Titre : Rien qu'un baiser, chapitre 27
Auteur : Mokoshna
Couple : ZoroXSanji
Fandom : One Piece
Rating : M
Thème : 27. Débordement
Disclaimer : One Piece appartient à Eiichiro Oda. Je ne fais que reprendre ses personnages pour leur faire faire n'importe quoi.

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Chapitre 27 : Débordement

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Luffy fit un large sourire radieux à Sanji. Derrière lui, ses amis se mettaient en garde, visiblement perturbés. Qu'avaient-ils donc ? Il cligna des yeux, surpris, avant de hausser les épaules et de tourner un visage accueillant en direction de son cuistot.

— Hé, t'es là, Sanji ! Je me demandais où tu étais passé ! Il est cool, ton costume, tu l'as eu où ?

Sanji rit doucement, sans malice. Luffy remarqua enfin les sursauts que faisait sa manche gauche, sa manche qui pendait sans rien pour la remplir... Il l'attrapa d'un air curieux et l'examina.

— Pourquoi tu ne mets pas ton bras dans la manche, Sanji ?

Sanji enleva sa veste et la jeta à terre. Luffy ouvrit des yeux ronds en voyant le moignon informe qui occupait la place de son bras gauche.

— Parce qu'il n'y a rien, tout simplement. Cela fait bien longtemps que j'ai perdu ce bras.

Luffy ne dit rien, trop estomaqué pour répondre. Quand, comment, pourquoi ? Que se passait-il ? Sanji sourit à nouveau, mais de manière mécanique cette fois, sans y mettre la moindre chaleur. Luffy se raidit. Ce sourire lui rappelait un peu trop ceux des sinistres personnages qu'il avait déjà rencontrés jusque-là : le capitaine Kuro, Arlong, Crocodile... une longue liste d'hommes au coeur pourri et au comportement inacceptable, des êtres froids et sans coeur. Se trompait-il ? Sanji n'était pas comme ça, c'était un chic type, lui !

N'est-ce pas ?

Pourtant, en y regardant de plus près... Cet homme n'était pas tout à fait Sanji. C'était lui, mais pas lui en même temps. Son instinct lui renvoyait deux images contradictoires de son vis-à-vis : c'était son ami, mais aussi un étranger à la peau de Sanji. Sans qu'il sache pourquoi, Luffy sentit son coeur devenir lourd, il eut tout d'un coup envie de crier. Il avait l'impression d'être frustré d'un élément essentiel de son existence, air ou nourriture. Il détestait cela.

— Les autres ont-ils eu le temps de te raconter ?

Luffy se tourna vers ses amis restés en arrière. Robin et Chopper baissèrent les yeux, Pipo semblait vouloir fuir. Nami pleurait en silence, les yeux rivés sur Sanji, tremblante et apeurée.

— Nami ? Qu'est-ce qu'il veut dire ? grogna Luffy, entre colère et aberration.

— C'est... une longue histoire, fit-elle d'une voix rauque tandis que Robin s'approchait d'elle pour la prendre dans ses bras. Je ne sais pas par où commencer, d'autant que je ne connais pas exactement tous les détails... Il paraît que je suis restée morte un bon bout de temps, alors...

— Hein ?

— Tout a commencé il y a quatre ans, fit Robin en plongeant son regard dans le sien, quand Zoro et Sanji sont partis en quête de ce trésor. Tu te souviens, Zoro était rentré seul. Un peu après, Sanji est venu te chercher avec une fille-lapin.

Luffy hocha la tête.

— Ouais ! Elle était rigolote, d'ailleurs, elle est où ?

Robin se mordit la lèvre.

— Peu importe. Cette fille t'a fait remonter le temps, nous sommes quatre ans plus tard. Ici, une organisation qui s'appelle All Game a pris le contrôle de la Route de tous les Périls. La Marine n'est plus que de l'histoire ancienne, maintenant. Elle est toute-puissante.

— Pas exactement, intervint Sanji avec un ricanement.

Robin lui jeta un regard méprisant.

— Vraiment ?

Sanji l'ignora et se tourna vers Luffy. Quelle prestance il avait, Sanji ! Presque autant que Shanks, plus que n'importe qui d'autre présent, en tout cas. Luffy savait bien que quelque chose n'allait pas, mais il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus... Tout était si bizarre ! Pipo et Chopper qui étaient différents, Robin qui était différente, seule Nami n'avait pas changé mais elle ne paraissait pas en grande forme. Sanji était le plus étrange, et cela le déprimait un peu. Il voulait retrouver son vieil ami, bon sang ! Pourquoi ne flirtait-il pas de manière idiote avec Nami et Robin, alors que les deux jeunes femmes portaient chacune une robe à la limite de l'indécence ? Pourquoi ne lui souriait-il plus que de cet air abject qui lui rappelait tant de mauvais souvenirs d'êtres exécrables à éliminer sans pitié ?

Et surtout, pourquoi Zoro n'arrêtait pas tout ça ?

— Où il est, Zoro ? siffla-t-il, plus troublé qu'il ne l'avait jamais été jusque-là. Il se débrouille toujours pour être avec toi quand il le faut...

Les yeux de Sanji s'agrandirent démesurément, et il les darda sur lui, la pose hystérique et le souffle frénétique. L'espace d'un instant, Luffy eut un peu peur de lui. C'était absurde ! Sanji était son ami !

S'il le répétait assez souvent, tout redeviendrait normal, n'est-ce pas ?

— J'ai changé, tu n'as pas remarqué ? susurra Sanji entre deux hoquets de rire. Luffy, Luffy... Ne te fais pas plus bête que dans mes souvenirs, voyons, mon cher capitaine ! Au cas où tu ne le saurais pas, je suis devenu plus fort que le pathétique petit cuistot sans ambition qui te faisait la soupe. Je suis à la tête de la plus puissante organisation de la Route de tous les Périls... Le monde est à mes pieds !

Luffy secoua la tête, incrédule. Le sourire fou de Sanji lui mangeait le visage de manière grotesque.

— Je ne comprend rien ! Tu n'es pas normal !

— Évidemment que tu ne comprends pas ! tonna Sanji, furibond. Comment le pourrais-tu, alors que tu es resté bien tranquille à folâtrer alors que je mettais tout en place depuis neuf ans !

Il s'interrompit un instant pour reprendre son souffle, le regard dans le vague. Que pouvait-il bien voir, avec ces yeux dénués de toute raison ? Eût-il été quelqu'un d'autre, Luffy les lui aurait arrachés, ces satanés yeux qui lui faisaient tellement mal à regarder ! Que ce monstre à la peau de Sanji s'en aille et lui rende son ami !

— Mais c'est fini, à présent, continua Sanji en se calmant un peu. Tout est rentré dans l'ordre.

Luffy sentit un souffle glacé sur sa nuque, comme si quelqu'un avait ouvert une fenêtre sur l'extérieur. Pourtant, c'était impossible : il étaient déjà dehors ! Vite, il se retourna et vit une brèche semblable à celle par laquelle étaient partis Oeil-de-Bois et Radoteuse. Un homme en surgit ; un homme qui portait le masque de Zoro... Une odeur de sang et de bile l'entourait. Luffy en eut la nausée. Encore un de ses amis qui n'était pas celui qu'il était ! Comment cela avait-il pu arriver, pourquoi ces camarades qu'il avait triés sur le volet parmi les meilleures personnes qu'il avait pu croiser lui laissaient-ils une impression aussi abominable ?

Zoro leva des yeux hantés vers lui, et sans sourire, lui fit un signe de la tête. Luffy ne répondit pas : on ne répondait pas à un étranger... Cela ne sembla pas perturber outre mesure le nouveau venu qui alla se mettre à côté de Sanji.

— J'ai fini, fit-il d'une voix monocorde. Sally et les autres sont morts.

Cette annonce fit sursauter Sora et Robin.

— Hein ? cria Sora, l'air abasourdie. Sally ? Pourquoi ? Je pensais qu'elle t'était indispensable !

Sanji fit un sourire cruel. Personne à part Zoro n'osait l'approcher. Luffy pouvait comprendre cela : cet homme lui inspirait tant de dégoût, c'était un miracle qu'il garde encore un visage posé... Nami tentait en vain d'étouffer un sanglot, Pipo jurait dans sa barbe, Chopper reniflait. Robin gardait obstinément le silence, attendant, observant. Sanji les ignorait totalement au profit de Sora.

— Oui, tant que le plan n'était pas encore entamé. Maintenant que c'est chose faite, je n'ai plus besoin d'elle. Ni d'aucun d'All Game, d'ailleurs. C'est pourquoi j'ai demandé à Zero d'aller les éliminer si jamais les créatures tardaient à les tuer.

Sora serra les poings.

— Ils n'avaient pas de barrière ?

— Je ne leur ai donné qu'une version faible qui n'aurait pas tenu cinq minutes.

Sanji éclata de rire, satisfait, avant de poursuivre :

— Toute la puissance, je l'ai gardée pour trois barrières : la mienne, celle de Zero et la tienne. Ces imbéciles pensaient peut-être que j'allais gâcher de l'énergie pour eux ? Si c'était le cas, ils méritaient leur sort. Comme s'ils ne savaient pas à quoi s'attendre avec moi !

Il partit d'un autre éclat hystérique. Luffy en eut la chair de poule ; il entendit nettement Pipo claquer des dents dans son dos. Robin s'avança, le visage contracté par la rage.

— Tu les as tous sacrifiés ? hurla-t-elle. Ça veut dire que nous sommes les seuls sur l'île...

Sa voix s'étouffa dans sa gorge.

— En effet, fit Sanji en haussant les épaules, nous sommes les seuls survivants. Tous les autres sont morts. Bon débarras !

— Non !

Le cri poussé par Sora attira l'attention de tous. La jeune fille semblait en état de choc ; elle tomba à terre, les larmes aux yeux.

— Layla...

Elle rampa vers Sanji, toute tremblante, et lui saisit le bas du pantalon.

— Layla aussi ?

— Elle comme les autres, fit Sanji, implacable.

Il regarda à l'extérieur. Rien ne paraissait avoir changé. Sanji leva le bras et récita des paroles incompréhensibles aux oreilles de Luffy. Aussitôt, un souffle nouveau les traversa, une bourrasque violente qui balaya cette impression de confinement qui les avaient suivis depuis que Sora avait, selon ses dires, mis en place une barrière invisible. Chopper se précipita alors vers la carcasse de l'homme qu'ils avaient aperçu agonisant dans l'herbe. L'espoir qui se lisait sur ses traits fit bientôt place à la déception.

— Il est mort, croassa-t-il.

— Bien sûr qu'il l'est ! rit Sanji. Ils le sont tous ! Mon plan est parfait !

La rage envahit le coeur de Luffy.

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Le coeur de Sora était lourd, les larmes qui lui mouillaient les yeux lui faisaient presque mal. Le rire de Sandoval résonnait encore à ses oreilles : méprisant, haïssable... Elle sentit une colère fulgurante lui traverser le corps. Cet homme allait payer pour tout ce qu'il avait fait ! Elle se savait moins puissante que lui, mais plus rien n'importait à présent. Tout ce pour quoi elle avait lutté jusque-là s'était envolé en fumée. Elle était seule, et n'avait plus rien à perdre si ce n'était sa vie.

— Sandoval ! cria-t-elle, sa voix muant peu à peu au rythme de la transformation qui prenait place dans son corps.

Il ne se retourna même pas. Sora se concentra davantage. Combien de temps pouvait-elle tenir, elle qui n'était qu'une demi-sang Arethé ? Cinq, dix minutes peut-être ? Pour un combattant ordinaire, cela aurait été largement suffisant, mais avec Sandoval ? Elle avait eu l'occasion de tester sa force par le passé. Le Roi de Trèfle n'était pas un homme à prendre à la légère à cause de son handicap ; il avait bien d'autres manières de compenser l'absence de son bras gauche. La première étant ce mystérieux pouvoir qu'il avait sur le Monde de l'Autre Côté, pouvoir qu'il avait acquis au prix de bien des sacrifices.

— Ah la la, railla Sandoval, on dirait que Sora se fâche, comme c'est mignon ! Comme un fétu de paille qui a pris feu au contact d'une braise.

Son rire fit place à une grimace hautaine.

— Les fétus insignifiants comme toi, je les foule aux pieds, tu sais ?

Sora voulait lui écraser la tête, mais elle n'avait pas encore terminé... pas encore, pas avant d'avoir la confirmation d'être au maximum de ses capacités... Zero se mit en garde, la main sur le manche de son sabre. Il fut stoppé net dans son élan alors qu'il s'apprêtait à dégainer pour couper Sora en deux. Une dizaine de mains de femme étaient apparus sur son fourreau et retenaient son bras. Zero tourna un visage contrarié en direction de Robin, tandis que Sandoval éclatait de rire.

— Je ne savais pas que tu aimais autant Sora, ma chère ! fit-il à Robin.

— Je refuse qu'il y ait d'autres victimes à cette folie !

La jeune fille rousse qui s'appelait Nami, celle à qui tenait tant Robin, la dépassa et se mit devant Sandoval, le visage baigné de larmes, la pose décidée. Elle était bien la seule dans ce groupe à part sa petite amie : le capitaine à l'expression idiote se tenait sans bouger dans un coin, les deux autres semblaient prostrés et ne réagissaient pas... Le canard cancanait de temps à autre avec un peu de colère, mais il était un élément si dérisoire au milieu de ces hommes d'exception que personne ne faisait attention à lui.

Nami prit une grande inspiration pour se calmer, puis elle demanda, la voix tremblante :

— Pourquoi ? Si tu as fait tout cela pour obtenir le pouvoir suprême, félicitations, tu es bien parti ! Mais alors pourquoi nous avoir épargnés ? Par pitié ? En souvenir des « bons moments » qu'on a vécu ensemble ? Je ne comprends pas. Tu n'es plus qu'à un fil de la domination totale. Sûrement, tu n'as pas besoin de nous, tu l'as assez prouvé par tes actes...

Le visage de Sandoval se contracta douloureusement. Cette fille faisait gagner de précieuses minutes à Sora, ce qui n'était pas plus mal au vu du temps qu'elle prenait pour se changer. Personne ne la regardait plus ; elle n'avait qu'à se forcer un peu, et sa vengeance serait bientôt accomplie...

— Tu n'as rien compris, chuchota Sandoval en baissant les yeux. Tout ce que j'ai fait, c'est pour vous tous. Pour Luffy.

— De quoi est-ce que tu parles ? s'emporta Nami. Tu as comploté de manière aussi vile et tué tous ces gens pour Luffy ? C'est une mauvaise blague, n'est-ce pas ?

— Tais-toi, femme ! tonna un Sandoval hors de lui. Tu ne sais pas ce que c'est ! Seul, pendant des années, impuissant ! Je n'avais pas le choix !

Robin retint Nami alors qu'elle était sur le point de se précipiter sur Sandoval pour lui asséner un coup sur la tête, apparemment. Sandoval continua, imperturbable.

— C'était pour vous tous. Le monde est à mes pieds, il suffit de se servir.

Le sourire qu'il eut alors était assez inhabituel pour le personnage ; comme un enfant qui avait fait une bonne action et s'en vantait devant ses parents. Sandoval, la terreur des mers, le Roi cruel d'All Game, se tourna alors vers Luffy, les traits heureux, si heureux ! Que Sora ralentit sans le vouloir sa transformation et le contempla avec surprise.

— Tu sais, hein, Luffy ? Tu n'as plus à t'en faire. Le monde est à toi. Si tu cherches encore le One Piece, il est à toi aussi, à nous tous ! Notre équipage a gagné ! Nous sommes les maîtres de la Route de Tous les Périls !

Il poussa un rire hystérique qui fit se reculer Nami et Robin. Elle le fixaient à présent avec un air étrange, à mi-chemin entre pitié et désespoir, sans rien dire, sans plus l'interroger. Luffy ne bougeait toujours pas. Les deux autres se mirent à pleurer pour de bon.

— Tu veux dire que c'est à cause de nous ? hurla l'homme-renne. Tu... tu as fait tout ça parce que tu voulais qu'on gagne ? Oh, Sanji...

Le sourire de Sandoval, si radieux ! Sora eut envie de vomir.

Sa transformation était complète.

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Les larmes de Chopper ne cessaient de couler, encore et encore. Il ne voulait plus rien savoir : les raisons de la folie de Sanji, la décision irrévocable qu'il avait prise, faisant fi de ses principes pour accomplir le rêve d'un autre, les rêves de tous ses compagnons. Derrière lui, Zero attendait les ordres de son maître. Chopper s'approcha de ses amis et pointa un doigt indigné en direction du bretteur.

— Et Zoro, tu y as pensé ? Il n'est plus le même ! Pourquoi l'avoir mêlé à ça ?

— C'était le prix à payer, fit doucement Sanji avec un sourire artificiel. Je devais me délester de ce qui comptait le plus pour moi, tu vois ? Les habitants de l'Autre Côté ne veulent pas d'un maître faible et sentimental.

— Mais ce n'est plus Zoro ! Ce n'est qu'un... un type que je ne connais pas qui a le même visage !

Zero ricana.

— Flatté, dit-il en tirant la langue. Avant de dire ce genre de choses, petit renne, souviens-toi que je suis le meilleur bretteur qui soit.

Chopper sentit une vague d'indignation l'envahir.

— C'est faux ! Pour moi, pour nous tous, le meilleur bretteur c'est Zoro !

— Je suis ce Zoro ou quoi.

— Menteur !

Il s'essuya la truffe d'un mouvement du bras et se tourna vers ses camarades restants.

— Donnons-leur une bonne leçon, dit-il avec détermination en regardant tour à tour ses amis, Nami, Robin, Pipo.

Son regard tomba sur la silhouette guindée de Luffy qui gardait les yeux obstinément baissés.

— Hein, Luffy ? On va leur foutre une telle raclée qu'ils seront bien obligés de redevenir comme avant !

Le silence qui suivit était assourdissant. Personne ne disait mot ; on eût dit que le monde entier retenait son souffle. Puis, doucement, un petit rire se fit entendre, surprenant les personnes présentes. Chopper déglutit. Le rire enfla, se propagea dans les airs jusqu'à ce qu'on eut l'impression qu'il résonnait dans toute l'île. Luffy leva enfin la tête, le visage tordu par un éclat d'hilarité obscène qui tenait de la démence. Sanji ricana en réponse. Ils furent bien les seuls à ne pas exprimer dégoût et incompréhension face à cette tournure inattendue des événements.

Et, aussi brusquement qu'il avait commencé, le rire de Luffy cessa d'un coup. Sanji le toisait avec son éternelle grimace arrogante. Chopper pouvait sentir ses jambes se dérober sous lui sous l'effet du stress.

— Je crois que je te déteste, fit Luffy calmement, les yeux plongés dans ceux de Sanji.

— Vraiment ?

Le sourire de Luffy n'était pas si différent de ceux qu'il avait d'habitude en réclamant à manger à son cuistot. Chopper s'effondra pour de bon en comprenant ce que cela signifiait.

— Ouais, dit Luffy, tout joyeux. En fait, j'ai jamais eu autant envie d'exploser quelqu'un !

Un cri horrible les interrompit, comme un sanglier qui hurlait à la mort. Chopper vit une créature informe foncer sur Sanji, tête en avant. Elle tenait à la fois de la plante verte par les feuilles qui lui sortaient du corps et de la bête par les crocs et les cornes qui saillaient de partout. Gigantesque, de la taille d'un éléphant adulte, la peau rêche et violette. Une masse de poils bruns au-dessus de la tête. Un regard empli de haine. Le museau de Chopper reconnut comme une odeur familière venant de la créature.

— Sora, non ! hurla Robin en tentant de s'interposer.

Sora ? La jolie jeune fille qui les avait protégés de la géhérit ? Chopper n'en croyait pas ses yeux. Que lui était-il arrivé pour qu'elle devienne si méconnaissable en quelques minutes ? Pipo se jeta à terre en tremblant, Nami semblait paralysée. Sanji ne bougeait pas. Comme à travers un brouillard épais, Chopper vit Zero prendre ses sabres et lancer un Tiger Slash à la vitesse de l'éclair. Luffy et Sanji se contentaient de regarder, nullement impressionnés.

— Sora ! fit de nouveau Robin.

La créature ne répondit pas. De multiples entailles profondes couraient à l'avant de son corps ; une mare de sang se formait déjà à ses pieds. Sora grogna et tituba un peu en arrière, souffrant visiblement de sa blessure. Zero n'attendit pas qu'elle se remette : il enchaîna immédiatement sur un Dragon Slash de toute beauté qui créa un fort courant d'air ascendant autour de lui, une bourrasque qui fit voler une partie du terrain et se propagea dans toute la cour, enfla jusqu'à devenir une véritable tornade dévastatrice.

— Aaah ! Un cyclone ! cria Pipo en tremblant.

Ce n'était pas peu dire. Même si Pipo avait tendance à exagérer ses propos, Chopper dut admettre qu'il n'était pas loin de la vérité pour une fois : la déflagration qu'avait fait naître Zero avec son attaque valait bien n'importe quelle perturbation tropicale grave. Quel esprit dérangé, quelle puissance de la nature pouvait bien créer un débordement de violence aussi colossal ? Il devait forcer sur ses pattes arrières pour ne pas s'envoler, et, tout en serrant une Ahiru terrifiée contre lui, il maudit Zero en son for intérieur. Nami s'accrocha à Robin ; Pipo décolla du sol, et il se fallut de peu qu'il ne s'envolât avec les petits objets qui jonchaient la cour. Le cadavre qui restait disparut corps et bien dans la tornade. Vite, Luffy étira ses bras. L'un pour attraper ses amis, leur évitant ainsi de partir avec les mottes d'herbe, l'autre pour s'accrocher à un gros rocher enfoncé dans le sol que Chopper n'avait pas remarqué avant, mais qu'il se mit soudain à respecter du fait de sa nouvelle fonction vitale.

— On va mourir ! pleura Pipo.

Chopper remarqua que le palais commençait à s'effriter à certains endroits, à partir avec le vent en direction du ciel... Quelle pouvait donc être la puissance de cette attaque ? Ce Zero était-il effectivement le meilleur bretteur de tous les temps, comme il l'avait si effrontément affirmé un peu plus tôt ? Chopper fit la grimace. Jamais ! Jamais un homme pareil ne serait l'égal de Zoro ! Il préférait plutôt mourir plutôt que de l'admettre !

Les effets de l'attaque durèrent plus longtemps qu'il ne le crut. Chopper vit de grosses gouttes de sueur perler sur le front de Luffy ; il devait faire des efforts démesurés pour garder tous ses amis avec lui... Chopper tenta bien de garder pied, mais le vent était trop fort, il n'arrivait pas à lutter même en y mettant toutes ses forces. Il fallait dire qu'il s'était aussi beaucoup ramolli depuis qu'il s'était installé en tant que Maine...

Puis, alors qu'il n'espérait plus rien, la tempête cessa d'un coup, faisant place à un silence d'autant plus perturbant que le bruit avait été assourdissant à peine quelques secondes plus tôt. Chopper sentit Luffy les lâcher et ils s'effondrèrent ensemble sur le sol. Il leva les yeux pour constater les dégâts.

Le ciel était magnifique ; ils pouvaient voir les premières lueurs du jour poindre à l'horizon. Combien de temps étaient-ils restés à discuter ? Chopper écarquilla les yeux, abasourdi.

Autour d'eux, le palais avait disparu ; seule restait une étendue de terre plane. L'attaque de Zero avait tout balayé.

— C'est impossible ! hurla Nami, déconfite. Il ne peut pas être aussi puissant au point de raser une partie de la ville !

— Une partie seulement ? grogna Pipo, le visage contracté par l'horreur. On dirait qu'il a tout soufflé, oui !

Chopper chercha les deux autres hommes du regard tout en se dirigeant vers ses amis pour vérifier s'ils n'avaient rien. Nulle trace de Zero ou de Sanji ; ils avaient disparu. Luffy sauta sur ses jambes en riant.

— Hé, ils ont pas perdu leur temps, hein ?

— Qu'est-ce que tu racontes, Luffy ? hurla Nami. C'est terrible ! Ce sont des monstres !

— Ouais, ils sont devenus super forts !

— Pourquoi es-tu si content ? le gronda Pipo en lui tapant sur la tête. On n'a aucune chance face à Zero ! On devrait partir tant qu'il en est encore temps !

— Fuir ? intervint Robin en époussetant son corset. Encore ?

— C'est...

— On ne fuira pas, fit Chopper en grognant. Pas question.

Luffy regarda autour de lui.

— Ah, ils sont où, Zoro et Sanji ?

Personne ne lui répondit. Où étaient-ils passés, vraiment ? Luffy se baissa, ses jambes formant un drôle d'angle sous son corps. Puis, sans prévenir, il prit son élan et sauta très haut en riant aux éclats. Avait-il seulement le souvenir de la trahison de ses deux hommes ? Chopper pouvait le voir retenir son chapeau de paille d'une main, tandis qu'il mettait l'autre devant ses yeux pour orienter son regard. Nami fit la grimace.

— Luffy ! cria-t-elle. Qu'est-ce que tu fais ?

Chopper sentit sa veste remuer. Il l'écarta pour laissez passer une Ahiru un peu essoufflée, qui ouvrit de grands yeux affolés pour vérifier que la voie était libre. Pipo s'approcha d'eux et hocha la tête.

— Vous allez bien, tous les deux ? fit-il avec une voix plus posée.

— Ah, moi ça va, et toi ? Rien de cassé ?

— Non, mais...

Il détourna les yeux et contempla le paysage désertique qui apparaissait peu à peu à la lumière du matin. Le soleil surgit doucement de la mer ; vision qui aurait pu être paradisiaque s'ils n'avaient su le désastre qui avait agité l'île. Luffy revint bientôt au milieu d'eux en tombant, créant un cratère dans sa chute. Personne ne s'en inquiéta. Ce n'était pas ça qui allait le tuer. Pourtant, Chopper se précipita sur lui pour l'ausculter.

— Alors, qu'est-ce que tu as vu ? fit Nami en venant aux nouvelles.

— Rien !

— Comment ça, rien ?

— Ben oui, il n'y a plus rien ! Plus de ville, plus de bateaux, plus rien.

Robin soupira.

— Et Sando... Sanji ? Zero ?

— Ils sont partis, fit alors la voix grêle d'Ahiru, faisant sursauter plus d'un dans le groupe. Sandoval a ouvert un portail et il a emmené Zero avec lui.

— Tu es sûre de ce que tu racontes, Ahiru ? dit Pipo.

Le canard acquiesça.

— Certaine !

Pour la peine, personne ne sut plus que faire.

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Si quelqu'un avait dit à Zero qu'il s'enfuirait un jour en courant d'un combat où il avait l'avantage, il lui aurait ri au nez avant de le découper en rondelles fines et nettes. Il détestait passer pour un faible, surtout devant ses supérieurs hiérarchiques.

Pourtant, ce n'est pas comme si Sandoval lui avait laissé le choix. Sitôt son attaque lancée, le Roi de Trèfle lui avait saisi le bras pour le jeter dans un de ces trous noirs menant sur la Route des Esprits qu'il ouvrait d'un battement de cils, comme si c'était là une chose tout à fait naturelle. Zero détestait voyager dans ces conditions. Le Monde de l'Autre Côté l'angoissait plus qu'il n'osait le dire ; sa première expérience avec la Baroude y était sans doute pour beaucoup... Il l'avait revue, d'ailleurs, cette sinistre créature, lorsque Sandoval lui avait expliqué son plan et l'avait envoyé par ce raccourci farfelu. Zero avait été pris d'un sursaut de dégoût en sentant l'aura glaciale de la Baroude. Son maître avait à peine réagi et avait continué son chemin, et la créature ne les avait plus importunés depuis. Était-ce bien normal ? Quel était l'étendue des pouvoirs de Sandoval sur ce monde ?

— Eh, pourquoi nous avoir fait détaler comme ça ?

— Ce n'est qu'un repli stratégique, dit simplement Sandoval.

— Ah ouais ? Pour qui ? On était sur le point de les écraser !

Sandoval soupira.

— Je ne veux pas les écraser. Si j'ai fait tout ça, c'est pour eux.

— J'ai bien l'impression qu'ils n'en veulent pas, de votre cadeau, non ? ricana Zero. Si vous voulez mon avis, on n'a qu'à les laisser là et prendre la Route de Tous les Périls. Avec votre pouvoir et ma force, ce ne sera pas bien difficile, surtout que la Marine est hors-service...

— La ferme, grogna Sandoval. Je réfléchis.

Zero fit une grimace agacée.

— Vous avez passé presque dix ans de votre vie à comploter pour apporter le pouvoir sur un plateau à ce gamin, et il a l'air de vous détester cordialement à cause de ça. Grand bien lui fasse. Ce n'est pas perdu pour tout le monde, hein ?

Sandoval ne répondit pas, ce qui pour effet d'énerver davantage Zero. Il essaya de porter son regard ailleurs mais il n'y avait que le vide et l'obscurité autour d'eux ; pas de quoi pouvoir changer de sujet... Que devait-il faire ? Prendre l'autre homme dans ses bras ? Ce n'était pas son genre ; en outre, Sandoval était bien capable de lui donner un coup de poing, si ce n'est pire, en guise de remerciement.

— Qu'est-ce qu'on fait, alors, patron ?

Sandoval garda un visage impassible.

— Tu as une idée ?

— J'ai déjà dit. Après, vous faites ce que vous voulez.

Sandoval éclata de rire. Des milliers de voix ténues frémirent en réaction ; Zero fit mine de ne pas les avoir entendues.

— Toujours le pion manipulable, hein ? railla Sandoval.

— C'est vous qui m'avez créé comme ça, dit-il sans se fâcher. Vous donnez un ordre, j'obéis, pas vrai ? Je n'ai pas assez de cerveau pour faire autre chose.

— C'est faux, ricana Sandoval en se rapprochant. Tu as beau être un pion, tu es loin d'être idiot. J'y ai veillé.

Zero frissonna en sentant les doigts glacés de son supérieur lui caresser la joue, avec toute l'attention qu'une mère témoignait à son enfant. Était-il réel, ce sourire que Sandoval exhibait sans honte, ou était-ce encore le résultat d'un schème connu de lui seul ? Zero ne bougea pas.

— Nous sommes seuls, hein ? Je n'ai plus que toi et tu n'as plus que moi. Quelle ironie ! Jusqu'au bout, il faut que nous nous éloignons du groupe...

Zero lui saisit la main et la baisa du bout des lèvres, sans rien dire, sans laisser paraître son trouble. Sandoval rit faiblement.

— Oui, je me souviens. Tout a commencé à cause de ce stupide pari. Ou était-ce avant ? Je ne sais plus.

Son regard se perdit dans les ténèbres. Zero le prit dans ses bras.

— Que d'attentions !

— Je ne peux rien faire d'autre, sauf peut-être tuer ceux que vous me demanderez de tuer.

Sandoval blottit sa tête dans le creux de son épaule et sourit.

— Rien n'est gratuit avec le Monde de l'Autre Côté, tu sais, soupira-t-il. À chaque faveur son prix à payer. Plus le service est grand, plus grand aussi est le sacrifice. C'est comme ça que ça marche.

Il eut un rire amer et ferma les yeux.

— Je ne sais pas si j'ai encore quoi que ce soit à sacrifier... Je suis si fatigué. Cela fait tellement longtemps que je lutte...

Zero le serra un peu plus fort contre lui.

— Êtes-vous obligé de vous battre seul ?

— Qui veux-tu que j'entraîne avec moi dans ce cauchemar ?

Zero hésita.

— Je ne fais pas l'affaire, moi ?

Sandoval se raidit dans ses bras. Puis, relevant la tête avec brusquerie, il le toisa longuement d'un air sévère.

— Ne dis pas n'importe quoi pour te rendre intéressant !

— Je ne dit pas ça à la légère, insista Zero. Vous pensez vraiment que je ne vaux pas ce Zoro dont tout le monde parle ?

— Tu...

— Je suis sûr que je vaux mieux que lui ! cria-t-il en enserrant les épaules de Sandoval. Je suis le meilleur bretteur de la Route de Tous les Périls !

Sandoval éclata de rire.

— Toi ? dit-il avec mépris. Tu es tout juste bon à être le meilleur d'All Game après moi. Sache qu'il y a en ce monde des personnes beaucoup plus fortes que toi. Tu ne les as pas encore rencontrées, c'est tout.

— Que me racontez-vous là ?

— Zoro l'avait rencontré, le meilleur bretteur du monde. Il était en bonne voie pour l'affronter d'homme à homme. Toi ? Tu n'es qu'une ombre de ce qu'il a été, un être sans poids et sans avenir. Le fantôme de cet homme.

Son regard se voila.

— Un homme que je n'ai pas hésité à sacrifier pour notre cause... Et maintenant, j'ai tout perdu.

Sandoval se laissa tomber à terre sans plus faire attention à son subordonné. Zero serra les poings de frustration, le coeur lourd. Ainsi, Sandoval le rejetait, après tout ce qu'il avait fait pour lui jusque-là ? Pourtant, il n'arrivait pas à haïr vraiment cet homme. Une fraction de lui, assez importante pour l'empêcher de sortir ses sabres et de se venger de l'affront qu'on lui avait fait, voulait encore croire en Sandoval, l'encourager, le consoler peut-être ? Il ne comprenait pas bien, mais cela devait être en relation avec ce type dont il occupait le corps... Ce Zoro que tant de personnes semblaient regretter, ce bretteur d'exception que Zero ne serait sans doute jamais. Qu'est-ce qui faisait la valeur d'un homme par rapport à un autre ? Sa force ? Sa personnalité ? S'il en croyait les dires de ceux qui avaient connu Zoro, Zero était loin de l'égaler. Avait-il eu jamais la moindre chance ?

— C'est vrai que je ne suis pas ce Zoro, murmura-t-il, la gorge serrée, mais je ne suis pas plus mauvais qu'un autre. Je peux toujours vous être utile d'une manière ou d'une autre. N'y a-t-il vraiment rien que vous vouliez de moi ?

Sandoval leva vers lui des yeux remplis d'incompréhension.

— Que veux-tu faire ?

— Je n'en ai pas la moindre idée, admit Zero avec un sourire confiant, mais tant que j'ai ma place à vos côtés, je crois que je serais capable de me mesurer à ce bretteur dont vous parlez et que je dois battre pour devenir le meilleur. S'il le faut, je m'entraînerai jour et nuit. Je deviendrai le meilleur.

— Tu es fou !

— Au moins autant que vous, ricana Zero.

Le visage de Sandoval se décomposa, et Zero put voir de grosses larmes couler sans bruit de ses yeux. Cela ne fit que confirmer sa détermination.

— Pour vous, j'affronterai cet équipage bizarre et aussi tous ceux qui se dresseront sur notre chemin, dit-il sur un ton sans réplique. Je deviendrai le plus fort. Je serai votre Zoro.

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L'attaque les prit par surprise, alors que Chopper s'échinait à chercher de quoi leur permettre de survivre. Ahiru poussa un cri ; le temps qu'il comprenne de quoi il s'agissait, Luffy, qui marchait loin devant avec l'assurance d'un enfant qui découvre un nouveau terrain de jeu, avait disparu dans un trou noir. Chopper voulut le suivre pour le ramener mais alors il sentit une intention hostile envers lui, une paire de sabres manqua de lui couper les bois. Robin le protégea en déviant l'attaque à mains nues, subissant par là plusieurs blessures au niveau du poignet.

— Robin ! hurla-t-il, affolé.

— Attention ! fit la voix de Nami. Il revient !

Chopper bondit sur le côté ; il sentit très nettement la bise glacée provoquée par le passage de la lame non loin de sa fourrure. Il l'avait échappée belle ! Vite, il se mit en garde et gonfla ses muscles en prévision. Robin se tenait elle aussi prête ; Nami et Pipo attendaient dans leur coin, fébriles.

— D'où vient l'attaque ?

— Je l'ignore, les sabres ont surgi de nulle part ! s'écria Pipo en tremblant.

— Il doit utiliser les portails menant de l'Autre Côté, siffla Robin en retenant un cri de douleur.

Chopper se précipita vers elle en voyant qu'elle perdait beaucoup de sang. Il n'eut pas le temps de l'atteindre ; un cri aigu se fit entendre, et ils virent avec horreur Nami basculer à terre en se tenant le ventre. Ses mains étaient rouges.

— Nami ! cria Robin en courant vers sa petite amie.

Pipo poussa un cri de colère ; Chopper le vit agiter ses bras dans un mouvement circulaire, grognant, crachant dans le vide.

— Espèce de lâche ! cria-t-il, paniqué. Viens te battre en face comme un homme ! Pleutre !

Entendre un tel personnage traiter leur adversaire de lâche, c'était vraiment le pompon. N'eût été leur situation, Chopper en aurait ri de bon coeur. Pour le moment, il devait surtout penser à ses amis. Il se pencha vers Nami et essaya de la retourner sur le dos, en vain.

— Nami, laisse-moi voir !

La jeune femme fit la grimace, le visage tordu de douleur. Robin surveillait leur ennemi invisible du coin de l'oeil ; elle réussit à caler Nami sur ses genoux tout en serrant ses propres poignets pour éviter de perdre trop de sang. Chopper savait que ses blessures ne devaient pas être prises à la légère, mais le cas de Nami demandait plus d'attentions dans l'immédiat.

— Je vais mourir ? demanda son amie, hystérique. Bon sang, j'ai mal...

— Bien sûr que non ! Laisse-moi te soigner, enlève tes mains !

Nami obéit avec réticence. Ses yeux étaient voilés, son souffle court : elle était en état de choc. Chopper fit un effort pour ne pas paraître trop épouvanté en voyant l'affreuse taillade sur son ventre. Elle perdait énormément de sang et une partie de ses entrailles était sortie de son corps. Les viscères avaient éclaté sous le choc. S'il ne faisait rien très bientôt, Nami succomberait à ses blessures.

— Mince, eut-elle la force d'articuler, c'est tou... jours... moi...

— La ferme ! cria Chopper en ravalant ses larmes. Je te soigne !

C'était bien joli de dire ça, mais il n'avait pas grand-chose sous la main pour l'aider... à peine quelques pansements et une pince à épiler. Chopper se défit de sa veste et la plaqua sur la blessure après avoir remis ce qu'il pouvait en place. Robin avait le visage baigné de larmes. Si seulement il avait emmené ses instruments avec lui ! Mais non, ils avaient été détruits dans la tornade avec le reste, il ne pouvait pas faire son travail... Ce n'était pas juste !

— Luffy ! cria Pipo. Luffy, où es-tu ?

Personne ne lui répondit.

À suivre dans le prochain thème...

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Il m'en a pris du temps, à l'écrire, ce chapitre ! Je n'aime pas trop les combats, mon tempérament de fille a du mal à les envisager, que voulez-vous... Pourtant, les combats sont très importants dans One Piece... Un jour, j'arriverai à décrire tout ça un peu mieux, il faut juste que je m'entraîne. Pour l'heure, je me dis qu'il y a de quoi écrire une suite après la fin de cette fic, mais je crois que je vais réserver tout ça pour le JDR (où se trouvent déjà All Game et la bande de Ken).

Merci de votre fidélité et à bientôt !