Elle dort. Paisible à nouveau.
Il lui a donné une potion Tue-rêves et elle a fini par s'effondrer dans le fauteuil où elle était assise. Il l'a alors prise dans ses bras et l'a conduite dans la chambre où il l'a déposée sur le lit.
Le simple fait de la voir pleurer le déchire. Il n'a jamais connu un sentiment si fort, une telle envie, un tel besoin. Il aurait volontiers donné tout ce qu'il possède pour être à la place de Lupin et lui, il se permet de jouer avec elle, avec ses sentiments ? Il se sent des envies de meurtre. S'il tenait Lupin en ce moment, il lui ferait payer chacune de ses larmes. A mains nues.
Assis au bord du lit, il la regarde dormir. Les traces des larmes sont encore fraiches sur son visage. Son visage. Pas celui d'Arianna mais le petit visage en forme de cœur qui paraît si fragile au milieu de la masse de ses cheveux couleur de lavande. Au moins, elle n'a pas repris cette atroce couleur de souris qu'elle arborait toute l'année dernière. C'est peu être vrai alors qu'elle avait des doutes … Je le sentais s'éloigner Severus. J'aurais du partir depuis longtemps …
Distraitement, comme malgré lui, sa main caresse les cheveux étalés sur l'oreiller. Il revoit le petit corps secoué par les sanglots qu'elle ne parvenait pas à contenir. Et elle lui cherchait encore des excuses. Il ne peut pas lutter contre ses sentiments. Personne ne peut.
Lui, il peut. Cela fait maintenant des mois qu'il les dissimule, ayant cesser de les nier. Oui, il est amoureux d'elle. Ce n'est pas pour autant qu'il va tout gacher en le lui avouant.
L'image des prunelles sombres baignées de chagrin lui revient. Elle a beau dire tout ce qu'elle veut, elle ne peut pas disimuler la douleur au fond de ses yeux. Il sait trop bien ce qu'elle rescent. Cette impression de solitude, comme si plus rien soudain n'avait de sens.
S'il pouvait, s'il avait ce pouvoir, elle ne connaitrait plus jamais aucune souffrance. Mais même sa magie ne peut rien pour ça. Tout ce qu'il peut faire, c'est l'accueillir ici. Lui donner un abris quand elle en a besoin, un endroit où pleurer tout son saoul. Et même ça, il ne sait pas pour combien de temps il peut le lui offrir. Dans le genre de métier qui est le leur, il n'existe pas une telle chose que le futur. Il ne peut pas se le permettre.
Et bien sur, pour donner le change, il rale toujours malgré ses gestes de tendresse. Il a grondé tout à l'heure lorsqu'elle est apparue au beau milieu de son salon. Il a eu des mots durs. Un moyen comme un autre d'éventer un peu sa colère contre le loup garou et de réveiller l'instinct de combattante au fond d'elle. De la faire réagir.
Et elle s'est défendue. Malgré les larmes qui constellaient son visage, alors qu'elle lui expliquait les raisons de sa présence chez lui à cette heure de la nuit.
Il lui a lancé quelques sorts pour la sécher et la réchauffer mais il n'a pas pu sécher les larmes.
Seul le sommeil qui l'a prise par surprise à eu ce pouvoir. Et il entend bien veiller sur ce sommeil. Il a beau savoir que les effets de la potion ne cesseront pas avant le matin, il a l'intention de passer la nuit ici.
Et au moins, pendant qu'elle dort, il peut la contempler à loisir.
Sa respiration est lente et mesurée. Elle a replié un bras en dessous de sa tête et un léger sourire effleure ses lèvres. Un rêve agréable sans doute (il a légèrement améliorer la potion, lui permettant de ne bloquer que les cauchemards).
A qui rêves-tu donc, Nymphadora ? Est-ce que c'est lui que tu vois ? Est-ce que tu rêves de votre bonheur ?
Sa main carresse toujours ses cheveux et il la dévore des yeux, absorbant chaque détail de son visage. Il se penche doucement, déposant un baiser sur son front.
- Je t'aime, Nymphadora.
A peine un murmure. Peut être l'a-t-il seulement pensé. Peut être l'a-t-il dit à voix haute. Peu importe puisque de toute façon, personne n'est là pour l'entendre.
Je t'aime, Nymphadora.
