C'est mon monde, c'est ma vie ! Il s'agit de mes amis, des gens que j'aime! Je n'ai pas le choix ! Ils sont en danger ! Je ne peux pas rester ici avec vous à l'abris pendant qu'ils risquent leur vie ! Je suis désolée ... je ne veux pas vous faire de peine ... Mais ils ont besoin de moi ...

Et puis étaient venues les larmes. Et malgré la douleur de sa famille et sa propre peine à l'idée de les quitter, sa résolution n'avait pas changer : elle allait rejoindre Harry et Ron à Godric Hollow et ensemble, ils détruiraient les Horcruxes et Voldemort. Mais Merlin, la douleur sur le visage de ses parents lorsqu'ils avaient comrpis qu'elle ne changerait pas d'avis ...

Il vaut mieux qu'elle parte sans les réveiller, elle ne pourrait pas faire face à de nouvelle larmes ...

Prenant une grande respiration, elle se force à détourner les yeux et, ouvrant la porte du jardin, elle se glisse dans l'air frais du petit matin. Le Magicobus apparaît au premier signe de sa main et sur un dernier regard en direction de son enfance, elle enjambe le marche pied et prononce d'une voix ferme et décidée :

- Le Terrier, s'il vous plait.

Et c'est seulement quand la porte du Magicobus se referme derrière elle, qu'elle laisse ses larmes couler librement.