La douleur. C'est tout ce qu'il est capable de ressentir en ce moment. La douleur qui lui brule le corps, comme si chacun de ses organes avait explosé. Ce qui est probablement le cas.

Dolohov est le grand spécialiste de la torture. Beaucoup plus rafiné que Bellatrix. Et contrairement aux Cruciatus, ses sorts ne permettent pas à sa victime de se réfugier dans la folie. Seulement dans la mort. Et il sait qu'il va mourir.

Seul. Etendu sur le sol froid de sa cellule, chacun de ses os brisés en mille éclats.

Et pourtant, au milieu de la douleur, il y a un éclat d'espoir. Entre l'échos de ses propres hurlements, il peut entendre clairement les paroles de Dolohov et des autres, leurs questions.

Où sont Draco et Narcissa ? Où sont ces chiens, ces traitres ? Où se cachent-ils ? Où ?

Et ces mots, ces mots sensés le blesser, lui donnent le courage de tenir. Ils sont en vie. Ils sont en vie. C'est la seule chose qui compte. La seule. Et malgré la douleur, il ne déserre pas les dents, refusant jusqu'au bout de leur donner ne serait-ce qu'un indice qui pourrait les rapprocher de sa famille.

Ils sont en vie. En vie. Ils vont bien.

Les Mangemorts sont partit maintenant. Une partie de leur mission au moins a été remplie : Dolohov et Mulciber sont libres, Voldemort a retrouvé ses plus anciens Mangemorts.

D'autres ont été libérés au passage. Et sa mort à lui ne tardera pas.

Etendu dans son sang, Lucius Malfoy fixe le plafond qu'il ne voit pas. Dans le délire qui brule ses veines, il n'a plus conscience de la douleur qui lui vrille le corps, il ne sent plus la mort qui s'approche doucement pour un dernier voyage.

Il est loin de cette cellule, glauque et glacée, loin de cet enfer. Il est chez lui, de retour à Malfoy Manor. Il est avec sa famille. Devant lui, Draco rit aux éclats fier comme un paon sur son premier balais. Il a 6 ans de nouveau, c'est un petit garçon plein de vie et à l'avenir resplendissant.

Assise à ses côtés, Narcissa sourit. Elle est si belle dans sa robe blanche, ses longs cheveux défaits coulant sur ses épaules comme une rivière d'or. Ses yeux brillent d'amour et de bonheur. Les années de malheur ont disparu depuis longtemps et ce bonheur semble ne jamais devoir avoir de fin. Et cette fois il n'en aura pas ... Il n'aura jamais plus à enfiler son masque blanc de Mangemort et à semer la mort et le malheur. Jamais plus il ne verra l'inquiétude dans les yeux de sa femme. Jamais plus il n'aura à craindre pour l'avenir de son fils.

Il sourit lorsque l'ombre d'un baiser effleure ses lèvres et le dernier souffle de vie quitte son corps. La dernière étincelle s'éteint au fond de ses yeux, laissant place à la nuit et à l'obscurité de la mort. Sans un bruit, sans un cri, il se laisse glisser dans l'oublis.