Un sourire flotte sur ses lèvres alors qu'il l'observe, la tête appuyée sur un coude. Elle dors, étendue sur le ventre, les avant-bras glissés sous l'oreiller, les épaules recouvertes de sa longue chevelure noire. Les bougies ont depuis longtemps cessé de bruler et seule la lune qui perce entre les nuages l'éclaire. Sa peau semble étrangement pale sous cette lumière argentée et il ne peut résister au désir de l'effleurer.
Une erreur. Tout ça n'est qu'une erreur. Une formidable, monumentale erreur. La plus magnifique erreur de toute mon existence ... Et c'est pourtant la première que je ne parviens pas à regretter ... Qu'as-tu fait de moi, Nymphadora ? Moi dont la distance, le détachement était la force. Tu es devenue ma faiblesse … Ma faiblesse et ma force. Une raison de plus de me battre, une raison de plus pour mettre fin à cette guerre. Quand est-ce que les choses ont vraiment changé ? Quand est-ce que la vue de ton sourire, de la lumière dans tes yeux est devenue la véritable raison pour laquelle je veux vivre ? Quand exactement le fait de te garder en vie est-il devenu plus important que le reste ?
Il caresse doucement la masse de cheveux étendue sur l'oreiller, ses yeux parcourant chaque centimètre de son visage. Je t'aime. Oh Merlin pardonne-moi mais je t'aime … C'est de la folie, une erreur, une faiblesse. Mais je suis si fatigué d'être fort … Ici, avec toi, pour une fois, j'ai pu être moi. Sans les masques ou les faux semblant. Plus de mensonge ou de facade, juste un homme qui se noie. Un homme que seul ton souffle, ta présence fait vivre. J'ignore ce que cette nuit représente pour toi. J'ignore si demain, à ton réveil tu me haïras ou non. Mais même s'il n'y a jamais que cette nuit, au moins elle aura existé. J'aurais connu le goût de peau, la chaleur de ton corps, la morsure de tes lèvres, la brulure de ton regard. J'aurais connu le bonheur même pour un instant, même si demain tout disparaît …
Sa main se perd dans les cheveux, effleure le petit visage en forme de cœur et se fige soudain … Avec un soupir de contentement, la jeune femme bouge dans son sommeil, cherchant un peu plus la caresse.
- … Severus …
Son cœur menace de sortir de sa poitrine. Réveillée, elle entrouve les yeux en s'étirant comme un chaton.
- Hmmm … tu ne dors pas ? …
Elle tourne la tête vers lui en souriant, l'inquiétude se mélant à la tendresse dans ses yeux lorsqu'elle appercoit son visage à la lumière de la lune.
- Severus ?
Il a un sourire qui n'atteint pas réellement ses yeux et, malgré lui, sa main caresse de nouveau sa joue. Elle se rapproche de lui et se blottit contre sa poitrine.
- Je suis là ... tu n'as pas besoin de me surveiller … je n'ai pas l'intention de m'en aller …
Il a refermé les bras autours d'elle et caresse ses cheveux, provoquant un léger soupir de bonheur. Il se laisse tomber sur le dos, l'entrainant avec lui et elle relève la tête de sa poitrine pour le regarder dans les yeux. Il écarte distraitement une mèche de son visage et elle sourit, imitant son geste. Ses doigts caressent les contours de son visage, le dessin de sa bouche …
- … Je reste là, quoi qu'il arrive … je serais toujours là … Fais-moi confiance …
Elle sourit et se penche vers lui pour l'embrasser, le sentant se tendre dans ses bras alors que le feu se ralume dans leur ventre.
- Je serais toujours là … toujours … Severus …
Le dernier mot est un gémissement qui meurt sur ses lèvres alors qu'il la dévore de baisers. Il inverse leur position, l'emprisonnant entre son corps et le matelas et profite de son cri de surprise pour approfondir le baiser avec une passion qu'elle lui rend au centuple, chaque parcelle de son corps menaçant de s'enflammer. Elle a besoin de lui. Un besoin primaire comme l'homme dans le désert aurait besoin d'eau. Un besoin, une brulure au plus profonds de son corps qu'il est le seul à pouvoir appaiser.
- Severus …
C'est à la fois un cri et un sanglot alors que tout son corps se tend et que toute pensée cohérente disparaît. Il n'existe plus qu'eux sur terre, il n'a jamais existé qu'eux. Leurs deux corps qui n'en forment plus qu'un et le plaisir qui déferle en vague et les emporte comme des fétu de paille sur l'océan.
Ils finissent par se séparer, le souffle court, haletant et elle repose sa tête sur son torse un sourire appaisé aux lèvres. Elle peut sentir les battements désordonnés de son cœur tout contre sa joue, le bruit sourd la berçant doucement. Et un léger baiser sur le haut de son crane fait naitre un sourire sur ses lèvres alors qu'elle se laisse glisser dans le sommeil.
