Soudain éclate dans le ciel les premiers palmiers de lumière du feu d'artifice. D'un peu partout dans le jardin, les sorciers lèvent la tête pour contempler le spectacle. Appuyée contre un arbre, Minerva seule ne regarde pas le ciel. Ses yeux parcourent l'assemblée se fixant quelques instants sur les différents couples qui l'entourent.
Elle murmure doucement en regardant les jeunes mariés enlacés au milieu de la piste de danse, réfléchissant à voix haute.
- Il me semble que tout va de plus en plus vite … Cela fait à peine 2 ans qu'ils se connaissent et les voilà déjà marriés. Mais je suppose qu'en temps de guerre ... Il semble que l'on n'aie jamais le temps de s'arrêter et d'ouvrir les yeux. Personne ne sait ce dont demain sera fait ... et on s'attend à chaque seconde à voir le ciel s'effondrer sur nous. Alors il vaut peut être mieux profiter de ce que l'on a … de tout l'amour qu'on peut partager. Et puisqu'ils ont la chance d'aimer en ces temps de malheur … C'est leur force et leur faiblesse.
D'autres couples, unis eux aussi malgré la guerre défilent devant ses yeux.
Un peu plus loin, Ginny, blottie dans les bras de Harry, appuyé à un arbre, regarde le ciel illuminé, les yeux chargés d'espoir. Arthur Weasley console sa femme, la serrant dans ses bras.
Sur la terrasse, Tonks se glisse contre Remus, assis dans l'herbe, pour regarder le ciel éclairé par les deux d'artifices. Hermione et Ron, à leur côtés, sont dans la même position.
- Lorsqu'on prend le risque d'aimer en des temps aussi sombres que ceux-ci, on se sent parfois comme criminel, coupable d'aimer. Mais rien de ce qui vaut vraiment la peine ne peut s'obtenir sans un certain combat. Il faut prendre le risque … Ils sont si jeunes et pourtant cette guerre sera la leur. Ils devront détruire les ténèbres pour faire jaillir la lumière. Mais combien d'entre eux, combien d'entre nous survivront ?
Il est tard lorsque Tonks se réveille le lendemain matin. Elle reste allongée, les yeux fermés, profitant encore un peu de la chaleur de son lit. Mais elle finit par ouvrir les yeux lorsqu'une délicieuse odeur de café frais vient lui chatouiller les narines. Elle se lève, un sourire encore ensomeillé aux lèvres et rejoint Remus dans la cuisine où il est occupé à faire cuire des crèpes.
Le sourire de la jeune femme s'agrandit encore, alors qu'elle glisse ses bras autour de la taille du loup garou et enfouit sa tête contre son épaule. Il sourit lui aussi en se retournant vers elle la poëlle à la main. Elle se hausse sur la pointe des pieds et dépose un léger baiser sur ses lèvres avant de se laisser tomber sur une chaise avec un soupir de bonheur.
Il fait glisser deux crèpes dans son assiette et s'installe en face d'elle avant d'avaler une gorgée de café. Il la regarde en souriant reverser la quasi totalité du sucrier sur ses crèpes avant de demander d'une voix douce:
- Tu as passé une bonne nuit?
Elle sourit un légère étincelle dans l'œil et il ne peut s'empêcher de baffouiller alors qu'elle répond dans un grand éclat de rire.
- Fantastique ! … et le réveil était des plus agréables, je me demande si je ne vais pas t'enfermer quelques part dans un placard pour t'avoir toujours à ma disposition.
Elle rit de nouveau devant son air faussement effrayé.
- Je te donnerais un peu de nourriture et de quoi boire quand même.
Il a à son tour un petit rire:
- Dans ce cas ... Je vous en prie madame, faite de moi ce que bon vous semble…
