Titre : Rien qu'un baiser, chapitre 5

Auteur/Artiste : Mokoshna

Couple : ZoroXSanji

Fandom : One Piece

Rating : M

Thème : 5. "J'ai quelque chose à te dire..."

Disclaimer : One Piece appartient à Eiichiro Oda. Je ne fais que reprendre ses personnages pour leur faire faire n'importe quoi.

Ce chapitre est un peu plus cru (dans le langage) que les précédents. C'est normal vu la personne concernée (enfin de mon point de vue) mais je préviens juste au cas où certains pourraient s'en offenser.

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Chapitre 5 : "J'ai quelque chose à te dire..."

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Au fond de lui, Zoro savait qu'il l'avait bien mérité. Il était parti brusquement avec juste un petit mot d'adieu adressé à Luffy, et il n'avait pas énoncé un début d'explication pour justifier son départ. Il était resté absent deux mois sans avertir son équipage de sa position ou de sa quête. Lorsqu'il était revenu, roublard sur sa barque minuscule qui avait l'air de vouloir sombrer à chaque ressac, il avait simplement salué Sanji d'un cri et d'un mouvement de la main, comme s'il n'était parti que quelques heures au lieu de plusieurs semaines. Et, comble du toupet, il s'était empressé de lui sauter dessus sitôt monté sur le pont pour lui coller un baiser baveux.

Mais voilà, ce diable de cuistot en avait décidé autrement. Zoro n'aurait jamais pu croire qu'il puisse être aussi rapide ou aussi... violent. Furieux. Positivement hors de lui. Il ne l'avait pas cru, mais du coup il l'avait ressenti. Oh ça oui. Assez pour voir les étoiles, et pas dans le bon sens du terme. Il avait déjà entendu Sanji utiliser cette expression idiote devant Nami pour la convaincre de finir dans son lit. Fichu poète raté de cantinier play-boy. La jeune fille lui avait fait voir ses étoiles, mais pas comme il l'entendait. En fait, sa manière dont elle l'avait tabassé n'était pas différente de ce que Sanji lui avait fait quelques minutes auparavant... Il avait dû apprendre quelque chose de cet épisode. Ou alors son mode de pensée et ses agissements ne différaient pas beaucoup de ceux d'une femme.

Zoro ricana. Nul doute que si le cuisinier du Going Merry l'entendait, il en serait quitte pour une autre séance de retrouvailles musclées. C'était bien sa chance. Il n'aurait pas pu sortir avec un mec gentil et propre sur lui, non, bien sûr que non. Il fallait que son compagnon soit de sa trempe. Après tout, il était le futur meilleur bretteur du monde, il n'allait pas se compromettre avec une lavette incapable de se défendre ! Non, il lui fallait un mec, un vrai, avec une queue et qui savait s'en servir. Pas une femme geignant du matin au soir ou faisant des manières pour un ongle cassé ou il ne savait quoi. Un mec. Des muscles ruisselants de sueur, du poil en veux-tu en voilà, des couilles prêtes à êtres vidées, une bite qui ne ménageait pas ses efforts, tout l'attirail indispensable quoi. Les femmes ne l'avaient jamais attiré à cause de cela. Trop délicates, trop parfumées, trop maniérées. Pas assez rudes à son goût. Elles se contentaient d'attendre là que leur mec les prennent et puis basta, et lorsqu'ils avaient fini il fallait encore s'occuper d'elles et leur faire des papouilles ridicules... Ce n'était vraiment pas sa tasse de thé, toutes ces mièvreries. S'il y avait une chose qu'il ne supportait pas, c'était de perdre son temps.

Du coup, il couchait avec la belle gueule du Going Merry.

C'était bien la plus belle erreur de toute sa courte existence, et pour cause... Il avait beau être un mec bien équipé, Sanji n'était pas loin d'être l'antithèse de ce qu'il recherchait chez un homme.

Premièrement, il était hétéro. Oh, Zoro aurait pu dire que le fait qu'il ait mis le coq dans son lit prouvait un peu le contraire et tout ça, mais il ne fallait pas oublier qu'avant lui, Sanji n'avait pas eu vraiment de mec. Non, on oubliait la phrase précédente, c'était jamais. Le blond avait beau affirmer que Zoro n'était pas le seul gars à avoir vu la couleur de son cul, il avait bien vu le lendemain de la première fois où il lui avait foutu sa bite à quel point le cuistot avait été inconfortable. En fait, la manière bizarre dont il avait rougi la veille aurait dû lui mettre la puce à l'oreille, mais il avait pris ça pour une marque de colère alors que ça avait probablement dû être de la honte ou de la timidité... Ça avait excité Zoro comme pas deux, alors il ne s'était guère retenu. Il s'en voulait encore un peu, mais bon ce qui était fait était fait... Et puis ce n'est pas comme si Sanji n'avait plus eu l'occasion de s'habituer à ce genre de pratiques après ça. Zoro avait personnellement veillé à ce qu'il n'éprouve plus aucune gêne dans cette position, bien au contraire. Quelquefois c'était même Sanji qui en redemandait, à sa grande satisfaction.

Enfin, heureusement qu'au pieu ça allait, parce que le reste... Zoro n'avait jamais vu un mec faire autant de chichis pour des détails. Déjà qu'il préparait la bouffe... Son compagnon admettait le fait qu'il soit cuisinier et tout ça, mais quel besoin avait-il de mettre des tabliers aussi... efféminés ? Et ne parlons pas du dernier, le « cadeau » de Chopper. C'était une horreur, cette chose, quand il la portait. De loin, Sanji ressemblait à une gentille épouse préparant le dîner pour son cher et tendre... Sur le coup, Zoro avait bien ri, mais bien sûr cet imbécile l'avait mal pris et il s'était retrouvé avec un couteau planté juste à côté de sa joue. Fichu cantinier. Et susceptible, avec ça.

C'était la deuxième chose qui l'horripilait chez Sanji, ses fringues en général. Ce type avait la plus impressionnante collection de vêtements classieux et d'accessoires en tous genres qu'il avait jamais vue pour un mec. A se demander où il se trouvait tout l'argent pour se payer ces trucs qui n'étaient quand même pas donnés. Et la moitié au moins était dans les tons blancs et/ou roses. Écoeurant.

Sanji prenait un temps fou à se pomponner le matin parce qu'il voulait soit-disant impressionner les filles du navire. Et il se parfumait. Beaucoup, très souvent, abondamment. L'air de la pièce où ils couchaient était infect. Déjà que Zoro ne supportait pas l'eau de toilette légère à la mandarine qu'utilisait Nami, le parfum que semblait affectionner Sanji était pire que tout. Lourd, persistant, il lui fallait toujours se racler la peau à l'eau et au savon dur après l'amour ou alors l'odeur fleurie restait sur lui pour toute la journée et lui donnait mal à la tête. Fichu dandy avec ses fichues manières.

Car il fallait le dire, Sanji était un esthète. Il aimait ce qui était beau et adorait s'en parer (sur lui ou à son bras). Femmes, vêtements, bijoux quelquefois... Depuis le début de leur liaison, il insistait pour que Zoro l'accompagne dans une boutique distinguée pour « refaire sa garde-robe et lui donner une allure plus civilisée ». Le bretteur refusait systématiquement, bien sûr. Il aimait bien son apparence comme ça, merci. Qu'aurait-il fait de ces chemises à dentelles, de ces pantalons à la coupe certes sexy mais peu pratiques pour l'entraînement, de ces mouchoirs et ces chaussures brillantes ? Il était parfait dans son vieux tricot blanc un peu troué, son pantalon noir délavé et ses bottes de marin. Son haramaki lui tenait le ventre au chaud en toutes circonstances, il n'allait pas s'en défaire aussi facilement ! Quant à son bandana, c'était quasiment sa marque de fabrique avec sa ceinture. Alors qu'il aille se faire voir, le Sanji, avec son relookage à la noix. Zoro Roronoa ne s'habillait pas dans un magasin de luxe et s'en portait très bien.

Il disait ça, mais vu l'état dans lequel se trouvaient ses vêtements à l'heure actuelle, il fallait peut-être qu'il envisage de faire des emplettes. A condition qu'il arrive à remonter dans le Merry, bien entendu. Ou alors avec un peu de chance, le flot ininterrompu de l'océan le mènerait sur une île proche ou quelque chose du genre. Il avait toujours eu de la chance.

- Zoro ? s'exclama une voix incrédule en haut du Merry. C'est toi ? Mais... qu'est-ce qui t'es arrivé ?

Le jeune homme fit un maigre sourire à Chopper, mais pas trop. Il avait déjà du mal à garder assez de forces pour flotter convenablement devant le bateau.

- Ah, c'était le tour de garde de Sanji.

Le regard de pitié un peu effrayé que lui lança le renne était prévisible. Chopper lança une échelle de corde et se mit en devoir de descendre chercher sa carcasse avant que les vagues ne l'entraînent trop loin.

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- Six côtes cassées, une épaule déboîtée, la jambe droite dans un drôle d'angle, la mâchoire salement atteinte et des bleus et des bosses à rendre jaloux un dromadaire. Et tu arrivais quand même à nager un peu. T'es vraiment pas humain, Zoro !

Pipo secoua la tête d'un air ahuri. Il n'y avait que des membres de leur équipage pour subir d'aussi importants dommages sur le corps et rester en vie. S'il se souvenait bien, il avait lui-même eu le crâne en miettes à un moment...

- N'empêche, il y est pas allé de main-morte le Sanji !

- Et comment ! s'écria à son tour Nami. S'il ne lui avait pas déjà réglé son compte, c'est moi qui lui aurait explosé sa tête à ce bougre de débile déserteur ! Ça se taille pendant des mois et ça revient comme ça, comme une fleur !

Elle se tourna vers son compagnon incriminé et le fusilla du regard. Zoro se contenta d'émettre un sourire crispé alors que Chopper lui remettait les os en place. L'épaule déboîtée fut rétablie avec un bruit sec.

- Prends un ticket, si tu veux m'en foutre une toi aussi.

- Quoi ?

- Si je n'étais pas tombé à la mer, Sanji aurait continué à me dessouder les os.

- Et il aurait eu raison !

D'un mouvement superbe, la navigatrice tourna les talons et sortit en faisant claquer la porte de la cabine. Tous sauf Zoro et Robin sursautèrent.

- Elle est salement remontée, fit Pipo.

- Ça lui passera. Elle était surtout inquiète pour Zoro et Sanji aussi.

Pipo regarda Robin avec une pointe d'admiration dans les yeux.

- Tu peux voir ça, toi ?

Elle hocha la tête en souriant, ses cheveux noirs dodelinant au gré de ses mouvements.

- Elle ne l'a pas tapé, non ? fit-elle en indiquant Zoro.

- Il est à moitié mort.

- Il en a vu d'autres.

- C'est vrai.

Et il partit d'un rire moqueur. Zoro n'eut même pas le coeur de lui grogner dessus. Chopper était en train de lui bander le torse. Il remarqua alors l'ombre agitée qui se penchait vers lui.

- Alors, c'était bien ? lui demanda Luffy, tout heureux de retrouver son second.

Le bretteur renifla.

- Pourri. Je me suis dépêché de rentrer. La bouffe était infecte.

- Ah. Sanji cuisine comme personne !

Zoro n'allait pas le contredire.

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- Cette espèce de fichu sabreur de mes deux ! Pas même fichu de me donner une explication valable ! Et les lettres, c'est pour les chiens peut-être ?

Sanji déversa sa bile sur les pauvres légumes qu'il devait découper pour le repas de midi. Les patates avaient été réduites en confettis, quant aux autres végétaux, il n'y avait qu'à tremper les bouts microscopiques dans de l'eau bouillante pour faire une soupe convenable...

- Et bien sûr, ce queutard dégénéré ne pense qu'à baiser une fois rentré ! Je t'en foutrais, des scènes d'amour larmoyantes, moi !

La table de travail se fendit brusquement en deux dans un bruit infernal. Sanji avait trop appuyé sans prévenir sa force. Il contempla un instant le bois cassé et constata que cela le rendait encore plus furieux...

- Sanji ? C'était quoi ce bruit ?

Nami se tenait sur le seuil, l'air confuse. Ses cheveux roux, qu'elle peignait soigneusement chaque matin au lever du lit, luisaient doucement au soleil. Elle ne portait qu'un haut rose usé et une mini-jupe en jean qui avait connu de meilleurs jours, mais Sanji ne l'avait jamais vue aussi belle qu'à l'instant. Elle lui fit un sourire qui sonnait aussi faux qu'un son de cloche rouillée et entra.

- Nami chérie, que me vaut cette délicieuse visite ? Tu as faim, peut-être ? Le déjeuner sera bientôt servi.

Elle lorgna le désastre dans la cuisine mais ne dit rien. Sanji essaya de dissimuler son trouble à travers un immense sourire qui lui dévorait presque le visage.

- Zoro est en train de se faire recoller par notre médoc, murmura-t-elle.

Le regard de Sanji se fit plus dur.

- Ah oui ? aboya le cuistot avec brusquerie. Grand bien lui fasse.

- Il paraît qu'il faut que je prenne un ticket pour le passer à tabac.

- Sers-toi.

La jeune fille passa sa main dans ses cheveux blonds et l'embrassa à pleine bouche. Sanji pouvait sentir une odeur de menthe poivrée sur ses lèvres moites. Il s'aperçut qu'il avait oublié de laver les légumes avant de les couper. Il faudrait aussi qu'il s'occupe au plus vite du dessert s'il voulait que la tarte aux figues soit prête à temps. La main de Nami se fit plus aventureuse et plongea dans son pantalon.

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- Alors ? Tu n'as rien à dire ?

- Non.

- Allez, quoi, Zoro !

- Non.

Pipo en pestait de frustration. Deux heures qu'il cuisinait le bretteur et il n'avait pas dit un mot sur sa mystérieuse disparition.

- Dis-nous au moins où tu es allé !

- Non.

- S'il s'est vraiment fait chier, ça ne m'intéresse pas, intervint Luffy en bâillant.

- Comment tu peux dire ça, Luffy ! Ton second nous quitte pour on ne sait où ni pourquoi, et ça ne te fait rien qu'il revienne sans rien nous dire de ce qui s'est passé ?

- Bah. Il est de retour, c'est ce qui compte. On peut continuer le voyage avec un équipage au complet !

Et il leva les bras en signe de joie, son chapeau de paille tressaillant à chaque « hourra » qu'il poussait avec enthousiasme. Chopper le suivit peu de temps après.

- Des fois je me demande si tu n'es pas trop insouciant...

Pipo vit Robin rire doucement en contemplant ses deux autres camarades. Oh, et puis à quoi bon... le jeune homme au long nez se joignit à ses amis pour fêter à leur façon leur changement d'effectif.

Zoro tâta un peu ses bandages pour voir si tout allait bien. Il fut assez content du résultat. Un peu de sommeil et de nourriture, et il serait vite sur pieds. Mais avant cela, il avait une affaire à régler. Cet imbécile de cuistot avait beau être quelquefois aussi pincé qu'une bonne femme dans son comportement, il n'en avait pas moins raison dans cette affaire (ou du moins il n'avait pas complètement tort). Il fallait qu'il lui parle, et vite. Après tout ça faisait bien deux mois qu'il rêvait de retrouver son hamac et les bras de ce type...

Le visage grave de Sanji apparut à la porte alors qu'il était sur le point de la franchir. Le blond lui fit signe de le suivre à l'extérieur. Zoro sentit dans son dos les regards curieux de ses camarades.

- Ne dis rien, tu vas me sortir un truc du genre « J'ai quelque chose à te dire... », non ? plaisanta Zoro que la grimace de dégoût de Sanji avait rendu un peu nerveux.

- En effet, répliqua le cuisinier. A partir de cette seconde, toi et moi, c'est fini. J'ai décidé de me mettre avec Nami.

A suivre dans le prochain thème...

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Ce retournement de situation a dû en surprendre plus d'un. C'est normal, j'ai été la première à me poser des questions. Ce chapitre ne suit pas du tout le plan que j'avais prévu. C'était prévisible. C'est le genre de choses qui m'arrive à chaque fois,et à chaque fois je me fais avoir.

Mais pas de soucis, je vois déjà comment va se dérouler la suite.

Merci d'avoir suivi et à la prochaine !