Titre : Rien qu'un baiser, chapitre 10
Auteur/Artiste : Mokoshna
Couple : ZoroXSanji
Fandom : One Piece
Rating : M
Thème : 10. #10
Disclaimer : One Piece appartient à Eiichiro Oda. Je ne fais que reprendre ses personnages pour leur faire faire n'importe quoi.
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Chapitre 10 : #10
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Layla entendit le couple en train de commencer à copuler joyeusement au milieu des cadavres, les mains plaquées sur les yeux de Ken. Elle ne pouvait rien voir mais elle avait habitué ses sens au moindre changement de pression dans l'atmosphère ; sa peau était comme des senseurs délicats qui détectait les moindres mouvements autour d'elle et les retranscrivait avec une exactitude digne des radars les plus performants. De plus, cette odeur musquée qui flottait dans l'air ne trompait pas. Ken ou même Oeil-de-Bois étaient incapables de la sentir, mais la jeune femme était plus proche de l'animal que ses deux compagnons, alors elle savait...
Ken la pressait de le laisser voir à nouveau, mais elle hésita, et pour cause... Lorsque Zoro enfonça sa main jusqu'au coude dans le pantalon de Sanji et que celui-ci poussa un cri digne d'une fille de joie en plein travail, elle fit une grimace et se tourna vers Oeil-de-Bois.
— Ce n'est pas un spectacle pour un enfant.
— Non, non, fit Oeil-de-Bois en observant les ébats des deux pirates d'un air intéressé. Vraiment pas.
— De plus, nous devrions partir avant que Tortuga ou n'importe qui d'autre revienne.
— Oui, on devrait.
Oeil-de-Bois caressa sa courte barbe grise, un sourire salace sur les lèvres. Il semblait grandement apprécier le spectacle. Sanji se mit à dévorer le cou de Zoro et Layla se dit qu'il fallait en finir... ou trouver une chambre à ces deux-là, loin de tout cadavre (et de Ken).
— Layla, qu'est-ce qui se passe ? demanda d'ailleurs l'intéressé.
Seigneur... Elle tourna Ken de l'autre côté et le poussa loin des deux hommes.
— Rien, mon chéri. On va aller chercher la sortie pendant que messieurs Zoro et Leon King... bavardent.
— C'est pas son vrai nom, Leon King, c'est Sanji ! Et puis comment ils font pour se comprendre ? J'entends que des gémissements !
— Ce sont des pirates, intervint un Oeil-de-Bois hilare qui les suivait en boitillant, ils ont un code secret !
— C'est vrai ?
Ken parut y réfléchir.
— Vous croyez qu'ils m'apprendront ? fit-il, le visage plein d'espoir.
Layla prit une mine horrifiée.
— Sûrement pas !
Oeil-de-Bois riait à gorge déployée. Ken le regarda sans comprendre. Il y avait tellement de choses qu'il ignorait de la vie du fait de sa mise à l'écart ! Maintenant que Layla et lui étaient délivrés de Tortuga, ils pouvaient aller où ils voulaient. Comme il ne savait pas lui-même où cet endroit se trouvait, suivre Zoro et Sanji n'était pas une si mauvaise idée. Il se demanda s'il voudraient bien de Layla et de lui comme équipage. Les pirates marchaient en équipages, n'est-ce pas ? Il en avait vu quelquefois venir au palais, et Layla lui avait raconté ce qu'elle avait vécu à l'extérieur. L'Enfant-Chance d'un équipage de bons pirates. Oui, il aimait vraiment ce titre. Zoro et Sanji ne pouvaient pas former un équipage à eux deux, ils accepteraient sans doute d'en commencer un à présent qu'ils étaient cinq ?
— J'ai envie de devenir pirate, dit-il à Layla. Ça a l'air passionnant et... j'en ai vraiment envie.
La jeune femme s'arrêta net.
— Pourquoi ? Tu n'es pas bien avec moi ?
Ken serra les poings.
— Bien sûr que oui ! Mais je veux faire quelque chose de ma vie, pas seulement rester sur une île à prier pour qu'on ne vienne pas nous enlever à nouveau. Je veux être fort. Je veux pouvoir te protéger si jamais on nous attaque encore !
Il avait crié cette dernière phrase, et les yeux d'Oeil-de-Bois s'emburent d'émotion.
Voilà un brave garçon, se dit-il, une graine de pirate, qui sait ? Un petit gars qui veut protéger sa mère, ça donne souvent un homme comme il faut. Finalement, c'était pas un plan si pourri que de se faire capturer par Tortuga. Avec les deux autres zouaves, je peux même composer une épopée.
— Bien dit ! s'écria-t-il à voix haute, surprenant Layla et Ken. Vouloir être pirate, c'est le premier pas pour le devenir !
— Oeil-de-Bois, ne l'encouragez pas !
— Allons, ma petite, ce n'est pas en l'éloignant du reste monde que vous arriverez à en faire un homme. Une mère doit quelquefois laisser son oisillon sauter du nid pour qu'il puisse grandir comme il faut.
La jeune femme soupira.
— Je sais, mais...
— Je ne veux pas te faire de peine, maman, fit la voix chevrotante de Ken.
Layla se mit à trembler. Ken ne l'avait plus appelée « maman » depuis si longtemps ! Elle eut du mal à se contrôler pour éviter de pleurer. Les larmes d'une Méduse étaient acides et pouvaient sans problème dissoudre l'épais bout de tissu qu'elle avait plaqué sur ses yeux et cela aurait pu être dangereux pour son entourage, même si elle faisait attention et gardait ses paupières fermées en permanence. On n'était jamais à l'abri d'une mauvaise surprise.
Oeil-de-Bois s'approcha d'elle et lui mit une main compatissante sur l'épaule.
— Allons, c'est pas si grave. Je suis sûr que le gamin sera un pirate on ne peut plus convenable.
— Et s'il lui arrivait du mal ? chuchota Layla. Et s'il était blessé, ou pire ?
— Qu'est-ce que tu veux qu'il lui arrive, c'est un Enfant-Chance !
— La chance ne préserve pas toujours du mal ou de la cruauté.
— Pas plus que l'amour, ma chère, j'en ai bien peur.
Elle secoua la tête.
— Je sais, mais...
Ken lui prit la main, doucement, avec une pointe d'hésitation qui trahissait son trouble.
— Je t'ai fait de la peine, maman ?
Elle ne dit rien pendant une minute. Ken se sentait sur le point de pleurer. Il venait à peine de retrouver sa mère, il fallait qu'il gâche tout avec son égoïsme ! Il serra la main qu'il avait agrippée, avec vigueur et repentir. Il s'était pourtant juré de tout faire pour que Layla soit heureuse ! Sa mère de coeur, la femme qui s'était toujours occupée de lui et qui lui avait donné tout son amour sans compter. Elle avait même accepté de rester la prisonnière de Tortuga alors qu'elle avait la force de s'enfuir seule. Ce jour-là, le jour où les hommes de Tortuga étaient venus sur leur île et les avaient capturés sans douceur, Layla avait été blessée en le protégeant tandis que lui était resté indemne. Il voulait devenir fort, pour elle, pour que plus personne ne lève la main sur elle, jamais. Mais si cela lui faisait de la peine, si elle ne voulait pas... Ken s'aperçut qu'il s'était mis à pleurer. Non ! Ce n'était pas comme ça qu'il allait devenir fort !
Une main douce lui caressa la joue, doucement. Ken leva les yeux. Layla avait un sourire si heureux et si fier ! Il sécha ses larmes et se mit à rire, l'esprit en paix.
Le rire des Enfants-Chance porte bonheur. Le rire de Ken résonna dans les couloirs et alla se mêler aux râles de plaisir de Zoro et Sanji, les transformant en quelque chose d'indéfinissable, de quasi-sacré.
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Les deux hommes ne rejoignirent leurs nouveaux amis que bien longtemps après. Ils se rendirent brusquement compte qu'ils étaient seuls au milieu des restes de leurs adversaires, allongés l'un sur l'autre, nus et satisfaits. Sanji grogna.
— Et merde, on a perdu les autres.
Zoro se mit à pouffer sans raison et cela dura, dura... Sanji lui lança un regard irrité.
— Qu'est-ce qu'il y a de drôle, tête d'algue ?
Son compagnon le vit se rhabiller avec un éclair de désir dans les yeux, une once d'invitation dans la manière éhontée dont il montrait son corps... Sanji se détourna vivement en s'apercevant qu'il dévorait Zoro des yeux.
— Ils ont dû s'éloigner en nous voyant faire, fit simplement le bretteur.
— C'est pas prudent, avec Tortuga qui traîne encore...
— Il ne reviendra pas, je pense.
— Parce que tu penses, maintenant ?
Zoro se leva d'un coup en pestant.
— La ferme, belle gueule !
— Humph.
Ils décidèrent néanmoins d'un commun accord de ne pas recommencer à se disputer avant d'avoir retrouvé leurs compagnons. Zoro en particulier ne se sentait pas en état, pas après l'heure exquise qu'il venait de passer. Il aurait bien aimé en profiter un peu plus, de préférence dans un lit douillet avec des draps frais (quoique, après leur passage, ils ne le seraient plus tellement...) mais la situation ne le permettait pas vraiment. Il ne leur restait plus qu'à repartir au plus vite. Il se jura néanmoins de rattraper le temps perdu dès qu'ils en auraient l'occasion. Le plus pressé était de partir loin de l'influence de Tortuga, mais rien ne les empêchait de se prendre une chambre au prochain motel qu'il trouveraient sur la route... Il était même prêt à aller dans ces hôtels mièvres pour les amoureux que Sanji semblait affectionner, le genre avec une façade en rose et des chambres à thèmes. Un truc pour couple hétéro romantique, quoi.
Remettre leurs vêtements éparpillés leur prit plus longtemps que prévu. Dans leur hâte lubrique, ils les avaient jetés au petit bonheur la chance, et les chercher dans le désordre ambiant n'était pas chose facile... Sanji eut la mauvaise surprise de voir que son caleçon avait atterri dans une flaque de sang et de tripes, le souillant au-delà de tout secours.
— T'as qu'à faire comme moi et t'en passer, fit la voix railleuse de Zoro alors qu'il tenait le morceau de tissu ensanglanté du bout des doigts.
— Je ne suis pas un sauvage, moi !
— Pfuu... Tu crois que c'est mieux, d'avoir sur ses burnes un tas de viande ?
Sanji arqua un long sourcil fin, un sourire goguenard sur les lèvres.
— Si je me souviens bien, tu avais l'air de l'apprécier, ma « viande sur mes burnes ». Avec les cris que tu poussais...
— Ta gueule ! s'écria un Zoro écarlate. J'étais en manque, tout comme toi !
Sanji lui fit un sourire en coin.
— Obsédé.
— C'est toi qui dit ça ?
Le bretteur n'avait pas fini de rougir. Sanji s'en étonna ; depuis quand ce rustre avait-il le moindre filet de pudeur en lui ? Zoro était comme une escalope épaisse et grasse, rude tout en étant goûteuse à condition d'aimer la viande... Pas un plat de femme, ça non. On la prenait en entier, peut-être assaisonnée d'une sauce quelconque pour faire passer, mais si on n'avait pas les tripes qu'il fallait (et autre chose) elle était difficile à avaler, trop revêche, résistante même... Il fallait quelquefois du temps pour se faire au goût et pour l'attendrir assez, on pouvait au besoin la laisser mijoter mais pas trop longtemps sinon la viande se dégonflait et n'était plus bonne à rien... Non, il fallait un certain doigté, une expérience acquise avec douleur et patience, pour que le morceau se laisse chauffer comme il se doit, et on pouvait alors oser toutes sortes de méthodes de cuisson : fricassée, grillée avec passion, bouillie avec le liquide nécessaire, fourrée et rôtie, tout ce qu'un fin cordon-bleu comme Sanji avait l'audace d'essayer...
— À quoi tu penses, cuistot de mes deux ? fit Zoro en remarquant l'expression idiote qui se peignait sur les traits de Sanji.
Le cuisinier ricana.
— À un bon steack cuit à point.
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Ils retrouvèrent les trois autres à la sortie du palais, sans rencontrer la moindre trace de résistance en chemin. C'était comme si Tortuga et toute sa clique s'était volatilisée en quelques instants. Sanji remarqua que le soleil était en train de se lever. Cette escapade leur avait donc prise toute la nuit ? Il vit un petit garçon qu'il ne reconnaissait pas se jeter sur Zoro d'un air ravi, et celui-ci eut fort à faire pour ne pas tomber avec lui dans les bras... Sanji les regarda faire un instant, un sourcil arqué en signe d'incompréhension.
— Depuis quand tu t'attaques aux gamins, tafiole de sabreur ?
— N'importe quoi, se récria Zoro. C'est Ken Tortuga... enfin, plus maintenant.
Il décrocha Ken de son cou et le reposa au sol alors que Layla et Oeil-de-Bois se dirigeaient vers eux, l'air serein.
— Ah, Layla, vous allez bien ? susurra Sanji d'un air idiot avec des coeurs dans les yeux. Si vous saviez comme j'étais inquiet ! Je vous ai cherchée partout !
Zoro soupira. Ce sacré séducteur ne changerait jamais. Mais bon, cela faisait partie de son caractère, il n'y avait pas à s'en faire, n'est-ce pas ? Après tout, ils étaient ensemble, non ? Même si cela l'agaçait à chaque fois de le voir jouer le play-boy impénitent, ça ne lui aurait rien apporté de se plaindre et de piquer une crise de jalousie. Même si ça ne l'empêchait pas de dire ce qu'il pensait.
— Pauvre type, siffla-t-il en prenant soin de se faire entendre par le cuisinier.
Touché. Sanji se tourna vers lui avec un regard meurtrier.
— Tu as quelque chose à dire, tête d'algue ?
— Elles sont nulles, tes méthodes de drague. Comme si elle allait croire un mot de ce que tu dis après ce qu'elle a vu !
— La ferme ! Rustre sans manière ! On ne dit pas ces choses-là devant une femme et un enfant !
— Parce que ça t'a empêché de sauter sur l'autre gamin pour le baiser comme une bête, peut-être ? intervint en riant Oeil-de-Bois.
Sanji se mit à grogner.
— Vous, je ne vous ai pas demandé votre avis !
— Hein, ils se sont échangés des bisous ? demanda innocemment Ken. C'est ça, leur code secret ?
Oeil-de-Bois éclata d'un rire gras tandis que Sanji, humilié, devenait d'un beau rouge écrevisse. Layla leva un poing excédé en direction des hommes.
— Je vous prierais de surveiller votre langage devant Ken, fit-elle.
Zoro observait la scène d'un air mécontent. En particulier, la réaction de Sanji ne lui disait rien de bon... Avait-il donc honte de leur liaison ? C'était pourtant évident qu'ils étaient ensemble, alors pourquoi ce diable de cuistot persistait-il à faire comme s'ils n'étaient que des amants de passage ? Il se planta droit devant le cuisinier et le prit brusquement dans ses bras, plantant un baiser brutal sur ses lèvres avant que celui-ci s'en rende compte. Tout comme au moment où ils avaient rencontré Layla pour la première fois. Il tourna son sourire triomphal vers la jeune femme pendant que Sanji s'ingéniait à l'assommer à coups de pieds.
Layla soupira.
Pour l'esprit d'équipe, on repassera...
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Les choses se tassèrent d'elles-mêmes une fois qu'ils se mirent au courant de leurs buts respectifs. Ken et Layla racontèrent leur histoire sur le chemin, Zoro et Sanji une partie de la leur (Ken fut d'ailleurs attristé de savoir que ses nouveaux amis avaient déjà un équipage mais Zoro lui promit de parler d'eux à Luffy. Connaissant le capitaine, leur venue dans le groupe ne devait pas poser de problème). Tortuga ne donnait toujours pas de nouvelles, mais mieux valait ne pas trop traîner sur l'île. Layla négocia l'achat d'un petit navire au port et acheta les vivres nécessaires pour un long voyage avec l'argent qu'elle avait dérobé dans les coffres du palais (elle avait réussi à avoir accès à une partie de sa fortune en fouillant un peu partout). Elle en profita pour refaire la garde-robe des membres du groupe, Sanji en particulier qui avait eu les siens malmenés par son combat avec les soldats et plus tard, l'autre sorte de combat qu'il avait eu avec Zoro... La jeune femme veilla à prendre un navire avec au moins deux cabines séparées. Pas question que Ken assiste à une scène de ce genre au cas où il se réveillerait le soir pour boire de l'eau.
Ils appareillèrent sur « La Belle des Océans », une petite caravelle sans prétention, deux heures à peine après leur arrivée au port. La partie Sud de l'île de la Tortue était beaucoup plus calme que la partie Nord ; ici, pas de pirates ivres qui volaient à travers les fenêtres, pas de catin qui vous accostait à chaque coin de rue ou de détrousseur qui vous cognait tous les trois pas. Une petite ville touristique tout ce qu'il y avait de plus banale.
— C'est vraiment calme, fit Sanji en voyant les hommes que Layla avait engagés pour compléter l'équipage, charger celui-ci avec leurs affaires. Qu'est-ce qui se passera si Ken s'en va ? Tortuga avait apporté la paix avec son aide, non ?
Layla secoua la tête.
— Ils se débrouilleront bien. Tortuga n'est pas si stupide et les hommes du coin sont capables de se défendre, quoi qu'ils en disent. Je ne m'inquiète pas.
— Pourquoi vous avoir gardés, alors ?
— Ken est un Enfant-Chance. Il lui a permis par sa seule présence beaucoup de dons qui n'auraient pas été possibles sans. C'est la chance de Ken qui a préservé l'île du dernier ouragan et qui a permis à Tortuga d'obtenir une aide de la Marine, malgré le fait qu'il soit un ancien pirate.
— La Marine ? cria le cuisinier.
— Oui, ils ont une caserne ici.
— Et c'est maintenant que vous le dites ?
Layla se mit à rire.
— Ne vous inquiétez pas, ils ne nous feront rien. Ce sont surtout des renégats soudoyés par Tortuga. Ils s'en fichent si la partie Nord est infestée de pirates sanguinaires, tant qu'ils payent leur droit d'asile à Tortuga.
— Bizarre, dit Sanji. Avec une telle influence sur l'île, on pourrait penser que Tortuga lancerait tout le monde à nos trousses...
Layla fit un sourire étrange qui lui donna des frissons.
— Seulement s'il est en état de le faire, dit-elle avec un rire cruel.
— Comment ça ?
— Le temps qu'ils trouvent sa statue, nous serons loin.
Sanji fit nettement un pas pour s'éloigner d'elle. Elle ne s'en offusqua pas.
— Quand est-ce que vous avez eu le temps...
— Quand vous étiez avec Zoro à refaire connaissance. J'ai demandé à Oeil-de-Bois de garder Ken pendant que j'allais chercher l'argent de Tortuga et... Eh bien, disons que Tortuga n'est jamais loin de son trésor. L'imbécile voulait m'empêcher de mettre la main dessus, il avait oublié que je n'étais plus sous son emprise !
Sanji jeta un regard en direction des autres membres du groupe. Sur le pont du navire, Ken posait des questions enthousiastes à Zoro sur ses sabres et Oeil-de-Bois somnolait dans un hamac au milieu des marins qui s'affairaient.
— Ken est au courant ?
— Dieu me préserve de lui dire un jour à quel point sa mère peut être le monstre que décrivent les livres ! fit-elle d'un ton amer. Mais il fallait que je le fasse. Il ne nous aurait pas laissés partir aussi facilement, et je ne pouvais pas lui pardonner, pas après ce qu'il nous avait fait, à Ken et à moi...
Et elle serrait les poings, se mordait les lèvres... Sanji soupira.
— Je serais mal placé pour vous faire la morale, dit-il simplement. Je suis loin d'être un enfant de choeur moi-même. Et puis les filles-mères m'ont toujours fait craquer.
Layla tourna vers lui un visage reconnaissant. Du navire, Ken leur cria qu'ils étaient prêts à partir. Le regard de Zoro croisa le sien à ce moment, et Sanji comprit un petit peu les motivations de Layla.
— Il faudra bien qu'un jour tu me parles, tête d'algue, murmura-t-il à lui-même.
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— Dix, fit la voix rocailleuse d'Oeil-de-Bois alors que Sanji passait près de son hamac.
— Hein ?
Zoro dormait dans un autre coin du navire et Layla s'étaient retirée dans une cabine pour donner ses leçons quotidiennes à Ken. L'équipage engagé connaissait son travail et le faisait bien. Il ne restait à Sanji qu'à attendre l'heure des repas pour faire la cuisine. Il passait le temps en observant l'océan sur le pont, le mouvement des vagues et celui des nuages.
Oeil-de-Bois ouvrit ses yeux, y compris celui où se trouvait son orbite vide. Layla lui avait racheté un oeil artificiel, en verre cette fois pour lui faire moins de mal, mais on continuait à l'appeler de son ancien nom au lieu d'Oeil-de-Verre, qui était plus exact. Les vieilles habitudes avaient du mal à mourir.
— C'était le nom de l'autre gamin à l'époque, continua le vieux poète. Moi, j'étais que Trois, autant dire de la sous-clique pour lui. Et encore, je remplaçais quelqu'un et j'ai pas eu le temps de faire grand-chose. Le bruit courait qu'il n'était que Dix parce qu'il ne voulait pas être As ou même Valet.
— Qu'est-ce que tu racontes, vieux roublard ?
Après plusieurs jours de voyage, ils avaient abandonné toute réserve pour se tutoyer. Ce n'était pas plus mal. La traversée risquait de durer un certain temps, selon Oeil-de-Bois, ce n'était donc pas la peine de faire tant de façons, même si Sanji s'obstinait à traiter Layla avec la plus grande déférence.
— Je vous ai observés, le sabreur et toi, dit Oeil-de-Bois. J'ai l'impression que tu sais pas avec qui tu vogues.
— Tu parles de Zoro ?
— Lui-même. Même si je ne l'ai pas connu sous ce nom avant de voir son avis de recherche placardé un peu partout.
Sanji garda le silence. C'était nouveau, ça. Il fallait vraiment qu'il ait une discussion sérieuse avec Zoro (et si possible sans que cela finisse en corps à corps au bout de deux minutes).
— Dix, tu dis ?
— Ouais. Dix de Pique, pour être exact.
— Tu connais un certain Regal ?
Oail-de-Bois arqua un sourcil impressionné.
— Où t'as entendu ce nom ?
— Zoro s'en est servi pour te chercher.
Le poète regarda à droite et à gauche pour voir si personne ne les espionnait. Satisfait, il se tourna vers Sanji avec un air grave des plus inquiétants.
— Et comment, que je le connais, souffla-t-il avec respect. C'était le Roi de Pique.
A suivre dans le prochain thème...
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Chapitre 10 fini, plus que 20 ! J'avance, j'avance... Même si je suis loin du bout...
Merci pour vos encouragements et votre patience ; 30 chapitres, c'est pas rien, il faut les écrire (et les lire)... Tout commentaire, positif ou négatif, toute recommandation seront bien sûr les bienvenus.
