Trois jours plus tard, un hibou, blanc comme la neige qui recouvre Londres, vient frapper trois petits coup à la vitre de la chambre de Tonks. Celle-ci s'empresse de lui ouvrir et lui donne un morceau de toast, avant d'ouvrir le paquet qu'il apporte. Un lourd médaillon en tombe, semblant rayonner son aura maléfique tout autour de lui. La jeune femme le regarde un instant comme fascinée avant de le faire glisser dans une petite bourse qu'elle lance dans la cheminée. Une connexion permanente avec la chambre de Luna y est ouverte, pour parer à ce genre d'éventualité.
Alors qu'elle se retourne vers la poubelle pour y jeter l'emballage, Tonks y sent une épaisseur suplémentaire. Elle en retire un deuxième paquet, plus petit, glissé dans le premier. Il s'agit en fait plus d'une enveloppe que d'un paquet. Surprise, elle l'ouvre et y découvre trois photographies magiques qui lui sourient. Ses jambes cèdent brusquement sous elle et elle s'effondre sur la chaise de la cuisine. Elle n'a d'yeux que pour les trois photos, étallées sur la table.
Sur la première, sa mère, très jeune encore, à peine sortie de l'adolescence … Elle carresse tendrement son petit ventre rond en souriant. Elle a l'air tellement paisible … avec cette lueur au fond des yeux, cette impertinence cachée qu'elle possédait encore 20 ans plus tard, avant que la maladie ne l'emporte.
La deuxième, une photo de Sirius, lui arrache un sanglot : il semble si jeune. Et s'il n'a pas encore dans les yeux les ombres de 14 ans passés à Azkaban, il y a pourtant quelque chose en lui qui sera éternellement Sirius et qu'aucune épreuve n'a pu lui enlevé : un soupson d'effronterie dans le sourire, une mèche rebelle, la fierté innée de ceux qui se savent de sang pur, ...
Mais lorsque son regard glisse vers la troisième photo, elle ne peut cette fois retenir ses larmes.
Deux visages lui font face, souriants et lui faisant des grimaces. A travers ses larmes, elle ne distingue que des silouhettes floues mais elle n'a pas besoin de les voir pour s'en souvenir. Elle connais cette photo par coeur : elle a été prise il y a 19 ans, dans le jardin de ses parents. On y voit une fillette de 5 ans, les cheveux à mi chemin entre le brun et le rose, riant aux éclats.
Les larmes roulent sur le visage de Tonks alors qu'elle regarde cette photo d'elle, enfant, le jour de sa première transformation. Mais ce n'est pas la fillette qu'elle regarde, c'est le beau jeune homme à ses côtés qui rit avec elle.
Il a de long cheveux noirs, des dents blanches dans un sourire de loup, de grands yeux à la limite du bleu et du noir, chargés de malice et de tendresse lorsqu'il les pose sur le petit être à ses côtés.
Regulus.
La douleur de son abscence est un instant insoutenable. Mais la joie de le revoir, au temps béni où ils étaient encore heureux, l'atténue doucement.
Elle n'avait plus aucune photo de lui. Après sa mort, sa mère les avait toutes retirées des cadres, le temps du deuil, et ne les y avait jamais remises ... Il avait pendant longtemps été le seul membre de sa famille maternelle qu'elle eut connu, ses tantes et ses grands parents ne voulant rien avoir à faire avec elle et Sirius étant trop occupé pour venir les voir. Elle avait adoré Regulus, de toute son ame d'enfant. Il avait été comme un grand frère, un compagnon de jeu. Et pouvoir retrouver, ne serait-ce que sur photo, son sourire et ses yeux ... ... La tête dans ses mains, Tonks éclate en sanglot.
