- Hermione ? Tu pourrais me passer ce parchemin s'il te plait ?
Relevant un instant la tête du livre qu'elle est en train de parcourir, la jeune fille fait glisser le parchemin demandé en direction de l'autre côté de la table à laquelle Remus et elle sont assis.
Cela fait des heures qu'ils cherchent. Il faut à tout prix qu'ils trouvent où est dissimulé le dernier Horcruxe. Ce serait évidement plus facile s'ils savaient ce qu'ils recherchent. Ils ont établit une liste de toutes les possessions connues des fondateurs de Poudlard. Il semble évidents que l'objet en question à été fait à partir de quelque chose ayant appartenu à Rowena Serdaigle. La coupe de Poufsoufle. Le médaillon de Serpentard. La statue de Griffondor … Et quoi ?
Les membres de l'armée se sont déjà rendus en de nombreux endroits pour examiner l'une ou l'autre soit disant "relique" de Rowena Serdaigle. En vain. Ca en devient désespérant.
Elle referme le livre avec un claquement sourd et se lève brusquement. Il relève les yeux, surpris par cet éclat si inhabituel chez elle.
- Hermione ? Ca va ?
Elle ne répond pas, se contentant de se diriger vers la fenêtre contre laquelle elle pose son front brulant, fermant les yeux quelques secondes. Elle peut sentir sa présence derrière elle, son hésitation alors qu'il pose une main sur son épaule pour la faire se retourner. Il semble si distant depuis quelques jours, comme s'il ne savait pas comment se comporter en sa présence.
- Hermione ?
Elle soupire et tente un maigre sourire pour l'apaiser. Elle s'est remise à sourire il y a peu de temps et même si ce n'est pas un immense sourire, encore moins un rire, cela le rassure un peu.
- Je vais bien, Remus. Juste fatiguée.
Elle passe la main sur son front comme pour en faire disparaitre la fatigue et relève le visage vers lui en souriant. Il lui rend son sourire et s'apprête à ouvrir la bouche pour suggérer une pause lorsque le bruit d'un vase qui se brise leur fait tourner la tête en direction de la porte.
Tonks se tient debout dans l'embrasure, le vase brisé à ses pieds. Mais elle ne semble pas le voir : ses yeux sont fixés sur eux, légèrement agrandis. Elle ouvre un instant la bouche mais aucun son n'en sort et elle la referme brusquement avant de faire demi tour et de s'enfuir en direction de la cuisine.
Un instant paralisé par la surprise, Remus bondit à sa suite en appellant son nom.
- Tonks !
Il la rejoint dans la cuisine et la retient avant qu'elle ne franchisse la porte.
- Tonks ! Mais qu'est ce qui te prend ? Attend …
Elle se retourne pour lui faire face, le visage ravagé par les larmes, la douleur marquée sur chacun de ses traits.
- Tu es amoureux d'elle, Remus.
Sa voix tremble, noyée par les larmes. Elle le regarde avec tendresse, presque avec pitié.
- Tu ne t'en étais même pas rendu compte … ou alors tu as refusé de l'admettre. Tu es amoureux d'elle.
Elle dégage son poignet de son étreinte, doucement, sans violence. Et il la laisse faire, pétrifié par ce qu'elle vient de dire. Il ouvre la bouche pour protester.
- Non. Non, Tonks. Je … elle est trop jeune … Elle vient de perdre Ron et …
- Et tu n'as pas dit que tu ne l'aimais pas.
Sa voix est douce, remplie d'une calme certitude malgré cette douleur qui lui broye le cœur. Elle se force à prononcer les derniers mots. Pour qu'au moins de toute cette douleur il sorte quelque chose. Pour qu'elle ne soit pas en train de se déchirer le cœur pour rien.
- Dis-lui ... Dis-lui, Remus. Elle a le droit de savoir …
Tu as le droit d'être heureux …
Et sans un mot de plus, elle se retourne et franchit la porte laissée entrouverte avant de disparaître dans la nuit.
Comme réveillé de sa stupeur, il se dirige vers la porte pour la poursuivre. Mais un bruit derrière lui le fait se retourner.
- Remus ?
