Greed était un homonculus, apparemment. Impensable. Personne n'avait jamais réussi à créer d'humain artificiel. Et pourtant.
Il affirmait être l'un des sept péchés capitaux, l'avarice. Ouais. Bah pas avare au point de mal se fringuer apparemment. Et puis il s'amusait à déshabiller les filles du regard, lorsqu'on passait devant certaines. Il m'avait expliqué que l'avarice contenait l'avidité, et donc qu'il voulait tout, surtout les belles femmes.
« Mais les beaux mecs dans ton genre c'est pas mal non plus. » Je l'avais explosé juste après ça. Surtout qu'il me lorgnait dessus, le sale obsédé.
- Eh, Kimy, bordel, je te cause depuis deux minutes, mon beau.
Je clignais des yeux. Ah oui, Greed. Il me parlait dans le vide, toutes les chimères rassemblées autour de nous.
- Plaît-il ?
Soit c'était la question, soit c'était le sourire innocent que j'arborais, en tout cas, ça le faisait chier. Il soupira.
- On a trouvé un QG. On va s'y installer, chacun aura une chambre. Et je t'interdis de tuer mes hommes.
- C'est tout ?
Il grimaça et descendit des escaliers. Au dessus, il y avait une pancarte miteuse indiquant « Devil's Nest ». Je suivis, après avoir laissé passer quelques chimères.
Le bar était un peu délabré. La peinture des murs se fissurait, les canapés semblaient vieux. Pour ajouter une touche d'hideux, il y avait plusieurs filles trop maquillées dans un coin, qui gloussaient en regardant Greed. Pff, ça allait être joyeux, dis-moi.
Je fourrais mes mains dans mes poches et allais me choisir une chambre. Assez simple, avec salle de bain personnelle, le tout assez propre. C'était bon.
J'entrepris d'abord de m'attacher les cheveux avec une sorte de ruban blanc que j'avais trouvé dans un tiroir. J'me suis alors rendu compte que j'avais plus la même coupe qu'avant, de petits cheveux remontaient sur le haut de mon crâne. Bon, c'était pas mal non plus. Je fouillais ensuite la sale de bain à la recherche d'un rasoir, que je finis par trouver.
Peigné, rasé, lavé, il avait fallut que je cherche d'autres vêtements que ceux de la prison. Encore heureux, ma chambre comprenait une armoire remplie de fringues. Après avoir dégoté un costume bordeaux et un T-shirt noir, je me suis effondré sur le lit, regardant le plafond. J'étais libre. Et maintenant ?
Un sourire fendit mon visage. Et maintenant ? Tuer.
Je me levais et traversait les couloirs pour me retrouver dans la salle principale. Là, j'eus un hoquet de surprise.
Ce n'était pas le Greed assit dans un canapé qui était en compagnie d'une pute, ni même le fait qu'il en attirait une autre à lui qui m'avait surprit. C'était que celle qu'il venait d'attirer à lui chercha d'abord à se dégager, puis joignit les mains avant de lui mettre une claque. Et là, ça attira particulièrement mon attention, parce que je reconnaissais le cercle sur la main de cette fille, qu'ensuite la tête de Greed avait exploser, elle en avait profité pour se dégager et arranger sa tenue. Elle devait avoir environ quinze ans, avant de très longs cheveux coiffés en queue de cheval basse, deux mèches qui lui retombaient devant le visage, des yeux dorés…
Je me mis à rire et elle s'immobilisa en me voyant. Lily, comme tu avais grandi…
Elle eut alors un hoquet de frayeur en sentant Greed l'attraper par la taille, par derrière, avant qu'elle ne l'explose à nouveau. J'en profitais pour m'approcher d'elle.
- Jolis tatouages, petite sœur.
Elle avala sa salive, me dévisageant de haut en bas.
- T'as presque pas changé, Zolf. Sauf le regard de dément.
C'est tout ce qu'elle trouvait de changé ? J'haussais les épaules, avant de m'approcher de Greed qui se tenait la tête en jaugeant Lily du regard.
- Un conseil, mon grand, ne recommence pas, elle explose très bien les gens à ce que j'ai vu…
Greed n'étant pas si stupide que cela – à mon grand étonnement, d'ailleurs – fit le rapprochement entre elle, exploser, moi.
- Tu la connais ?
- Bingo.
Greed la dévisagea longuement avant de me regarder avec un sourire.
- Ta sœur ou ta fille ?
Après l'avoir explosé un coup, j'étais sorti tuer du monde.
Une fois retourné dans le bar, je m'étais planté devant Lily qui avait levé les yeux vers moi, me jetant un regard noir.
- Qu'est-ce que tu veux ?
- Savoir ce qu'il est advenu de ma petite sœur, c'est normal, dis-je avec un sourire.
- Arrête de sourire, ça fait vachement peur. Et en ce qui concerne ce qui m'est advenu, je dirais une vie à survivre toute seule, apprendre que son frère est un meurtrier complètement fêlé, élever un gamin et repousser des pervers dans mes deux boulots, ça te va ?
Il y avait plusieurs détails qui me dérangeaient dans sa tirade. Dont plus précisément le gamin qui pouvait tout aussi bien être le sien ou non. Et si c'était… ?
Le barman arriva alors, me jetant un regard noir puis essayant de m'ignorer, reportant son attention sur Lily.
- Il faudrait que tu rentres pour t'occuper de Shelagh, je vais devoir faire des heures sup' vu tous les nouveaux locataires…
- D'accord, Sam.
Là, il y avait un problème.
Après que Lily soit partie, adressant un signe grossier du bras à Greed qui lui envoyait un large sourire, le barman me jaugea.
- Qu'est-ce que t'as à sourire, toi ?
Il faudrait que j'arrive à me prévenir quand je souris, en fait.
- Moi ? Mais rien, beau-papa.
Sans prévenir, il envoya son poing vers mon visage, poing que j'arrêtais sans problème. Il eut alors un hoquet. Oui, il devait sentir cette douleur qui parcourait son corps, les atomes le composant se modifier…
- Je suis sûr que tu as conscience, à l'instant même, de chaque cellule dont tu es composé. Je suis sûr également que tu as déjà vu Lily à l'œuvre et entre nous, je suis assez surprit qu'elle se soit fait tatouer les mêmes cercles que moi dans les paumes, la douleur est insoutenable, mais c'est drôle de souffrir. Enfin, je sais que tu sais ce que je vais te faire, inutile d'en faire tout un cinéma. Tu vas mourir, c'est un fait. Mais j'aurais quelque chose à te demander d'abord. Deux choses. Déjà, je veux que tu me dises qui est l'enfant que Lily élève.
Il me jetait un regard noir, le visage déformé par la douleur. Lorsqu'il me répondit, ce fut d'une voix rauque.
- C'est le fils du lâche que j'ai en face de mo…
Il n'a pas pu finir sa phrase, j'avais explosé ses cordes vocales et continuais de le transmuter.
- Ce furent tes derniers mots, et c'est un peu dommage. Maintenant…
Je m'étais ensuite penché vers lui, pour lui susurrer lentement à l'oreille quelque chose qui j'en étais sûr, le ferait me haïr encore plus, mais il n'en aurait pas le temps…
- Dis bonjour à Alex de ma part.
Puis il explosa.
Une vie. C'est quoi, exactement ? Une existence, une conscience. Une simple vie peut en altérer plus d'une autre, dans n'importe quel sens, n'importe comment. Une existence peut en écourter d'autres, un autre peu en rallonger. Mais tout cela, est-ce dû à un hasard, ou bien est-ce qu'un meurtre est déjà prévu d'avance dans l'existence de cette personne qu'est la victime ? Peut-être que son existence est déjà tracée et que le meurtre n'est qu'un imprévu, et la mort change les choses. Ou peut-être pas.
… Je devrais arrêter de réfléchir.
- On arrive, l'Ecarlate. J'espère que tu sais ce que tu fais.
Ah oui, Bido, l'homme lézard. Greed nous avait envoyés en mission… Ou plutôt, je m'étais porté volontaire, pour soi-disant prouver ma valeur en jouant le chien obéissant. Une fois infiltrés dans le bâtiment, on avait pu assister à une scène plutôt sympa : le gamin qu'on devait trouver porté par une femme, un nabot qui essayait de la raisonner, des militaires derrières… D'ailleurs il y en a un qui semblait quelque peut surprit de me voir… Ah mais oui, comment oublier un colosse pareil entouré d'étoiles roses ! C'était Armstrong, avec le cœur aussi imposant que ses muscles. C'était pas le top pour Ishbal, ça.
Finalement, on avait battu en retraite – après que je me sois un peu amusé. Et là, surprise, alors que Bido avait détalé comme un lapin, rentrant au bar, j'avais croisé le militaire pâle qui se trouvait aux cotés d'Armstrong. Ce type était inhumain, c'est vrai, si j'avais eu sa tête je me serais suicidé… bref, passons. Il m'avait proposé de retourner dans l'armée et participer au prochain génocide. Evidement, étant alléché par l'idée de pouvoir tuer sans modération, je l'avais suivi.
Il m'avait emmené dans le bureau occasionnellement occupé par le général en chef des armées. Curieusement, il était là, derrière son bureau, coudes sur la table, la tête posée sur ses doigts croisés.
- Zolf J. Kimblee, notre cher alchimiste Ecarlate…
Il s'était levé pour me serrer la main, arborant un large sourire.
- Je savais que vous parviendriez à vous évader et que vous reviendriez vers nous.
- Alors pourquoi ne pas m'avoir sorti tout simplement de prison ?
Le généralissime rit.
- Mais voyons, tout le monde connaissait votre réputation… D'ailleurs, nous avions au début – enfin, les militaires en particulier – du mal à accorder entière confiance à votre petite sœur…
- Lily est là ?!
L'exclamation avait fusé sans que je n'y réfléchisse, Bradley sourit.
- Oui, lieutenant Kimblee. Votre sœur est actuellement la secrétaire du colonel Archer, qui est à présent à coté de vous. Si vous acceptez notre offre de retourner dans l'armée, vous travaillerez à leurs cotés, si vous refusez…
Il marqua un temps de pause, savourant l'effet. Sale con, oui.
- … nous vous tuerons.
- Lieutenant Kimblee, hein ? J'accepte.
Le général en chef se posta devant moi, me dévisageant en souriant.
- Vous savez, lieutenant… Dès la première fois où je vous ai vu à Ishbal, j'ai tout de suite aimé votre façon de sourire, vous semblez tant à un prédateur…
Une review, ça fait plaisir, je vous remercie tous :)
