Une heure plus tard, les membres de l'Armée de Dumbeldore sont rassemblés autours de la statue, formant un cercle parfait. Hermione est finalement sortie de sa chambre, sa contribution étant plus que nécessaire. Après un mois de réclusion volontaire, elle est pâle et ses cheveux emmélés, ses yeux rouges trahissent sa douleur. Mais l'air frais semble lui faire du bien et l'idée d'avoir une tache à accomplir lui redonne visiblement un peu d'énergie. Sans un mot, elle a pris la tête des opérations, placant chacun à sa place et vérifiant que tous connaissent leur rôle.

Debout à ses côtés, Luna lance un sourire à Neville. Il hoche la tête, souriant en réponse au message muet de son amie : "Alors tu vois bien que j'avais raison : elle s'en remet peu à peu. Il fallait juste lui laisser du temps. Bientôt nous aurons retrouvé notre bonne vieille Hermione. Aussi forte et miss-je-sais-tout qu'avant ...".

La voix de Ginny, récitant l'incantation, leur fait détourner le regard et, pointant leurs baguettes sur la statue, ils prononcent à leur tour les sorts de désenchantement qui détruiront cette nouvelle partie de l'âme de Voldemort.

Ca fait une heure que Ginny pleure.

Agenouillée dans le jardin devant la tombe de son frère, elle laisse enfin les larmes couler. Ca fait un mois que Ron est mort et, inconsciemment, elle n'a cessé de le nier. Mais lorsque tout à l'heure, alors qu'ils détruisaient cette statue, elle s'était tournée vers sa droite en souriant … et elle n'avait trouvé que du vide.

C'était sa place. L'endroit où il se tenait les autres fois et, par réflexe, elle s'était retournée pour lui sourire. Son abscence avait été comme un coup de poing dans le ventre et il lui avait fallu faire preuve de tout son contrôle pour ne pas écater en sanglots. Elle avait terminé l'incantation dans un état second et, une fois l'Horcruxe détruit, elle avait fait demi tour, était rentrée dans la maison, puis dans le jardin. Et là, devant la tombe de Ron, elle avait enfin laissé éclater sa douleur.

Harry avait voulu la rejoindre mais Luna, toujours la voix de la raison, l'en avait empêcher en souriant doucement.

- Non … Elle a besoin de pleurer. Il faut qu'elle laisse sa douleur sortir si elle veut pouvoir faire son deuil. Ca ira maintenant. Tout ira bien …