Il est tard ce soir là et tous les occupants du 12 Square Grimmauld sont allés se coucher. Remus, seul à la cuisine, se prépare un dernier en-cas avant de suivre leur exemple. Il a eu une journée épuisante et demain, il devra se lever tôt pour assister à la réunion générale de l'Ordre.

Le seul point positif, c'est qu'Hermione est de retour parmis eux. En temps que représentante de l'Armée, elle est arrivée ce soir pour être là à la première heure demain. Elle a eu une forte fièvre la semaine dernière que rien ne semblait pouvoir faire passer mais elle s'est finalement levée un matin, fraiche comme une rose. Elle semble se remettre peu à peu de la mort de Ron. Et elle est en tout cas bien décidée à cesser de se morphondre et à faire tout ce qui est en son pouvoir pour aider à la chute de Voldemort.

Elle est en ce moment dans la bibliothèque, penchée sur un énorme grimmoire avec acharnement. Il a eu un sourire entre tendresse et douleur en l'appercevant par l'entrebaillement de la porte. Elle est redevenue Hermione et en même temps, elle n'a plus rien de commun avec la jeune fille qu'il a rencontré. Elle est devenue plus dure, tranchante comme une lame. Il ne l'a plus jamais revu sourire. Et ce sourire plein de confiance lui manque. Il voudrait pouvoir le faire refleurir sur ses lèvres mais elles restent obstinément closes et dures.

Le bruit de la porte qui s'ouvre le fait relever les yeux, distrait de ses pensées. La jeune femme se tient dans l'embrasure apparemment surprise de découvrir qu'elle n'est pas la seule debout à une heure aussi tardive. Il sourit en pointant le plateau posé sur la table.

- J'était juste venu me préparer un casse-croute. Envie de partager ?

Elle hoche la tête doucement et murmure un merci d'un ton neutre en se dirigeant vers une armoire dans laquelle elle se met à fouiller précautionneusement.

- Je sais que Mrs Weasley y a rangé une boite de cookies, il faudrait juste que je … ha! Les voilà.

Elle se retourne vers lui et lui tend la boite, mordant déjà dans un biscuit. Il en prend un lui aussi et relève la tête, ouvrant la bouche pour l'interroger sur l'état de ses recherches … mais la question meurt dans sa gorge. Il est comme hypnotisé par la bouche de la jeune femme qui mord dans le gateau et une pensée saugrenue lui traverse l'esprit.

Sa bouche doit avoir un goût de chocolat.

Surpris et effrayé par cette idée venue de nulle part, il secoue la tête, incapable de se concentrer sur les paroles de la jeune femme, totalement inconsciente du trouble de son compagnon. Il n'a plus qu'une seule hate : s'éloigner d'elle le plus vite possible pour pouvoir réfléchir seul. Il marmone quelques mots sans suite et s'enfuit plus qu'il ne sort de la cuisine, abandonnant son plateau sur la table.

A peine seul dans sa chambre, il claque la porte et tombe assis sur son lit la tête entre les mains. Merlin ! Mais à quoi tu penses, Remus. Tu deviens complètement fou ma parole ! Elle a 18 ans ! Tu pourrais être son père ! Et puis il y a Tonks. Une femme merveilleuse daigne t'accorder son attention, elle se moque que tu ne sois pas celui qu'il lui convienne et toi, tu te permet de trahir sa confiance. En pensée si pas en actes.

Au fond de lui, une autre petite voix murmure, insidieuse : Hermione non plus ne se préoccupe pas du fait que tu sois un loup garou. Elle a même garder le secret pendant une année entière pour te protéger. Il secoue la tête viollement comme pour faire disparaître ces pensées inquiétantes. C'est de la folie, elle vient juste de perdre l'homme qu'elle aimait. Je devrais la soutenir pas avoir se genre de pensée ! Je …

Le bruit de quelqu'un frappant à la porte lui fait redresser la tête brusquement comme un enfant pris en faute.

L'apparition d'Hermione par l'entrebaillement lui tord le ventre de peur.

- Remus ? … Tu as oublié ça tout à l'heure à la cuisine … j'ai pensé que tu aurais peut-être faim …

Elle lui tend le plateau et il lui faut quelques instants pour enregistrer l'information et détacher les yeux de son visage pour réagir. Ses mains tremblent malgré lui et en relevant la tête, il rencontre son regard inquiet.

- Remus ? Tout va bien ? Tu es pale et tu trembles. Est-ce que …

- Je vais bien (sa voix est trop précipitée et il fait un effort pour se calmer)… vraiment. Juste un peu fatigué … le surmenage …

Elle hoche la tête, compréhensive.

Va-t-en ! Je t'en supplie, Hermione, va-t-en ! Part d'ici avant que je ne te demande de rester. Part …

- Bon, je vais retourner à mes recherches. Bonne nuit, Remus.

Et elle se dirige vers la porte après un dernier regard suspitieux.

- Bonne nuit, Hermione.

Et il ne peut retenir un soupir de soulagement en voyant la porte se refermer derrière elle. Se laissant tomber sur son lit, il ferme les yeux et essaye de trouver le sommeil.

Dormir…J'ai vraiment besoin de dormir. Oui, c'est ça : dormir. Demain je réfléchirais à tout ça l'esprit reposé…Demain. Ce doit être une conséquence du surmenage. Ca ne peut être que ça…