Les recherches piétinnent. Ginny a parcouru des centaines de vieux parchemins mais pas une seule information utile dans leur recherche des Horcruxes. Excédée, elle balaye d'un geste du bras tout ce qui se trouve sur la table. Sa colère un peu calmée, elle entreprend de tout ranger. Elle s'y remettra demain, après avoir dormi un peu.

Alors qu'elle rassemble les parchemins éparpillés au sol, son regard attrape une tache de couleur. Surprise, elle tend la main et dégage du capharnaum, le rectangle de papier glacé d'une photo. Instantanément, son coeur se serre en reconnaissant les silouhettes qui lui font signe.

Cette photo a été prise quelques jours seulement après leur arrivée ici. Tous les membres de l'Armée de Dumbeldore sont debout devant la statue de Godric Griffondor qui marque l'entrée de la rue, juste devant leur nouvelle demeure. Harry a passé un bras autour de sa taille et la tient serrée contre lui, les yeux fixés sur l'objectif, un sourire déterminé aux lèvres. A ses coté, elle se revoit, quelques mois plus tôt, une éternité plus tôt, les yeux fixés sur lui, un sourire confiant aux lèvres, qui le dévore du regard. A leur côtés se tient Luna dans une incroyable robe mauve et verte, l'air perdue dans ses rêves habituels. Derrière elle, Neville sourit timidement et Hermione rit aux éclats d'une plaisanterie de Ron …

Ron.

C'est comme si une centaine de poignards venaient de s'enfoncer dans son coeur. Les larmes lui brulent les yeux alors qu'elle lutte pour les retenir. L'expression de son visage torturé se superpose à celle de son sourire ... Non ! Il était tellement plus que ça ...

Elle a un petit rire proche du sanglot en le voyant entourer de son écharpe le cou de la statue et utiliser son mouchoir pour polir la plaquette commémorative accrochée au pied d'estale …

Soudain elle relève la tête,les yeux agrandis par la révélation et avant que quiquonque ait pu l'arrêter, elle se précipite dans la rue. Il ne lui faut que quelques secondes pour atteindre la statue. Essouflée, elle se penche vers la plaque qui en orne le pied.

Godric Griffondor

Co-fondateur (avec Helga Poufsouffle, Rowena Serdaigle et Salazar Serpentard) de la célèbre école de sorcelerie Poudlard, Godric Griffondor était réputé pour son courage et sa bravoure.

Cette statue fut réalisée, d'après nature, par l'un des plus grand artiste de l'époque, Cygnus Legend, à partir du métal constituant l'armure du grand sorcier. Exposée à l'origine dans le Grand Hall de Poudlard, elle reflète son désir de marquer la fin des années de guerre pour le monde sorcier et le commencement d'un nouvel âge.

Alors que son regard parcour de nouveau le texte, les mots de Harry lui reviennent en mémoire : "Il n'avait pas besoin de la tuer".

Elle n'avait pas compris sur le moment toute l'importance de cette révélation de Voldemort.

Mais pourquoi aurait-il permit à Lily d'en réchapper ? Après tout elle n'était qu'une sang de bourbe et elle avait osé le défier. Quelle idiote elle avait été de ne pas s'interroger plus tôt. Tout lui semblait si clair maintenant : il avait dit qu'il n'avait pas besoin de la tuer. Pas qu'il ne voulait pas. Il n'en avait pas besoin.

Il était là pour tuer Harry. Et personne d'autre : une fois Harry mort sa victoire allait de soi, il n'avait pas besoin de tuer qui que ce soit d'autre.

Mais il avait tué James.

La scène se déroule devant ses yeux comme si elle venait de faire un bond dans le temps

La porte qui s'ouvre violement. Le cri de James, ordonnant à sa femme de fuir avec leur bébé. Lily qui referme la porte sur un éclair de lumière verte. Elle se retourne et prend son fils dans ses bras, parcourant du regard la chambre à la recherche d'un moyen de s'enfuir. Le bébé s'est mis à pleurer et elle le berce nerveusement pour tenter de le calmer. Des pas dans l'escalier. La porte de la chambre propulsée hors de ses gonds. L'ombre qui se découpe sur le seuil ...

Quelque chose ne colle pas dans ce scénario. Cet éclat de lumière verte tout d'abbord. Un Avada Kedavra. Destiné à James et lancé à peine la porte ouverte. Pourquoi ? Pourquoi si vite?

Parce que James s'était mis en travers de son chemin ? Il aurait pu se contenter de le propulser contre un mur ou de le stupéfixer. De plus, Lily, elle s'était physiquement interposée entre lui et le bébé et il lui avait donné la possibilité de s'écarter. Il ne l'avait pas proposé à James : l'éclair de lumière avait jailli à peine la porte ouverte. Pourquoi une telle précipitation ?

Et surtout, pourquoi, s'il était si pressé de parvenir jusqu'à Harry, avoir mis tant de temps à atteindre la chambre ? Il n'avait qu'un escalier à monter et le bruit de la porte fermée précipitament par Lily lui avait forcément indiquer où ils se trouvaient. Alors pourquoi attendre si longtemps ? Qu'avait-il bien pu faire en bas, pendant qu'à l'étage, Lily consollait son fils et cherchait une issue ?

La réponse lui apparaissait désormais comme une évidence : il avait utiliser la mort de James Potter pour créé un Horcruxe.

C'est pour cette raison qu'il avait besoin que James meurt, qu'il avait besoin de temps, du temps pour prononcer l'incantation. Pour cette raison qu'il se moquait bien que Lily vive ou non : une fois Harry mort, il serait invincible. Immortel. Inhumain mais immortel.

Et quoi de mieux pour créé un Horcruxe que la statue de Godric Griffondor ? Réalisée d'après nature. A partir du métal de son armure. Voilà qui satisfaisait à sa passion pour les fondateurs de Poudlard et pour les objets leur ayant appartenu. La coupe d'Helga Poufsouffle. Le médaillon de Salazar Serpentard. Un objet ayant appartenu à Rowena Serdaigle. Et, à défaut de l'épée de Godric Griffondor, trop bien protégée à Poudlard, cette statue fondue dans le métal de son armure.

Ses yeux parcourent la surface de la statue, à la recherche de la marque laissée par le sort ... Là ! A peine discernable, usée par le temps, la marque est pourtant bien visible pour celui qui la cherche : une brulure de la taille d'un ongle, en forme de larme ou de goute, au beau milieu du dos du sorcier.

Ginny Weasley vient de découvrir le 5e Horcruxe.